[FLOT] Le forbandais volant

Annonce de l'alliance et de toutes ses factions.

[FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Drakender » Jeu 21 Mar 2019 16:53

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Le roi de l'hiver, la liche, Algalius Vi Arkenus a réanimé à son service une horde de pirates sanguinaires qui sont libres de faire toutes les atrocités qu'ils veulent en son nom ou en leur propre nom.

Le forbandais volant, le célèbre vaisseau maître de cette fameuse flotte est un ancien vaisseau qui a été réparé et aménagé sur le dos d'un dragon géant réanimé sous le contrôle de la capitaine Mera'Kryya Drakender.

On sait encore peu sur ces pirates, mais ils la réputation de ne pas être d'agréable compagnie.


Équipage

Capitaine: Mera'Kryya Drakender

Sous-capitaine: Celeste "Alule"

Quartier-maître: Omer Drakender

Sous officiers: Hector Uchichawa

Cuisinier: Libre

Brasseur: El'orio Elyom

Barman: El'orio Elyom

Alchimiste: Libre

Vigie: Virgi l'Oeil de lynx Drakender

Navigateur: Hector Uchichawa

Chirurgien: Libre

Sorciers: El'orio Elyom, Mera'Kaya Drakender, Lo'Khlas(PNJ)

Musiciens: Libre

Garde: Lo'Khlas (PNJ)
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Re: [FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Drakender » Dim 31 Mar 2019 23:05

Homère faisait encore une fois les comptes de la maison Drakender. Les choses allaient bon train, la maison gagnait en popularité , et ce, malgré le climat de guerre qui pesait sur sa faction. deplus la maison pouvait profiter de plusieurs commandes au marché.

Homère avait pris le commandement de la maison il y avait maintenant une disaine d'années, après que sa mère, puis Virgil, lui laissent la place.

Néanmoins Homère était amer. La vie n'avait plus le même sens depuis que son épouse, Elycop Theyr, était morte. À quoi bon s'efforcer de garder épouse quand celle-ci pouvait partir à tout moment? À quoi bon essayer de faire la paix si la guerre perdure quand même?

Et bientôt, sa mère allait mourrir aussi...

Mera'Kryya, leur mère nécromancienne était devenue vieille et son esprit de plus en plus troublée par les vestiges de magie noire qu'il y avait en elle. Kryya avait toujours été stricte, mais contre toute attente, elle n'avait jamais forcé les siens à suivre la cérémonie familliale du nom qui faisait d'un Drakender un nécromancien à part entière. C'est pourquoi son frère et lui avaient gardés leurs noms malgré leur enfance de nécromancien.

Malgré son côté autoritaire et son penchant pour la magie noire, Homère aimait sa mère et ne voulait pas la perdre comme il avait perdu Elycop.

Depuis deux ans déjà, il étudiait divers livres de nécromancie pour trouver une solution. L'un deux, particulièrement interressant, portait sur la technique utilisée par le grand Rùben Rahzall pour prolonger son existence.

Encore fallait-il trouver un corps viable et un nécromancien compétent.

Homère se dit que sa mère devait s'y connaitre en nécromancien. Il partit la voir espérant fort que son esprit ne défaillerait pas.
Drakender23/03/2019
Il la retrouva en compagnie de son frère Virgil, dit l'oeil de lynx, le chef des éclaireurs de la maison.


Mera'Kryya: Qu'y a-t-il mon cher fils?

Homère: Mère, vous connaissez un bon nécromancien?

Mera'Kryya: Je connais le meilleur nécromancien du continent!

Homère: Ah! oui!?

Mera'Kryya: Bien sûr, mais au juste, que veux-tu faire?

Homère ne savait pas s'il devait le dire, mais sa mère étant télépathe...

Homère: Je ne veux pas vous perdre!

Virgil: Moi non plus!

La mère prit un air décidé.

Mera'Kryya: Direction Forteresse Blanche!

Après une semaine de bateau, la famille arriva devant le manoir du roi aux innombrables noms. Un somptueux manoir, digne d'un roi du nord, mais nul n'aurait pensé à une liche, du moins, de l'extérieur. On aurait simplement cru voir la demeure d'un grand roi du nord, même si les crânes accrochés à des pieux faisaient plutôt sinistres.

Il arrivèrent enfin devant l’immense entrée gardée par un guerrier en fourrure plein de cicatrices à la peau pâle, un barbare du nord, en somme, plutôt intimidant.


Garde: Qu'est-ce qui vous amène?

La voix du garde était plutôt grave, voire carrément gutturale et il sentait mauvais, il était sûrement mort en fait, du moins à s'en fier à ses yeux!

