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[FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Jeu 21 Mar 2019 16:53
par Drakender
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Le roi de l'hiver, la liche, Algalius Vi Arkenus a réanimé à son service une horde de pirates sanguinaires qui sont libres de faire toutes les atrocités qu'ils veulent en son nom ou en leur propre nom.

Le forbandais volant, le célèbre vaisseau maître de cette fameuse flotte est un ancien vaisseau qui a été réparé et aménagé sur le dos d'un dragon géant réanimé sous le contrôle de la capitaine Mera'Kryya Drakender.

On sait encore peu sur ces pirates, mais ils la réputation de ne pas être d'agréable compagnie.


Équipage

Capitaine: Mera'Kryya Drakender

Sous-capitaine: Celeste "Alule"

Quartier-maître: Omer Drakender

Sous officiers: Hector Uchichawa

Cuisinier: Libre

Brasseur: El'orio Elyom

Barman: El'orio Elyom

Alchimiste: Libre

Vigie: Virgi l'Oeil de lynx Drakender

Navigateur: Hector Uchichawa

Chirurgien: Libre

Sorciers: El'orio Elyom, Mera'Kaya Drakender, Lo'Khlas(PNJ)

Musiciens: Libre

Garde: Lo'Khlas (PNJ)

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Dim 31 Mar 2019 23:05
par Drakender
Homère faisait encore une fois les comptes de la maison Drakender. Les choses allaient bon train, la maison gagnait en popularité , et ce, malgré le climat de guerre qui pesait sur sa faction. deplus la maison pouvait profiter de plusieurs commandes au marché.

Homère avait pris le commandement de la maison il y avait maintenant une disaine d'années, après que sa mère, puis Virgil, lui laissent la place.

Néanmoins Homère était amer. La vie n'avait plus le même sens depuis que son épouse, Elycop Theyr, était morte. À quoi bon s'efforcer de garder épouse quand celle-ci pouvait partir à tout moment? À quoi bon essayer de faire la paix si la guerre perdure quand même?

Et bientôt, sa mère allait mourrir aussi...

Mera'Kryya, leur mère nécromancienne était devenue vieille et son esprit de plus en plus troublée par les vestiges de magie noire qu'il y avait en elle. Kryya avait toujours été stricte, mais contre toute attente, elle n'avait jamais forcé les siens à suivre la cérémonie familliale du nom qui faisait d'un Drakender un nécromancien à part entière. C'est pourquoi son frère et lui avaient gardés leurs noms malgré leur enfance de nécromancien.

Malgré son côté autoritaire et son penchant pour la magie noire, Homère aimait sa mère et ne voulait pas la perdre comme il avait perdu Elycop.

Depuis deux ans déjà, il étudiait divers livres de nécromancie pour trouver une solution. L'un deux, particulièrement interressant, portait sur la technique utilisée par le grand Rùben Rahzall pour prolonger son existence.

Encore fallait-il trouver un corps viable et un nécromancien compétent.

Homère se dit que sa mère devait s'y connaitre en nécromancien. Il partit la voir espérant fort que son esprit ne défaillerait pas.
Drakender23/03/2019
Il la retrouva en compagnie de son frère Virgil, dit l'oeil de lynx, le chef des éclaireurs de la maison.


Mera'Kryya: Qu'y a-t-il mon cher fils?

Homère: Mère, vous connaissez un bon nécromancien?

Mera'Kryya: Je connais le meilleur nécromancien du continent!

Homère: Ah! oui!?

Mera'Kryya: Bien sûr, mais au juste, que veux-tu faire?

Homère ne savait pas s'il devait le dire, mais sa mère étant télépathe...

Homère: Je ne veux pas vous perdre!

Virgil: Moi non plus!

La mère prit un air décidé.

Mera'Kryya: Direction Forteresse Blanche!

Après une semaine de bateau, la famille arriva devant le manoir du roi aux innombrables noms. Un somptueux manoir, digne d'un roi du nord, mais nul n'aurait pensé à une liche, du moins, de l'extérieur. On aurait simplement cru voir la demeure d'un grand roi du nord, même si les crânes accrochés à des pieux faisaient plutôt sinistres.

Il arrivèrent enfin devant l’immense entrée gardée par un guerrier en fourrure plein de cicatrices à la peau pâle, un barbare du nord, en somme, plutôt intimidant.


Garde: Qu'est-ce qui vous amène?

La voix du garde était plutôt grave, voire carrément gutturale et il sentait mauvais, il était sûrement mort en fait, du moins à s'en fier à ses yeux!

Mera'Kryya: Nous demandons à voir le roi!

L'homme, si on pouvait l'appeller ainsi, hocha la tête.

Un instant s'écoula.

Garde: Vous êtes chanceuse, il est libre, Dame Drakender!

La membres de la maison furent guidés à travers le palais juaqu'à la salle du trône.

...

Omer: Donc si j'ai bien compris, le roi accepte notre requête si nous acceptons de lui lier nos âmes et de le servir sur son bateau comme corsaires quand il aura un équipage décent, c'est ça?

Serviteur: Exactement, sir.

Si Homère demandai à mère de prolonger sa vie pour lui,il voulait bien en faire autant pour elle, mais sacrifier une fille de 10 ans, de la maison, ça se faisait pas! Mais bon, c'était la fille de Virgil, à lui de décider!

Homère: Sommes-nous encore loin?

Serviteur: Juste devant vous!

Homère était stupéfait, devant lui se trouvait un immense navire scellé sur un immense dragon dormant dont la peau écailleuse était devenue une sorte de cuir putride en lambeau et dont l'odeur infecte atteignait les narines du marchand.

Homère: Non, mais c'est une blague!?

Le servant qui leur servait de guide semblait outré.

Serviteur: Non, pas du tout!

Homère tenta de reprendre son sang froid, il se mit soudain à apprécier l'idée d'habiter le Forbandais et de de devenir pirate.

Homère: Donnez-moi la dague!

Serviteur: Tout de suite!

Et Homère planta la dague dans son coeur...

Les secondes passèrent, puis il entendit la voix du roi.

*Je vois que vous avez accepté.*

Il ressentit l'envie urgente de rejoindre son nouveau maître.

...

Homère regarda la cicatrice qui marquait désormais l'endoit où était son coeur, il a encore quelques heures. Il ne sentait plus rien battre et il avait plus froid que jamais. C'était tellement suréaliste qu'il se croirait dans un rêve ou un cauchemar, il ne savait plus trop...

Virgil avait accepté de sacrifer sa fille!? Il n'en revenait pas. Quant à Agathe, cette fille était tellement sotte qu'il pourrait lui faire avaler n'importe quoi.

Invulnérable, il pourrait faire tout ce qu'il n'avait jamais pu faire vivant, sans craintes! Coutrtiser les femmes, se faire craindre de tous, tant de nouvelles possibilités...

Le maitre allait les rappeller à lui, le temps venu, en attendant, vallait mieux faire comme si de rien n'était...

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Dim 31 Mar 2019 23:23
par Alule
7 ans plus tard

Froid. Elle avait terriblement froid.
Mais quoi de plus normal quand on était morte. C'était juste étrange de se dire qu'on pouvait encore avoir froid.
Là encore, cela restait logique, les abysses des mers étaient décrits comme plus froide que la mort elle-même.
Fallait bien qu'une vie de débauche et de pillage soit punie d'une façon ou d'une autre...

Et pourtant elle aurait refait la même chose...

Parce que bon sang à quoi ça servait de vivre si ce n'était pas pour en profiter ? Pourquoi se priver de boire et de tuer quand on le pouvait ? Perdre du temps en paroles pour ne pas faire avancer une situation qui serait réglé d'un bon coup de dague bien placé ? Jurer fidélité à une seule personne ?

Oui, elle aurait fait la même chose et en pire, si elle en avait l'occasion !
Du fond des abysses du Néant, elle entendit un rire et une voix. Des Mots aussi et elle se concentra pour saisir leur sens :

*Vous pensiez que c'était la fin? Levez-vous mes enfants !*

Un frisson parcouru son corps, l'animant d'un sursaut et elle rouvrit les yeux sous l'écume des mers laissant filtrer un ciel étoilé.

Alors, ça, c'était bien beau ! Elle se voyait encore couler dans les débris de son navire, pris dans cette stupide tempête que cet idiot de vigie Bois-sans-soif n'avait pas remarqué !

Elle regagna la surface en quelques brasses et ouvrit la bouche pour jurer mais il n'y eut qu'un horrible gargouillement et une quantité faramineuse d'eau quitta ses voies respiratoires. Oh, seul un mort pouvait avoir tant d'eau de mer dans le gosier ! Elle l'était donc et si elle avait voulu le nier, il lui fallait juste se rendre compte qu'elle n'avait plus besoin de respirer.

Et toujours aussi froid !

Ses yeux s'écarquillèrent alors que la terreur et une incroyable exaltation la saisissait. Il lui fallait du rhum ! Tout de suite ! Immédiatement !

Si elle pouvait encore jouir des plaisirs de la vie, c'était une bénédiction et ce monde brûlerai à petits feux aux grès de ses pillages et de ses désirs.

Sinon, elle partagerait sa malédiction en mettant à sac et réduisant en cendre toute vie dans sa quête de destruction.
Elle rejoignit le rivage profitant de la nage pour observer l'endroit et se sentit appeler par quelque chose. Par quelqu'un. Et, dans son esprit, le besoin irrépressible de chercher son maître résonna.
Abandonnant le peu d'humanité qui lui restait, elle décida de ne garder que le surnom qu'on lui avait un jour donné.


