Entractes en Hédarion

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

Entractes en Hédarion

Messagepar Vodianova » Dim 4 Nov 2018 20:34

Des milliers d'images se succédaient à travers l'écran.L'Observateur arrêta le défilement d'un geste de la main. L'écran affichait désormais un astéroïde figé dans sa course. L'Observateur dé-zooma et bientôt un système stellaire envahit l'écran. Des données s'affichèrent lui apprenant que l'étoile se nommait Ramamishka et que l'une des planète était habitée. L'Observateur zooma sur la fameuse planète et un peu par hasard choisi le continent nommé Hédarion. L'Observateur laissa défiler les différentes images d'Hédarion, villes, campagnes, animaux, nobles, gens du peuples, etc...Enfin l'Observateur trouva une image lui semblant intéressante, arrêta le défilement et commença sa mission d'observation.
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Re: Entractes en Hédarion

Messagepar Vodianova » Dim 4 Nov 2018 20:44

Alric le Nécromancien

Nystre 1450, oasis au cœur du Désert, camp nécromancien du Sanctuaire de l'Outre-Monde

Alric s'ennuyait fermement tout en regardant le feu crépiter faiblement. D'un claquement de doigt, il le réalimenta et reporta son regard sur le Désert vide en se demandant ce qu'il faisait-là. Pourquoi donc Le Sanctuaire de l'Outre -Monde avait besoin d'autant de nécromancien dans le Désert ? Aucun conflit n'avait eu lieu sur ce territoire depuis des années, peu de monde se risquait dans ce territoire inhospitalier à plusieurs dizaines de kilomètres de la moindre ville et les quelques escarmouches qui avaient lieu près de cet oasis était trop rare et faisaient trop peu de victimes pour justifier la présence d'une centaine de Nécromancien sur place. Quoi qu'en dise les gros bonnets du Sanctuaire, une trentaine de Nécromancien aurait suffit. Mais les ordres étaient les ordres et Alric se retrouvait à surveiller un territoire vide dans l'espoir improbable qu'un cadavre ai besoin de ses services cette nuit-là.

"Ha, Alric ! C'est toi le planton, ce soir."
Le nécromancien accueilli avec plaisir cette distraction.
-Oh, c'est toi Julius ! Qu'est ce qu'il y a ? Nos trois Marches-Morts se sont égarés et vous avez besoin de quelqu'un pour les retrouver ?
-Non, non. Ils se tiennent tranquilles en ce moment.
-Dommage, il ne passe rien depuis des semaines, ça m'aurait occupé. A quoi sert-on dans ce putain de Désert ?
- Le Sanctuaire se doit d'assurer la relève des cadavres sur tous les territoires du Chaos. Il faut donc une présence constance sur place pour assurer notre mission. C'est tombé sur nous ! C'est juste un manque de chance. D'ailleurs à propos de manque chance...heu...ma semaine de permission commence demain et je comptais me rendre à l'Oasis de Jhelom, profiter de quelques filles dans les bordels, tu vois. Et je me disais...
-C'est non ! Tu me dois déjà trois semaines de solde ! Je ne te prête plus une pièce d'or ! C'est mort !
-Allez ! Je suis à sec !
- Tiens donc. Tu as encore joué aux dés avec Maguelone. Tu sais bien qu'elle utilise la magie pour être certaine de gagner.
-Justement, à Jhelom je serais le seul à tricher. Je suis sûr de me refaire et de te rembourser dès mon retour !
-N’insistes pas. Je ne te prête plus rien et je refuse ton or malhonnête.
-C'est bon, c'est bon ! Ne t'énerves pas !"
Julius s'assit près du feu et se mit à observer le Désert en compagnie d'Alric.