Mera'Kryya: Nous demandons à voir le roi!

L'homme, si on pouvait l'appeller ainsi, hocha la tête.

Un instant s'écoula.

Garde: Vous êtes chanceuse, il est libre, Dame Drakender!

La membres de la maison furent guidés à travers le palais juaqu'à la salle du trône.

...

Omer: Donc si j'ai bien compris, le roi accepte notre requête si nous acceptons de lui lier nos âmes et de le servir sur son bateau comme corsaires quand il aura un équipage décent, c'est ça?

Serviteur: Exactement, sir.

Si Homère demandai à mère de prolonger sa vie pour lui,il voulait bien en faire autant pour elle, mais sacrifier une fille de 10 ans, de la maison, ça se faisait pas! Mais bon, c'était la fille de Virgil, à lui de décider!

Homère: Sommes-nous encore loin?

Serviteur: Juste devant vous!

Homère était stupéfait, devant lui se trouvait un immense navire scellé sur un immense dragon dormant dont la peau écailleuse était devenue une sorte de cuir putride en lambeau et dont l'odeur infecte atteignait les narines du marchand.

Homère: Non, mais c'est une blague!?

Le servant qui leur servait de guide semblait outré.

Serviteur: Non, pas du tout!

Homère tenta de reprendre son sang froid, il se mit soudain à apprécier l'idée d'habiter le Forbandais et de de devenir pirate.

Homère: Donnez-moi la dague!

Serviteur: Tout de suite!

Et Homère planta la dague dans son coeur...

Les secondes passèrent, puis il entendit la voix du roi.

*Je vois que vous avez accepté.*

Il ressentit l'envie urgente de rejoindre son nouveau maître.

...

Homère regarda la cicatrice qui marquait désormais l'endoit où était son coeur, il a encore quelques heures. Il ne sentait plus rien battre et il avait plus froid que jamais. C'était tellement suréaliste qu'il se croirait dans un rêve ou un cauchemar, il ne savait plus trop...

Virgil avait accepté de sacrifer sa fille!? Il n'en revenait pas. Quant à Agathe, cette fille était tellement sotte qu'il pourrait lui faire avaler n'importe quoi.

Invulnérable, il pourrait faire tout ce qu'il n'avait jamais pu faire vivant, sans craintes! Coutrtiser les femmes, se faire craindre de tous, tant de nouvelles possibilités...

Le maitre allait les rappeller à lui, le temps venu, en attendant, vallait mieux faire comme si de rien n'était...
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Re: [FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Alule » Dim 31 Mar 2019 23:23

7 ans plus tard

Froid. Elle avait terriblement froid.
Mais quoi de plus normal quand on était morte. C'était juste étrange de se dire qu'on pouvait encore avoir froid.
Là encore, cela restait logique, les abysses des mers étaient décrits comme plus froide que la mort elle-même.
Fallait bien qu'une vie de débauche et de pillage soit punie d'une façon ou d'une autre...

Et pourtant elle aurait refait la même chose...

Parce que bon sang à quoi ça servait de vivre si ce n'était pas pour en profiter ? Pourquoi se priver de boire et de tuer quand on le pouvait ? Perdre du temps en paroles pour ne pas faire avancer une situation qui serait réglé d'un bon coup de dague bien placé ? Jurer fidélité à une seule personne ?

Oui, elle aurait fait la même chose et en pire, si elle en avait l'occasion !
Du fond des abysses du Néant, elle entendit un rire et une voix. Des Mots aussi et elle se concentra pour saisir leur sens :

*Vous pensiez que c'était la fin? Levez-vous mes enfants !*

Un frisson parcouru son corps, l'animant d'un sursaut et elle rouvrit les yeux sous l'écume des mers laissant filtrer un ciel étoilé.

Alors, ça, c'était bien beau ! Elle se voyait encore couler dans les débris de son navire, pris dans cette stupide tempête que cet idiot de vigie Bois-sans-soif n'avait pas remarqué !

Elle regagna la surface en quelques brasses et ouvrit la bouche pour jurer mais il n'y eut qu'un horrible gargouillement et une quantité faramineuse d'eau quitta ses voies respiratoires. Oh, seul un mort pouvait avoir tant d'eau de mer dans le gosier ! Elle l'était donc et si elle avait voulu le nier, il lui fallait juste se rendre compte qu'elle n'avait plus besoin de respirer.

Et toujours aussi froid !

Ses yeux s'écarquillèrent alors que la terreur et une incroyable exaltation la saisissait. Il lui fallait du rhum ! Tout de suite ! Immédiatement !

