Le Massacre des Kaaran

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

Le Massacre des Kaaran

Messagepar Kaaran » Jeu 30 Juil 2020 21:22

Il ne cessait d'insister pour qu'elle reste un peu plus longtemps, encore une fois, répétant inlassablement des mots d'amour tandis qu'elle tentait de se défaire de son étreinte. Alors qu'elle parvenait enfin à se libérer et à se relever, Namor lui attrapa le bras et attira à lui, sa petite déesse givrée qui tomba alors à la renverse sur le lit.

Et alors qu'elle lui disait des paroles rassurantes, il lui demanda si elle était vraiment sûre de vouloir tous les tuer. Elle répondit par l'affirmative sans la moindre hésitation, la voix tremblant de rage et de tristesse. Ils étaient responsables de ses malheurs, refusaient son seul petit bout de bonheur. Il la serra tendrement dans ses bras et l’embrassa sur le front, la confortant dans son idée, lui demandant si rien ne lui manquait.

Elle se leva et s’avança au pied du lit pour récupérer un objet par terre, elle brandit alors sa hache, comme pour lui montrer que c'était là tout ce dont elle avait besoin. Après tout, ils lui avaient appris à s'en servir, ils le regretteraient. Tandis que des mots plein de haine sortaient de sa bouche, elle baissa la tête vers le sol, pour cacher la rage présente dans son regard. Soudainement, un doigt vint relever son visage et elle fit face à Namor, se mordant la lèvre, une lueur d’envie dans son regard. Il aimait tant quand sa petite déesse parlait ainsi...
Elle attrapa la lèvre de Namor entre deux doigts, la relacha et avanca sa main sur sa joue, rapprochant son visage. Elle dit alors lentement, insistant sur chaque syllabe qu'elle le savait et l’embrassa longuement, son corps se collant un peu plus au sien à mesure que les secondes défilaient.

Ils finirent par se détacher quand une domestique frappa à la porte de leurs appartements pour la prévenir qu'un messager était venu l'informer que Kelistoar, son "père" lui demandait de rejoindre la demeure familiale. Père lui semblait être un bien grand mot. Elle soupira, la remercia et la congédia.
Elle s’échappa de l’étreinte de son cher époux, et ouvrit une armoire dont elle sortit sa plus belle robe, rose, presque transparente, très légère, offerte par son cher et tendre. Il la trouvait si belle dans cette robe, et il fronça du nez en se disant qu'après ça, il faudrait sûrement en racheter une, les taches de sang
partiront difficilement. Doelia tourna sur elle-même, afin de laisser à Namor tout le plaisir de l’admirer. Elle hésitait à laisser ses longs cheveux lâchés, elle trouvait que cela rajoutait un petit air fantomatique.

Il arriva derrière elle et la prit dans ses bras, la faisant légèrement sursautée, il colla ses lèvres tout contre son oreille, lui murmurant à quel point il la trouvait magnifique. Il l’embrassa dans le cou et elle s’échappa à nouveau de ses bras pour se regarder dans une immense glace. Elle fit mine de relever sa chevelure et fit une moue peu satisfaite avant de les laisser retomber en cascade sur sa poitrine.Elle reprit sa hache en main et s’avanca vers la porte. Il l'apostropha, lui demandant d'être prudente, de lui revenir entière et surtout de les faire souffrir.

Elle se retourna sur le pas de la porte et fit deux pas, posa sa hache contre le mur et passa ses bras autour du cou de Namor avant de sceller ses lèvres aux siennes, lui promettant de revenir et lui murmurant à quel point elle l'aimait. Sur ces mots d’amour elle partit, fermant la porte derrière elle, avançant dans les couloirs prête à aller répandre la mort. Elle fit soudainement demi tour en courant,
rouvrit la porte de la chambre, sous le regard surpris de Namor. Elle marmonna qu'elle avait oublié sa hache et l'attrapa tandis qu'il éclatait de rire. Elle repartit, le rire de son mari se répercutant en échos sur les murs tandis qu’elle quittait la demeure.

Ellipse du voyage

Alors qu'elle arrivait dans la cour de la demeure des Kaaran, sa robe rose si légère, dévoilant un peu trop de ses attributs, le vent froid de la Banquise fouettant ses cheveux qui volaient devant son visage, sa hache toujours à la main, les gardes lourdement armés ouvrirent les portes et Kelistoar Kaaran en sortit, tout de blanc vêtu, comme le veut la coutume de la Lignée.