"Il te reste combien à tirer, toi ?
Julius interrompit le silence pesant qui s'était installé entre les deux nécromanciens.
-Un mois. J'ai 35 ans dans un mois. Dans un mois, j'aurais terminé mes vingts de service..
-Quel chance ! Tu pourras te barrer de ce coin pourri avant même la fin de notre mission ! Dire que quand je quitterais cet oasis, il me restera un an à tirer. Putain ! Tu comptes faire quoi ? Rempiler ?
-Rempiler ? Pour revenir m'emmerder dans des coins pourris ? Hors de question. Et puis à quoi bon ? On n'aura bientôt plus besoin de nous ! Tu as vu la machine que l'Empereur des Morts à présenter le mois dernier. Elle fait tout notre boulot. A quoi servira t-on ?
-Tu exagères, elle ne fait que relever des cadavres.C'est juste un appui pour les troupes. Il y aura toujours besoin de nécromanciens pour s'assurer du bon fonctionnement de la machine et contrôler les Marche-Morts. Et elle est destiné aux territoires du Bien, aux territoires qui manquent de troupes. Ceux qui ont besoin de soutien.
-Mouais, ce n'est qu'une question de temps avant qu'une connerie de machine fasse le boulot de cents Nécromanciens. Surtout qu'il n'y a pas besoin de cent Nécromancien ici. Si les territoires du Bien manque de nécromancien, pour quoi le Sanctuaire ne nous y envoie pas ?"
Julius haussa les épaules et se redressa en époussetant le sable qui s'était accumulé sur sa robe noire.
"Tu va faire quoi, du coup ?"
Aldric réfléchit un instant:
"Rentrer dans mon village. Prendre la suite de mon père en tant que prêtre de Thempkar. Là, j'aurais du travail et..."
Il fut interrompu par un lointain bruit d'acier s'entrechoquant. Il se redressa brusquement et porta son regard dans la direction du bruit. Probablement une caravane marchande prise dans une embuscade, se dit-il.Cette attaque allait probablement être mortelle, enfin du travail de Nécromancien. Il rajusta son capuchon noir:
"Allons-y !, fit-il, Des cadavres ont besoin de nous !"
Et les deux nécromanciens se précipitèrent vers le combat, heureux d'enfin pouvoir accomplir leur devoir envers Le Gardien dans ce coin perdu.
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Re: Entractes en Hédarion

Messagepar Vodianova » Dim 25 Nov 2018 01:09

"Jane", La Chasseuse de Prime


Apai 1472, Quelque-part sur le Rempart

Allongée dans les hautes herbe, Jane observait l'homme. Il se désaltérait, la tête plongée dans un ruisseau. Un carreau d'arbalète se brisa à quelques centimètres de la jambe. L'homme se redressa brusquement et tourna le regard vers la forêt cherchant à identifier la provenance du carreau.
"Putain d'impatient !", grogna Jane.
Elle cracha sa chique de tabac, attacha ses cheveux en une grossière queue de cheval. Puis elle saisit de son arbalète, l'arma d'un geste assuré et lentement, prenant son temps pour viser, elle tira. Son carreau se planta dans la gorge de l'homme, qui s'effondra avant de mourir, en quelques secondes, étouffé dans son propre sang en quelques secondes.

Jane se redressa. C'était une femme de grande taille, ses cheveux maladroitement coupés aux épaules étaient d'un blond sale et parsemés de rare mèches grises. Elle avait un regard gris et perçant et son visage sévère était parcouru par une cicatrice, de l'oreille au menton, sur sa joue droite. Elle portait une redingote noire, ainsi qu'un chapeau et un pantalon tout aussi sombres. Des bottes et des gants en cuir de dragon venait compléter sa tenue.
S'étant accroupi près du cadavre, elle l'examina un moment puis reporta son attention sur la forêt.
"Bon ! L'Mioche quand t'auras finit de vomir, tu me donnera un coup de main."
Au pied d'un pin, un adolescent chétif aux cheveux châtains vomissait. Le teint pâle, il s'approcha de Jane.
"C'était lui ? "Le Moissonneur" ? Ohh, Par Nystra ! On a tué un homme ! Ohh Nystra !"
"On, on va pas si vite en besogne L'Mioche ! J'ai tué cet homme ! Toi, t'as fait que me foutre en l'air un carreau. Regarde-ça ! Irrécupérable ! Et j'ai failli perdre la marchandise par ta faute. C'est pas comme que tu deviendras un pro. Bon, il va pas se charger tout seul ! Va chercher la carriole !"