Alule se mit en marche dans la nuit noire, en quête de Rhum et de son Maître.

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Lun 1 Avr 2019 00:53
par Drakender
La taverne tournait en sous régime depuis quelque jour, El’orio Elyom ne s’en préoccupe pas, c’était la période. Tous les marins était partie en mer depuis un moment, et l’île au Forbans était vide et silencieuse, jusqu’au prochain arrivage.

Seul quelque ramassis et soulards erraient dans la taverne, où l’odeur rance de la pisse se mélangeait aux odeurs du bois moisi, de la mauvaise bière et du rhum qui gisait au sol, s’infiltrant à travers le plancher, se précipitant sur le sol humide, pour abreuver la terre de ce mélange divin.

El’orio se trouvait derrière le comptoir, occupé à le nettoyer tout en écoutant d’une oreille distraite les divagations du vieux devant lui. Une personne au teint pâle, aux cheveux longs et gras et au visage parsemé de peintures tribales et de rides.


Eddie: J’te jure El’ …. C’te navire nous a foutu une peur dont je me souviendrais!

Le vieux cracha une glaire visqueuse et noirâtre au sol.

El'orio: J’te crois Eddie, lui répondis El’orio en remarquant le verre vide du soulard, tu reprendras bien un cinquième verre?

Eddie: ARR, postillonna Eddie, j’vois bien que t’me crois pas, et qu’en plus, tu n’en a rien à foutre… J’pensais que ça t’intéressais c’genre d’histoire moi !

El'orio: Oh, mais ça m’intéresse Eddie, mais seulement si j’peux me faire de l’or grâce à cela.

Eddie: Comme toujours… T’es putain de doué, mais tellement con et borné avec t’es sous imaginaire, grogna le vieux.

El’ ne réagit pas à la pique, il savait qu’il était cupide. Il ne le cachait pas, et c’était devenu une blague récurrente des habitués de son établissement. Maintenant 10 ans qu’il était implanté sur l'île au Forbans, des histoires, il en avait entendu des milliers. D’ailleurs, la moitié provenait d’Eddie, source intarissable de potin, d’or et de beuverie.

Le vieux grognait toujours, il lui lança les pièces pour une pinte de plus, El’ leva juste les doigts pour faire bouger les pièces directement dans une sacoche accrochée à sa ceinture.

Eddie glapit en voyant cela, marmonnant.


Eddie: J’ai vraiment horreur quand tu fais cela, foutu mage…

El'orio: Je le sais bien. Et ne m’insulte pas, s’il te plait, je suis tavernier. Pas un foutu mage.

Eddie: Tu fais d’la magie, tu es un mage, c’tout, . Bon je reviens sur mon histoire…

Eddie gloussa en avalant son verre d’un trait

Eddie: C’te navire… Impitoyable, rapide… et nauséabond.

El'orio: Nauséabond?

Eddie: Oui ! T’imagines même pas l’odeur qu’ce machin nous envoyais ! Au début on comprenait pas ! On le voyait au loin devant nous, le vent dans son dos. Et quand il est passé devant nous on a compris… Un foutu dragon ! C’te navire a été fait sur un putain de foutu de dragon mort !

El’orio tiqua. Est-ce que ce serait le navire qu’il recherche… Probable… Il devrait vérifier… Il regarda Eddie et continua à discuter avec lui de ce bâtiment. Il en apprit suffisamment pour être sûr.

Il avait retrouvé le Légendaire Forbandais Volant. Eddie lui avait confirmé cela en disant que le navire était dirigé par une magnifique femme. Il lui avait également appris que le navire avait était aperçut mouillant dans une crique des environs. Le jeune homme attendit la fermeture de sa taverne, expulsa les derniers soulards, et récupéra ses affaires qui étaient prêtes depuis qu’il était là.

El’orio voyait le Forbandais comme une occasion de se faire de l’or. Mais également de commencer à se faire un nom, et d’être l’un des premiers à pouvoir proposer un accord avec eux ! Il était certains de sa réussite et de sa bonne idée. De toute manière, le karma avait toujours été contre lui jusqu’à maintenant, ça ne pouvait que fonctionner.

Il se mis donc en route en pleine nuit, avec pour objectif de monter sur le navire avant qu’il ne reparte, et de proposer son idée à la capitaine. Rien ne pouvait mal se passer…
En arrivant en vue du navire, sous la lumière de la lune qui éclairait le sol et créait des ombres à l’aspect horrifique qui ne déstabilisaient absolument pas notre homme, celui-ci avança d’un pas déterminé vers l'énorme dragon mort. En arrivant à son niveau, El’orio senti l’odeur de la mort, de la pourriture.


*Une odeur si familière*

Les souvenirs de son enfance au Temple des Ombres lui revinrent avec la force d’un taureau en pleine charge… Il continua sa marche, c’était pour cela qu’il était là, en finir avec cette vie de merde. En finir avec ces mêmes ivrognes, avec ses connards de parents absents et toutes les autres personnes vivant sur cette planète…

Revenir aux sources, tout en gardant en tête son envie obsessionnelle de l’or.
Il secoua sa tête en arrivant proche du navire, qui était étrangement silencieux. Le quai de chargement était vide, le pont également. Il monta dessus en pleine confiance et sans se cacher, en s'annoncent et demandant si quelqu’un était là.
Aucune réponse.

L’odeur devenait de plus en plus oppressante, le bois craquant sous ses bottes lui donnait l’impression d’os qui se brisaient. Le vent claquait sur les voiles et instaurer un murmure spectral inquiétant. El’orio se sentit chez lui, et choisi d’attendre là.

Il s’installa sur une caisse, et plaça ses jambes en tailleur, sortant de son sac une gourde de Rhum. Il s’envoya une bonne rasade et ferma les yeux.
Quand il se réveilla, il avait froid, il ne sentait plus son cœur battre. Il se sentait différent... Il était dans un lit, le plus confortable lit qu’il ait pu imaginer! Il regarda autours de lui, il se trouvait dans une chambre somptueuse. Cela allait contre toutes ses attentes. Puis il vit les silhouettes…


Serviteur: Ça a marché, maître, il est réveillé.

Capitaine: Bienvenue dans la famille!

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Sam 4 Avr 2020 02:12
par Alule
[HRP: ce RP prends place avant la période d'inactivité de FLOT, un autre arrive pour justifier l'absence et le retour de l’équipage en Hédarion]


Alule était assise sur l'os lisse de la vertèbre du dragon dont la colonne vertébrale servait de quille au Forbandais. Peu descendait jusque-là : entre l'eau croupie, les restes moisies des cargaisons, les carcasses de rats vivants et en décomposition ou même les prisonniers oubliés, l'équipage ne descendait là que pour leurs corvées et encore, il n'était pas rare qu'ils mentent en disant s'en être acquitté.
Alule en avait désossé un pour l'exemple, ça avait fait rire une bonne partie de l'équipage et les hommes avez pris leurs corvées bien plus au sérieux, surtout qu'elle n'avait pas eu les connaissances nécessaires pour réassembler correctement le squelette du matelot... Le pauvre avait récolté le surnom de Chamboul'os et on devinait immédiatement que quelque chose clochait en le voyant sans savoir exactement quoi.
Il lui arrivait parfois de l'observer en se disant que ce qu'elle avait pris pour un os du bras était peut-être le tibia mais jamais Chamboul'os ne la laissé s'approcher assez pour qu'elle puisse confirmer son erreur, alors...

Enfin, bref, le lieu était l'un des plus calmes du Forbandais, si tant est qu'un vieux navire sur le dos d'un dragon pouvait l'être. On entendait toujours les chants des matelots au travail, les éclats de voix des conversations et des ordres, le bois craquer, l'eau du fond de cale clapoter, l'humidité goûter, les vagues frapper la coque, les rats cavaler...

Le silence n'existait pas.

Ni en mer, ni sur terre.

Le seul moment ou Alule avait connu le silence avait été dans le laps de temps indéterminé entre le naufrage de son bateau et sa réanimation par le maître. Ce qui, au vu de son corps relativement peu abîmé, n'avait pas dû être très long.

Certains matelots se demandaient souvent pourquoi elle venait ici et ils auraient osé lui poser la question qu'elle aurait répondu que c'était pour s'éviter leur face de rats galeux... ce qui n'était pas totalement faux mais à vrai dire, ce qu'Alule recherchait en venant ici, c'était l'assurance qu'on la laisse en paix.

Chacun avait son petit rituel.

Si le corps n'avait plus besoin d'un véritable entretient, l'esprit lui avait besoin d'être entretenu et fortifié où il finissait par se déliter. Et sans l'esprit, qu'est-ce qui les différencier d'un Marche Mort ?

Alors, certains dormaient même sans en avoir besoin, d'autres méditaient, d'autres chantaient... Chacun faisait à sa façon. Et Alule venait ici, elle-même ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être pouvait-elle sentir le lien entre l'animal ressuscité et leur maître commun et que ça l'apaisait dans un certain sens ? A vrai dire, elle n'y connaissait rien aux arts des Nécromanciens et elle s'en fichait, elle était là et c'était tout ce qui comptait.
S'il avait fallu qu'elle livre une tête ou deux par jour pour s'éviter de retourner dans le néant, elle aurait livré jusqu'à la dernière âme vivante d'Hédarion s'il le fallait.