Si elle pouvait encore jouir des plaisirs de la vie, c'était une bénédiction et ce monde brûlerai à petits feux aux grès de ses pillages et de ses désirs.

Sinon, elle partagerait sa malédiction en mettant à sac et réduisant en cendre toute vie dans sa quête de destruction.
Elle rejoignit le rivage profitant de la nage pour observer l'endroit et se sentit appeler par quelque chose. Par quelqu'un. Et, dans son esprit, le besoin irrépressible de chercher son maître résonna.
Abandonnant le peu d'humanité qui lui restait, elle décida de ne garder que le surnom qu'on lui avait un jour donné.


Alule se mit en marche dans la nuit noire, en quête de Rhum et de son Maître.
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Re: [FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Drakender » Lun 1 Avr 2019 00:53

La taverne tournait en sous régime depuis quelque jour, El’orio Elyom ne s’en préoccupe pas, c’était la période. Tous les marins était partie en mer depuis un moment, et l’île au Forbans était vide et silencieuse, jusqu’au prochain arrivage.

Seul quelque ramassis et soulards erraient dans la taverne, où l’odeur rance de la pisse se mélangeait aux odeurs du bois moisi, de la mauvaise bière et du rhum qui gisait au sol, s’infiltrant à travers le plancher, se précipitant sur le sol humide, pour abreuver la terre de ce mélange divin.

El’orio se trouvait derrière le comptoir, occupé à le nettoyer tout en écoutant d’une oreille distraite les divagations du vieux devant lui. Une personne au teint pâle, aux cheveux longs et gras et au visage parsemé de peintures tribales et de rides.


Eddie: J’te jure El’ …. C’te navire nous a foutu une peur dont je me souviendrais!

Le vieux cracha une glaire visqueuse et noirâtre au sol.

El'orio: J’te crois Eddie, lui répondis El’orio en remarquant le verre vide du soulard, tu reprendras bien un cinquième verre?

Eddie: ARR, postillonna Eddie, j’vois bien que t’me crois pas, et qu’en plus, tu n’en a rien à foutre… J’pensais que ça t’intéressais c’genre d’histoire moi !

El'orio: Oh, mais ça m’intéresse Eddie, mais seulement si j’peux me faire de l’or grâce à cela.

Eddie: Comme toujours… T’es putain de doué, mais tellement con et borné avec t’es sous imaginaire, grogna le vieux.

El’ ne réagit pas à la pique, il savait qu’il était cupide. Il ne le cachait pas, et c’était devenu une blague récurrente des habitués de son établissement. Maintenant 10 ans qu’il était implanté sur l'île au Forbans, des histoires, il en avait entendu des milliers. D’ailleurs, la moitié provenait d’Eddie, source intarissable de potin, d’or et de beuverie.

Le vieux grognait toujours, il lui lança les pièces pour une pinte de plus, El’ leva juste les doigts pour faire bouger les pièces directement dans une sacoche accrochée à sa ceinture.

Eddie glapit en voyant cela, marmonnant.


Eddie: J’ai vraiment horreur quand tu fais cela, foutu mage…

El'orio: Je le sais bien. Et ne m’insulte pas, s’il te plait, je suis tavernier. Pas un foutu mage.

Eddie: Tu fais d’la magie, tu es un mage, c’tout, . Bon je reviens sur mon histoire…

Eddie gloussa en avalant son verre d’un trait

Eddie: C’te navire… Impitoyable, rapide… et nauséabond.

El'orio: Nauséabond?

Eddie: Oui ! T’imagines même pas l’odeur qu’ce machin nous envoyais ! Au début on comprenait pas ! On le voyait au loin devant nous, le vent dans son dos. Et quand il est passé devant nous on a compris… Un foutu dragon ! C’te navire a été fait sur un putain de foutu de dragon mort !

El’orio tiqua. Est-ce que ce serait le navire qu’il recherche… Probable… Il devrait vérifier… Il regarda Eddie et continua à discuter avec lui de ce bâtiment. Il en apprit suffisamment pour être sûr.

Il avait retrouvé le Légendaire Forbandais Volant. Eddie lui avait confirmé cela en disant que le navire était dirigé par une magnifique femme. Il lui avait également appris que le navire avait était aperçut mouillant dans une crique des environs. Le jeune homme attendit la fermeture de sa taverne, expulsa les derniers soulards, et récupéra ses affaires qui étaient prêtes depuis qu’il était là.

El’orio voyait le Forbandais comme une occasion de se faire de l’or. Mais également de commencer à se faire un nom, et d’être l’un des premiers à pouvoir proposer un accord avec eux ! Il était certains de sa réussite et de sa bonne idée. De toute manière, le karma avait toujours été contre lui jusqu’à maintenant, ça ne pouvait que fonctionner.

