Isìl et la première Croisade

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

Isìl et la première Croisade

Messagepar Raevalia » Dim 26 Mai 2019 20:15

La Saga Raevalia - Partie 5

Le tournoi


34 Apaï 1661


Les acclamations de la foule brisèrent le repos de la forêt de Jade en cette belle journée d’Apaï, alors que Ramamishka portait toutes ses lueurs sur Hédarion. Aucun nuage ne venait encombrer l’azur, laissant l’ombre des hautes cimes protéger la population de la chaleur étouffante. Le camp d’entraînement des gardes de Madragor avait été aménagé pour l’occasion, et des Elfes de toute la forêt et même de Claireroche étaient venus, sans compter les alliés chevaliers, mages et quelques nordiques. Pour les élections impériales de 1662 avait été organisé un grand tournoi constitué de plusieurs épreuves allant du duel de magie à l’épreuve d’archerie en passant par une mêlée et bien évidemment par des joutes, qui était l’élément le plus attendu, surtout que tous les convives savaient que le Champion d’Adonysia y participait. Ce participant combattait toujours avec un casque, rendant son identité anonyme, mais il n’avait jamais perdu un seul combat.
Le brouhaha des spectateurs occupait l’air après avoir passé de longs instants à retenir leur souffle devant l’intense combat de magie, dont la finale avait été remportée par un mage de Lumière qui avait assommé son opposant pyromancien grâce à un vortex lumineux permettant de faire chuter le mage de l’Académie de près de trente pas. La foule se dirigeait vers l’arène pour le clou du spectacle qui n’était autre que la joute. Chaque individu poussait les autres pour avoir la meilleure place possible afin de ne rien rater du spectacle.

Isìl s’assit sur un siège dans la tribune d’honneur, en hauteur face à la fosse rectangulaire. L’enclos était spacieux, étant donné qu’il servait aux combats d’arène ayant rarement lieu à la garde de Madragor. A sa gauche s’assit son épouse Hera Verzasca, et de l’autre côté leur fille Alirìen, jeune Elfe plus belle que l’aurore. Isìl avait accepté la demande en mariage des barbares du Sud Salvator, mais aujourd’hui il regrettait tellement cet acte, alors qu’il était sur le point de détruire tous ces peuples… Mais un divorce sans raison valable étant dangereux tant qu’il n’avait pas l’ascendant sur tous ces peuples. Cependant, Isìl s’était présenté lors des élections impériales, confiant. La victoire semblait lui sourir, alors que ses adversaires ne disposaient pas du soutien qu’il avait.
Le couple était richement vêtu, mais Alirìen était habillée d’une manière très légère, comme à son habitude, mettant en valeur ses dangereux atours. La jeune Elfe releva l’absence de son oncle, Baelor, et se tourna vers son père.

« Où se trouve oncle Baelor ? s’enquit-elle. Je ne l’ai pas vu depuis ce matin

Personne, répondit Isìl, c’est ça à chaque tournoi… »

Celui-ci se détourna en entendant les cris de la foule retentir d’un coup et vit les milliers de spectateurs se lever à l’arrivée dans l’enclos des deux premiers combattants. Chacun était arrivé d’un côté opposé sur sa monture. Les deux chevaliers étaient lourdement protégé. Un casque à la visière ouverte laissait voir leur visage souriant pour l’un, crispé pour l’autre. Les deux belligérants avaient déjà choisi leur arme. L’un portait à sa ceinture une longue épée, alors que l’autre laissait pendre un fléau sombre. L’impératrice Elessar Mitsukeh se leva alors et la foule se tut. Un héraut prit alors la parole.

« Votre majesté, à ma gauche, l’incroyable chevalier nous venant tout droit des fosses d’arène de Glimsadre : ser Mollandre, l’écorcheur ! clama le héraut. Et à ma droite, un mercenaire qui a su grimper les marches du triomphe. Il nous provient de Forgeloup, et c’est le ser Clegor ! »

La foule poussait des cris d’acclamation tout au long de la prise de parole du héraut qui ne pouvait être entendu par les spectateurs à l’autre bout de l’arène. Isìl, en tournant le regard, put voir des elfes derrière les gradins, espérant entendre le bruit du combat, sans pouvoir le regarder. Décidément, c’était vraiment l’épreuve que tout le monde attendait. L’impératrice frappa des mains, et aussitôt, les chevaliers qui avait pris de longues lances de joute et s’étant positionnés face à l’autre, de chaque côté de la palissade au centre de la lice, claquèrent les rênes de leur monture et s’élancèrent vers la victoire, où la mort.



*



Le sang avait coulé abondamment ce jour là. Nombreux étaient les chevaliers qui passeraient leur nuit à l’infirmerie. Trois belligérants avaient péri lors des combats. Il ne restait plus qu’un combat désormais. Cependant, si les spectateurs étaient fatigués de cette journée d’acclamations, il leur restait de nombreuses forces en eux. C’est alors qu’entrèrent en lice les deux derniers combattants, que personne n’avait vu jusqu’ici. Les organisateurs avaient tenu à finir ce tournoi en beauté en plaçant le combat le plus attendu en dernier. Le premier chevalier chevauchait une monture blanche et tachetée de points noirs, cachés sous le drap recouvrant le corps musclé de la bête. Son armure était finement taillée, et était axée sur le thème du lion. Elle devait coûter une fortune vu les minutieux détails.

« Votre majesté, mesdames et messieurs, repris le héraut, voici à ma gauche le vétéran de deux guerres, l’immortel, le héros de Rudeval, le très grand ser Joan Roym, le Lion ! »

L’autre chevalier chevauchait un bel étalon blanc immaculé, dépourvu de drap, dont ressortait une saillante musculature. L’armure de ce combattant était également minutieusement détaillée, mais les motifs étaient différents. D’une teinte verte, l’Arbre de Vie était représenté sur son plastron, alors que d’autres motifs interpellant étaient gravés sur le reste de l’armure, comme une forme humaine baignée de rayons. A l’inverse de son adversaire, sa visière était ferme, recouvrant l’intégralité de son visage.

« Et ici, voici le très grand champion, vainqueur de douze tournois, détenteur du mythique trophée du dragon d’opale, il a triomphé du Roc de Jhelom jusqu’ici invaincu, je vous présente, le Champion d’Adonysia ! »

La foule en délire expulsa son euphorie à ce nom qu’elle attendait depuis des jours, alors que le chevalier répondait d’un signe de main, avant de prendre sa lance verte. Le Lion salua l’impératrice, puis baissa sa visière, observant son adversaire en face. La foule s’était rassise et s’était calmée, gratifiant l’atmosphère d’un silence mortuaire. Un des étalons grattait le sol de ses sabots, comme prêt à en découdre, alors que le cavalier lui caressait l’encolure de sa main valide avant qu’on ne lui donne un petit bouclier rond. L’arène était comme à l’arrêt, alors que tout le monde attendait le signal. Soudain, le faible bruit des mains de l’impératrice claquant retentit.

C’est alors que les cavaliers claquèrent les rênes, déchaînant leurs montures. Les chevaux se mirent à galoper l’un vers l’autre, arrachant la terre sous leurs sabots à chaque pas, dans un grondement sourd. L’assemblée retenait son souffle alors que les lances s’abaissaient, braquées vers l’adversaire, et que les boucliers étaient levés. Lorsque les chevaux se croisèrent, la lance du Lion fut déviée par le bouclier de son adversaire et frappa le casque de ce dernier qui, de la sienne, avait explosé le bouclier du Lion.
Le Champion d’Adonysia s’écroula au sol sur le dos, le casque volant au loin, alors que son adversaire sautait au sol. Le chavlier à terre se releva, chancelant sous le coup, et c’est alors que l’assemblée toute entière reconnut Baelor Raevalia, le frère d’Isìl. Ce dernier se leva aussitôt sous la frayeur, et ordonna qu’on aille soigner la plaie au crâne de son frère, mais l’impératrice lui ordonna de s’asseoir, la joute avait débuté. Le Lion sortit de son fourreau une grande épée et Baelor fit de même, et para le coup violent que son adversaire lui assena. Une traînée de sang l’empêchait de voir correctement et il dut se plier en deux pour esquiver le coup horizontal que lui portait le Lion. Dans la continuité de son esquive, Baelor asséna un violent coup d’épaule qui déséquilibra son adversaire et de toute sa force, frappa son ennemi qui para avec son épée.
Les deux armes se croisèrent dans un choc violent, créant des étincelles, sous le regard médusé de Baelor qui restait figé pendant l’espace d’une demi-seconde. Ce fut suffisant pour son adversaire pour le frapper à la jambe. Le coup ne fut pas particulièrement violent, mais Baelor sentit son armure s’enfoncer légèrement alors qu’il asséna de sa main libre un violent coup de poing au Lion. Ce dernier tituba, créant une brèche dans laquelle s’engouffra la lame de Baelor qui vint frapper sa main. Sous la douleur et la surprise, le Lion lâcha l’épée qui tomba sur le sol en rebondissant. A la lueur du soleil, la pierre d’émeraude qui garnissait la garde s’illumina, de même que les motifs habillant la lame qui prirent une couleur feu.
Déconcentré par l’attitude de l’épée, Baelor ne vit que trop tard son adversaire qui le chargea, le propulsant au sol. En atterrissant, le chevalier vert lâcha son arme, et asséna un coup de pied à son ennemi qui tomba à côté. Rapidement, Baelor se releva, et prit l’épée de son adversaire qui reposait à côté. La poignée était chaude, et parfaitement adaptée à sa main. C’est à ce moment que la lame s’enflamma de tout son long, de la garde à la pointe, effrayant presque son porteur. Mais c’était le moment ou jamais. Le Lion se relevait lentement et Baelor d’un large coup circulaire, ouvrit sa gorge en deux.

Le corps du chevalier s’écroula en arrière, alors que Baelor lâcha son épée enflammée qui s’éteint en tombant. La foule était restée muette de stupéfaction devant ce retournement de situation. Le héraut lui-même ne savait plus quoi dire, se demandant si ce combat était réglementaire. De longues secondes passèrent, dans un silence aussi pesant que la chaleur, puis Isìl se leva, et applaudit lentement le champion, imité par sa fille, les personnes entourant, et bientôt toute la tribune, alors que le héraut clama haut et fort.

« Le champion de ce tournoi n’est autre que Baelor Raevalia, le Champion d’Adonysia ! Une tonnerre d’applaudissement pour notre vainqueur ! »

La foule se leva alors que le personnel soignant se dirigeait vers l’arène pour prendre en charge le combattant. Isìl secouait la tête, sidéré. Ainsi c’était son jeune frère qui remportait tous les tournois depuis tant de temps… Un sourire parcourut son visage. Ceci ne ferait qu’étendre son influence.