Elle y passait du temps, sans vraiment faire attention. Le temps faisait partie de ces valeurs qui n'avait jamais eu grande importance pour elle. Encore moins depuis que son cœur ne battait plus.

Régulièrement, c'était ses contres-maîtres qui venaient la chercher pour ses corvées, pour un abordage ou même juste parce qu'ils voulaient boire. Là, c'était Taret qui venait la chercher pour régler une querelle entre deux Grattes-Coques... fin, s'ils ne l'étaient pas, ils le deviendraient pour quelques temps. Elle s'était un jour dit qu'il vaudrait mieux éviter de trop abîmer l'équipage, à la fin, ils prenaient plus de temps à se rabibocher qu'à faire l'entretien du bateau et ça n'était pas des plus rentables...
Alule faisait donc avec les moyens du bord.
Elle ne touchait pas aux hommes mais laissait le soin à la mer de les défigurer parce que passer des heures à gratter la coque et les écailles du dragon pour les débarrasser des algues et des parasites, quand on n'avait pas besoin de respirer, et bien ça vous épargnait de faire cale sèche tous les mois, puisqu'il suffisait d'une mer calme pour envoyer quelques matelots sous l'eau.

Les deux matelots s'étaient déjà redressés en voyant Taret arriver mais ils étaient maintenant presque au garde-à-vous en la voyant dans son sillage.

A vrai dire, tout aurait pu s'arrêter là, vu qu'à leur tête, ils étaient prêts à partir en courant mais ça aurait été perdre une occasion en or de s'amuser un peu. Et puis, aux dés cachés dans la main d'un des deux, la querelle était dû à l'argent et les règles était claires, pas de paris sur le bateau.
Pas quand vous restiez parfois des jours entiers bloqués en mer, pas quand vous viviez entassés comme des rats dans une cale, pas quand vous passiez autant de temps les uns sur les autres. Il fallait éviter à tout pris les disputes et Tempkar, que les jeux d'argent en étaient une source intarissable...

Bien que, alors que les deux poireautaient devant elle et que les autres attendaient le verdict avec un sourire moqueur, Alule se demandait si cette règle était valable pour un équipage non-mort.

Les tensions étaient moindres, la fatigue et la peur de manquer de nourriture ou d'eau n'était plus que de vagues souvenirs qui ne tannaient plus les nerfs... les conflits étaient souvent dû plus à l'ennui qu'autre chose, il faudrait qu'elle y réfléchisse...En tant que Capitaine après la disparition Mera'Kryya Drakender, c'était à elle d'y réfléchir.
Pour le moment, les règles étaient les règles.
Les deux hommes se retrouvèrent ligotés et pendus à la poupe comme cible à couteau pour l'équipage, celui arrivant à les détacher pouvant se débarrasser de ses corvées de la semaine sur les fautifs.

Même les deux idiots haussèrent les sourcils devant la peine relativement clémente avant de hurler comme des cochons, le reste de l'équipage prenant le ligotage très aux sérieux.

Alule sourit alors qu'Aurique levait son seul œil au ciel et il lui rappela qu'elle devait s'acquitter de ses propres tâches. D'ailleurs ça avait charrié les matelots qui n'avais rien à faire ou qui pouvait se permettre de délayer leurs corvées, parce que voir les séances d'entraînements étaient l'un des passe-temps favoris des marins. Et puis en plus, ce n'était pas les recrues aujourd'hui, enfin, si, ils pouvaient s'ils le voulaient mais peu étaient assez tête brûlé pour se lancer dans la mêlée de l'équipe d'abordage.
Les choses était simples, Alule et ses quatre comparses contre tout le reste. Ce qui était un scénario assez logique lors d'un abordage bien fait et de nuit, la plupart des marins étant encore coincés sous les ponts, il n'y avait souvent que la garde et là, il fallait la tuer le plus discrètement possible histoire de s'offrir le luxe d'égorger les pauvres hommes dans leur sommeil et de piller en paix...

Bien entendu, ça avait fini en mêlée général surtout quand le tavernier du Forbandais eut décidé que c'était le bon moment pour faire percer quelques tonneaux de sa nouvelle mixture qu'il couvait amoureusement ces derniers temps. Il fallait bien que ça parte en beuverie à un moment ou à un autre, ils étaient des pirates pas des marins d'épices !

Et puis en plus, la gueule de bois, c'était maintenant plus un état d'esprit qu'une vraie plaie.

Amure recousait le bras d'Aurique, qui s'était pris un très mauvais coup dans la mêlée, quand Cappelage sortie d'on ne sait où quelques bouteilles de Rhum. Immédiatement Alule descendit de son perchoir, quand elle avait compris qu'il lui suffisait de se balancer au bout d'une corde et de latter tout le monde à coup de sabre, elle s'était fait une joie de décimer les gens. Avec un clin d'œil, elle en saisit une et en vida une bonne moitié d'une traite alors que les autres riaient. Le rhum venait évidemment de la réserve personnelle d'Alule, en fait, les trois quarts des bouteilles qu'on pouvait trouver planquées à des endroits un peu incongrus étaient les siennes parce que la vraie réserve était déjà pleine à craquer... il fallait bien quelques avantages à être plus qu'un matelot...

Un cri fit soudain résonner le silence avant qu'un hourra et des rires n'éclatent. Visiblement, l'un des deux punis du matin venait de tomber à la flotte et elle entendait d'ici Taret, tenter de motiver deux, trois personnes à aller le chercher parce qu'il devait encore être à moitié ligoté et qu'ils étaient à plusieurs kilomètres de la côte.

Mais évidemment, ça c'était une journée calme et agréable, ni le temps ni les plans ne venaient peser sur leurs épaules. Parce que quand vous deviez frotter et goudronner le pont par cinquante degrés au soleil ou sous un déluge de Tempkar... où que l'énervement était à son comble en attendant le moment décisif de l'abordage. La vie d'un matelot, pirate ou pas, n'était pas tendre, entre les interminables corvées et les laps de temps d'attente sans aucune intimité ou distraction.

Il fallait briquer le pont, le goudronner, réparer les planches, nettoyer les cales, chercher les infiltrations, les boucher, descendre et remonter les voiles, les raccommoder, les changer, vérifier les cordages, les réparer, les entretenir, refaire les nœuds, gratter la coque pour éviter de perdre de la vitesse avec les algues et virer les parasites qui l'abîment, écoper l'eau sous les ponts, nettoyer les canons, maintenir ses armes en état... Qui plus est, il fallait aussi s'occuper du dragon et la taille du Forbandais était peu commune, autant dire que même les officiers briquaient régulièrement le pont. Les gabiers, même si les voiles n'avaient qu'une utilité moindre grâce au dragon, passaient leur temps entre les mâts, les Moussaillons briquaient, les grattes-coques plongeaient, les charpentiers réparaient et ceux qui n'avait rien à faire faisait le reste ou aidaient les officiers dans leurs tâches, comme l'entraînement des hommes, la maintenance des armes, le comptage des stocks.

Oh oui quand vous passiez à côté du Forbandais, c'était plus souvent les chants des hommes au travail que vous entendiez que celui d'une de leurs beuveries.

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Dim 3 Mai 2020 09:59
par Alule
[HRP: Ce RP prends place à la fin de la période d'inactivité de FLOT]



_ Vous vous faites chahuter par ces vagues ? Bande de marins d'eau douce !


Le hurlement de protestation des matelots retenti, empli d’autant de virulence que les flots qui les maltraitaient depuis des heures mais en même temps Alule y allait fort. Cette tempête, si ce n'était pas le Forbandais Volant, aucun navire n'y survivrait.
Les lames étaient assez grandes pour engloutir le bateau entier, le ressac tellement violent que le dragon émergeait régulièrement tel un fantôme terrifiant à travers les flashs crépitant.
Et si habituellement seul l’équipage avait l’allure des morts vivants, le vaisseau entier n’avait pas grand-chose à envier aux épaves abandonnées sur les récifs.


C'était une catastrophe, bien sur ce maelström qui leur tombait sur le voyage du retour était un coup du sort mais ce n’était pas le pire. L'équipage faisait peine à voir, la longue mission confiée par le Maître Arkenus avait clairsemé leurs rangs de moitié mais le voyage avait continué d’élaguer les hommes au point que ça devenait difficile de maintenir le vaisseau en état... En vrai sans la force de propulsion du dragon pour compenser les voiles qu’ils ne pouvaient ni raccommoder ni même manœuvrer, ils auraient été à la dérive.
Et voilà que cette maudite tempête lui volait ses derniers hommes !


_Par Thempkar, Abattez-moi ce mat !


Les yeux abasourdis de Capelage se posèrent sur le capitaine alors qu'elle venait de signer la destruction du dernier élément qui faisait encore du Forbandais un bateau.


_ Tu préfères quoi ? Lui répondit Alule pleine de rage. Ça se reconstruit mais pas sûr qu'on trouve un autre corps quand celui-ci sera rongé par l'eau et le sel !