Il se mis donc en route en pleine nuit, avec pour objectif de monter sur le navire avant qu’il ne reparte, et de proposer son idée à la capitaine. Rien ne pouvait mal se passer…
En arrivant en vue du navire, sous la lumière de la lune qui éclairait le sol et créait des ombres à l’aspect horrifique qui ne déstabilisaient absolument pas notre homme, celui-ci avança d’un pas déterminé vers l'énorme dragon mort. En arrivant à son niveau, El’orio senti l’odeur de la mort, de la pourriture.


*Une odeur si familière*

Les souvenirs de son enfance au Temple des Ombres lui revinrent avec la force d’un taureau en pleine charge… Il continua sa marche, c’était pour cela qu’il était là, en finir avec cette vie de merde. En finir avec ces mêmes ivrognes, avec ses connards de parents absents et toutes les autres personnes vivant sur cette planète…

Revenir aux sources, tout en gardant en tête son envie obsessionnelle de l’or.
Il secoua sa tête en arrivant proche du navire, qui était étrangement silencieux. Le quai de chargement était vide, le pont également. Il monta dessus en pleine confiance et sans se cacher, en s'annoncent et demandant si quelqu’un était là.
Aucune réponse.

L’odeur devenait de plus en plus oppressante, le bois craquant sous ses bottes lui donnait l’impression d’os qui se brisaient. Le vent claquait sur les voiles et instaurer un murmure spectral inquiétant. El’orio se sentit chez lui, et choisi d’attendre là.

Il s’installa sur une caisse, et plaça ses jambes en tailleur, sortant de son sac une gourde de Rhum. Il s’envoya une bonne rasade et ferma les yeux.
Quand il se réveilla, il avait froid, il ne sentait plus son cœur battre. Il se sentait différent... Il était dans un lit, le plus confortable lit qu’il ait pu imaginer! Il regarda autours de lui, il se trouvait dans une chambre somptueuse. Cela allait contre toutes ses attentes. Puis il vit les silhouettes…


Serviteur: Ça a marché, maître, il est réveillé.

Capitaine: Bienvenue dans la famille!
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Re: [FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Alule » Sam 4 Avr 2020 02:12

[HRP: ce RP prends place avant la période d'inactivité de FLOT, un autre arrive pour justifier l'absence et le retour de l’équipage en Hédarion]


Alule était assise sur l'os lisse de la vertèbre du dragon dont la colonne vertébrale servait de quille au Forbandais. Peu descendait jusque-là : entre l'eau croupie, les restes moisies des cargaisons, les carcasses de rats vivants et en décomposition ou même les prisonniers oubliés, l'équipage ne descendait là que pour leurs corvées et encore, il n'était pas rare qu'ils mentent en disant s'en être acquitté.
Alule en avait désossé un pour l'exemple, ça avait fait rire une bonne partie de l'équipage et les hommes avez pris leurs corvées bien plus au sérieux, surtout qu'elle n'avait pas eu les connaissances nécessaires pour réassembler correctement le squelette du matelot... Le pauvre avait récolté le surnom de Chamboul'os et on devinait immédiatement que quelque chose clochait en le voyant sans savoir exactement quoi.
Il lui arrivait parfois de l'observer en se disant que ce qu'elle avait pris pour un os du bras était peut-être le tibia mais jamais Chamboul'os ne la laissé s'approcher assez pour qu'elle puisse confirmer son erreur, alors...

Enfin, bref, le lieu était l'un des plus calmes du Forbandais, si tant est qu'un vieux navire sur le dos d'un dragon pouvait l'être. On entendait toujours les chants des matelots au travail, les éclats de voix des conversations et des ordres, le bois craquer, l'eau du fond de cale clapoter, l'humidité goûter, les vagues frapper la coque, les rats cavaler...

Le silence n'existait pas.

Ni en mer, ni sur terre.

Le seul moment ou Alule avait connu le silence avait été dans le laps de temps indéterminé entre le naufrage de son bateau et sa réanimation par le maître. Ce qui, au vu de son corps relativement peu abîmé, n'avait pas dû être très long.

Certains matelots se demandaient souvent pourquoi elle venait ici et ils auraient osé lui poser la question qu'elle aurait répondu que c'était pour s'éviter leur face de rats galeux... ce qui n'était pas totalement faux mais à vrai dire, ce qu'Alule recherchait en venant ici, c'était l'assurance qu'on la laisse en paix.

Chacun avait son petit rituel.