Il jaugea sa fille adoptive du regard, désapprouvant visiblement ses absences répétées, sa désobligeance, son mari, jusqu'à sa tenue, mais aujourd'hui cela n'avait plus la moindre importance. Un sourire finit par se dessiner sur son visage et il ouvrit ses bras alors qu'elle s'avançait, visiblement heureux de la voir. Peu attendrie par le sourire, elle s'arrêta un bon mètre devant lui, ignorant ses grands
bras ouverts, demandant pourquoi il l'avait faite appelée. Un anniversaire, ah, excellent jour pour des meurtres.

Elle hocha la tête et sans un mot passa devant lui et entra dans la bâtisse.

Kelistoar soupira et la suivit jusqu'à la grande salle ou les deux vieilles femmes composant le reste de la famille étaient déjà présentes. Les regards se tournèrent vers elle, noirs. Elle entra silencieusement dans la pièce, salua solennellement sa grand mère et sa grande tante adoptives, et s'assit sur un siège en bout de table, posant sa hache contre le pied de table à portée de main.

Les questions et critiques commencèrent alors, sur la couleur de cette robe, qui la lui avait offerte ? son mari, ah le nécromancien, oui, tu devrais avoir honte, silence, tu devrais aller te changer, non, coureuse de rempart, silence, soupire, remarque sur le port d'arme à table, rire jaune, silence.

Le repas se déroula, elle ne dit pas un mot et attendit, elle attendit le moment opportun. Les remarques continuèrent durant tout ce temps, et elle ne disait rien, elle ne répondait pas.

Au moment où les serviteurs apportèrent le dessert, les remarques concernant son mari recommencèrent à fuser, sur le fait qu'elle n'avait aucun droit de salir le nom des Kaaran, qu'elle devrait avoir honte.
Elle se retint alors de faire une réflexion sur le fait qu'elle n'était pas la première des Kaaran à épouser un nécromancien, sachant très bien ce qui lui serait répondu, que Kremaa Kaaran était une grande dame, que son mari nécromancien, descendait lui même d'une grande famille de guerriers du nord, qu'elle, elle n'était qu'une bâtarde, adoptée, fille de basse lignée. Elle releva la tête vers son père adoptif, mais ce lâche gardait la tête baissée sur son assiette et ne pipait pas un mot, esquissant de faibles sourires..

Alors elle serrait les dents, elle serrait les dents et ne disait rien, sa hache commençant sérieusement à la démanger. Et alors qu'elle tentait de garder son calme, une énième remarque fusa, une remarque méchante, gratuite, sur son père, sur le fait qu'il était destiné à mourir, qu'il n'était que de la chair à gorzagh et que c'était sûrement la famille de son propre mari qui l'avait tué au combat.

Et là une unique larme roula sur sa joue, silencieusement. Et elle entendu un rire, vite étouffé, mais elle l'entendu quand même, sachant pertinement qu'il venait de son père adoptif...

À ce moment là, dans un geste plein de rage, elle se leva, saisit sa hache, fit un moulinet avec, le décapitant, le coupant dans son rire. Maintenant il ne rirait plus, il ne ferait plus grand chose ceci dit. Elle regarda sa tête tomber sur la table et releva les yeux sur les deux autres membres de cette foutue famille.
Les deux vieilles femmes étaient blêmes.

Quand elle ressortie de la demeure des Kaaran, le silence était pesant, l'odeur de la chair brûlée et du sang flottait dans l'air, aucun garde ne lui avait ouvert la porte, devant sa colère tous les habitants de la maisonnée avaient fuit.

Bien qu'il n'y ait aucune gloire à tirer d'un tel massacre, décapiter par surprise un homme proche de la cinquantaine et tuer deux vieilles femmes séniles et bien que particulièrement mauvaises, totalement incapables de se défendre, son coeur lui semblait être plus léger.

Mais comme elle se l'était promis, leurs têtes avaient fini au bout d'une pique devant la demeure, et leurs corps étaient encore en train de brûler, jamais leur corps ne seraient rendus à Kanghar, jamais ils ne rejoindront leurs ancêtres, et elle espérait de tout son être que leurs âmes seraient à jamais tourmentées.

Elle avait vengé la mort de son père et son seul regret était les éclaboussures du sang des Kaaran sur la si jolie robe offerte par Namor.

Namor qu'elle aurait enfin tout le loisir d'aimer en paix.

Elle observa un instant le sol blanc du dehors, se retourna et déposa sa hache à l'entrée de la demeure avant de quitter définitivement le froid de la Banquise.
Kaaran
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