La blonde eut un rictus avant de se saisir de deux haches coincées dans les cordages encore en place et en tendis une à Alule. En temps normal, elle lui aurait lancé mais, là, le vent ou les eaux l'auraient emportée à jamais.
Elles rejoignirent les hommes déjà en train d'attaquer le mat qui avait bien souffert. Il était brisé depuis les premières vagues écumantes de la tempête mais il était encore retenu par le cœur du bois, pendant dangereusement, menaçant à tout temps de faire dessaler le vaisseau.
Et là, ça aurait signé la fin du Forbandais Volant : si le navire chavirait, c'était le dragon qui prendrait les dégâts et ça... ce n'était pas réparable.
Sauf si vous trouviez les restes ou même un dragon vivant de la taille et l'ampleur de celui qui jouer le rôle de quille.

Malgré son atypisme, le Forbandais restait un bateau.
Et un bateau avec sa quille endommagé n'était plus qu'un rafiot.
Et un rafiot, c'est juste destiné à couler.


_ Lames !


Sans chercher à savoir qui avait hurlé, tous les pirates s'accrochèrent férocement à ce qui leur tombais sous les mains et jetaient un œil à ceux proches, histoire d'avoir une idée de qui était passer par-dessus bord.
Bien qu'avec un maelstrom pareille, personne ne songeait à récupérer les malheureux, trop occuper à tenter de rester eux-mêmes sur le pont et à faire en sorte de rester à flot.
Et puis bon, si y'avais bien un équipage qui, même après une décennie, pouvait espérer le retour d'un de ces matelots, c'était bien celui non-mort du Forbandais Volant.
Tant que la pierre n’était pas détruite, l’âme du pirate jamais ne mourrait.


Alule secoua la tête comme un chien, chassant le surplus d'eau en songeant qu'une vague pareille aurait eu raison d'un vivant vu le temps qu'ils venaient de passer immerger. Elle jeta un œil à la ronde avant de hurler :


_Rester accrochez, v’là la grande sœur !


Elle se mordit profondément la lèvre, la tête violemment projeter sur le mat qu'elle tentait d'abattre deux minutes plus tôt. Plus d'un de ses hommes, surpris par la faible latence entre les deux vagues, furent fauchés et emportés.


Notamment son dernier gabier...
Fin avec ce qu'il restait de des voiles, c'était plus vraiment un drame.


Elle croisa le regard de Capelage étonnement hilare et suivit ses yeux bleu, tombant sur une main bien accroché au bastingage... mais sans le reste du corps.
Un fou-rire impromptue la prit, vite rejoint par sa fidèle navigatrice, donnant un éclat de joie morbide dans la pénombre déchirée par les éclairs.
Étonnement le bruit de leurs rires couvrirent un moment le fracas de la pluie et les grondement sourd des vagues et du ciel.


Un hurlement féroce échappa à un matelot alors que le bruit de sa hache s'abattait sur le mat tel le tonnerre précédant l’éclair. Taret, était là, profitant que le Forbandais soit à la perpendiculaire dans le rouleau pour se tenir debout sur le mat et mettre toute sa force pour abattre sa cognée.


_ Bande de mauvaises bernacles ! Attachez-vous un morceau qui ne risque pas de se disloquer et v'nez m'aider, où ça sera moi le prochain cap'taine !


Alule cligna des yeux, surprise et releva sa lèvre abîmée sur les dents répondant à la provocation. Le poste de capitaine n’avait pas d’importance, Taret s’en carrait au moins autant que d’embrocher un nourrisson, non, il venait juste lui chercher des poux !


_ Ce fou ! Reprit courage Capelage en riant à moitié.


En même temps comment ne pas être hilare en voyant Alule manquer de peu le bras de son bosco sous couvert d’un soi-disant coup de vent qui aurait dévié sa hache.
Mais la situation désastreuse ne permettait pas ce genre de légèreté et une vague les ramena violemment sur le pont, entraînant Alule par-dessus le bastingage. L’horreur dans les yeux de Capelage et Taret s’atténua alors qu’avec toute la hargne qui pouvait la caractériser, elle s’empala la main sur le parapet brisé du navire et se hissa à nouveau à bord.


_Où sont Aurique et Amure ? s’inquiéta la blonde en nouant fermement une corde à ses hanches.
_ Présents ! Hurlèrent les deux au bout de leur corde, ballotter sournoisement par les eaux et vents, incapable de revenir sur le pont.


Une énorme quantité d'eau s'échappa du nez d'Alule alors qu'elle soupirait de soulagement, même sans personne d'autre, tant qu'elle avait ses quatre loups de mer avec elle tout était encore possible.
Même d’ici, elle voyait que leur corps avait bien souffert mais au moins, ils étaient toujours là. Elle agrippa une première corde et s’attacha avec tout le savoir-faire d’un marin et sa confiance en ses nœuds et commença à tirer, centimètre par centimètre, ramenant lentement Amure à elle. L'eau lui arrachait régulièrement les quelques mètres qu'elle avait réussi à grappiller mais, hargneuse comme elle l’était, elle continua louant l’absence de douleurs de ses muscles et de sa peau brulée, carrément arrachée par la corde.
La chaire de ses mains bien entamée, elle réussit à ramener Amure sur le pont mais, sans surprise, le corps de sa fidèle était bien trop abîmé.


_ Je crois que c'est ce qu'il y a de mieux à faire... soupira la rousse. On se reverra sur la rive, trouve-moi un corps un peu moins faiblard cette fois !


Alule serra les dents et plongea sa main dans le torse, se frayant facilement un chemin dans le corps en miette et referma ses doigts sur ce qui avait jadis été un cœur mais qui n'était plus qu'une pierre d'âme. Elle réfléchit quelques secondes à la manière de mettre la pierre en sécurité avant que les eaux ne lui volent définitivement Amure et la seule chose qui lui vint à l’esprit fut de l’avaler.
Elle sentit les bords coupant de la pierre fendre sa gorge et pria pour que ces cordes vocales ne soient pas abîmées.
La capitaine tourna la tête vers Capelage qui s’était résolue à faire de même avec Aurique et une rage sourde n’ayant rien à envier à cette tempête remonta de ses tripes mortes.
Voir les corps inanimés de ses fidèles même, leur pierre à l’abri, réveillait une douleur sans commune mesure.


Elle grimpa l’espace qui la séparait de Taret toujours occupé à réaliser les ordres précédemment donnés et saisit la hache toujours plantée dans le bois avant de l’abattre de toute la force que lui avait confié la mort.
A trois sans même une pensée pour la terreur de n’être que les derniers de l’équipage, ils abattirent leurs haches tour à tour créant un rythme dans le maelström aléatoire des éléments déchaînés.


Tac. Tac. Tac

Comme une horloge.

Tac. Tac. Tac.

Comme si le temps avait un instant reprit prise sur eux.

Tac. Tac. Tac.


Leurs ombres dansaient sur le creux des vagues dessinées par les lumières aléatoire des éclairs. Les corps disparaissaient pour réapparaître après les frappes des flots courroucés. Parfois toujours debouts. Souvent en train de remonter le mat comme des vers affamés ayant finis leur carcasse et cherchant la prochaine.
Danse macabre aux rythmes cacophonique des coups de hache saillant au même endroit, seules les vagues et le vent perturbant l’élan. Cris de rage se mêlant aux éclats du tonnerre et aux fracas de l’écume enragée.


Le mat finit par être emporté par la fureur de l’océan laissant les trois pirates bouches bées quelques secondes seulement. Avant que, bras dessus-dessous, Taret et Capelage ne se mettent à danser, riants aux vents alors que le Forbandais se stabilisait, moins chahuté depuis que son mat ne menaçait plus de le faire dessaler aux moindres mouvements d’eau.
Ce n’était pas encore gagner, loin de là, mais il ne restait plus qu’à braver la fin de la tempête en espérant rester à flot.
Et les marins n’avaient plus rien dans leurs mains pour forcer leur destin.


Alors autant profiter de leurs derniers instants si ça devait l’être !


Alule rejoignit ses deux fidèles, quelques-uns de ses matelots miraculeusement rescapés et se mirent à danser.
Bravant les flots et les vents.
Faisant résonner un courant de joie dans la sinistre tempête qui les menée droit sur les rivages.


Et par le lien avec son maître, le capitaine savait qu’elle se rapprochait de son lieu de mouillage de prédilection.

Bientôt le Forbandais Volant reviendrait hanter l’île aux Forbans.

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Mer 3 Juin 2020 01:17
par Alule
La plume grattait frénétiquement le papier alors qu'Alule noircissait les parchemins suite aux derniers événements, elle n'avait pas de temps à perdre et même ses fidèles commandants relisait attentivement chacune de ses phrases apportant leurs corrections.

Sur la première missives on pouvait lire:


Puissante Dame Ayli,

J'aurais aimé vous contacter pour vous annoncer mon arrivée afin de déguster quelques crues en votre compagnie, chargée d'une cargaison d'esclaves par la même occasion, néanmoins c'est un sujet bien moins agréable mais tout de même très exaltant pour lequel je m'adresse à vous aujourd'hui. Je peux même vous faire la promesse de quelques forts violents échanges sanglants.

Vous avez sûrement appris que Le royaume de L'hiver Eternel [LICH] nous a finalement confié l'ile aux Forbans même si nous tirions plus ou moins les ficelles depuis notre création. Je vous sais de confiance Ayli et cette décision avait été prise depuis fort longtemps mais repoussée d'autant sachant les puissances en jeu et je vous le confie, mon amie, nous ne sommes peut-être toujours pas de taille.