Si le corps n'avait plus besoin d'un véritable entretient, l'esprit lui avait besoin d'être entretenu et fortifié où il finissait par se déliter. Et sans l'esprit, qu'est-ce qui les différencier d'un Marche Mort ?

Alors, certains dormaient même sans en avoir besoin, d'autres méditaient, d'autres chantaient... Chacun faisait à sa façon. Et Alule venait ici, elle-même ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être pouvait-elle sentir le lien entre l'animal ressuscité et leur maître commun et que ça l'apaisait dans un certain sens ? A vrai dire, elle n'y connaissait rien aux arts des Nécromanciens et elle s'en fichait, elle était là et c'était tout ce qui comptait.
S'il avait fallu qu'elle livre une tête ou deux par jour pour s'éviter de retourner dans le néant, elle aurait livré jusqu'à la dernière âme vivante d'Hédarion s'il le fallait.

Elle y passait du temps, sans vraiment faire attention. Le temps faisait partie de ces valeurs qui n'avait jamais eu grande importance pour elle. Encore moins depuis que son cœur ne battait plus.

Régulièrement, c'était ses contres-maîtres qui venaient la chercher pour ses corvées, pour un abordage ou même juste parce qu'ils voulaient boire. Là, c'était Taret qui venait la chercher pour régler une querelle entre deux Grattes-Coques... fin, s'ils ne l'étaient pas, ils le deviendraient pour quelques temps. Elle s'était un jour dit qu'il vaudrait mieux éviter de trop abîmer l'équipage, à la fin, ils prenaient plus de temps à se rabibocher qu'à faire l'entretien du bateau et ça n'était pas des plus rentables...
Alule faisait donc avec les moyens du bord.
Elle ne touchait pas aux hommes mais laissait le soin à la mer de les défigurer parce que passer des heures à gratter la coque et les écailles du dragon pour les débarrasser des algues et des parasites, quand on n'avait pas besoin de respirer, et bien ça vous épargnait de faire cale sèche tous les mois, puisqu'il suffisait d'une mer calme pour envoyer quelques matelots sous l'eau.

Les deux matelots s'étaient déjà redressés en voyant Taret arriver mais ils étaient maintenant presque au garde-à-vous en la voyant dans son sillage.

A vrai dire, tout aurait pu s'arrêter là, vu qu'à leur tête, ils étaient prêts à partir en courant mais ça aurait été perdre une occasion en or de s'amuser un peu. Et puis, aux dés cachés dans la main d'un des deux, la querelle était dû à l'argent et les règles était claires, pas de paris sur le bateau.
Pas quand vous restiez parfois des jours entiers bloqués en mer, pas quand vous viviez entassés comme des rats dans une cale, pas quand vous passiez autant de temps les uns sur les autres. Il fallait éviter à tout pris les disputes et Tempkar, que les jeux d'argent en étaient une source intarissable...

Bien que, alors que les deux poireautaient devant elle et que les autres attendaient le verdict avec un sourire moqueur, Alule se demandait si cette règle était valable pour un équipage non-mort.

Les tensions étaient moindres, la fatigue et la peur de manquer de nourriture ou d'eau n'était plus que de vagues souvenirs qui ne tannaient plus les nerfs... les conflits étaient souvent dû plus à l'ennui qu'autre chose, il faudrait qu'elle y réfléchisse...En tant que Capitaine après la disparition Mera'Kryya Drakender, c'était à elle d'y réfléchir.
Pour le moment, les règles étaient les règles.
Les deux hommes se retrouvèrent ligotés et pendus à la poupe comme cible à couteau pour l'équipage, celui arrivant à les détacher pouvant se débarrasser de ses corvées de la semaine sur les fautifs.

Même les deux idiots haussèrent les sourcils devant la peine relativement clémente avant de hurler comme des cochons, le reste de l'équipage prenant le ligotage très aux sérieux.

Alule sourit alors qu'Aurique levait son seul œil au ciel et il lui rappela qu'elle devait s'acquitter de ses propres tâches. D'ailleurs ça avait charrié les matelots qui n'avais rien à faire ou qui pouvait se permettre de délayer leurs corvées, parce que voir les séances d'entraînements étaient l'un des passe-temps favoris des marins. Et puis en plus, ce n'était pas les recrues aujourd'hui, enfin, si, ils pouvaient s'ils le voulaient mais peu étaient assez tête brûlé pour se lancer dans la mêlée de l'équipe d'abordage.
Les choses était simples, Alule et ses quatre comparses contre tout le reste. Ce qui était un scénario assez logique lors d'un abordage bien fait et de nuit, la plupart des marins étant encore coincés sous les ponts, il n'y avait souvent que la garde et là, il fallait la tuer le plus discrètement possible histoire de s'offrir le luxe d'égorger les pauvres hommes dans leur sommeil et de piller en paix...