A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

Le bâtard

Messagepar Raevalia » Lun 27 Mai 2019 18:46

La journée avait été longue pour Isìl. Ce tournoi avait été l’occasion de gagner de nombreux soutiens, mais la performance de Baelor avait donné le coup de grâce à ses adversaires. Désormais, il était certain que la victoire était acquise. Néanmoins, malgré la tombée de la nuit, l’Elfe parcourait les missives à son attention malgré les cernes qui apparaissaient sur son visage. Isìl travaillait dans un bureau, à Madragor, dans une petite pièce éclairée par quelques bougies sur le rebord du large bureau sur lequel étaient étalées les missives. C’est à ce moment là que la porte s’ouvrit et que le visage de Nansìl apparut dans l’encadrement. Isìl rangea les missives, souriant à sa cousine qui s’avançait dans son fauteuil en fermant la porte.

« Je dois te montrer un truc, déclara la généalogiste.

Cela doit être urgent pour que tu sois encore debout à cette heure de la nuit, fit remarqué Isìl.

En effet, j’ai fais des recherches à propos de cette épée qu’à brandit Baelor tout à l’heure, reprit sa cousine, tu te souviens ?

Hum hum, acquiesça l’Elfe, tu as trouvé l’origine de son enflammement ?

Mieux encore », répondit la rousse en lui tendant un vieux livre abîmé par les années.

Avec précaution, Isìl reçut le livre dans les mains et le posa sur le bureau. Une ancienne écriture avait rédigé des pages. Sur la tranche du livre avait été écrit le nom de l’auteur.

« Cyriandil Raevalia ? demanda l’Elfe.

Oui, c’est notre ancêtre, mort il y a près de deux cent ans. On dit qu’il s’est fait décapit…


Vas droit au but s’il te plaît Nans’, la coupa gentiment Isìl qui connaissait sa capacité à s’éloigner du sujet.

Oui, poursuivi Nansìl, et bien Cyriandil était contemporain d’un autre membre de la famille, Thalion.

Thalion le repenti ? Son histoire est encore racontée aujourd’hui, affirma Isìl.

Et bien justement, Thalion était le porteur d’une épée magique incrustée de la pierre d’âme de son oncle Esìldion, Cereduil Noruì.

Et tu crois que…

J’en suis certaine, le coupa à son tour la généalogiste. Regarde bien l’illustration. Ce sont les mêmes motifs, la même garde et la même poignée. »

Isìl jetait son regard tantôt sur l’illustration, tantôt sur l’épée qui pendait au mur en face. Un sourire étrange se fit sur son visage.

« Cereduil Noruì, murmura-t-il, le miroir enflammé, l’arme mythique de notre maison, comment se fait-il que ce chevalier la détenait ?

Le Lion a remporté des tournois dans tout Hédarion, répondit Nansìl. Il est probable qu’elle lui ai été remise en récompense, sans que l’on sache ce qu’elle est vraiment. »

Isìl se leva et se dirigea vers l’épée légendaire qu’il décrocha de son râtelier. L’arme paraissait comme neuve, les caractères luisant sur la lame alors qu’il passait la main dessus.

« Que signifient les lettres sur la lame ? s’enquit Isìl.

C’est un langage qui n’est pas parlé en Hédarion, lui répondit Nansìl. On le retrouve chez les anciennes tribus nordiques, trop au Nord pour être sous le joug des Clans du Nord. Cela signifie « Une âme pour une âme ». Aucun écrit ne stipule exactement l’origine de ces caractères. On peut juste stipuler que ceci a un rapport avec le sacrifice d’Esìldion, lorsqu’il a donné son âme à des entités malsaines au Nord. »

L’Elfe hocha la tête à ces mots, conscient qu’il avait devant lui une des armes les plus légendaires de l’Histoire. La porte s’ouvrit soudain sur Elìs, vêtue de sa veste de cuir. Nansìl salua son cousin, et quitta la pièce péniblement en roulant sur son fauteuil. Les deux elfes restèrent quelques secondes face à face, puis Elìs s’avança et s’assit sur un siège en face du bureau de son fils.

« Félicitation,il semblerait que demain, tu seras empereur du peuple Elfique, le félicita Elìs.

Merci mère, répondit Isìl avec un faible sourire. Dites, comment pensez vous que l’on m’appellera ? Notre famille a connu trois empereurs, Esìldion le martyr, Elenwë la fille d’Adonysia, Timìniel la brève… Isìl le bâtard ? »

L’espionne fronça les sourcils. Le secret de la naissance d’Isìl n’était connu que par deux personnes encore en vie, son époux et elle-même.

« Qu’est ce que tu racontes ? demanda Elìs.

Depuis toujours, j’ai entendu des gens dire que je n’étais pas un Raevalia, que j’étais un bâtard, que je n’étais pas comme mon père…

Ne crois pas ce genre de conn…

Puis j’ai toujours été intimement convaincu que je ne suis pas le vrai sang de père, la coupa Isìl. A vrai dire, je sais que je suis un bâtard. C’est quelque chose que l’on sait sans même avoir besoin que l’on nous le dise. Ma question est : qui est mon père ? »

Elìs ne savait plus quoi dire. Elle ne s’attendait pas à être prise au dépourvu par son aîné de cette manière. Elle avait toujours su que c’était une erreur de ne rien lui avoir révéler son origine. Mais maintenant, elle n’avait plus le choix.

« Ton père, débuta-t-elle, les lèvres crispées, n’est pas Floki Wolfhart en effet. A vrai dire je ne sais même pas qui est ton père. La vérité est que j’ai dû faire de nombreuses choses pour les PoilpuBIEN, et de l’une d’entre elle tu es naquis. Je ne voulais pas te bris…

Bien, répondit calmement Isìl qui paraissait songeur. Je n’aurai aucun remord alors quand j’aurai annihilé le temple des ombres et tous ses fidèles.

Pa-pardon ? demanda l’espionne, à la fois sidérée que son fils le prenne de cette manière et surprise par sa déclaration.

Et bien, j’ai eu une prémonition mère, déclara lentement Isìl. Vous êtes la première personne à qui j’en parle, mais la Déesse est venue me voir, moi ! C’est lorsque j’ai été torturé par ces fidèles de Thempkar il y a trente ans. Elle est venue me voir et m’a dit que j’avais le pouvoir de restaurer l’équilibre, avec le soutien de ma famille !

Isìl… commença Elìs inquiète par la lueur apparaissant dans le regard de son fils.

Elu empereur, j’aurai accès à une des plus grandes armées que le monde n’ai jamais connu, et je suis certain que je rassemblerai tous les fervents de la déesse, ou du moins les ennemis de Thempkar, poursuivit-il, en murmurant. C’est la lutte de notre existence, mère. La lutte pour la Déesse, la lutte pour la vie.

Floki n’est peut-être pas ton père biologique, mais il t’a toujours traité comme son fils, tenta de le raisonner Elìs. Et tu penses à ton frère ? A ta sœur ? A ta nièce ? Isìl ! Tu ne peux pas faire ça !

Pourquoi pensez vous que j’ai tout mis en œuvre pour remporter ces élections mère ? lui répondit son fils. Dès demain, j’aurai tous les droits, et je rassemblerai tous les Elfes sous le symbole de cette épée, et ma nouvelle bannière ! »

A ces mots, Isìl montra une feuille à sa mère où était dessinée une bannière aux couleurs semblables à celle de la maison Raevalia, mais la flèche étant remplacée par l’Arbre de Vie maculé de rouge.

« Je ne te suivrai pas Isìl, déclara fermement Elìs qui comprenait avec horreur que rien ne pourrait faire changer d’avis son fils qui avait probablement prévu ceci depuis des années voire des déennies.

Vous devriez, mère, lui rétorqua Isìl. Ne voyez vous pas que nous avons ici la chance de rassembler tous les peuples d’Hédarion sous une seule religion ? Imaginez le nombre de conflits que cela éviterait ? Nous régnerions sur un monde en paix ! »

Ces mots furent ceux qui firent déborder le vase, et Elìs se tourna, et quitta la pièce en tournant les talons.

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

Missives

Messagepar Raevalia » Mar 28 Mai 2019 19:32

Missive au clan Galyfreya


Dame Emma Galyfreya, souveraine de la Rébellion d’Hédarion, dirigeante du clan Galyfreya, dame du Rokdor


J’ai l’immense honneur de pouvoir vous contacter, ayant remporté les élections impériales du Peuple Elfique. Je serai ravi de commencer ce mandat en posant des bases solides de confiance et de paix avec le clan Galyfreya et la Rébellion d’Hédarion. Après tout, nos deux maisons n’ont elles pas été alliées pendant des siècles, s’entraidant dans nos guerres respectives ?
Vous le savez sûrement, la mission de l’empereur elfique est de protéger l’Arbre de vie. Cependant, cette mission n’a jamais été véritablement réussie jusqu’ici. Jamais le Sanctuaire de la Déeese n’a été en sûreté. Je tiens à tenir cette promesse que j’ai fais, et à, pour la première fois de l’Histoire d’Hédarion, protéger le Sanctuaire. Et pour cela la solution est très simple, il suffit d’annihiler les fidèles de Thempkar. Vous joindrez vous à nous dans notre conquête du Temple des Ombres ?

Serez vous à nos côtés de la destruction pure et simple des marche-morts, à la destruction catégorique et la mise à bas de chaque pierre de cet édifice impie et cruel et à la chute de l’Empereur des morts ?
Joignez nous, et façonnons un monde ou pour la première fois, la religion ne posera plus de problèmes, éradiquons le mal par le mal, et protégeons notre belle terre de tous ces conflits qui la rongent !
Je porte tellement d’espoirs en vous qu’un refus de votre part me déchirerait à l’idée de briser notre alliance pourtant si solide et si pure !
Car hélas je ne puis risquer de laisser des ennemis dans mon dos. Une alliance de votre part avec les hérétiques honorant le dieu de la mort m’obligerait à utiliser la manière forte à votre égard.
Il ne s’agit pas de la réponse de la dirigeante des Galyfreya que j’attends ici, mais celle de la souveraine de la Rébellion d’Hédarion.

Pour la Déesse et la paix !


Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique.



Missive à la lignée Altéria


Ser Aldénaïr Altéria, tueur de dragon, souverain des Hauts-Elfes de Lumière, commandant de l’Ordre de Lythélia, gouverneur de l’île de Claireroche et seigneur de Lythélia.


Bien que j’ai été légèrement déçu de ne pas vous trouver à Madragor pour les élections, je suis ravi de pouvoir vous compter parmi mes alliés. L’Empereur des Elfes et le gouverneur de Claireroche vont, j’espère, pouvoir gouverner en paix le peuple elfique, et bien plus.
En effet, j’aimerai pouvoir vous compter dans nos rangs dans la guerre qui va nous opposer aux adorateurs du dieu de la mort, ainsi que leurs alliés. Nous avons envoyé au préalable une missive au clan Galyfreya, qui a toujours pactisé avec les nécromanciens, et leur réponse est, comme vous pouvez en douter, négative.
C’est la raison pour laquelle notre guerre contre les fidèles de Thempkar débutera par le siège de Bourg-Galyfrey et j’espère franchement que les armées des Hauts Elfes de Lumière, l’Ordre de Lythélia et bien évidemment la Garde de Lumière seront jointes aux nôtres durant toute cette campagne au nom d’Adonysia.

