[Pâques 2019] Galyfreya & Altéria

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

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Messagepar Altéria » Lun 22 Avr 2019 14:23

« J’ai vu un oiseau, avec de belles plumes… »

Aldénaïr avançait d’un pas décidé vers la forêt de Jade, bien déterminé à trouver la magnifique plume pour Inik'ulali Argent. Il jeta un œil sur ses « guenilles » de repos. Inik'ulali n’avait pas tort il aurait peut-être dû prendre son équipement de chevalier, il avait même laissé son épée. Enfin bon, qu’est ce qui pouvait bien lui arriver ?

Puis il fut pris d’un doute : il y avait des tonnes d’oiseaux dans la forêt, tous aussi beaux les uns que les autres, alors comment reconnaître la plume en question ? Quelques dizaines de mètres le séparait maintenant de la forêt, mais il hésitait à faire demi-tour pour demander plus de précisions à Inik'ulali. Sa réflexion prit fin lorsqu’une ombre passa au-dessus de lui, lui masquant le soleil. Aldénaïr soupira en regardant en l’air, il avait pourtant dit à Ninquelotë, son dragon, d’éviter de venir.


« Ninquelotë, je sais que tu voulais venir, mais tu aurais effrayé les ois… »

Le dragon aux écailles d’argent se posa dans un fracas assourdissant à quelques mètres de lui. La gueule de côté, l’œil du dragon observait avec envie son petit déjeuner. Assurément, ce n’était pas Ninquelotë.


« …eaux. »

Aldénaïr porta par réflexe sa main vers son épée qui… brillait par son absence. Sans réfléchir davantage, il se mit à courir en direction du couvert des arbres, le dragon argenté à sa poursuite. Alors que la gueule du dragon s’ouvrit pour engloutir sa proie, Aldénaïr atteignit la lisière de la forêt et se jeta entre les arbres, non sans entendre le claquement des mâchoires qui s’étaient refermées dans le vide.

Après avoir couru entre les frondaisons encore quelques dizaines de mètres, il s’arrêta pour reprendre son souffle. Le dragon était trop imposant pour pouvoir se mouvoir entre les arbres.
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Récupérer l’armure

Messagepar Altéria » Lun 22 Avr 2019 14:24

Pour continuer sa quête, Aldénaïr avait absolument besoin de cette armure, où il ne pourrait jamais combattre le dragon argenté. Soudain, c’est le moment. Alors que Flavius lance un sort de magie noire, Aldénaïr se précipite sur le marche mort en armure brillante, épée à la main.

Malheureusement, le sort de Flavius rebondit sur l'armure du marche mort et vient frapper Aldénaïr de plein fouet, trop surpris pour esquiver ou se protéger.

Après quelques pas en arrière, la vision d'Aldénaïr se trouble et il tombe à terre. C'est la douleur qui le réveilla, alors qu'il était allongé près d'un feu de camp. En s'asseyant, il remarque une marque noire juste en dessous du coeur, brûlante.

Le nécromant à côté de lui lui fit un regard d'excuse et secoue la tête. Ainsi ils n'avaient pas eu le marche mort...
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Prison éphémère

Messagepar Altéria » Lun 22 Avr 2019 14:28

J’erre… j’erre dans cet univers restreint. J’ai beau essayer de toutes mes forces, ces parois sont ma prison. Je crée la lumière pour mon porteur, mon unique parent, ma muse. Mais je fais grandir l’ombre. Peut être que je suis l’ombre ? Je suis coincé dans cette enveloppe, alors je patiente, j’apprends, j’observe. Cette enveloppe, je l’ai partagée un temps avec mon créateur, mais il a disparu, il m’utilisait, mais ne m’a jamais accepté. Depuis, j’observe ces terres, cette vie, qui me sont étrangères.

Nous passons les immenses portes de la cité. Ils l’appellent Lythélia, j’ai réussi à retenir ce nom. Je me souviens avoir combattu ici, mes deux derniers porteurs y ont perdu la vie dans une immense bataille, un oratorio de magie destructrice et de combats sanglants.
Nous traversons les rues, mélange hétéroclite de couleurs. J’ai vu ces bâtiments sortir de terre, brûler en partie… et maintenant, voilà qu’ils s’élèvent, plus hauts, plus majestueux qu’avant. Ses habitants ont les oreilles pointues, ils s’inclinent respectueusement devant moi. Ils se sont toujours inclinés devant moi, peut être me voient ils comme leur dieu ? Alors je veux les protéger, ils sont la famille de mon porteur, ils sont ma famille.