Bien entendu, ça avait fini en mêlée général surtout quand le tavernier du Forbandais eut décidé que c'était le bon moment pour faire percer quelques tonneaux de sa nouvelle mixture qu'il couvait amoureusement ces derniers temps. Il fallait bien que ça parte en beuverie à un moment ou à un autre, ils étaient des pirates pas des marins d'épices !

Et puis en plus, la gueule de bois, c'était maintenant plus un état d'esprit qu'une vraie plaie.

Amure recousait le bras d'Aurique, qui s'était pris un très mauvais coup dans la mêlée, quand Cappelage sortie d'on ne sait où quelques bouteilles de Rhum. Immédiatement Alule descendit de son perchoir, quand elle avait compris qu'il lui suffisait de se balancer au bout d'une corde et de latter tout le monde à coup de sabre, elle s'était fait une joie de décimer les gens. Avec un clin d'œil, elle en saisit une et en vida une bonne moitié d'une traite alors que les autres riaient. Le rhum venait évidemment de la réserve personnelle d'Alule, en fait, les trois quarts des bouteilles qu'on pouvait trouver planquées à des endroits un peu incongrus étaient les siennes parce que la vraie réserve était déjà pleine à craquer... il fallait bien quelques avantages à être plus qu'un matelot...

Un cri fit soudain résonner le silence avant qu'un hourra et des rires n'éclatent. Visiblement, l'un des deux punis du matin venait de tomber à la flotte et elle entendait d'ici Taret, tenter de motiver deux, trois personnes à aller le chercher parce qu'il devait encore être à moitié ligoté et qu'ils étaient à plusieurs kilomètres de la côte.

Mais évidemment, ça c'était une journée calme et agréable, ni le temps ni les plans ne venaient peser sur leurs épaules. Parce que quand vous deviez frotter et goudronner le pont par cinquante degrés au soleil ou sous un déluge de Tempkar... où que l'énervement était à son comble en attendant le moment décisif de l'abordage. La vie d'un matelot, pirate ou pas, n'était pas tendre, entre les interminables corvées et les laps de temps d'attente sans aucune intimité ou distraction.

Il fallait briquer le pont, le goudronner, réparer les planches, nettoyer les cales, chercher les infiltrations, les boucher, descendre et remonter les voiles, les raccommoder, les changer, vérifier les cordages, les réparer, les entretenir, refaire les nœuds, gratter la coque pour éviter de perdre de la vitesse avec les algues et virer les parasites qui l'abîment, écoper l'eau sous les ponts, nettoyer les canons, maintenir ses armes en état... Qui plus est, il fallait aussi s'occuper du dragon et la taille du Forbandais était peu commune, autant dire que même les officiers briquaient régulièrement le pont. Les gabiers, même si les voiles n'avaient qu'une utilité moindre grâce au dragon, passaient leur temps entre les mâts, les Moussaillons briquaient, les grattes-coques plongeaient, les charpentiers réparaient et ceux qui n'avait rien à faire faisait le reste ou aidaient les officiers dans leurs tâches, comme l'entraînement des hommes, la maintenance des armes, le comptage des stocks.

Oh oui quand vous passiez à côté du Forbandais, c'était plus souvent les chants des hommes au travail que vous entendiez que celui d'une de leurs beuveries.
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Re: [FLOT] Le forbandais volant

Messagepar Alule » Dim 3 Mai 2020 09:59

[HRP: Ce RP prends place à la fin de la période d'inactivité de FLOT]



_ Vous vous faites chahuter par ces vagues ? Bande de marins d'eau douce !


Le hurlement de protestation des matelots retenti, empli d’autant de virulence que les flots qui les maltraitaient depuis des heures mais en même temps Alule y allait fort. Cette tempête, si ce n'était pas le Forbandais Volant, aucun navire n'y survivrait.
Les lames étaient assez grandes pour engloutir le bateau entier, le ressac tellement violent que le dragon émergeait régulièrement tel un fantôme terrifiant à travers les flashs crépitant.
Et si habituellement seul l’équipage avait l’allure des morts vivants, le vaisseau entier n’avait pas grand-chose à envier aux épaves abandonnées sur les récifs.


C'était une catastrophe, bien sur ce maelström qui leur tombait sur le voyage du retour était un coup du sort mais ce n’était pas le pire. L'équipage faisait peine à voir, la longue mission confiée par le Maître Arkenus avait clairsemé leurs rangs de moitié mais le voyage avait continué d’élaguer les hommes au point que ça devenait difficile de maintenir le vaisseau en état... En vrai sans la force de propulsion du dragon pour compenser les voiles qu’ils ne pouvaient ni raccommoder ni même manœuvrer, ils auraient été à la dérive.
Et voilà que cette maudite tempête lui volait ses derniers hommes !