Si, et cela me détruirai si cela devait arriver, vous décidiez de vous joindre aux nécromants, l’Alliance unissant les sylvains et les Hauts Elfes de Lumière serait rompue, vous isolant sur Claireroche, mais je suis confiant quant à votre réponse pleine de bon-sens et respectant nos valeurs et notre relation qui a toujours été amicale.
Rejoignez nous face aux Marche-Morts comme votre ancêtre nous a sauvé face à l’Armée sans Bannière !

Pour la Déesse et les Elfes !


Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique.



Missive à la maison Wolfhart


Ser Floki Wolfhart, empereur des morts, général et neuvième dirigeant de la maison Wolfhart seigneur de Roma, ennemi d’Adonysia


Seigneur Floki Wofhart, si j’eus pour coutume de vous appeler père, je sais maintenant que c’est à tort, mais ceci n’est pas le sujet de cette missive, car mes préoccupations sont toutes autres maintenant que je suis devenu l’Empereur du peuple Elfique et le protecteur de l’Arbre de Vie. En effet, afin de rendre notre monde meilleur, un monde exempté de guerres et de conflits religieux, j’ai la ferme intention de débarrasser notre continent du Culte de Thempkar, qui assombrit les cœurs, qui ne respecte pas le cycle de la vie et de la mort, et qui éloigne les habitants d’Hédarion du culte de la véritable Déesse, celle que nous devrions tous honorer, celle de la vie, Adonysia.
Je vous préviens en tant que fils adoptif, mais en tant qu’Elfe respectable. Je vous laisse trois lunes pour bannir tous les fidèles au dieu de la mort, et pour détruire l’intégralité des Marche Morts, qu’ils soient au Sud ou au Nord. Nous n’hésiterons pas et n’attendrons pas les derniers départs lorsque nous raserons le Temple des ombres.
Néanmoins, nous ne faisons pas cette Croisade pour le plaisir et assouvir nos désirs les plus sombres, et ne toucheront que le Temple des ombres, la nécropole étant occupée par le Nécromancien Impie qui n’a que faire du culte de Thempkar, et Roma sera bien évidemment épargnée, tant qu’elle reste vidée de tout nécromancien fidèle à l’ennemi de la Déesse.
Si vous refusez et que vous refusez la main que je vous tends, alors sachez que nous n’avons rien à craindre, car nous sommes les guerriers de La Déesse, et tant qu’une lueur de vie sommeillera en nous, rien ne nous arrêtera. Nous raserons toute habitation ayant un jour abrité des fidèles à Thempkar, et massacrerons chaque être ayant un jour proféré le mot « gardien ».
Respectueusement à l’homme se cachant derrière le nécromancien,

Pour la Déesse et les Elfes !


Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique.



Missive à Floki Wolfhart


Cher Floki,


peut-être a tu reçu la missive de notre fils Isìl. Si non, je tiens à t’avertir que ce n’est plus l’Elfe que tu as connu. Il a eu un choc quelconque, je n’en sais rien, qui l’a complètement changé, et je crains qu’il n’ai laissé sa rancœur détruire son humanité pendant toutes ces années.
Le fait est qu’il compte détruire tout le culte de Thempkar, et il va mobiliser l’ensemble de ses armées ainsi que la totalité des alliés qu’il pourra trouver, et tu sais qu’au nord du Rempart, nombreux sont ceux qui vouent une haine systématique à tout ce qui se rapproche à Thempkar.
Baelor a suivit Isìl, et je vais prévenir la dirigeante des Galyfreya de la menace qui pèsent sur leurs épaules, car ce seront les premières cibles de la folie d’Isìl. Ensuite, peu importe l’issue de l’affrontement, je descendrai vers toi. Il faut que l’on fasse quelque chose pour empêcher un carnage.
Afin de voyager incognito, je reprendrai mon ancien nom d’Aerys Eryan. Il a dû être oublié et me permettra de te rejoindre sans attirer l’attention d’Isìl. Surtout, mets Arès, Rhéa et Aphrodite en sécurité, loin du Temple des Ombres et de Roma. Je viens dès que possible,
je t’aime.


Ton épouse dévouée,
Elìs Raevalia



Missive à la maison Raevalia

Sir Isìl de la Maison Raevalia, Empereur des Elfes, protecteurs des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d'Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique et, malheureusement, ennemi du Gardien et de ses fidèles.

Seigneur Isìl, malgré que nous ne partageons pas le même sang, je n'ai pas de honte de vous appeler comme fils, mon premier-né.
Je ne m'y attendais pas à cette proposition, mais, comme vous le savez, je refuse de bannir les merveilleux fidèles du Gardien, ainsi que de détruire les Marche Morts.
Je suis profondément déçu de vous, êtes vous vraiment prêt à tuer des jeunes enfants innocent n'ayant pas la même religion que vous et sont les descendants de nécromanciens ? Êtes-vous prêt à tuer votre propre jeune sœur ainsi que votre propre jeune frère et votre nièce ?

Nous n'avons pas peur de votre menace et que nous serons prêt à défendre le Temple, notre honneur ainsi que le Gardien.

Pour notre Gardien !

Floki de la Maison Wolfhart, Empereur des Morts, Général de la Maison Wolfhart, neuvième dirigeant de la Maison Wolfhart, Seigneur de Roma et fidèle de Thempkar.



Missive à Elìs Raevalia


Ma chère épouse,

Malheureusement, oui, j'ai reçu cette missive et je fus profondément déçu et choqué du contenu de cette missive. Mais, si c'est ce choc qui l'a changé, je ne lui en veux pas. Où est passé l'enfant que j'avais connu, sensible et n'ayant pas de rancœur envers les nécromanciens ?
Nous, fidèles du Gardien, allons protéger coûte que coûte le Temple ainsi que les fidèles nécromanciens.
Fais surtout attention à toi, je ne veux pas te perdre, car je tiens beaucoup à toi et je serais profondément chagriné à savoir que tu es morte.
Je te promets que nos enfants ainsi que notre petite fille seront en sécurité, loin du Temple et de Roma.
Je te remercie de ces informations précieuses ainsi que la raison de pourquoi notre fils, agit-il ainsi.

Fait attention à toi,
Je t'aime,
Ton époux, Floki Wolfhart.
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

Isìl 1er du nom

Messagepar Raevalia » Ven 31 Mai 2019 09:49

1er Kang’sil 1662


Les elfes présents se levèrent à l’arrivée dans la pièce d’Isìl. Tous les membres de sa famille étaient venus pour l’occasion, de même que les représentants des grande maisons Isla et Mitsukeh, ainsi qu’un émissaire des Altéria, venu de Lythélia. La salle était sobre, et personne d’autre que ces personnes ne se trouvait dedans. Les Elfes étaient tous autours de la table, laissant une place à l’empereur.
Isìl venait de remporter les élections, les résultats étant paru quelques heures plus tôt. Lorsque l’Elfe s’approcha, tous les autres s’inclinèrent en signe de respect, alors que Nansìl, dirigeante de la maison Raevalia, clama.

- Longue vie à Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique. 

L’Empereur lui fit un signe de la tête en guise de remerciement et s’assit entre Baelor et Elessar Mitsukeh, suivi par le reste des personnes.

Je crois, commença Isìl, que l’intégralité des grandes figures de notre peuple sont présents autours de cette table. Dame Elessar Mitsukeh, quarante-et-unième impératrice de notre peuple, septième dirigeante de la tribu Mitsukeh, conseillère, Isil Mitsukeh, souveraine des Loups Elfiques, Kaliska Isla, dirigeante de la maison Isla diplomate, Jezekaël Atlance, dirigeant de la maison Atlance, intendant, Nansìl Raevalia, dixième dirigeante de la maison Raevalia, Elìs Raevalia, grand-argentière, et Baelor Raevalia, général en chef des armées des Loups Elfiques. 

Chacune des personnes présentes hochèrent la tête, surprises que leurs rôles leur soit attribué de manière aussi expéditive, ravies que pour la première fois depuis des siècles, chaque famille avait un rôle au sein de la faction. C’était une jolie pirouette pour Isìl pour gagner la confiance et la fidélité de toutes les maisons elfiques, et de conserver l’intégrité de son peuple. Une très bonne manière d’amorcer la suite des événements.

Comme vous le savez, poursuivit l’empereur, ces vingt prochaines années verront un autre règne, un autre monarque, et des politiques différentes. L’un de vous peut-il nous rappeler quel est notre rôle en tant qu’Elfes, en tant que résidents de la forêt de Jade ?

Nous devons protéger l’Arbre de Vie, répondit Nansìl.

C’est exact, et c’est une mission à laquelle notre peuple a failli à chaque fois. Arrêtez moi si je me trompe chère cousine, mais la dernière fois que le chaos a voulu prendre la forêt, en 1428, nous la lui avons laissé sans combattre. Et la fois d’avant, en l’an 1230 également non ? 

Nansìl, historienne de renom, était forcée d’acquiescer, se demandant où son cousin voulait en venir.

- Étant donné que même avec le soutien de nos alliés de la Coalition du Bien, nous ne parvenons pas à nous défendre, nous allons écraser le mal à la racine, affirma l’Empereur. Puisque la meilleure des défenses est l’attaque, nous allons anéantir le culte de Thempkar, en détruisant tous ses hotels, en brûlant tous les livres impies, en massacrant son armée de Marche Mort et en tuant tout nécromancien fidèle à son culte. L’armée dont nous disposons, bien utilisée, est invincible si nous les prenons par surprise, et qu’en est-il si nos alliés nous suivent ? 

Chaque membre ne cachait pas son étonnement, mis à part Elìs qui baissait la tête, dépitée par ce discours insensé. Son fils était sur le point d’attirer le chaos vers Hédarion.

Le culte de Thempkar est l’ennemi du Bien, et il en va de nous, Protecteurs de Jade, élus de la Déesse, receveurs de la jeunesse éternelle, de nous battre au nom d’Adonysia. Partout dans le continent, en apprenant notre action, les fidèles à la Déesse opprimés se soulèveront et détruiront les nécromanciens. Partout, les cultes bafoués par Thempkar se joindront à nous dans une ultime lutte contre la Mort. Voici la raison pour laquelle sont parties ce matin quatre missives. La première en direction de Lythélia, où les Hauts Elfes de Lumière répondront sûrement de leur contrat pour protéger la lumière. La deuxième vers la demeure du clan Galisbé, cette noble maison de Hauts-Chevaliers qui, de ce que l’on m’a dit, a eu quelques désaccords quand ils étaient dans la Rébellion d’Hédarion en ce qui concerne les relations avec les nécromanciens. En parlant de la Rébellion, une autre missive a été envoyée à sa dirigeante qui dirige également le clan Galyfreya. Ce clan a toujours été plus ou moins lié aux nécromanciens du Sanctuaire de l’Outre-Monde, et ont même accepté l’installation d’annexes nécromanciennes en leur terre de Rokdor. Ils seront notre première cible, car nous devons nous assurer d’alliés forts et ne risquer aucune attaque dans le dos. D’autant plus que leur dirigeante est connue pour son impulsivité et son instabilité. En ce qui concerne la dernière missive, elle est partie au dirigeant du Sanctuaire de l’Outre Monde, car nous ne sommes pas des sauvages. Chaque nécromancien est libre d’abandonner son culte, et de nous rejoindre, ou mourra. Des questions ?