C'est pourquoi, je viens aujourd'hui vous demander votre soutien. Votre puissance n'est plus à prouver, vous maniez le fouet comme personne (je n'ajouterais pas le commentaire de Taret mais je pense que vous savez quel genre de compliment il peut vous faire) et je me sens un peu ridicule de vous le demander étant donné que votre faction est bien plus récente que mon bon vieil équipage mais je sais que votre amitié vous rendra bienveillante malgré cela. Peut-être aussi ma tendance à dégainer promptement mon sabre, me souffle à nouveau votre enquiquinant époux.
Je sais aussi que vous avez quelques griefs contre La Horde des Destructeurs [HODE], ce sera peut-être une occasion pour vous de faire quelques cadavres de leur côté.

Même si vous êtes déjà fort affairé avec Les Exilés du Chaos [EXIL], je ne perds rien à essayer.

Voici avec cette missive les papiers pour la demande de mercenariat, sachez d'ailleurs que si vous avez besoin d'aide, je tenterais de vous aider, cela va dans les deux sens bien entendus, une bonne bagarre ne se refuse pas.

Avec Amitiés (et amours, je le rajoute parce que sinon, je vais finir par le morceler et que ce n'est pas le moment pour perdre un de mes plus vaillant combatant)

Alule,
Capitaine du Forbandais Volant,
Protectrice des Mille Criques.

ET

Taret Alule
Votre ingérable Epoux
Bosco du Forbandais Volant
Grand Observateur des geoles.


Taret ajouta sa signature avec un grand sourire alors qu'Alule ronchonnait, vaincu par son enquiquinant Bosco. Même si l'heure était grave, jamais l'âme d'un pirate ne mourrait... et Taret était irrécupérable. De toute façon, il n'y avait pas de temps à perdre, la plume courrait à nouveau la feuille pour une seconde missive:

Cher époux Kelistoar,

Je ne pensais pas faire appelle aussi vite à notre mariage militaire et ce n'est pas pour une petite broutille, je l'avoue.
Fin cela dépend de votre estime face à la Horde des Destructeurs [HODE] qui on décidé d'assiéger L'île Aux Forbans. Non seulement nous pourrions éprouver notre mariage mais en plus, ce serait défendre le petit cadeau de mariage que je vous aie fait en vous offrant les Droits d'Exploitations sans conditions...
Je sais aussi, de sources de comptoir qui sont pour moi les plus sûres des informateurs, que votre grande tante, cette très diplomate Celesta, a des griefs contre lui...
Ce serait faire trois coups d'une pierre!

Quatre plutôt, étant donné qu'il affiche déjà ses vues sur Votre Banquise en vendant la peau des pirates avant des les avoir détruits...

Enfin, je vous cache pas non plus que je vais, de toute manière envoyer aussi une missive à Celesta avec le contrat que je lie à la vôtre. Nous sommes marié, ça ne nous engage que ce qu'on veut.
Ne m'en voulez pas d'assurer mes arrières et d'avoir plus confiance en ses rancoeurs dont certaine que je commence à bien connaître.

Maritalement votre,

Alule,
Votre épouse,
Capitaine du Forbandais Volant,
Protectrice des Mille Criques.


Sous les regard narquois, elle enchaîna immédiatement par une autre lettre qu'elle adressa à la même adresse mais pas la même personne :

Mon petit pilier de comptoir préféré,

Ne sachant pas encore ce que ton petit-neveu a vraiment sous ses fourrures, je t'envoie aussi un petit message parce que toi, je sais ce que tu vaux et ce que tu as...

Trêve de grivoiseries, je pense que tu le sais, le meneur de la horde des destructeurs [HODE] s'en pavanant allègrement à qui veut l'entendre, il assiège actuellement l'Île aux Forbans. Je sais pas ce qu'ils comptent en faire, je me souviens qu'on s'était déjà demandé si les Gorzhs avaient le pied marin, on aura peut-être la réponse mais je ne compte pas non plus me laisser faire.

Est-ce que je peux compter votre hâche aux côtés de mon sabre afin de faire voler quelques têtes ?
Et puis... je serais là pour te recoudre si c'est pas trop grave...
ET puis, hein, je te réserve mes meilleures bouteilles, peut être même en demanderais-je à Dame Ayli...
Ça te remettra d'aplomb et tu seras capable de faire voler quelques membres en plus... fin, vous fonctionnez comme ça non ? Ou alors faut vous enrouler dans des bandes de lin et vous mettre au repos ? Amure me dit qu'avec un peu d'amour et d'eau douce, ça fait de vrais miracles, mais ça me ressemble à des fadaises d'Adonysia.

Si tu me renvoie le contrat de mercenariat signé, tu pourras y joindre ce que je dois faire si t'es blessée, t'as déjà plus beaucoup de temps à vivre, je voudrais quand même pas l'écourter...

Alule,
Celle qui remplit ton verre,
Capitaine du Forbandais Volant,
Protectrice des Mille Criques.


Aurique fronça les sourcils un peu surpris alors que Taret faisait mine de cracher avant de se dire que lui-même supportait un peu mieux les vivants ses derniers temps... pourquoi pas cette indécrottable Alule?
Elle fit fit de tout ça et saisit ce qu'elle esperait un dernier parchemin :


Nobles descendants de Torrin Zeraorien,

Je sais que vous avez quitté les rangs nomades et désirez faire table rase de votre passé et même si à l'époque je me suis opposée aux agissements de votre regretté ancien, nous nous sommes quittez avec cordialité avant qu'il n'aille défendre ses dernières volontés.

Je sais aussi, ce n'est pas un secret il me semble, que vous avez quelque rancune envers la Horde des Destructeurs [HODE].

Je pense que vous le savez, tout Hédarion est au courant après-tout, que l'île aux Forbans est assiégé par La Horde des Destructeurs.
Je suis donc à la recherche d'allié.
Je ne promets ni victoire, ni or et je ne cache pas que les alliées en face ne sont pas à prendre à la légère mais j'aimerais savoir si je peux compter vos artistes pour assurer ma défense, sans compter qu'il affiche déjà sa volonté de mettre à sac d'autres territoires à ma suite. Ce n'est donc pas qu'en mon intérêt qu'il faille l'arrêter, ou du moins, faire en sorte de diminuer la menace.

Voici donc, liée à cette missive, un contrat de mercenariat,

En attendant votre réponse,

Alule,
Capitaine du Forbandais Volant,
Protectrice des Mille Criques.


Elle posa la plume et cacheta soigneusement chaque missive avant de les confier aux corbeaux messagers, seules animaux supportant leur proximité direct.

Il lui fallait maintenant attendre les réponses et se tenir prête.

_ Tous à l'entretiens de vos armes et vérifiez les canons, je veux toute l'armada sur le pieds de guerre!


Puis elle caressa un corbeau bien plus majestueux que les autre et lui attacha une dernière missive, rédigé avant même les autre, mais la missive du dernier recours:

Seigneur, Roi Liche de l'hiver éternel Algalius V,

Je me dois de vous prévenir que nous nous préparons à défendre l’île Aux Forbans que vous nous aviez confié.

Malheureusement ce que nous redoutions est arrivé et malgré avoir repoussé cette passation depuis la création du Forbandais Volant en espérant que notre armada soit assez puissante afin de nous défendre seuls, nous sommes dans une fâcheuse position, pour rester polie.

Je pense avoir une chance face à la Horde des Destructeurs [HODE] Mais Je suis assez humble pour ne pas me penser assez valeureuse pour me défendre face à des adversaire bien au-delà de ma portée et qui pourrait aider leur meneurs.

Je suis consciente que dans la situation actuelle me venir en aide est bien difficile néanmoins, aussi bien, je ne vous demanderait un mercenariat qu'en cas de presence qui me dépasserait bien trop pour avoir la moindre chance.

Vous ne m’avez que très rarement, voire quasiment jamais, appelée à votre service et vous avez veillé à ce que le Forbandais se développe seul, seulement protégé de votre réputation.
Je voudrais que cela puisse rester ainsi.

Sachez que quoi qu'il advienne, je me battrai jusqu’au bout pour préserver L’île aux Forbans, notre port de toujours.


En espérant ne pas avoir de contrat de Mercenariat à vous envoyer.

Alule,
Capitaine du Forbandais Volant,
Protectrice des Mille Criques

Re: [FLOT] Le forbandais volant

MessagePosté: Mar 3 Nov 2020 20:37
par Alule
Taret laissa glisser ses doigts doucement sur les angles coupant de la pierre d’âme d’un blanc sale entre ses mains.



La nuit était noire. Seules les lumières des villages côtier se distinguaient, loin sur la ligne d’horizon et les lampes de l’équipage en contrebas diluaient un peu l’obscurité. Dans le silence relatif d’un bâtiment maritime, se distinguait les chuchotis et le bruit des pierres d’affutage sur les lames. Le Forbandais Volant dérivais doucement, voiles rentrées, ancre levée, tel le bâtiment fantomatique dont il en avait de plus en plus l’air. L’équipage ne suffisait plus à le maintenir en état et les marins s’étaient bien moins relevé sous les coups d’Alule depuis des décennies.

Et il ne leur avait pas encore annoncé le pire.





Il ne trouvait pas le temps de le faire.





Non.





Il ne trouvait pas le courage de le faire.