_Par Thempkar, Abattez-moi ce mat !


Les yeux abasourdis de Capelage se posèrent sur le capitaine alors qu'elle venait de signer la destruction du dernier élément qui faisait encore du Forbandais un bateau.


_ Tu préfères quoi ? Lui répondit Alule pleine de rage. Ça se reconstruit mais pas sûr qu'on trouve un autre corps quand celui-ci sera rongé par l'eau et le sel !


La blonde eut un rictus avant de se saisir de deux haches coincées dans les cordages encore en place et en tendis une à Alule. En temps normal, elle lui aurait lancé mais, là, le vent ou les eaux l'auraient emportée à jamais.
Elles rejoignirent les hommes déjà en train d'attaquer le mat qui avait bien souffert. Il était brisé depuis les premières vagues écumantes de la tempête mais il était encore retenu par le cœur du bois, pendant dangereusement, menaçant à tout temps de faire dessaler le vaisseau.
Et là, ça aurait signé la fin du Forbandais Volant : si le navire chavirait, c'était le dragon qui prendrait les dégâts et ça... ce n'était pas réparable.
Sauf si vous trouviez les restes ou même un dragon vivant de la taille et l'ampleur de celui qui jouer le rôle de quille.

Malgré son atypisme, le Forbandais restait un bateau.
Et un bateau avec sa quille endommagé n'était plus qu'un rafiot.
Et un rafiot, c'est juste destiné à couler.


_ Lames !


Sans chercher à savoir qui avait hurlé, tous les pirates s'accrochèrent férocement à ce qui leur tombais sous les mains et jetaient un œil à ceux proches, histoire d'avoir une idée de qui était passer par-dessus bord.
Bien qu'avec un maelstrom pareille, personne ne songeait à récupérer les malheureux, trop occuper à tenter de rester eux-mêmes sur le pont et à faire en sorte de rester à flot.
Et puis bon, si y'avais bien un équipage qui, même après une décennie, pouvait espérer le retour d'un de ces matelots, c'était bien celui non-mort du Forbandais Volant.
Tant que la pierre n’était pas détruite, l’âme du pirate jamais ne mourrait.


Alule secoua la tête comme un chien, chassant le surplus d'eau en songeant qu'une vague pareille aurait eu raison d'un vivant vu le temps qu'ils venaient de passer immerger. Elle jeta un œil à la ronde avant de hurler :


_Rester accrochez, v’là la grande sœur !


Elle se mordit profondément la lèvre, la tête violemment projeter sur le mat qu'elle tentait d'abattre deux minutes plus tôt. Plus d'un de ses hommes, surpris par la faible latence entre les deux vagues, furent fauchés et emportés.


Notamment son dernier gabier...
Fin avec ce qu'il restait de des voiles, c'était plus vraiment un drame.


Elle croisa le regard de Capelage étonnement hilare et suivit ses yeux bleu, tombant sur une main bien accroché au bastingage... mais sans le reste du corps.
Un fou-rire impromptue la prit, vite rejoint par sa fidèle navigatrice, donnant un éclat de joie morbide dans la pénombre déchirée par les éclairs.
Étonnement le bruit de leurs rires couvrirent un moment le fracas de la pluie et les grondement sourd des vagues et du ciel.


Un hurlement féroce échappa à un matelot alors que le bruit de sa hache s'abattait sur le mat tel le tonnerre précédant l’éclair. Taret, était là, profitant que le Forbandais soit à la perpendiculaire dans le rouleau pour se tenir debout sur le mat et mettre toute sa force pour abattre sa cognée.


_ Bande de mauvaises bernacles ! Attachez-vous un morceau qui ne risque pas de se disloquer et v'nez m'aider, où ça sera moi le prochain cap'taine !


Alule cligna des yeux, surprise et releva sa lèvre abîmée sur les dents répondant à la provocation. Le poste de capitaine n’avait pas d’importance, Taret s’en carrait au moins autant que d’embrocher un nourrisson, non, il venait juste lui chercher des poux !


_ Ce fou ! Reprit courage Capelage en riant à moitié.


En même temps comment ne pas être hilare en voyant Alule manquer de peu le bras de son bosco sous couvert d’un soi-disant coup de vent qui aurait dévié sa hache.
Mais la situation désastreuse ne permettait pas ce genre de légèreté et une vague les ramena violemment sur le pont, entraînant Alule par-dessus le bastingage. L’horreur dans les yeux de Capelage et Taret s’atténua alors qu’avec toute la hargne qui pouvait la caractériser, elle s’empala la main sur le parapet brisé du navire et se hissa à nouveau à bord.