Si l’Armée Pourpre décide de défendre les nécromants, que feras-tu ? demanda Elìs.

L’armée Pourpre a beau être équipée de chevaux, elle n’aura pas le temps de se constituer assez rapidement pour nous devancer et nous pourrons raser le Temple des Ombres avant leur arrivée, lui répondit Isìl, un sourire flottant sur le visage.

Tu ne peux déclarer la guerre à la Rébellion d’Hédarion ! Depuis trois cent ans, nous vivons en parfaite harmonie ! s’offusqua Elìs.

Depuis dix-sept siècles, le monde se voile la face, répondit simplement Isìl. Les choses doivent changer.

Ainsi la guerre est inévitable, déplora l’espionne, je plaçais tant d’espoirs en toi mon fils…

Taisez vous mère, lui ordonna sèchement l’Empereur, la purification de ce monde doit passer par là. Allons communiquer ce message à nos armées. 

L’Empereur se leva alors, aussitôt suivi des autres personnes, à l’exception de Nansìl bien sûr, et d’Elìs qui n’approuvait pas cette guerre, et qui tenta une dernière fois de le raisonner en lui criant alors qu’il se dirigeait vers la porte.

Ce seront des centaines de milliers des nôtres qui périront dans ta guerre Isìl ! s’écria-t-elle, penses à ta sœur, pense à ses enfants !

L’Empereur ne se retourna pas, sortant de la salle, suivi par les autres Elfes à l’exception de Nansìl et d’Elìs.

A l’extérieur de la salle qui donnait sur la grande place de Madragor était massée la foule de soldats, tellement concentré qu’il était compliqué pour les gardes de laisser un chemin à l’empereur vers l’estrade. Derrière les milliers de soldats entassés sur la place se trouvaient les civils, le peuple Elfique qui attendait l’intervention de leur Empereur. Isìl avançait. L’Elfe avait opté pour une armure somptueuse et verte, à l’effigie de celle de son frère, à l’exception que la sienne n’était pas faîte pour le combat. Si une flèche atteignait sa poitrine, le monarque mourrait sur le champs. Mais le message qu’Isìl voulait faire passer était clair : il ne gouvernerait pas assis sur un trône pendant vingt ans à attendre que le temps passe, mais il se livrerait corps et âmes à son projet. Une chaîne couleur or reliait une poche sur sa côte à un anneau sur son plastron, alors que le symbole de la Lumière se reflétait au soleil, symbole de l’intégrité du peuple Elfique, qu’il vive dans la forêt ou sur Claireroche.
Chaque pas du monarque le rapprochait de l’estrade, dans la fine allée créée par les gardes de Madragor. Les acclamations de la foule et des soldats retentissaient dans toute la cité. Alors qu’il arrivait près de l’estrade, les Elfes qui étaient sorti avec lui se positionnèrent sur une marche, à l’exception de Baelor qui le suivit. Chaque marche que gravissait Isìl l’élevait vers les cieux, alors qu’il s’avança avec panache au-devant de l’estrade, surplombant ses sujets et son armée. L’Empereur était acclamé de toute part, alors qu’un héraut clama haut et fort à la foule.

Saluez Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique ! 

La foule clamait son nom en chœur pendant de longues minutes, alors que le monarque passait son regard sur la masse entassée autours de lui.



*



- Nans’ il faut empêcher cette folie, déclara Elìs à sa nièce en lui pressant les mains sur la table.

Il va anéantir toute une population et un culte, murmura la généalogiste, les yeux perdus dans le vide.

Oui ! C’est pour ça que nous devons faire quelq…

Il est notre unique espoir d’apporter la paix à long terme sur le continent, la coupa Nansìl.

Nans’ ! s’écria l’espionne. C’est de la folie !

C’est un sacrifice nécessaire , lui répondit calmement l’infirme.



*



- Peuple Elfique, soldats ! s’exclama l’Empereur à l’attention de l’assistance, j’ai la grande joie de vous représenter tous. Vous pouvez le voir, je ne passerai pas les vingt prochaines années à signer des traités dans un bureau alors que notre monde court un grand danger. De quel danger veuilles-je parler ? Je suis certain que chacun d’entre vous en est conscient. Chers amis, chers Elfes, c’est tous ensemble, unis, que nous devons affronter la plus grande menace de notre Histoire. C’est tous ensemble que nous devons protéger nos foyers, notre culture, notre croyance. C’est tous ensemble que nous abattrons le culte de Thempkar ! Avec moi, assurons une nouvelle ère, propice à la paix, à l’harmonie et à la grandeur de la Déesse. 



*




Je ne peux me résoudre à participer à ce massacre, déclara Elìs en soupirant. Les Galyfreya sont bons et nous avons une dette envers eux. Je dois les prévenir.

Et moi je ne peux pas te retenir, répondit platement Nansìl. Vas à ta guise. 

L’espionne se leva de sa chaise, et se dirigea d’un pas résolu vers la porte opposée à celle qu’avaient pris les Elfes un peu plus tôt. La voix de Nansìl résonna au fond, et elle s’arrêta.

J’ai une dette envers toi, Elìs, lâcha la généalogiste. Je n’informerai personne de ton départ, comme cela nous seront quitte. 

Elìs se rappela le tragique épisode du Palais Hivernal trente ans plus tôt, et se remit en marche, décidée à atteindre Bourg-Galyfrey avant Isìl.



*



- Ensemble, portons les armes vers le Rokdor, la terre de nos ennemis ! Les Galyfreya sont les fidèles alliés des nécromanciens, au point de permettre à leurs immondes créatures de sévir dans NOS régions. Ce sont les ennemis de la Déesse, des traîtres ! Nous allons mettre à bas leur forteresse avant de marcher vers le Temple des Ombres ! Nos légions seront dirigées par le plus grand combattant de notre temps, mon frère, le général en chef Baelor Raevalia, qui dès à présent sera le porteur de l’épée légendaire de notre maison, Cereduil Noruì. Elle fut portée en premier par Daeron Raevalia, puis par son frère Thalion, le premier commandant de la garde de Lumière ! Cette arme a toujours été faîte pour lutter contre les créatures de Thempkar, et c’est par elle que nous mettrons à bas ce culte ! Parce la mort viendra pour tous ! 

Parce que la mort viendra pour tous ! répéta la foule enhardie par ce discours de conquérant.

Pour la gloire d’Adonysia !  s’époumona l’Empereur, satisfait de la réaction de la foule.

L’Empereur se tourna vers son frère qui s’avança d’un pas, et lui remit Cereduil Noruì, rangée dans un fourreau d’or couvert d’émeraudes et de rubis. Isìl ne vit pas au loin une silhouette encapuchonnée s’éclipser derrière un pâté de maison, en direction des portes de la cité.

A suivre...
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

La dirigeante des Galyfreya

Messagepar Raevalia » Ven 31 Mai 2019 22:45

7 Kang’sil 1662


Le martèlement des sabots était un des seuls bruits apparents en cette journée de Kang’sil. Les rares nuages blanchâtres semblaient éviter le soleil, et la chaleur s’intensifiait au fur et à mesure qu’Elìs était descendue vers le Sud. L’Elfe avait atteint le Rokdor depuis trois jours, et ne ménageait pas sa monture qu’elle espérait résistante à ce type de voyages. Des gouttes de sueur avait séché sur sa peau d’habitude pâle et désormais rouge aux endroits non-recouverts par sa tunique. La veste de cuir qu’Elìs portait habituellement reposait sur la selle de sa monture, car la chaleur l’étouffait.
Voilà depuis le début de la matinée que l’imposante silhouette de Bourg Galyfrey occupait l’horizon, les hautes tours de la forteresse se dressant majestueusement dans le ciel azur. L’Elfe, sur le chemin, avait croisé de nombreuses fermes de pars et autres de la grande route menant à cité, et également plusieurs caravanes de marchand. La route de Bourg Galyfrey était visiblement très animée. Autre chose qui ne lui avait pas échappé, plus éloigné de la forteresse, c’étaient les différentes colonies où habitaient des nécromanciens, les annexes.
Elìs passa sur un pont en bois qui chevauchait une rivière dont la largeur était assez importante. Le cours d’eau était situé non loin des murs et permettait probablement le ravitaillement de la cité, du moins si l’on en croyait les multiples canaux qui disparaissaient sous les fondations des larges remparts.
L’Elfe passa les portes au galop, évitant les rares passants qui n’avaient pas eu la jugeote de s’écarter de son chemin, et au détriment des cris offensés des gardes. L’espionne n’en avait que faire, sa mission était de protéger chaque personne de cette cité, et elle n’hésiterait pas à en bousculer quelques uns s’il le fallait. Au fur et à mesure qu’Elìs remontait la cité, ses pensées basculèrent sur l’accueil que lui réserverait la dirigeante de la maison. Elle ne la connaissait pas, mais avait sûrement quelques à priori sur elle, surtout vu la manière dont l’Elfe avait quitté le régent à l’époque, qui la soupçonnait d’avoir tué deux de ses soldats.

Ses doutes l’accompagnaient jusqu’au donjon dont l’enceinte était ouverte. Elìs sentait que sa monture allait s’écrouler à cause de l’altitude ajoutée à la longue chevauchée. C’est pour cela qu’elle sauta à terre aussitôt qu’elle arriva devant la gigantesque demeure du clan Galyfreya. L’Elfe manqua de s’écrouler en sentant le sol dur sous ses jambes endolories. Néanmoins, elle se rattrapa de justesse et parvint à se maintenir debout. C’est avec un pas chancelant que l’espionne se dirigea alors vers l’entrée, quand deux gardes l’interceptèrent. L’un d’entre eux prit la parole, et sembla réciter un texte qu’il ressortait par coeur, légèrement las.

Dame, vous êtes devant la résidence des Galyfreya. L’accès est interdit à ceux qui n’y sont pas invités. Veuillez vous présenter et décliner la raison de votre visite. 

Elìs soupira, profondément agacée. Décidément, les habitudes des gardes n’avaient pas changé avec les années.

Je suis Elìs Raevalia, déclara-t-elle, et je dois parler de toute urgence à Emma Galyfreya, sans délais ! 