C'était une veille charrette, dont la peinture noire s'écaillait, tirée par deux chevaux. L'arrière était recouvert d'une toile annonçant "Pompe Funèbre à toutes heures".
Une fois le cadavre chargé, Jane fouetta les chevaux et la charrette se mit en route.
"Bon, qui sont les clients cette fois, L'Mioche ?"
" Jim "Le Moissonneur", recherché mort ou vif à Château-Brave pour le meurtre de 10 femmes. Récompense 10000 pièces d'or. recherché mort ou vif à Bourg-Galifrey pour avoir tué une chèvre. Récompense 1000 pièces d'or", répondit l'adolescent en parcourant une pile d'avis de recherche.
"Allons-y pour Château Brave."


La charrette approchait doucement de Château-Brave:
"Vous êtes certaine de votre coup ?
-Tu te dégonfles ?, grogna Jane. C'est toi qui a insisté pour devenir mon apprenti. J'ai été bien gentille d'accepter mais si tu as changé d'avis ma proposition de te livrer à la justice d'Aiguenoire tient toujour.
-Mais ce que vous me demandez, c'est immoral. Déjà que vous avez tué cet homme.
-C'était un meurtrier ! Je n'ai fait qu'appliquer la justice et la justice réclame ce cadavre à deux endroits.
-Mais enfin vous voulez me livrer à la justice d'Aiguenoire pour vol à la tire. Et là vous voulez que je vole ce cadavre. ça n'a aucun sens !
-Ouais, L'Mioche, t'aurais mieux fait de rester chez ta mère le jour où tu m'as fait les poches ! Mais je suis gentille, je le laisse le choix, soit on ramasse les 1000 PO de Bourg-Galyfrey, soit on retourne à Aiguenoire !"
L'adolescent pâlit:
"Non...Pas la prison d'Aiguenoire. Vous ne connaissez pas cet endroit, c'est horrible ! Je ne veux pas subir le sort de...Bien, je volerais ce cadavre !"
Jane sourit: "Oh !Je doute que tu veuilles savoir tout ce que je connais d'Hédarion. Bien, j'occuperais le garde 20 minutes, peut-être 30. Tu sais quoi faire !"

Apai 1472, Château Brave, morgue de la prison

Lionel remplissait le formulaire tout en marmonnant:
""Le Moissonneur."....10 000 Pièces d'or....Livré par Mademoiselle Alice...Voilà"
Il se ouvrit le coffre et en sortit une bourse:
"Voici votre prime !"
Puis il tourna son regard vers le cadavre, ainsi c'était terminé. "Le Moissonneur" ne sévirait plus jamais. Il en était soulagé, il n'aurait plus à s'inquiéter pour sa fille. Plus de risque de la retrouver éventrée en revenant de son service. Il s’apprêtait à déplacer le cadavre vers la zone d'attente, là où il resterait jusqu'à ce que ses supérieurs lui donnent ses instructions.
Cependant Alice était toujours là, s'approchant doucement elle fit:
"Dites moi ! Vous ici depuis longtemps ? Parce moi, c'est pas avec L'Mioche que je peux !"
Lionel hésita, Alice n'était pas très jolie et il était en service mais c'est vrai que ça faisait un moment qu'il n'avait pas vu Germaine et la petite Juliette de la "La Jument Fougueuse" n'était pas en service cette semaine. De plus à la morgue, les femmes ne sont pas très actives. Alice déboutonna sa redingote, ce qui acheva de le décider. Après tout, ça ne prendrais pas longtemps.
"Ok, mais pas ici ! Pas devant les cadavres ! Ni le gamin ! Par ici !"
Jane suivit Lionel dans une pièce adjacente après avoir rappelé à l'adolescent:
"Tu connaît ton boulot !"

Revenant comblé vers la morgue, la première chose que vit Lionel fut la disparition du cadavre du "Moissonneur".
"Et Merde !"
Jane le suivant, il hésita un instant:
"Mademoiselle Alice. "Le Moissonneur" a disparu. Il semble qu'un Nécromancien sévit dans nos geôles. Ce n'est pas la première fois qu'il frappe ! Vous êtes une excellente traqueuse d'homme, voire la meilleure. Il y a une prime évidement.
- Un nécromancien ? Hors de question d'avoir affaire à ces saloperies, s'exclama t-elle en crachant par terre. Je vous ai livré le cadavre. Ce qui lui arrive ensuite, c'est votre problème.
-Mais enfin vous êtes la femme de la situation.
-Je traque les meurtriers ! Ceux qui relèvent les morts, c'est pas mon rayon.
-Il y a une prime !
-Si ça implique la magie et toutes ces saloperies, démerdez-vous ! Je ne suis pas suicidaire !"
Et elle le quitta Lionel, le laissant désemparé ne sachant comment régler cette histoire de cadavre disparu.