Pourtant il allait devoir le faire, Capelage et Aurique avait mis la main sur des itinéraires de marchands et ils allaient bientôt rejoindre la côte pour préparer l’expédition. Si Amure avait était là, il aurait dû leur dire bien plus tôt, parce que la stratège, à vouloir tout attaquer pour tuer l’ennui, ils auraient fini par tomber sur un corps qui aurais correspondu à Alule.





Il n’aurait pas pu leur cacher que la pierre du Capitaine était devenue blanche.

Il n’aurait pas pu leur cacher qu’Alule n’était plus.






La pierre était intacte mais l’âme n’était plus.






Comme ces pierres dont le propriétaire s’était perdu lui-même.

Comme ce dont elle l’avait elle-même mis en garde alors qu’il se découvrait capable d’aimer à sa manière.





Et le plus cruelle dans tout ça, c’est qu’il la comprenait.

Surement mieux que quiconque le pourrait.









_ Taret, si tu ne veux pas venir, donne-nous au moins la pierre d’Alule, grogna sourdement Aurique alors qu’ils étaient tous sur le pied de guerre mis à part le Bosco.

_ ça ne servira à rien, déclina-t-il sans réussir à le regarder et resserrant sa main sur son bras.

_ Alule à le sens des responsabilités, elle n’est pas du genre à s’enfermer dans sa pierre just...

_ Juste pourquoi ? Le coupa Taret soudainement hors de lui.

_ Juste parce qu'elle a perdu une personne qu’elle aimait bien.




Taret ferma les yeux soulagés d’être le genre de mort incapable de verser des larmes et pourtant il n’arrivait pas à détester Aurique.





Taret était comme Alule, quelqu’un sans beaucoup d’attaches.

Les Mort-debout et plus encore les vivants, n’était que des variantes de leur environnement. Et s’ils apprécier leurs semblables et s’y liés avec le temps, les autres avait rarement le temps de ne serait-ce qu’entrer dans leur perception.

Sans une attache, il était difficile de distinguer un être d'un autre, leur détachement en toute occasion n’était pas anodin, c’était une conséquence.



Taret comprenait maintenant en quoi les âmes de Capelage, Amure et Aurique étaient bien plus forte que la sienne ou celle d’Alule.

La première avait la fascination des vivants, la seconde celle de la stratégie et les bains de sang et le dernier avait la foi.

Des valeurs intemporelles.




Ils les envié.



Alule lui avait confié qu’elle était toujours aussi surprise qu’il l’ai accompagné si longtemps, elle s’était, à vrais dire, attendus à ce qu’il se consume avec éclat mais rapidité comme tous les autres relevés qui avaient pour pilier la rage, la rancune et la haine.



- Au début c’était carrément moi que tu haïssais à ne littéralement pas en crever, mais tu ne savais pas que je faisais partie de l’équipage du Forbandais Volant... après tu as déporter ta répulsion sur les vivants en général, parce qu’en vrais on s’entendais et on se comprenais beaucoup trop bien malgré notre apparente gueguerre. Je pense que le Capitaine Drakender a vraiment eu envie de détruire nos pierres plus d’une fois...



Taret rouvrit les yeux chassant le douloureux souvenir, surtout en songeant à ce qu’Alule lui avait confié dans la cave des Chats Dorées :



-Je ne m’en souvient plus personnellement, je ne m’en souviens que par vos propres récits... jusque-là je ne me rendais pas compte que ma mémoire s’effaçait autant. Parce qu’oublier mon ancienne vie m’était égale : le gout du rhum, du tabac, l’odeur du sang, la chaleur du feu, la morsure des embruns d’hiver, la sensation du vent, je peux faire sans mais... pas vous...





_ Aurique, commença Taret avec une douceur qui laissa tout le monde stupéfait. Il va falloir apprendre à se débrouiller sans Alule.

_ Qu’est-ce que tu veux dire Taret ? Ne me dit pas que...



Capelage, elle, pouvait pleurer et les larmes maronnâtes trahissait qu’elle avait peur d’avoir compris.

Taret remontât la manche de sa chemise et défit l’épaisse écharpe de tissus renforcé de cuir qui protégeait les deux bracelets. L’un avec une pierre noire, celui d’Amure et l’autre avec une pierre blanche.

Les jambes de la navigatrice se dérobèrent sous elle et l’Aumonier recula d’un pas en jurant avant de se jeter sur Taret, les mains au collet, déchirant la chemise mal menée par le sel et le soleil.



_ Depuis quand ? Hurla-t-il. Depuis quand, Taret ?



La façon dans ses yeux s’étaient plissés trahissé qu’il y aurait eu des larmes s’il avait pu, la seule chose qui empêcha Aurique de le frapper par dépit et par rage alors que la réponse ne venait pas, fut que son regard tomba sur la peau dévoilée par les vêtements déchirés.

Elle ne se parcheminait pas comme elle le devrait, d’ailleurs, elle devrait encore être intact étant donné que le corps de Taret était frais.



_ Depuis quand ? Répéta-il gardant les yeux sur la peau décomposée en se reculant.



Taret se rhabillât, sans un mot. Pas qu’il voulait faire durer le silence, au contraire, plus il durait plus il le meurtrissait. Il ne trouvait pas de réponse, il ne savait même pas quel était la question d’Aurique.



_ Depuis quand quoi, Aurique ? Qu’Alule a disparu ? Que sa pierre a commencé à blanchir ? Que la magie liant son âme et sa pierre s’est dissolue ? Que la mienne fait de même ? Que la magie de ma pierre ne suffit déjà plus à maintenir correctement mon corps ?



Le bosco reconnu l’éclat de rage désespérer dans les yeux d’Aurique, ile le connaissait parfaitement, il l’avait souvent animé avant : une rage désespérée, une rage juste pour se rattraper, pour ne pas tomber dans le désespoir.

Mais il ne s’attendais pas au coup de couteau dans le dos qu’il reçut :



_ Je lui avais pourtant dit, hurla Aurique, je lui avais dit de pas faire confiance à cette folle, à cette aliénée des Yazgarth ! Cette fichue ceremon...



Aurique ferma la bouche de terreur. La lame de Taret l’avait embroché juste assez pour qu’il sente le contact horrifiant de la lame froide sur sa pierre. Bien sûr que le bosco savait où elle était, il le savait toujours.



_ Que tu n’aies pas eut confiance en Ayli passe encore,mais ne lui manque pas de respect en l’insultant devant moi. Lâcha-t-il froidement en raclant légèrement sa lame sur la pierre avant de légèrement appuyer en même temps qu’il continua. Qui plus es, tu montres d’autant plus d’irrespect envers Alule en remettant en question ses choix et la confiance qu’elle a accordée.

_ Aurique, l’appela doucement Capelage en voulant apaiser la situation. Si c’était la cérémonie, Taret ne serait pas affecter lui aussi, les Yazgarth ne se sont pas occuper de la connexion entre lui et son corps actuel, ils... ils n’étaient déjà plus.



Taret retira son sabre de l’aine du blond et la rengaina, serrant les poings si fort que le bruit des os de ses mains se brisant se fit entendre.

Il maudissait Alule de lui avoir fait promettre de garder son calme parce qu’il savait tout deux que la cérémonie serait remise en question et l’intégrité d’Ayli par la même occasion.

Certes, Taret ne serait pas allez jusqu’à tuer son ami pour ça. L’insulte restait légère et surtout elle n’était pas sincère. C’était sous le coup de la colère et de la douleur.

Mais il aurait surement détruit méthodiquement le corps d’Aurique juste pour se défouler et lui faire comprendre que non, ce n’était vraiment pas quelque chose à faire devant lui... et l’idée était encore terriblement tentante.

Capelage l’observait, ses yeux bleus lui donnant l’impression qu’elle pouvoir voir jusqu’à ces pensées.



_ Allons à l’intérieur.



Taret resta quelques secondes sur le seuil du pont, il n’était pas encore rentré dans les cabines depuis que la pierre était totalement devenue blanche. Le souvenir d’Alule avachi sur son bureau lançant un regard désespéré à sa bouteille de rhum comme si elle lui demandait de la sauver de toute sa paperasse était troublant. Il s’attendait presque à la voir débarquer, brandissant son sabre pour l’épinglé au mur alors qu’elle lui reprochait d’avoir encore piqué dans ses bouteilles. A l’entendre hurler sur le maitre-cale qui avait oublié de nourrir les esclaves depuis trois jours. A insulter au vent les prisonniers de marques qui trafiquaient on ne savait quoi dans leur geôle. A ronchonner sur les traitées diplomatique sans même une politesse qu’elle recevait parfois et son rire idiot quand elle les brûlaient pour s’allumer un cigare.

Mais elle ne parcourait plus les ponts, ne grimperais plus au mat, ne chanterais plus et ne bougonnerais plus dans sa cabine alors qu’un épais nuage s’échapperais des interstices du bois parce qu’elle fumait sans discontinuer.

Il s'approcha à contrecœur dans la cabine du capitaine qui ne sentait même pas le tabac froid et où les papiers ne s’entassaient pas, puisque qu’en son absence la paperasse était toujours repartie entre les contremaîtres restants.

Cette pièce ne lui avait jamais paru aussi froide et vide.



_ Entre Taret, l’enjoignit Capelage.

_ Désolé, je ne peux pas.