Les deux gardes s’échangèrent des regards, puis hochèrent la tête. L’un entra dans le château alors que l’autre proposa à l’elfe de faire reposer sa monture dans les écuries, le temps qu’ils sachent si la dirigeante acceptait de la recevoir. Quelques minutes plus tard, le garde revint, l’air perplexe.

Alors ? demanda son collègue.

Bah… La Dame accepte de la recevoir… Mais demande qu’elle soit escortée par des gardes, et… 

Il se pencha à l’oreille de son collègue, qui prit un air surpris à son tour. Il se tourna alors vers l’elfe.

- La seigneure Galyfreya accepte de vous recevoir, dame… Laissez-nous vous accompagner. 

Il posa sa main sur le pommeau de son épée, d’une manière qu’il voulut discrète, mais qui n’échappa pas à l’oeil expérimenté de l’elfe. Elìs remercia les gardes, satisfaite qu’on ne le fasse pas attendre. Elle leur aurait collé une paire de claques si cela lui avait permis d’être conduite devant la maîtresse des lieux. L’Elfe suivit donc les deux gardes à l’intérieur de la résidence des Galyfreya. Ils traversèrent de long couloirs, richement décorés de peintures et porcelaine, d’armes de parades et de tapis ouvragés, avant d’arriver dans la salle du trône. Ce dernier, élevé de plusieurs marches, attirait tout de suite l’oeil par ses feuilles d’or ouvragées qui décorait les modifs de sa surface. Cependant, personne n’y était assis. Lorsque les gardes et l’elfe entrèrent, Emma Galyfreya et un vieil homme qu’Elis reconnut comme ancien Seigneur Eniel les attendaient, debout au milieu de la pièce. Plusieurs gardes étaient présents à toutes les extrémités de la pièce, ainsi qu’au niveau des portes de sorties. Lorsque les deux gardes refermèrent la porte derrière elle, l’elfe eut la désagréable impression d’être enfermé en milieu hostile, et les premiers mots de la dirigeante du clan Galyfreya n’étaient pas non plus des plus accueillants. Elle la fixa d’un regard froid, et la salua par une question sur un ton cinglant.

- Que nous vaut le déplaisir de votre visite, dame Raevalia ? 

David passa sa main sur son visage en soupirant. Pour la diplomatie, on repassera. L’Elfe fixa la dirigeante de son regard froid, quelque peu agacée, mais elle prit sur elle.

- Je suis porteuse d’une terrible nouvelle, déclara l’Elfe. L’Empereur du peuple elfique nouvellement élu marche sur Bourg Galyfrey avec une immense armée et des alliés. Vous devez à tout prix négocier la paix. 

Emma leva un sourcil alors que David les fronçait.

- Le nouvelle Empereur ? demanda la seigneure Galyfreya. Vous parlez d’Isil Raevalia ? J’ai reçu sa missive et y est répondu. Je l’ai assuré de mon soutien financier et militaire, bien que se limitant aux nécromanciens détenant la Nécropole. Nos contrats avec le Sanctuaire de l’Outre-Monde et les nécromanciens liches sont connus de tous. Vous devez vous tromper. Ils vont sans doute passer se ravitailler à Bourg-Galyfrey avant leur grande offensive.

Isìl a parlé de l’anéantissement total et systématique de tous les fidèles à Thempkar et leurs alliés. C’est sur le Bourg-Galyfrey qu’il marche, et vos annexes qu’il détruira, assura Elìs, inquiète du manque de préparation des chevaliers.

Votre fils prendrait le risque de se mettre à dos la plus puissance faction du Bien ? J’en doute sincèrement. Et si c’était le cas, quel serait votre avantage de nous prévenir, dame ?

Ecoutez, soupira l’espionne agacée par le comportement hautain de son interlocutrice, Isìl a déclaré devant ses guerriers qu’il allait raser s’il le fallait Bourg Galyfrey afin de ne pas être pris à revers en attaquant le Temple des Ombres. Je ne l’ai pas suivi car il… Il a perdu la tête.

Elìs se tourna vers David.

S’il vous plaît, seigneur Eniel, demanda l’Elfe, je suis certaine que vous croyez mes paroles. 

Emma Galyfreya tiqua et donna un violent coup de pieds contre le sol, haussant le ton.


- JE suis la dirigeante du clan, c’est à moi que vous vous adressez, et à personne d’autre ! 

David soutint le regard presque suppliant de l’elfe en croisant les bras, ne faisant pas attention à l’emportement de sa dirigeante. Le vieillard répondit d’un ton posé, s’adressant à Emma.

Dame, vous avez tout comme moi été agacée par le ton de la missive de l’empereur elfique. Je pense que si ce qu’elle prétends s’avère vrai, la menace n’est pas à prendre à la légère. 

Emma se retourna vers son conseiller, furieuse, oubliant les règles de convenance.

Parce que tu la crois ? Tu lui accorde du crédit après ce qu’elle a fait ? Tu lui étais venu en aide, tu avais sauvé ta famille, et elle t’a remercié par l’assassinat de deux soldats ! Pourquoi souhaite-t-elle que les Galyfreya se dresse contre son fils, hein ? Semer la zizanie entre nos alliances, profitez d’une querelle pour je ne sais quel nouveau plan tordu ? Tu me demandes de lui faire confiance, à elle, la dame à la plume, plutôt qu’à son fils, élu démocratiquement et reconnus par ses pairs ? Lui accorder notre confiance, encore ?! 

David secoua la tête, en soupirant. Il se faisait vieux pour canaliser la fougue d’Emma, et pour tenir de telles discussions.

- Je t’ai déjà dis que le rapport qui nous a été fait s’est avéré rempli de certaines lacunes. Il l’a même reconnu et a corrigé son subordonné. Et élu démocratiquement… Autant que... 

David se mordit la lèvre. S’il précisait “autant que toi”, cela n’allait pas calmer la fougueuse dirigeante, bien au contraire.

Je veux dire qu’une élection peut être démocratique, mais si les opposants ne peuvent parler, ou leur voix ne porte pas… La démocratie n’est plus représentative du choix du dirigeant. 

Toute la fureur d’Emma était à présent dirigée contre David, qui prenait la défense de l’elfe, sans qu’elle ne réussisse à comprendre la raison.

Tu doutes de la parole de tes subordonnés, au profit de celle d’une femme qui n’a fait que trahir les autres et orchestré complots sur complots, se tachant les mains pour je ne sais quelles raisons obscures, ou même par pur plaisir ? Nul doute qu’il sera facile de trouver des gens pour réclamer justice et la voir sur un pilori. Je ne ferai pas la même erreur que toi. Elle paiera pour ses crimes et ses mensonges. Maintenant.

Emma... 

David n’eut pas le temps de développer la défense de l’elfe, Emma claqua dans ses mains, et les gardes qui attendaient silencieusement dégainèrent leurs armes, encerclèrent l’elfe. Elìs hésita quelques instants à dégainer ses dagues, mais se ravisa, consciente qu’elle ne devait pas commettre d’impaire afin de ne pas définitivement rompre les négociations.

Nous vous inquiétez pas, Dame, précisa Emma, le regard flamboyant. Vous aurez droit à un procès. Mais pour le moment, je ne peux pas permettre un danger circuler librement sur mon territoire.

C’est votre dernière chance, dame, avertit l’Elfe une ultime fois. Sans moi, vous n’aurez aucune chance de résister à l’armée qui va déferler et qui sévit sûrement déjà sur les terres du Rokdor.

Oh, vraiment ? Et que peut faire pour moi une femme passée maître dans la traîtrise et l’assassinat de civils ?


Je…  débuta l’espionne, mais elle fût soudainement coupée par les portes de la salle qui s’ouvrirent brutalement, surprenant les gardes en charge de sa surveillance.

Un homme entra. Il portait une lourde armure de plaques, des gantelets d’aciers tachés de sang coagulés et une gigantesque hache accroché à son dos. L’armure n’était pas celle des hauts-chevaliers, et se rapprochait davantage de celle des gardes, mais en bien plus imposant et ouvragé. Lorsqu’il remonta la visière de son casque, ce fût pour découvrir un visage borgne, mais qui semblait incroyablement jeune pour avoir une telle carrure. Sans faire attention aux autres soldats, il se dirigea d’un pas assurée vers David Eniel et Emma Galyfreya, qui ne bronchèrent pas. Enfin, pas tout de suite.


Galahad ! s’écria la dirigeante Je peux savoir ce que nous vaut cette interruption ?! Qu’est-ce que c’est que ces manières ?

Et toi alors, se rebiffa le jeune homme, c’est quoi ces manières ? Je suis entré dans le château et j’ai traversé tous les couloirs en ne croisant que trois gardes ! Mais bref, je suis pas là pour ça, y a plus urgent que nos altercations, ou que tes… arrestations ?... 

Le dénommé Galahad semblait prendre conscience de la situation, et dévisagea Elis, surpris et sans comprendre ce qu’il se passait devant ses yeux. De son côté, Emma écarquillait les yeux, réalisant doucement que son fils étaient en sueur et que les croûtes de sang n’était pas présent la dernière fois qu’elle l’avait vu revêtir son armure et se saisir de l’héritage d’Euclyde Galyfreya.


Galahad ! Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda-t-elle, la voix soudain plus inquiète.

Je sais pas ce que tu as fabriqué, mais on a un empereur d’oreilles pointus enragé qui a décidé d’entraîner son armée en massacrant nos paysans, ainsi que les annexes du Sanctuaire. Ils sont des centaines de milliers. Aphrod--... J’étais de garde lorsqu’on m’a prévenu. Je peux pas rester longtemps, c’est la panique chez les prêtres de Thempkar, et on a des marches-morts sans maîtres pour les contrôler. Faut sonner les cloches d’alarmes, que tous les habitants à l'extérieur de la ville se réfugie entre nos murailles. J’ai besoin d’un régiment pour ralentir leur avancée et permettre aux prêtres survivants de se réfugier à leur tour. Et d’un endroit pour les accueillir, à l’écart des habitants... 

Alors que son fils continuait à parler, Emma était soudain extrêmement pâle, restant bouche bée, comme si elle ne réussissait pas à réaliser ce qu’il se passait. Comme s’il s’agissait d’un mauvais rêve et qu’il fallait se rêver rapidement. Elle semblait soudain extrêmement fragile, et perdue. Elìs soupira.


- Inutile d’envoyer un régiment les ralentir, ce serait les envoyer au suicide, déclara l’Elfe. Regroupez vous derrière vos remparts et envoyez des missives à tous vos alliés avant que la communication ne soit coupée. 

Galahad regarde l’inconnue, qui ne semblait pas perdre son calme face à la situation, bien qu’entouré de gardes qui semblait sur le point de lui sauter dessus. Son regard alterna entre l’elfe et sa mère, sans vraiment comprendre.

- Vous avez sans doute raison, Dame, mais si nous ne ralentissons pas l’armée, personne n’aura le temps de se réfugier… Qu’en pensez-vous, mère ? 