_Où sont Aurique et Amure ? s’inquiéta la blonde en nouant fermement une corde à ses hanches.
_ Présents ! Hurlèrent les deux au bout de leur corde, ballotter sournoisement par les eaux et vents, incapable de revenir sur le pont.


Une énorme quantité d'eau s'échappa du nez d'Alule alors qu'elle soupirait de soulagement, même sans personne d'autre, tant qu'elle avait ses quatre loups de mer avec elle tout était encore possible.
Même d’ici, elle voyait que leur corps avait bien souffert mais au moins, ils étaient toujours là. Elle agrippa une première corde et s’attacha avec tout le savoir-faire d’un marin et sa confiance en ses nœuds et commença à tirer, centimètre par centimètre, ramenant lentement Amure à elle. L'eau lui arrachait régulièrement les quelques mètres qu'elle avait réussi à grappiller mais, hargneuse comme elle l’était, elle continua louant l’absence de douleurs de ses muscles et de sa peau brulée, carrément arrachée par la corde.
La chaire de ses mains bien entamée, elle réussit à ramener Amure sur le pont mais, sans surprise, le corps de sa fidèle était bien trop abîmé.


_ Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux à faire... soupira la rousse. On se reverra sur la rive, trouve-moi un corps un peu moins faiblard cette fois !


Alule serra les dents et plongea sa main dans le torse, se frayant facilement un chemin dans le corps en miette et referma ses doigts sur ce qui avait jadis été un cœur mais qui n'était plus qu'une pierre d'âme. Elle réfléchit quelques secondes à la manière de mettre la pierre en sécurité avant que les eaux ne lui volent définitivement Amure et la seule chose qui lui vint à l’esprit fut de l’avaler.
Elle sentit les bords coupant de la pierre fendre sa gorge et pria pour que ces cordes vocales ne soient pas abîmées.
La capitaine tourna la tête vers Capelage qui s’était résolue à faire de même avec Aurique et une rage sourde n’ayant rien à envier à cette tempête remonta de ses tripes mortes.
Voir les corps inanimés de ses fidèles même, leur pierre à l’abri, réveillait une douleur sans commune mesure.


Elle grimpa l’espace qui la séparait de Taret toujours occupé à réaliser les ordres précédemment donnés et saisit la hache toujours plantée dans le bois avant de l’abattre de toute la force que lui avait confié la mort.
A trois sans même une pensée pour la terreur de n’être que les derniers de l’équipage, ils abattirent leurs haches tour à tour créant un rythme dans le maelström aléatoire des éléments déchaînés.


Tac. Tac. Tac

Comme une horloge.

Tac. Tac. Tac.

Comme si le temps avait un instant reprit prise sur eux.

Tac. Tac. Tac.


Leurs ombres dansaient sur le creux des vagues dessinées par les lumières aléatoire des éclairs. Les corps disparaissaient pour réapparaître après les frappes des flots courroucés. Parfois toujours debouts. Souvent en train de remonter le mat comme des vers affamés ayant finis leur carcasse et cherchant la prochaine.
Danse macabre aux rythmes cacophonique des coups de hache saillant au même endroit, seules les vagues et le vent perturbant l’élan. Cris de rage se mêlant aux éclats du tonnerre et aux fracas de l’écume enragée.


Le mat finit par être emporté par la fureur de l’océan laissant les trois pirates bouches bées quelques secondes seulement. Avant que, bras dessus-dessous, Taret et Capelage ne se mettent à danser, riants aux vents alors que le Forbandais se stabilisait, moins chahuté depuis que son mat ne menaçait plus de le faire dessaler aux moindres mouvements d’eau.
Ce n’était pas encore gagner, loin de là, mais il ne restait plus qu’à braver la fin de la tempête en espérant rester à flot.
Et les marins n’avaient plus rien dans leurs mains pour forcer leur destin.


Alors autant profiter de leurs derniers instants si ça devait l’être !


Alule rejoignit ses deux fidèles, quelques-uns de ses matelots miraculeusement rescapés et se mirent à danser.
Bravant les flots et les vents.
Faisant résonner un courant de joie dans la sinistre tempête qui les menée droit sur les rivages.


Et par le lien avec son maître, le capitaine savait qu’elle se rapprochait de son lieu de mouillage de prédilection.

Bientôt le Forbandais Volant reviendrait hanter l’île aux Forbans.
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Alule
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