Et si ses yeux ne pouvaient pleurer, sa voix trahis l’émotion qui l'avait saisi. Les deux regards bleus s’écarquillèrent un moment avant que les lèvres d’Aurique se pincent et que Capelage n'essuie le coin de ses yeux.

Ils comprenaient maintenant pourquoi Taret n’entrait plus dans le Forbandais Volant.




Les cales lui rappelaient bien trop les heures passé à composer ses bouquets pour Ayli.

Le pont des Cabines, lui rappelais que le vent ne guidait plus Alule.






-Je crois que le vent a cessé de me porter il y’a un long moment, surement au moment même où je me suis rendu compte que je ne me souvenais plus de mon vivant... quand on ne sait plus d’où l’on vient, se souvient-on vraiment de qui on est ?

-Bien sûr, toi tu te souviens peut-être plus mais nous, on est là pour te le rappeler, nan mais crois-moi qu’on sera toujours là pour ça : en bien comme en mauvais.

-Hahaha, ouais, j’vous fais confiance pour ça...

-Mais ?

-Bien sûr qu’il y a un mais...







_ Allons dans la mienne alors.



Taret secoua la tête pour se sortir de ses souvenirs de la cave. Il resta debout alors que les deux autres, plus attachés que lui à leurs souvenirs de vivants avaient gardé l’habitude de s’asseoir dès qu’ils le pouvaient.

Aux regards d’Aurique, il savait qu’il allait devoir prouver ce qu’il avait dit sur le fait que sa propre pierre blanchissait et il soupira.




Les deux seules personnes à qui il n'avait jamais révéler la position de sa pierre d’Ame était Alule, pour éviter qu’elle ne le détruise sans faire exprès lors d’un démembrement impromptu, et Ayli, parce qu’il avait toute confiance en elle... et aussi pour éviter qu’elle ne le détruise là aussi sans le vouloir un jour où il aurait poussé le bouchon un peu trop loin.
Ça arrivait souvent en vrais.




Il saisit la dague cachée dans sa ceinture de tissus et, sans une hésitation, la planta dans sa nuque légèrement sur le côté de la colonne vertébrale et découpa lentement sa chaire sous le regard pas aussi stoïque que l’aurais voulu Aurique. Il plongea ses doigts dans sa chaire, la lame continuant à couper ce qui gênait, et profondément dans son cou, très haut entre la trachée artère et la gorge, la pierre était là.




Grisâtre.




Tirant sur l’anthracite.




Mais pas de l’habituelle noir abîme qu’elle aurait dû être.







Il remit les chaires en place et la proximité avec la pierre fit que la magie agit instantanément pour réparer les dégâts. Laissant des marques qui auraient dû se résorber immédiatement.



_ Celle d’Amure est encore bien noire, réfléchi Capelage à haute voix, les yeux sur les pierres que Taret n’avait pas encore remis à l’abris sous le tissu et le cuir. Ce n’est donc pas une question d'âge.

_ Alule pensait que c’était plus lié à la force de l’âme qu’à l’âge, confirma Taret.

_ L’âme n'est pas capable de garder la mémoire de toutes les expériences que nous vivons, l’humain n’a pas une telle mémoire, soupira Aurique qui se souvenait visiblement d’une ancienne conversation. Quand nous en discutions, nous étions plutôt d’accord sur le fait que la magie nous aider à en conserver certain plus que d’autre, j’ai personnellement tous mes souvenir concernant le culte de Thempkar mais plus aucun de ma famille par exemple... parce qu’aujourd’hui encore il me permet de me définir... Mais Alule était la liberté même comment...

_ La liberté est volatile, la liberté dépend de ce que l’on est...





-Tu sais Taret, j’avais déjà remarqué que je faisais de moins en moins de distinction entre mes périodes dans un corps et celles où j’étais réduite à la prison de ma pierre... je ne fais plus aussi attention à ce qui m’entoure, je sais que tu comprends très bien de quoi je parle. Pourquoi faire attention à la pluie ou au soleil alors qu’on en crain rien ? Pourquoi boire ou fumer quand on en a oublié le goût ? Pourquoi s’asseoir ou s’allonger quand on en a plus le besoin ni l’envie ? Pourquoi tenir à son bras quand n’importe lequel pourrait le remplacer ?

Il l’avait senti sourire amèrement depuis sa pierre, Alule se livrait à cœur ouvert pour la première fois depuis longtemps devinait-il... et il la comprenait. Il devinait même qu’il était sur la même pente qu’elle aujourd’hui mais il n’avait jamais eu la patience et le recul de la pirate qui le portait sur sa boucle d’oreille : Il se consumerait bien plus vite qu’elle. [/b]


-Je me suis toujours définie par la recherche de la liberté... mais sans limite de temps, sans contrainte physique qu’est-ce que peut être ma liberté ? Boire et fumé sans risques quelques choses dont j’ai oublié le gout et l’effet ? Batailler sans peur grâce à ce corps ? A vaincre sans réel péril ? Des fois, j’ai l’impression que je suis à deux doigts de me souvenir d’une de ses choses-là, mais elles ont toute disparu au moment où ça me revenait pour ne citer que Celesta Kaaran, Helena Yazgarth ou même ton bonheur avec la petite...

-Rien ne reste, pas même en nous ressemblant.

-J’ai trop perdu pour voir autre chose que ce qui a disparu, quand je vois les lieux, je sais qu’ils sont différant d’avant, sans me souvenir de leur splendeur ou leur laideur d’antan... mais tu le comprends non ? Tu ne veux pas sortir de ta pierre parce que tu as peur de ne voir que l’absence d’Ayli, pas vrais ?









_ Taret ? Sembla l’appeler gentiment Capelage pour la énième fois. Tu émerges enfin, ça ne te ressemble pas de te perdre comme ça dans tes souvenir...

_ Tu ressembles à Alule quand tu fais ça,
ajouta Aurique dont la voix trahissait la peur.

_ Ce n’est pas vraiment une ressemblance, je suppose, plus une conséquence... marmonna Taret.






Il s’assit sur le banc capitonné attenant à la commode remplie de carte maritime en sentant la magie faiblir dans ses jambes, surement un contrecoup de la réparation de son cou. Et le froncement de sourcil d’Aurique lui indiqua que l’Aumonier l’avait compris et en avait surement tirer la bonne conclusion.

Taret ne s’asseyait jamais.




Il se vautrait pour embêter les autres. Il le faisait quand on lui ordonner avec autorité. Quelques fois par mimétisme.




Ou alors son corps avait déjà plus de quatre-vingt ans et la magie faiblissait n’étant plus capable de maintenir le Bosco qui n’était pas des plus connu pour prendre soin de ses membres.









_ J’ai toujours mieux compris Alule que n’importe qui, ce n’est pas non plus étonnant que j’en arrive au même point...

_ Mais je n’ai jamais vu la magie d’Alule être aussi faible que la tienne, surtout avec un corps aussi frais, commença à s’énerver Aurique plus par frustration qu’autre chose.

_ Encore une fois, je suis le plus rapide, sourit-il de toute ses dents, les faisant tous deux pouffer de rire nerveusement. Mais non, c’est juste que les piliers de cette alcoolique se sont effrités avec le temps alors que personnellement, les miens ont volé en éclat, récemment.

_ Ayli, soufflèrent en cœur les deux sans même s’en rendre compte.

_ Et Alule, rajouta-t-il en un souffle.









Ses deux frères d’armes ne se rendaient visiblement compte que maintenant de l’attachement sincère et profond que Taret avait eu et avait toujours pour cette femme mais ils ne comprendraient surement jamais que le monde du Bosco avait tourner pour elle. Que jusqu’à sa rencontre il n’avait été qu’un fantôme coincé entre le passé et le présent, hantant la terre seulement durant les batailles et n’existant que dans son rôle de Bosco ou de perturbateur parmi les contremaîtres.




Il s’était remis en question, et il avait fait un pas dans le présent, un pas chez les vivants, il avait presque effleuré un avenir...




Avant que rien ne lui reste.




Disparu au moment même où il allait le toucher.




Comme Alule.




Oh, il ne la comprenait que trop bien.

Surement pas exactement mais il saisissait l’essentiel.




La preuve, sa pierre finirait aussi blanche que celle à son poignet.





Un long silence pris place, tous plongé dans leur réflexion.

L’eau clapotai plus bas contre la coque. Le vent sifflait contre les planches du bateau. Les pas des hommes résonnaient parfois dans les coursives. Même sans elle, tout continuait.

Même si jusque-là tout le monde pensait son absence temporaire.





_ Et nous, ça nous arrivera ? demanda Capelage.

_ Peut être un jour mais Alule riait en disant que vous aviez eu l’intelligence de vous construire autours de pilier intemporel alors, je pense que vous avez le temps avant de vous en faire. Bien que les rangs de l’équipage continueront de se clairsemer avec le temps, étant donné qu’elle seule était capable de relever les morts...

_ Ah et on va faire quoi nous sans elle ?

_ Et puis sans toi aussi... il ne le dira jamais mais tu lui as manquer... lâcha Capelage alors qu’Aurique s’était relever outrer d'être ainsi trahis.

_ Bah déjà va falloir le dire à Amure et elle refuse catégoriquement de me parler, marmonna Taret avec un regards aux pierres caché sur son bras. Et à l’équipage.

_ Tu sais que ça risque de mettre la faute sur Dame Yazgarth, marmonna Aurique en reculant prudemment d’un pas.