David Eniel regarda Emma, un pincement au coeur, et hésita un bref instant, mais la dirigeante repris rapidement ses esprits et secoua la tête. D’un geste nonchalant, elle fit comprendre aux gardes de libérer l’elfe. La flamme qui brûlait dans ses yeux se remit à brûler, mais ce n’était plus une colère dirigée contre l’assassin.

- On dirait bien que vous disiez vrai, Dame. Je vous propose un marché. Vous faites ce pourquoi vous dites être venue, vous nous venez en aide, vous combattez à nos côtés et faites en sorte que ces ordures, ces raclures, regrettent amèrement ce qu’ils s’apprêtent à faire, vous nous aidez à protéger mon peuple et mon territoire… Et je consentirai à faire une croix sur nos…

Différends ? la coupa Elìs. Je ne vois pas de raison de refuser, mais vous devez faire vite. J’ai vu les préparatifs. J’ai vu les chariots stationnés par centaines, Isìl ne risquera pas la vie de ses armées pour une forteresse qu’il juge facile à prendre. Le siège sera long, et vous devez amasser des ressources le plus rapidement possible. 

Emma se mordit les lèvres. C’était la première fois que Bourg-Galyfrey subissait un assaut direct. Elle connaissait la théorie de la défense, mais jamais cela n’avait été appliqué en pratique. Elle ne laissa pas paraître son trouble et hocha la tête.


Facile à prendre ? C’est ce qu’on va voir. Galahad, retourne aider les partisans extérieurs à se réfugier dans la ville, de même pour les prêtres des annexes. Je m’occupe de l’alarme et des préparatifs. Nous avons donc un accord, dame. 

La dirigeante des Galyfreya tendit la main vers l’elfe, son sang bouillant dans ses veines.

Je vous écoute... 

A suivre...

Réalié avec Galyfreya
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

Le siège

Messagepar Raevalia » Sam 1 Juin 2019 22:38

7 Kang’sil 1662


La journée allait toucher à son terme. Il s’agissait de la septième depuis le début de la marche forcée depuis Madragor. Une immense armée s’étendait sur la grande route vers le Bourg Galyfrey sur plus de trois lieues. Les soldats elfiques marchaient en formation serrée au début de la longue file, et cette formation s’élargissait au fur et à mesure que l’on remontait la colonne de soldats, de même que la tenue de ceux-ci, bien que plusieurs commandants s’assuraient que le voyage se passe sans imprévu. Tout au long de la file étaient disséminés des chariots par centaine. Ceux-ci comportaient des centaines de milliers de flèches et de carreaux d’arbalète, mais aussi de lourds projectiles, de l’huile, des matériaux de construction, des vivres, du matériel médical, des armes et armures de rechange ou encore des engins de siège tels que des béliers et des trébuchets démontés.
Isìl qui chevauchait un étalon semblable à celui de son frère arborait un petit sourire, fier d’enfin pouvoir débuter sa campagne. Voilà trente ans qu’il préparait scrupuleusement la destruction du culte de Thempkar, et Bourg Galyfrey sera comme une mise en bouche, pour tester ses engins de siège. Une pensée alla rapidement pour les nécromanciens qui avaient péri aujourd’hui, alors que leurs cadavres avaient été laissés dans les annexes sans doute toujours en proie aux flammes. L’armée elfique avait pris un malin plaisir à mettre à bas leurs bâtisses et à tout détruire.
Baelor qui chevauchait à ses côtés aperçut en premier les hautes tours de la forteresse, alors que le soleil descendait dans l’horizon. S’ils se hâtaient, ils pourraient commencer à monter le siège avant la tombée de la nuit. Le guerrier remarqua que les moulins et fermes situés ça et là semblaient déserts. Aucune fumée ne sortait des cheminées, aucune lumière n’émanait de l’intérieur, les bêtes semblaient laissées à elles-mêmes et le silence régnait dans les champs. Seul le bruit de pas et le cliquetis des armures résonnaient dans l’air tiède. Il est vrai que les jours de marche avaient été durs à cause de la chaleur, et Baelor avait conseillé à son frère de marcher de nuit et de se reposer de jour pour être plus efficace, mais ce dernier n’avait rien voulu entendre.
Un éclaireur revenait au galop de la forteresse, et fit une révérence depuis sa monture à Isìl.

Votre excellence, déclara-t-il, les paysans se réfugient dans la forteresse. Les remparts regorgent d’archers, mais aucune douve n’a été creusée, et aucune barricade n’a été construite.

Devons nous retenir les paysans restant en-dehors des remparts ? demanda Baelor à son frère.

Merci pour ce rapport, s’adressa Isìl à l’attention de l’éclaireur avant de se tourner vers son frère, un sourire aux lèvres. Ce n’est pas la peine. Plus ils auront de bouches à nourrir, plus vite le siège sera terminé.

Le général hocha la tête, d’accord avec son frère, bien que compatissant pour les pauvres paysans, alors que l’éclaireur tira les rênes de sa monture pour rejoindre la queue, non sans avoir salué son empereur.

*

Isìl dirigea sa monture vers les portes du Bourg Galyfrey, suivi par Baelor ainsi qu’un héraut. Un groupe de mage avait créé un écran protecteur au cas où les archers avaient décidé de tuer l’Empereur. Les trois cavaliers progressaient devant les archers qui avaient bandé leur arc, et les arbalètes dépassant des mâchicoulis ne les avaient pas échappé. Derrière eux, les Elfes avaient commencé à s’installer, et les premiers chariots étaient débarrassés. Déjà les premiers trébuchets étaient en cours d’installation, déjà les Elfes se mettaient à encercler le château, et des tentes apparaissaient un peu partout autours de la Forteresse, alors que les trois cavaliers avançaient toujours devant les assiégés menaçants. Derrière eux se tenaient néanmoins quelques milliers d’Elfes en formation serrée. Cette démonstration de force était impressionnante, et les chevaliers défendant le mur avaient une boule à la gorge.
Du haut des murailles de la ville, Emma Galyfreya et son fils, Galahad, observait le petit groupe se détacher des assaillants pour avancer lentement dans leur direction, le visage sombre et le regard animé de la même flamme furibonde. Apercevant les mages, Emma fit un signe à son général et les archers relâchèrent leurs arcs. Il fallait économiser le matériel et les hommes. Après l’offense que représentait la venue de leur armée sur leurs territoires et l’assassinat de leurs partisans ou protégés, qu’est-ce que voulait donc l’empereur elfique ? La dirigeante doutait qu’il s’agissait d’une dernière tentative pour trouver la paix et que ce mot existait même dans le vocabulaire de l’elfe aveuglé par ses visions qui lui faisait face.
L’Empereur fit arrêter sa monture à quelques pas des portes, aussitôt imité par son frère et le héraut. Seul le lointain bruit des Elfes s’installant brisait le silence. L’étalon de Baelor hennit, grattant la terre de son sabot.

Voici l’Empereur Isìl 1er du nom, Empereur des Elfes, protecteur des forêts, protecteur du peuple, protecteur du Sanctuaire, élu d’Adonysia, quarante-troisième dirigeant de la race Elfique, clama le héraut.

Mes frères, mes sœurs, s’exclama Isìl. Je ne vous veux aucun mal, je n’ai rien contre vous. Bien au contraire, chaque vie compte dans la guerre contre Thempkar. Déposez les armes, ouvrez les portes et je vous jure sur mon honneur qu’aucun mal ne vous sera fait, vous ne serez même pas traités comme des prisonniers, car ce sont vos dirigeants qui ont choisi votre sort. Mais vous avez encore le choix, vous avez votre mot à dire ! Mourrez vous pour purifier ce monde de la guerre, ou mourrez vous pour protéger des ignominies ténébreuses qui relèveront votre corps pour en faire ce que bon leur semble ?

Baelor pouvait percevoir les tremblements de la plupart des soldats. Certains hésitaient, c’était évident. Les discours d’Isìl n’avaient jamais laissé personne indifférent. Néanmoins, ils savaient tous deux qu’un soldat loyal était un soldat qui mourra pour protéger son suzerain. Emma n’en doutait pas non plus, mais ne laisserait pas un tel discours semer le doute dans l’esprit de ses hommes.

Je suis Emma Galyfreya, héritière de la lignée Galyfreya, huitième dirigeante du clan Galyfreya, petite fille de Lysabelle Galyfreya, descendante de Fleur et de Sinna Galyfreya, représentante choisie et reconnue par le clan, élue souveraine de la Rébellion et digne représentante de l’ordre des hauts-chevaliers d’Hédarion. Je ne vous crains pas. Si ce n’est pas pour proposer la paix que vous prétendez nous offrir, par la menace et la violence, passez votre chemin. Les hommes et les femmes qui vous font face aujourd’hui le font par choix, pour protéger de votre aveuglement leurs familles et leurs amis. Nous avons choisi leur sort : qu’ils combattent pour se défendre contre la bêtise de certains se croyant au-dessus des autres, ne tolérant pas les personnes différentes et réprimant les dissonances par le sang. Prétendez donc apporter la paix en massacrant des personnes vouées à la prière et sans armes, en faisant couler les premiers sangs ! Prétendez donc vous soucier de mon peuple après avoir pillé, détruit, ravagé et massacré les fermes avoisinantes, dans votre folie meurtrière ! Prétendez donc combattre contre l’engeance du mal, ceux qui relèvent les morts, alors que c’est vous qui vous efforcez de les semer sur votre passage ! Personne ici n’est dupe de votre santé mentale et de vos belles promesses. Et nous vous montrerons la véritable signification des mots courage et honneur ! Quant au respect qui vous fait également défaut, n’espérez pas un seul instant en trouver de notre part après vos exactions ! Pour la Rébellion, et pour le clan ! hurla-t-elle dans un cri final, auxquels ses soldats firent échos.

Les soldats, derrières les remparts, serrèrent davantage dans leurs mains leurs armes, satisfaits par la réponse de leur dirigeante, le regard décidé et ferme. L'empereur jaugea du regard la dirigeante de la forteresse sans la quitter pendant de longues minutes alors que le soleil disparaissait complètement derrière la forêt située à deux lieues de la citadelle. C’est lorsque l’obscurité fut totale qu’Isìl se résigna et fit tourner son étalon, suivi par les deux autres cavaliers. Les archers restaient hésitant, le visage perturbé à la lumière des torches agrémentant le rempart. Ils ne virent pas le bras levé de Baelor, et c’est que trop tard qu’ils perçurent les boulets fondant sur eux depuis le ciel…

Une vingtaine de trébuchets avait été montée, et tous tiraient à volonté sur la ville et les remparts. De toute part des voix s’élevaient.

Chargez le boulet ! L’huile ! Enflammez le boulet ! Allez, tirez !