Nous traversons un pont, au-dessus d’un précipice. Et nous arrivons. Je la reconnais, c’est ma maison, là où je suis né ! Nous traversons les niveaux, ils ont bien changé ! La pierre est taillée, l’histoire de la cité est relatée à même la pierre. C’est mon chez-moi, mon sanctuaire.

Je les voie, ces êtres en blanc. Ils utilisent la lumière. Bien loin de la cartomancie, ils créent, ils essayent, ils développent leurs technologies, leurs magies. Ils écrivent sur des grimoires, gribouillent leurs formules sur des pages blanches. Moi je n’ai pas de lettrisme, je ne peux pas écrire. Ceux-là prient leur déesse. Ils développent leur âme. Moi je n’ai pas de psyché, je ne peux avoir d’âme. Je les envie un peu…

Eux aussi s’inclinent devant moi. Ou est-ce devant mon porteur ? Oh dans ce cas, ils s’inclinent devant nous. J’aime mon porteur actuel. Il n’est pas comme les autres. Il est fort, mais il n’a pas cette soif de pouvoir. J’essaye de l’aider, de grandir lui. J’ai envie de partager la chaleur qui se dégage de son cœur, et de lui offrir tout ce que je possède. Je ne veux plus faire qu’un avec lui. Alors j’étends mon ombre.


Aldénaïr s’effondra en sueur dans ses quartiers du deuxième niveau, au sein même du complexe des mages de lumière. Il détacha son armure et la laissa tomber au sol dans un tintement métallique. Arrachant le haut de sa chemise, il observa la marque noire qu’il avait en dessous du cœur, qui le brûlait, incendie gargantuesque qui le dévorait. Celle-là même que Flavius Athernor lui avait infligé accidentellement.

Le demi-elfe, retira sa chemise, et regarda avec anxiété l’ombre qui sortait de son gantelet, et qui se dirigeait vers cette marque, jour après jour…

Aldénaïr se dirigea vers la bibliothèque réservée au seul Technomage. Il devait bien exister un ouvrage…
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Re: [Pâques 2019] Galyfreya & Altéria

Messagepar Clan Galyfreya » Lun 22 Avr 2019 14:50

Les immenses cloches dorées de la citadelle du Rokdor sonnèrent les douzes coups de minuit, et la foule qui s’était réuni devant les Remparts se tue alors. Un silence religieux et solennelle s’installa, ne laissant que le bruit des torches tenues par les gardes et le bruit régulier de la cire qui s’écoulait le loup des cierges. Galadh Galyfreya, grand prêtre d’Adonysia, savoura ce moment de recueillement, et le laissa durer légèrement plus longtemps que de coutumes. Quand il sentit que tous les adeptes réunis étaient prêt à l’écouter, il se rouvrit les yeux et se leva.

- Je vous remercie tous d’être venu, si nombreux, pour ce jour du souvenir. Nous sommes ce soir tous réunis, pour célébrer notre dieu protecteur, Dolgin, et sa naissance lors du Grand Cataclysme. Je remercie tout particulièrement les prêtres des annexes du Sanctuaire d’avoir acceptée notre invitation, pour partager ensemble ce temps de commémoration, qui nous est commune, quelques que soient notre affiliation.

Les prêtres de Thempkar, dans leurs soutanes au violet sombre, devenu couleur ébène dans la nuit, saluèrent d’un signe de tête le prêtre d’Adonysia. Alixia Galyfreya était à leurs côtés, en retrait, observant la cérémonie menée par son père, au côté des disciples du chaos. Malgré sa volonté de se mettre dans un état d’esprit ouvert à cette cérémonie sacrée, elle ne pouvait pas s’empêcher de serrer la mâchoire et les points devant le regard méprisant et empli de dégoût que les prêtres d’Adonysia envoyait aux disciples du Sanctuaire. Depuis la foule, des murmures improbateurs s’élevaient également. Assise sur une chaise en hauteur, Emma Galyfreya avait bien envie de faire taire ses impudents qui semblaient critiquer la décision de sa mère et de son grand-père, mais David Eniel, à ses côtés, l’a retient d’un geste. Ce n’était pas à elle d’agir, ni de prendre le risque de baisser à son tour dans l’estime du peuple. La jeune fille soupira, et écouta la suite de la cérémonie, attendant avec impatience son joyeux final.