_ C’est pour ça que c’est sur le pont que je vous l’ai dit, les oreilles traînent toujours quand les contremaîtres commencent à hausser la voix entre eux, tu peux faire confiance aux matelots : même le plus sourd des pots sera au courant !

_ mon !





Taret sortit sur le pont souriant, se souvenant avoir lui-même traité Ayli si souvent de Démon. S’il pouvait s’empêcher de détruire ce rabat joie d’Aurique qu’il aimait quand même bien après plus de quatre cents ans côte à côte, il aurait été incapable de le faire avec chaqu’un des membres de l’équipage.
Il avait beau être celui qui les connaissait le mieux, il était aussi celui qui les voyait le plus comme des pions, comme des travailleurs, comme des boucaniers parmi d’autres.

Vivant ou pas, il se fichait des gens qui ne lui servait pas d’une façon ou d’une autre... et dire qu’il avait presque faillit changer d’avis...









L’annonce sur le pont avait créé un chaos sans nom sur le Forbandais Volant.





Alule l’avait prévenu.



Il ne l’avait pas cru.



Mais quand il le vit, il ne put que prendre conscience qu’Alule elle-même était souvent le pilier fondateur autours duquel les pirates qu’elle avait relevés s’était bâtie.



Un repère immuable. Un repère intemporel.

Un repère qui n’aurait jamais dû disparaitre.



Ils étaient immortels. Pas indestructible.

Seules les batailles ou les assassinats pouvaient les menacer.





Alule disparaître dans le feu de la bataille, consumé par les flammes de sa soif de sang et de son ivresse des combats ?

Oui.

S’éteindre sans bruit ? C’était inconcevable.





Mais les pirates étaient fières. Ils s’éteindraient avec éclat dans une bataille !

Même si au final, ils compteraient plus les uns sur les autres que sur les vivants pour arriver à leur fin.









Taret força sur la lame jusqu’à sentir la résistance se briser et songea que c’était ironique. Lui qui avait toujours pris garde à faire en sorte que les pierres de son équipage restent intactes quand il le pouvait, même au plus violant des batailles ou dans les fuites les plus précipité, récupérant souvent les pierres au vol en manquant de lui-même se faire écharper.
Il était aussi le premier à monter une pseudo expédition basé sur la discrétion pour entrer à peu près partout, geôle comme charnier pour remettre la main sur un camarade de combat...
Mais si un jour on lui avait dit qu’il bousillerait les pierres en connaissance de cause sur une demande silencieuse de leur propriétaire...






Taret n’avait jamais autant terrorisé les vivants qui le croisaient au détour d’une ruelle dévastée par l’attaque de l’équipage du Forbandais Volant.




Le Mort-Debout ne montrait aucune pitié même pour ses propres hommes.




Il les embrochait à la moindre défaite, laissant les corps soudainement apparaître sans la protection de la magie, purulent, décomposé et rongé par la vermine.






Et pourtant, il n’avait jamais été plus apprécier par ses hommes.






Leur Bosco savait lire dans leurs yeux, parfois juste dans leur gestuelle, qu’il était assez satisfait par ce combat qu’il venait de perdre et qu’il était prêt.




Ils savaient que le coup serait rapide et sur.

Qu’ils n’auraient pas le temps d’avoir de regret en voyant leur pierre être frôler.




Un seul et unique coup.

C’est tout ce qu’il fallait à leur Bosco.







_ Le corps de Capelage a lâché ? soupira Taret avec résignation alors que ce qui restait de l’équipage chargé les prises de l’attaque sur le petit port qui avait eu la malchance de leur paraître intéressant à piller.



Aurique hocha la tête, donnant avec délicatesse la pierre d’un noir ébène au Bosco.

Il n’avait pas le courage, la ferveur ou la folie de Taret.

Il ne pourrait pas accéder à la requête de Capelage.

Taret le ferait lui.






SI le capitaine n’était plus là, c’était au Bosco que revenait la charge.






_ Que vas-tu faire ? Demanda Aurique conscient que son corps n’avait plus que quelques années tout au plus et qu’il restait une bonne part de l’équipage toujours debout.

_ Je les accompagnerais tant qu’ils en auront besoin, répondit-il.






Il serra la pierre dans sa main.

Fort. Toujours plus fort.

Une poussière noire s’échappa de sa main virevoltant jusqu’aux flots d’écume battant la coque.






_ C’est drôle, Capelage aura été la plus douce et la plus gracieuse jusqu’à la fin.






Les yeux bleus lui lancèrent un regard interrogateur.






_ Cette cinglée d’Amure m’a exploser dans la main, quel mauvais caractère jusqu’au bout !






Un gloussement échappa à Aurique avant qu’un rire franc ne le prenne. Taret et sa franchise, il la détestait et l’adorait en même temps.






_ Taret ?
_ Tu veux que je te détruise sur l’autel que t’as bricolé dans la crique ?






La lame effleura le visage mangé par la barbe alors que l’homme n’en semblait pas le moins du monde effrayé. Au contraire même, un de ses sourire d’insolant trublion qu’Aurique trouvait des plus insupportable avait fleurit sur les lèvres abîmer par le soleil et le sel.




Aurique détestait l’imprévisibilité de Taret, depuis le moment même où Alule lui avait demandé de le ré-assembler en revenant d’on ne sait ou sur l’Ile au Forbans avec lui, démembré et emballotter dans un morceau de drap, insultant tout le monde à vue.




Mais ce qu’il détestait le plus, c’est que Taret devinait toujours les choses.




Il visait rarement à coté et avait le don de réajuster ses hypothèses avec les réactions des gens.




ET Aurique ne comprenait pas comment il faisait.
Et Aurique avait horreur de ce qu’il ne comprenait pas.




Mais bon, au moins pour une fois, Aurique appréciait cette fichue clairvoyance. Fin, ce n’était pas la première fois mais il était hors de question qu’il l’avoue au Bosco même s’il était persuadé que celui-ci le savait déjà.



En quatre cents ans, si lui n’avait pas percer à jour l’homme, Taret lui le connaissait par cœur.





_ Et toi, qu’est-ce que tu vas faire... après...

_ Surement énerver quelqu’un jusqu’à ce qu’il craque et faire en sorte qu’il m’empale correctement.

_ Alors je vais prier pour que cette personne ne rate pas son coup.






Le petit sourire en coin de Taret n’avait rien d’ironique. Il était sincère pour une fois.

L’inquiétude d’Aurique était sincère, il le savait.

Si Taret les accompagnais tous, il serait le dernier.

Et qui l’aiderais lui ?



Le bosco renifla, il aurait bien le temps de trouver une solution d’ici là.







Taret était devant les restes de la barre et observait les voiles en lambeaux claquer dans le vent.




A la différence du ciel empli de nuage noirâtre et illuminé de violant flash, le navire était vide et calme.




A sa connaissance, il était le dernier. Peut-être y avait-il quelques matelots dont les pierres étaient perdus quelques parts mais cela faisait déjà plusieurs années qu’il était coincé sur le navire sans en contrôler quoi que ce soit.




Un unique matelot sur un bâtiment navale de cette envergure était aussi utile que... Taret s’effara en se rendant compte qu’aucune comparaison correspondait à son actuelle inutilité ici. Même les excréments pouvaient fertiliser la terre, alors que lui...




Un premier éclair tombât sur le mat l’illuminant de cette lumière verte, caractéristique de tous les cauchemars des matelots.




La pluie et les vagues allait bientôt tout détremper, il fallait qu’il agisse maintenant.






Il s’était souvenu, pas plus tard qu’hier ou avant-hier, ou la semaine d’avant... ça n’avait pas d’importance, il s’était souvenu, c’était l’essentiel qu’Ayli l’avait un jour menacé de le bourrer de miel à en débordé.

Il s’était toujours demander si c’était possible. Oh, elle, elle aurait surement réussi si elle avait essayé, ça il en été persuadé mais est que quelqu’un d’autre qu’elle aurait pu réussir ?

Parce qu’actuellement, il avait toujours un problème de taille.




Genre être tout seul, bloqué en mer et enchaînant les essais ratés pour détruire sa pierre...




Et c’est en se demandant comment Ayli aurait bien pu faire, qu’il s’était souvenu de ces fameux pot de miel. Allez savoir pourquoi, Taret n’avait jamais essayé de comprendre ses raisonnements et ce n’est pas maintenant qu’il allait le faire.




Mais voilà, il était maintenant sur le pont, plein ras la gueule de graines explosives, le briquet de silex d’une personne qui avait dû lui être chère en main, se demandant si ça suffirait à détruire sa pierre ou le condamnerait à s’éteindre sans plus avoir la moindre occasion de se divertir.






_ Et merde.






Visiblement, la magie de sa pierre était encore assez puissante pour se protéger de l’explosion.




Il ne savait plus qui mais il savait que certains auraient tellement rie s’il l’avait vu comme ça : juste une tête sur le pont alors que le reste de son corps serait bientôt lavé par la tempête dont les premières gouttes claquaient sur le bois.




En vrais, il ne cherchait pas vraiment à se détruire, sa pierre était d’un gris presque blanc la dernière fois qu’il l’avait vu, il tuait juste le temps.




Et s'il pouvait quitter ce monde un peu plus tôt aussi.




Avant d’oublier définitivement les traits d’Ayli.




Parce que tous ce qui lui restait, c’était ça.