Rapidement, les projectiles furent couverts d’huile et on y mis le feu avant de les envoyer dans les airs. Sur les remparts, les soldats couraient, cherchant à éviter les projectiles fondant sur eux, ou suivant les ordres. Un groupe d’archers ne put éviter le boulet enflammé et bientôt, on pouvait apercevoir leurs silhouettes en feu errer sur le mur, dans des cris d’agonie. Une grande partie des projectiles dépassait les remparts et détruisait les bâtiment les plus proches, déclarant des incendies, provoquant des effondrements. Les chevaliers stationnés derrière la porte durent se replier hors de la portée des trébuchets.
Des cris résonnaient en dehors des maisons de bois en feu. Emma se mordit les lèvres, impuissantes et furieuses. David Eniel s’approcha d’elle.

Dame, nous attendons vos ordres.

Les flammes montaient depuis les maisons enflammées, les premières lueurs de de violence, les premières fumées de la destruction s’envolaient vers le ciel depuis Bourg-Galyfreya. La cité que Sinna la Fondatrice avait créé pour accueillir ceux qui n’avait plus de toit, ceux qu’on exploitait et qu’on rejetait connaissait à présent sa première bataille et la fin du climat de paix qu’elle avait sû conservée depuis sa création. Et c’est alors qu’Emma était au pouvoir qu’une telle catastrophe avait eut lieu. Elle avait beau savoir que les alliances qu’avait créées ses ancêtres étaient dangereuses, elle pensait pouvoir faire comme eux, temporiser, éviter un carnage… Mais il n’en était rien. Alors que les premiers soldats du feu apparaissaient pour venir en aide aux blessées du premiers assaut et tenter d’empêcher le feu de se propager aux autres bâtisses, Emma comprenait tout l'étendu de son échec.

Emma ?

La huitième dirigeant des Galyfreya se força à reprendre ses esprits. Ce qui était fait, était fait, et il était trop tard pour regretter le passé, regretter des actes qui n’étaient pas à l’origine de cette guerre. C’était eux, c’était ces elfes, qui avaient entamé le combat, signer leur arrêt de mort et celui de tous ces soldats. Emma se redressa, chercha dans le regard du vieux conseiller son courage et sa sagesse, et répondit d’une voix forte, en se tournant vers chacune des personnes concernées.

Général, que tous les hauts-chevaliers et cinq divisions de gardes se répartissent les murailles de la ville. Faites feu sur l’ennemi dès qu’il est à portée. Et par feu, j’entends au sens propre ! Enflammer les flèches ! Lorsqu’ils seront à cinq pieds de la muraille, il essaieront d’attaquer la porte, préparer l’huile pour les accueillir ! Faites moi cramer ces bouffeurs de pâquerettes ! Troisièmement, ne perdez pas de temps à préparer les fourches et les lances pour les recevoir correctement dès qu’ils tenteront d’utiliser les échelles pour assaillir la muraille par le haut. Et pour finir, que les derniers gardes aident les habitants proches de la muraille à se réfugier dans l’enceinte du château. Qu’on prévienne le grand Chambellan que nous accueillons les villageois et qu’il se prépare à économiser les rations. Les enfants en priorité, les personnes âgées et les infirmes également. Que tous ceux se sentant prêt à défendre leurs vies et ceux de leurs familles s’arment et rallient la garde. Je veux un compte rendu détaillé de la situation sur les trois terrains tous les quart d’heures maximum. Exécution !

Le général des armées s’inclina et s’exécuta. Deux hommes faisaient à présent face à Emma, qui sentit son coeur se serrer.

Galahad…

Je vous écoute, Dame Galyfreya.

Le regard de son fils, le ton qu’il employait ne laissa pas de traces aux doutes et redoubla la douleur de la dirigeante. Mais elle devait le faire.

Capitaine de la garde et des annexes du sanctuaire, vous rejoindrez la division des gardes en charge de la défense de la porte principale. Défendez votre position, quoi qu’il vous en coûte. Exécution...

La voix de la dirigeante se brisa légèrement à cette dernière phrase. Galahad salua l’ordre en donnant un coup de poing sur son plastron et s’inclina, fier de sa mère, et bien conscient de la panique qui pouvait la saisir d’un moment à l’autre mais contre laquelle elle luttait. Lorsque Galahad s’éclipsa, David s’avança, attendant son affectation.

Sir Eniel. Vous seconderez les gardes dans leur mission de rapatrier les civils à l’interieur des remparts du château. Vous serez alors en charge de subvenir à leurs besoins, toute en rationnant les denrées. Nous nous préparons à une bataille de longue haleine. Vous vous chargerez de la logistique et de tout ce qui concerne le ravitaillement des troupes.

David fixa Emma, surpris, et l’air mécontent. Il regarda autours de lui, l’ennemi qui arrivait, les soldats qui s'afféraient, fronça les sourcils et protesta.

Dame, ne me sous-estimez pas ! J’ai été général, je peux être utile au front, bien plus qu’à l’arrière ! Je combattrais à vos côtés et auprès de nos soldats !

Emma s’avança d’une manière menaçante et sûre d’elle, jusqu’à avoir le visage de David à quelques centimètres du sien, la forçant à lever la tête pour élever son regard jusqu’au sien.

Si Eniel. Vous ETIEZ général, dans un temps à présent révolu. Vous êtes vieux, vous n’avez pas combattu depuis belle lurette. Et bien plus important : vous êtes actuellement le conseiller de la dirigeante du clan Galyfreya, après en avoir été le régent et le dirigeant. Vous êtes la seconde personne la plus importante de cette ville. Je vous interdis de menacer votre vie, et de mettre par la même occasion en danger l’avenir de nos sujets. Nous avons chacun nos devoirs. Le mien a été d’envoyer vers la mort mon fils ainé, et à présent le votre est d’obéir. Car ceci n’est pas une demande, mais un ordre. Exécution !

David resta un moment bouche-bée, puis referma la bouche et reprit à présent ses esprits. Elle avait raison. Et rien que le reconnaître représentait un effort sur-humain pour l’ancien guerrier dirigeant de soldats qu’il était et dont la fierté était intacte. Mais en même temps, il était fier de son élève. Emma avait bien grandi. Elle surmontera tous les obstacles… Tant qu’elle ne détruise pas son objectif par son impulsivité… Le conseiller s’inclina.

A vos ordres, seigneure Galyfreya.

*

Isìl descendit de son cheval, et entra dans une grande tente préparée pour son usage personnel. Dedans avait été monté un lit assez rustique, un siège et une table sur laquelle était étendue une carte de la région du Rokdor où se situait le Bourg Galyfrey. Des pions avaient été mis en place, représentant les force en présence et celles attendues. L’Empereur aperçut un général qui patientait devant sa tente et l’invita à entrer. Le soldat s’agenouilla devant Isìl qui lui demanda de se relever.

Les trébuchets ? s’enquit l’Empereur.

Tous en place, votre excellence, répondit le général. Six elfes par trébuchet se relaieront à chaque quart de nuit afin de pouvoir les bombarder en continu pendant deux jours. Après, nous réduiront la quantité de boulets tirés.

Et les Hauts Elfes de Lumière ? demanda Isìl.

Dame Illydia Altéria nous aura rejoint avant la moitié de la nuit, sire. »

Isìl hocha la tête, satisfait. L’arrivée de ces renforts n’aurait peut-être pas de grande utilité numérique, peut-être qu’elle fera plier plus rapidement les chevaliers, et permettra de diviser davantage les troupes afin d’avoir une plus grande marge de manœuvre contre les nécromanciens. Alors Que le général quittait la tente, Baelor rentra en même temps et salua son frère d’un signe de tête.

Bourg Galyfrey semble être alimenté en eau par la rivière que nous avons franchi en arrivant, l’informa-t-il. Si nous construisions un barrage, cela pourrait les forcer à sortir en trois jours, moins s’ils sont résignés. De même, nous avons intercepté un pigeon qui partait vers l’est. Il est adressé aux chevaliers teutoniques.

Fais, ordonna Isìl. Quant à ce pigeon, ceci est plus que préoccupant. Des messages similaires ont alors sans doute été adressés aux bannerets de la Rébellion. Renforcez l’arrière des camps. Creusez une tranchée et mettez en place une garnison toujours en place pour veiller à ce que personne n’arrive. De même, je veux cinquante éclaireurs sans cesse en relation avec le camp pour prévenir l’arrivée d’une armée au moins une demi-journée à l’avance. Je veux que l’on se tienne prêt à n’importe quel imprévu.

Bien sire , répondit Baelor, raide comme un piquet, avant de prendre congé de son empereur, le casque sous le coude.

Isìl regardait par le pan entrouvert de la tente et un léger sourire se forma sur son visage en apercevant de nombreux boulets enflammés percer le ciel noir pour s’écraser derrières les murailles, d’où crépitaient les flammes de multiples incendies. Des cendres tombaient sur la large armée d’Elfes, encerclant la forteresse, épaisse d’une demi-lieue.
Soudain, un cor au loin attira son attention. Le sourire dessiné sur le visage de l’Empereur s’élargit alors qu’il réalisait que les renforts étaient arrivés.

Montée sur un cheval noir, Illydia menait la troupe des Hauts Elfes de Lumière qui avançait en rangs serrés sur la route, leurs armures dorées brillant de mille feux sous le soleil couchant. Elle aperçut avec satisfaction la fumée qui s’échappait de Bourg Galyfrey, au loin. Ainsi, ils avaient décidé de combattre… bien, elle n’en attendait pas moins d’eux. C’était malheureux, mais s’il fallait purifier l’hérésie par les flammes…

La troupe s’enfonça à travers le camp des sylvains en marche ordonnée : Les contingents de la Garde de lumière ouvraient la marche, suivies de dizaines de milliers de troupes régulières elfiques de Lythélia. La troupe s’arrêta à quelques dizaines de pas de l’emplacement d’Isìl Raevalia, frappant leurs lances sur le sol dans un fracas uniforme.

Illydia et son second mirent pied à terre, se dirigeant vers Isil, puis la régente de Lythélia mit un genou à terre.

Mes hommages, empereur. Les troupes des Hauts Elfes de Lumière sont arrivées, et prêtes à combattre au nom d’Adonysia.

Dame Altéria, souria Isìl, je suis ravi de vous compter parmi mes alliés en ce jour de gloire. Quel dommage que votre oncle ai refusé de se joindre à nous. Je vois cependant que vous avez amené avec vous de nombreux Elfes. Vous pourrez les disposer à la lisière de la forêt, qui est la zone la moins sécurisée.

Je déplore moi aussi que l’Ordre de Lythélia ait refusé de venir combattre, leurs chevaliers auraient été bien utiles. Ils restent loyaux à mon grand oncle, malgré le fait qu’il soit atteint du même mal que nous tentons d’éradiquer aujourd’hui. Bien, mes troupes se posteront donc au sud, en attendant le jour de l’assaut.