Apai 1472, Route de Bourg-Galyfrey

"Madame Jane ?
-Quoi ?
-Le type de la prison vous a appelé Alice.
-Ouais, et alors ?
-A Aiguenoire, on vous appelait Jane.
-Ouais, et à Bourg-Galyfrey on m'appellera Camille ou Sylvie. Quelle importance ?
-Mais...enfin vous avez bien un prénom ? Vos parents ne vous ont pas nommée.
-Si...Pétronella. Et ça t'avance à quoi de savoir ça ?

-Je...heu...Vous ne l’utilisez pas ?
-Non. C'est un horrible prénom et peu discret. Jane, Alice, Camille, c'est discret. Ce métier peu susciter des désirs de vengeance, vois-tu.
-Oh....
-Croque-Mort, arrêtez-vous, s'il vous plaît !"

Ils venaient de dépasser une ferme et un homme les hélait. Jane stoppa la charrette.
"C'est pour quoi ?
-Vous êtes une femme ?
-Un problème avec ça ?
-Heu...non. Vous faîtes prêtresse d'Adonysia ?
-Adonysia, Thempkar, Nystra, Vabrogh’Zagh . Peu importe. Vous avez de quoi payer ?
-Je...C'est pour mon fils. Il s'est fait piétiner par un taureau.

En découvrant le cadavre, Jane s'exclama:
"Ha ouais ! Il a bien morflé."
Le visage était complètement réduit en charpie, méconnaissable. On avait peine à imaginer que ce type était toujours vivant quelques heures plus tôt.
"Madame Jane, un peu de respect !, lui reprocha l'adolescent
-Bon, bon ! vous voulez qu'on le rafistole. Qu'il soit présentable chez les Dieux ! C'est la spécialité du Mioche.
-Mais, j'ai jamais fait ça.
-Bon, il débute. On vous fera une ristourne.
-Non, ça ira.
-Passons directement à la mise en bière dans ce cas !"
Une fois le cercueil e mis en terre, Jane déclara:
"Adonysia, dans sa grande sagesse, a dit: Tu n'enverra point ton fils se faire piétiner par un taureau !"
Puis elle enfonça une pelle dans la terre et commença à envoyé des pelletés de terre dans la fosse. Une fois le cercueil recouvert, elle planta une pierre dans la terre. Saisissant une autre pierre et demanda:
"Vous avez une épitaphe ?
-Laissez, je vais me débrouiller."

La charrette avait repris sa route:
"Pourquoi vous avez fait ça ? Vous n'êtes pas plus prêtresse que croque-mort.
-On gagne sa croûte comme on peut. Je voyage dans une carriole de croque-mort. C'est vrai que c'est pratique pour transporter des macchabées discrètement. Mais, bon. Faire des trucs de croque-morts, ça me donne de la crédibilité. Et ça leur fait plaisir, non ?.
-Vu votre façon de faire, j'en doute. Vous pourriez y mettre un peu plus de volonté. Vous n'aviez aucun tact et votre sermon était pourri.
-L'important, c'est que les clients aient payé. Mais, d'accord, la prochaine fois tu géreras l'activité croque-mort. En attendant, on a un cadavre à livrer à Bourg-Galyfrey !"
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Re: Entractes en Hédarion

Messagepar Vodianova » Mer 9 Jan 2019 23:10

Waldemar

Waldemar quitta la forêt et s'engagea sur le chemin. Il venait de passer les dix dernières années dans la forêt à s'entraîner parmi les loups. En cette fin d'hiver, il était maintenant temps pour lui de quitter sa meute et de faire trembler Hédarion.

Les heures avaient passé, la route était encore longue et Waldemar commençait à être tenaillé par la faim. Il avait senti l'odeur d'une brebis. Il avançait en courant, plaqué au sol, dissimulant son approche. Il aperçut sa proie, une brebis égarée, éloignée de son troupeau. Le brebis bêlait après ses compatriotes disparus, soudain elle se mit à courir. Waldemar chargea et se lança à sa poursuite. Au bout d'une faible course, il finit par lui sauter dessus et lui mordre la gorge. Une fois. Deux fois. Trois fois. La brebis, affaiblie, s'effondra et Waldemar commença à arracher des morceaux de la carcasse avec excitation.