Galadh n’était pas dupe et son regard s’emplit de peine. Il tendit une de ses mains vers le dirigeant des annexes en Rokdor, et l’invita à venir à son niveau, pour diriger ensemble la cérémonie. Après quelques secondes d’immobilité, le grand prêtre sombre le rejoint prêt de la relique du bouclier du roi Borgne, d’une démarche lente et assurée. Les rumeurs s’intensifirent encore davantage et cette fois, même les prêtres de Thempkar semblèrent perdre leur visage calme et neutre, surpris par le tour que prenait la cérémonie.

- Mes amis, bien que nous célébrons la guerre du Bouclier Brisé, je souhaiterais que cette cérémonie se fasse sous le signe de l’unité, de la curiosité et de la tolérance. J’invite un enfant de l’assistance à nous rejoindre, pour participer et apprendre ce que nous savons de ce triste événement.

Quelques enfants poussèrent des cris, levèrent la main avec enthousiasme, les yeux pétillants de curiosité, malgré la veille que leur imposait la cérémonie, mais rêvant de s’approcher de la relique, devenue mémorial pour une soirée. Emma, qui se retenait tant bien que mal pour ne pas bailler en public, sauta de sa chaise, évita les bras de David qui essayait de la retenir, stupéfait, restant sourde à ses protestations, et fût la première à arriver devant les deux prêtres. Les autres enfants soupirèrent, des parents froncèrent les sourcils et Alixia regarda avec colère sa fille qui se mettait ainsi inutilement en avant. Galadh se contenta de soupirer et de hausser les épaules, à la fois exaspéré et résigné.

- Très bien. Emma, que sais-tu du Grand Cataclysme ?

- C’est quand Adonysia finit par battre Thempkar, et qu’elle sépara la terre en deux, pour séparer le Chaos du Bien. Et c’est comme ça qu’il y a eut les Remparts. Et donc que Dolgin, il est né !

Alixia se retient pour ne pas laisser tomber sa tête entre ses mains, exaspérée. Ce n’était pas faute d’avoir essayer de faire entrer un peu de théologie dans la tête de sa fille, mais elle semblait aussi opaque à la pensée religieuse que son époux, préférant de loin les raccourcis grossiers… Le grand prêtre de Thempkar fronce les sourcils et jette un regard interrogateur à son homologue qui lui répond par un sourire et un hochement de tête. Le prêtre du sanctuaire avance d’un pas, et s’adresse d’une voix forte, s’adressa à la foule, autant qu’à la jeune chevaleresse, tout en choisissant ses mots avec soin.

- Non, demoiselle Galyfreya, vous avez commis des erreurs. Le Grand Cataclysme est bien à l’origine du Remparts d’Hédarion, mais la guerre qui en fût la cause n’opposait pas Adonysia au Gardien. Ils étaient alors mari et femme, unis dans leurs différences. C’était les guerres humaines qui ont poussé votre déesse à couper la terre en deux. Elle ne sépara pas le Bien et le Chaos, elle sépara des hommes. Elle pensait que différencier apaiserait les esprits. Il n’en fût rien. Chacun des deux côtés du Remparts se tournèrent vers le sanctuaire le plus proche. Le Sud vénéra le Gardien, le Nord Adonysia. Les guerres ne s’arrêtèrent pas pour autant. Devant son échec, la déesse de Vie blâma le Seigneur des Morts. Ils se séparèrent et s’opposèrent à jamais.

Emma leva les yeux au ciel. Ce n’était que des détails de théologistes qui avaient du temps à perdre... Galadh remercia de vive voix le nécromancien pour ce résumé succinct de l’événement, et le remerciant encore plus en silence de n’avoir pas transformé son discours en pure prosélytisme pro-Thempkar.

- à présent, le moment que vous attendez tous, surtout les plus jeunes ! Nous allons reproduire la déchirure du monde, grâce à la reproduction en argile du monde d’Hédarion ! Nous remercions tous les artisans qui ont participé à sa conception. Que les enfants s’avance pour la création du Rempart !