« Papa ! Papa !
-Quoi ?
-Galipette, elle....Elle...,hoqueta la petite fille, il y a...c'est horrible ! »
Le berger sortit en hâte, saisissant une fourche au passage, et suivit sa fille. C'est avec horreur qu'il découvrit un homme nu aux cheveux très long en train de dévorer l'une de ses brebis !
« Vindieu !!!! Rentre à la maison ! Et envoie-moi tes frères ! Dis leurs d'apporter des piques et des torches ! »
Furieux, il se précipita sur l'homme, fourche en avant, en hurlant :
« Salopard ! Saligaud ! Malade ! Casse toi pauv'con ! On va te faire ta fête ! ».
L'homme ne tourna même pas la tête et s'enfuit à quatre pattes vers la forêt.

Waldemar était en plein repas quand il sentit un animal approcher. L'odeur qu'il percevait était synonyme de danger. Il courut vers la forêt et se tapit dans l'ombre, attendant que l'intrus s'éloigne de sa proie pour reprendre son repas. Cependant, l'intrus ne partait pas et fut bientôt rejoint par deux autres de ses semblables transportant du feu. Les trois hommes se dirigèrent vers sa cachette. Paniqué, Waldemar s'enfuit en courant. Malheureusement, les hommes le virent et se lancèrent à sa poursuite. Prenant une direction au hasard, Waldemar ne tarda à se retrouver face à une falaise. Voulant faire demi-tour, il aperçut deux hommes qui couraient vers lui en agitant leurs torches. Effrayé par les flammes, il ne put que reculer et finit acculé à la falaise face au berger qui brandissait sa fourche.

Waldemar se ne rendrait pas sans combattre. Il défendrait sa vie ! Il se positionna. Le corps dressé. Les poils hérissés. Le cou arqué. La tête haute. Le front et les lèvres contractés. La bouche ouverte. Les dents découvertes. La langue rétractée. Les yeux grands ouverts fixant son adversaire qui approchait. Les bras en avant, les ongles tendus, il sauta sur l'homme et s'empala sur la fourche de son adversaire. Ainsi mourut l'homme qui avait passé dix ans à s'entraîner parmi les loups afin de faire trembler Hédarion !
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Re: Entractes en Hédarion

Messagepar Vodianova » Sam 16 Mar 2019 00:48

[hrp] Attention ce texte comporte une opération chirurgicale pouvant choquer les âmes sensibles.[/hrp]

La Cérémonie

Au cours des années 1580, au cœur du Temple des Ombre

Dans sa cellule austère, le Nécromancien priait le Gardien agenouillé sur le prie-Thempkar. Il lui demandait au le courage d'affronter la Cérémonie qu'il subirait d'ici dans quelques instants. Non pas qu'il doute de son choix,le Sanctuaire de l'Outre-Monde était beaucoup trop modéré et se perdait dans des futilités, tel la botanique ou encore la diplomatie, qui plus est avec des infidèles adorateurs d'Adonysia, au lieu de consacrer leurs vies au Gardien. Il était évident que Thempkar méritait de meilleurs fidèles. Cependant les Initiations étaient toujours des moments intimidants. Il se rappela du jour où il s'était engagé le Sanctuaire de l'Outre-Monde, ses souvenirs lui rappelèrent son émotion et le trac que lui avait causé la présence de l'Impératrice des Mort et de la Souveraine du Sanctuaire.

La porte de la cellule s'ouvrit sur une silhouette encapuchonné, une main à la chair en putréfaction lui fit signe de le suivre. Le Nécromancien se leva en silence et emboîta le pas de la silhouette. Elle le conduisit dans les profondeurs du Temple des Ombres à travers un dédale de pièces inutilisées depuis des siècles. Des pièces dont même l'Empereur des Morts devait ignoré l'existence.