Des artisans potiers s’avancèrent alors, portant sur leur épaules un gigantesque cube, délicatement décorée d’imagettes retraçant l’histoire d’Hédarion et ses contours, le Rempart en moins. Les bambins se précipitèrent vers le fragile scupture, et prirent des petits marteaux de bois que leurs tendaient les potiers, en souriant. Emma, bien qu’ayant atteint l’âge de seize ans, ne se gêna pas non plus pour prendre un de ces petits marteaux, et elle attendit avec impatience le signal de son grand-père, au côté des autres enfants.

- Que le cataclysme… Soit !

Aussitôt, les enfants se mirent à taper la structure d’argile, qui se brisait en petit morceaux, pendant que les adultes récitaient un poème à la gloire de Dolgin. L’excitation augmentait au fûr et à mesure que ce que renfermait la sculpture se dévoilait sous leurs yeux. Qu’est-ce que cela allait être cette année ? Des sucreries ? Des pâtisseries ? Des jouets ?

- Des œufs d’avril ! s’écria soudain un des enfants. Des vrais œufs d’avril, des œufs à vœux !

Aussitôt, tous les enfants se précipitèrent pour s’approcher des fameux œufs mythiques, sans les toucher, pour les observer de près, alors que les parents poussèrent des exclamations stupéfaites et admiratives. Perdue dans la foule, Eledhwen sourit, contente de son effet. Sôkôla serait sans doute content de voir la surprise et l’émerveillement dans les yeux des enfants présents. Ceux-ci se tournèrent avec impatience vers le prêtre, pour qu’il les autorise à récupérer le trésor cacher dans le Rempart factice. Galadh sourit.

- Et Hédarion ne fût plus le même. Dolgin naquit, lui et son sancutaire, lui et ses richesses… Et tous les peuples d’Hédarion le célèbèrent et louèrent sa puissance, sa protection et les ressources qu'ils nous apportaient… Tous, d’une seule voie, s’écrièrent...

- Dolgin est né, loué soit le protecteur du Rempart !

Sitôt que la foule avait poussé ce cri, repri par tous, à l’exception des disciples du Sanctuaire, les enfants se précipitèrent pour être les premiers et les seuls à voir leur vœu le plus cher se réaliser. Alors qu’Emma s’apprêtait à toucher un œuf couleur arc-en-ciel, et formuler son vœu, un main l’attrapa par derrière et l’éloigna du nid d’argile. Elle se débattit, protesta, mais lorsqu’elle croisa le regard furieux de sa mère, elle se calma aussitôt.

- Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans modestie et discrétion, Emma ? Tu t’es déjà fait assez remarqué comme ça, tu ne crois pas ?...

La lèvre d’Emma se mit à trembler et des larmes lui vinrent aux yeux. C’était injuste. Pourquoi elle n’avait pas le droit, elle aussi de faire son vœu ? Elle en avait besoin, plus que personne, plus que ces enfants issus de simples partisans, eux qui n’avaient rien à défendre, rien à prouver, pas besoin de se montrer digne...

- Maman, lâche-moi ! Si je ne fais pas mon vœu…

- L’oeuf ne fera rien pour toi. Ce que tu dois obtenir, tu dois le gagner par tes propres actions. Ne penses-tu pas que ça ait plus de mérite que de se reposer sur le pouvoir magique d’un objet éphémère ?

Emma se calma, comprenant que sa mère savait bien le voeu qu'elle voulait formuler, mais se sentit encore plus impuissante et effrayée. Alixia ressera son entreinte, en lui souriant avec douceur, un sourire qu’elle ne gardait que pour ses filles, et personne d’autres.

- à présent, regarde et admire, Emma…

Les vœux fûrent formulés par d'autres enfants chanceux et les œufs disparurent en une poussière d’étoiles. Un vent étrange se leva alors et l'étincelante poussière s’éleva en tourbillonnait dans les cieux nocturnes, colorés par la nébuleuse de Dolgin, qu’on ne voyait que le soir de la fête, et elle rejoignit les étoiles. Les vœux étaient montés jusqu’aux Dieux, sous les acclamations de la foule. Mais personne ne sait s’ils daigneront les écouter...
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