Ils débouchèrent dans une grande salle éclairée de la lumière bleutée des lampes à pierre à magique. La pièce était vide mais décorés de nombreux symboles occultes écrient d'une substance rouge sombre. Au centre de la pièce se trouvait un unique meuble, une table possédant des sangles et des étriers. Tout autour de la pièce une vingtaine d'hommes encapuchonnés se tenaient immobiles en silence et malgré les pierres glaciales composant le sol du Temple, ils étaient tous pieds nus. La silhouette enleva son capuchon et le Nécromancien découvrit qu'elle n'avait pas de tête. Elle lui fit signe de se placer sur un pentacle sanglant et de patienter, puis elle quitta la pièce en s'inclinant. Serein, le Nécromancien suivit les instructions. Les hommes, toujours immobiles, entamèrent un chant dans une langue étrange et gutturale.

De très longues minutes s'écoulèrent, puis le chant s'interrompit quand une femme entra dans la pièce. Elle était vêtue d'une robe violette, portait un masque symbolisant Thempkar. Tous comme les hommes, elle était pieds nus. La Grande Prêtresse se dirigea vers le Nécromancien, toujours immobile sur son pentacle, et sortit un couteau d'obsidienne de sa robe. Elle entreprit de découper puis de brûler les vêtement du Nécromancien qui se retrouva entièrement nu. Puis elle lui prit la main et le guida vers la table où elle l'installa et le sangla. Puis elle se tourna vers les autres hommes et s'adressa à eux dans la même langue gutturale que leur chant. A intervalle régulier et à l'unisson, les hommes lui répondaient en psalmodiant dans la même langue.

Attaché à la table, le Nécromancien, ne comprenant rien aux paroles échangés, attendait en priant le Gardien. La Grande Prêtresse se tourna vers lui et approcha son couteau de sa peau elle enfonça la pointe et un filet de sang perla, elle fit apparaître une coupe et le recueillit. Puis sa main s'illumina et le sang prit une lueur violacée. Ensuite elle recueillit un filet du sang de chaque homme présent dans la pièce. Chacun la remerciait en s'inclinant. Elle ajouta une substance noirâtre à la coupe puis la plaça sous l'entrejambe du Nécromancien. La Grande Prêtresse approcha son couteau du bas ventre du Nécromancien. Il ne put s'empêcher de ressentir de l'appréhension. Il savait que c'était nécessaire pour lui permettent de se consacrer entièrement au Gardien sans que des pensés impurs ne le parasitent cependant sentir la lame contre son intimité le perturbait. La Grande Prêtresse, sentant son trouble, se pencha sur lui et l'embrassa. Ce qui l'anesthésia immédiatement quand il rouvrit les yeux la femme refermait ses plaies et atténuait sa douleur. Les organes séparés du corps s'étaient joint à la potion et se dissolvaient lentement. La Grande Prêtresse ajouta une goutte de son propre sang, prononça quelques paroles en traçant des signes dans les airs. Une fois que le mélange devint homogène, elle fit boire au Nécromancien, le contenu de la coupe.
Puis elle le détacha et le conduisit à un mur, où de nombreux noms étaient inscrits. Elle lui demande d'écrire le sien avec son propre sang et ainsi d'abandonner son ancienne identité afin d'effacer tous les liens qu'ils auraient pu avoir avec des infidèles. Le Nécromancien s’exécuta, les hommes reprirent leur chant et il se joignit à eux les paroles lui étant devenues mystérieusement compréhensibles.

Après de longues heures de chants et de prières en l'honneur du Gardien, la Cérémonie s'acheva. La Grande Prêtresse demanda au Nécromancien de patienter. Elle passa dans une pièce adjacente reçue un à un les hommes qui composaient l'assemblé. Certains restaient quelques minutes d'autres plus d'une demi-heure puis ils sortaient, saluaient leurs nouveau frère en s'inclinant et disparaissaient dans les profondeurs du Temple. Finalement le Nécromancien se retrouva seul, le serviteur sans tête réapparut et lui fit signe de passer dans la pièce adjacente. Il découvrit La Grande Prêtresse en compagnie d'un hommes assez âgé. Cet homme lui fut présenté comme son maître pour les prochaine semaine. Puis elle sortit en compagnie de son serviteur tandis le Maître et son nouvel élève s'inclinait. Sans un mot, le Maître conduisit le Nécromancien dans une cellule encore plus austère que son ancienne cellule et lui ordonna de se préparer pour la première messe de la journée. Ainsi commençait la nouvelle vie du Nécromancien, enfin une vie entièrement dédiée au Gardien.
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