Excellent, reprit l’Empereur en pointant du doigt les projectiles enflammés décrivant une courbe dans la nuit. Comme vous pouvez le voir, nos ennemis ont refusé toute reddition et se sont définitivement placés du côté des hérétiques.

On dit que le feu purifie même les âmes les plus corrompues... répondit-elle d’un air glacial. S’ils ne souhaitent pas se repentir, alors nous les guiderons nous même dans la mort, pour qu’ils se rachètent auprès de la déesse.

Illydia glissa quelques mots à son second, qui hocha la tête et donna les ordres. Les troupes se déplacèrent en direction de la forêt, où la majeure partie des soldats s’installèrent, commençant à s’activer pour monter les tentes avant la tombée de la nuit. Quelques contingents continuèrent leur route et s’enfoncèrent dans la forêt, où ils allaient installer leur campement. Ainsi, toutes les pièces de l’échiquier étaient en place, la forteresse était prête à tomber…


A suivre...
Réalisé avec Altéria et Galyfreya !
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

La bataille de Bourg-Galyfrey, partie 1/3

Messagepar Raevalia » Dim 2 Juin 2019 21:36

9 Kang’sil 1662


Une patrouille passa au pas de course devant la tente de l’Empereur des Elfes. Si la plupart de l’armée se reposait, une bonne partie était toujours en activité malgré l’heure tardive. Le soleil s’était couché depuis longtemps et la nuit touchait à sa fin. Le bruit était constant entre les pas pressés des patrouilles ou les elfes s'affairant à charger les trébuchets. En effet, la forteresse subissait toujours un tir nourri depuis déjà l’équivalent de plus d’une journée. Un peu éloigné du campement principal avait été mis en place quelques tentes longeant la rivière. Un barrage factice avait été mis en place la veille durant la journée avec des planches robustes et des pierres. De cette manière, l’eau était restreinte pour les habitants de la forteresse, bien qu’ils leur restait sûrement un moyen de s’approvisionner. Des gardes demeuraient debout, aux aguets. Partout derrière l’immense campement encerclant la forteresse avait été creusée une petite tranchée et avaient été posés des légères barricades servant à filtrer une potentielle armée venant en aide aux chevaliers assiégés. La seule faiblesse dans les défenses était la forêt, dans laquelle s’était étendu le camp des armées conduites par Illydia Altéria, mais aucune cavalerie ne pouvait progresser durant des lieues dans cette forêt.

*

Dans la forêt, à seulement deux lieues du campement d’Illydiase trouvait un campement nécromancien. Dans la tente principal du campement, il y avait à l’intérieur, Floki Wolfhart, l’Empereur des Morts, qui regardait la carte ainsi qu’Arès Wolfhart et d’autres nécromanciens, conseillers de l’empereur ou officiers.

-Pensez vous que c’est une bonne idée d’envoyer autant de Marches Morts dans cette forêt ? demanda un conseiller, qui n’avait pas la même avis que le vieil homme.

-Oui, c’est une très bonne idée. D’ailleurs, c’est mon fils Arès qui va diriger les marches morts avec deux autres Généraux.

Il y  eu soudainement beaucoup de murmures entre les conseillers, qui n’étaient pas très surs des mots de leur Empereur. Arès, qui restait silencieux pendant tout ce temps, savait que les conseillers de son père ne seraient pas d’accord avec son idée, alors il commença à parler:

-Si nous envoyons beaucoup de Marches Morts dans cette forêt et qu’on les dirige vers le campement ennemi, ce sera un massacre. Si nous réussissons, alors, nous aurons l’avantage. Ainsi, je voudrais que vous me fassiez tous confiance et je vous promets à tous :  nous allons gagner cette guerre pour le Gardien.

Un des conseillers, qui était un très vieux nécromancien, s’exclama:

-Et si ce plan ne fonctionne pas ? Qu’est ce qui va se passer ? Si nous perdons, nous allons perdre cette guerre !

Floki regardait et écoutait les conseillers et son fils. Il ne s’était pas penché sur cette question. Le vieux Empereur avait prit une très grande décision.

-Faites confiance à Arès, je pense que ce plan va fonctionner à merveille. Mais, si nous n’arrivons pas, alors, je vais sanctionner tous les généraux ainsi que mon propre fils, pour nous avoir fait perdre cette guerre, l’exil. Donc maintenant, allez vite préparer les Marches Morts avant que je change d’avis sur la sanction ! Comme par exemple, l’humiliation public et l’exécution.

Les conseillers et généraux sortaient directement de la tente de leur Empereur, pour aller préparer les Marches Morts ainsi que les personnes qui devront les diriger. Arès allait partir avant que le vieux Wolfhart ne dise :

-Arès.

Le nécromancien s’arrêta et se retourna pour faire face à son père. Le vieux Wolfhart regardait son fils, droit dans yeux:

-Je te fais confiance, mon fils. Que le Gardien soit avec toi !

Arès sourit et remercia son père avec respect. L’homme quitta la tente du vieux Wolfhart, et un nécromancien lui donna un cor de guerre. Il regarda le ciel étoilé, en pensant que tout allait bien se passer et qu’ils allaient gagner.
Après que tout soit prêt, Arès commença à souffler dans le cor, et les Marches Morts commencèrent à quitter le campement des nécromanciens pour aller vers le camp ennemi. Alors que tous les nécromanciens étaient occupés, la jeune Aphrodite Wolfhart décida de quitter discrètement sa tente et de partir du camp des nécromanciens.


L’ambiance dans la forêt était telle que l’on percevait des discussions et des rires, malgré les gardes qui patrouillaient, fourmillant dans le camp. Un peu partout se détendaient des soldats qui, comme tous les assaillants, attendaient la fin du siège pour se lever. Voilà de longues heures qu’un groupe, posté à l’extrémité du camp dans la forêt, se disputaient dans une partie de cartes poignante.

Trois dragons et un troll, j’ai gagné ! s’exclama l’un d’eux avec un grand sourire en jetant ses cartes au milieu.

Aussitôt à ses trois compagnons de se plaindre, dévoilant leur pauvre jeu, composé uniquement de squelettes, de goules et d’élémentaires.

C’est de la triche ! se plaint le premier.

T’as regardé nos jeux ! geint le deuxième.

Le troisième ne prononçait aucun son, les yeux rivés sur son jeu, éberlué par sa défaite. Mais loin des rires et des cris de protestations se glissaient de sombres formes entre les arbres. Les elfes de gardes, malgré leur faculté de vision accrue, ne percevaient que les troncs sombres plongés dans le noir. La masse noire était silencieuse comme la mort, ou plutôt c’était la mort. Ce n’est qu’au dernier moment qu’un garde commença à percevoir une forme non végétale, mais il était déjà trop tard.
La horde de Marche Mort fondit sur le camp elfique en silence, happant les soldats sans un bruit. Cependant, des cris de peur et de souffrance commencèrent à retentir, et bientôt l’alerte fut donnée, mais trop tard.

*

Illydia repoussa avec violence les pans de sa tente, regardant en direction de la forêt, d’où provenait le son du cor de guerre. Ce son, elle l’avait entendu des années durant au sein de la Garde de Lumière, et il ne signifiait qu’une seule chose…

AUX ARMES ! TOUTES LES TROUPES SUR LE PAS DE GUERRE ! Toi ! Va alerter l’empereur, l’ennemi attaque par la forêt !

Les elfes ne se firent pas prier, enfilant leurs armures et ramassant leurs armes à la hâte. Illydia prit son casque et dégaina son épée, se dirigeant vers l’orée de la forêt. En un seul instant, le camp était entré en effervescence.

Second : – Vos ordres, dame Altéria.

Nous tenons la forêt ! Si nous sommes débordés ici, l’armée principale sera vulnérable ! Allons secourir les…

La régente des Hauts Elfes de Lumière stoppa net en levant un bras en signe d’arrêt. Les elfes qui la suivaient s’arrêtèrent, se demandant pourquoi ils ne se précipitaient pas au secours de leurs frères, dans le campement de la forêt.

Commandante ? Ils ont besoin de nous, il y a un régiment entier là-b…

Illydia hurla à l’intention de ses elfes.

LANCIERS EN FORMATION ! ARCHERS, EN POSITION !

Les lanciers se déployèrent sur plusieurs lignes, déployèrent un mur vivant de boucliers et abaissèrent leurs lances. Illydia resta un moment pensive, sentant l’adrénaline monter peu à peu en elle. Le silence de mort qui régnait sur la forêt était évocateur. Elle se demandait simplement comment deux mille cinq-cent de ses meilleurs éléments avaient pu succomber aussi rapidement…

Puis un bruit se rapprocha. Illydia ne put qu’écarquiller les yeux devant la masse de Marches Mort qui sortit en un instant de la forêt…

TIREZ !

Les premières flèches s’abattirent sur la masse grouillante, abattant des dizaines de Marches Morts sans pour autant ralentir leur flux. Puis ce fut le choc. Les premiers morts furent empalés, les elfes retiraient leurs lances pour les enfoncer à nouveau, mais plusieurs d’entre eux furent submergés, incapables de faire face à leur nombre.

Illydia essaya de les compter. Des centaines, des milliers… non, il devait y en avoir des dizaines de milliers. Illydia se retourna vers son second, et lui parla dans le tumulte de la bataille. Le second se mit à blêmir, puis il s’inclina en s’éclipsant. Illydia se dirigea vers l’arrière, il lui fallait gagner du temps…

Une brèche fut formée dans la première ligne de défense, qui céda en un instant, les soldats furent rapidement déchiquetés par la horde de non vie. Le cor de guerre sonna, et les survivants se replièrent en passant entre les rangs de la deuxième ligne de défense. Celle-ci resta ouverte encore quelques instants, puis les boucliers s’abaissèrent en formant un mur, condamnant ceux qui n’avaient pas été assez rapides pour s’enfuir…


A suivre...
Réalisé avec Wolfhart, Altéria et Galyfreya ! (oui ça fait du monde :D)
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

La bataille de Bourg-Galyfrey, partie 2/3

Messagepar Raevalia » Lun 3 Juin 2019 12:07

Isìl tourna brusquement la tête au son du cor. Un officier rentra dans sa tente précipitamment.

Votre excellence, une horde de Marche Morts vient de surgir de la forêt ! s’écria-t-il.

Isìl pesta et frappa la table du poing, faisant voler carte et pions.

Il est temps de déclencher l’assaut, murmura-t-il avant de relever la tête vers l’officier un peu gêné. Faites taire les trébuchets, envoyé toutes les légions vers ce rempart. Il doit tomber le plus vite possible !

Le soldat en face s’inclina légèrement et quitta la tente d’un pas précipité, laissant seul Isìl avec ses démons dans la tente.
Dehors, le feu des trébuchets venait de cesser, laissant la première partie de la forteresse en proie aux flammes, éclairant les remparts et les armées dans la nuit obscure. Baelor se présenta devant les dizaines de milliers de fantassins devant les portes, juché sur sa monture, Cereduil Noruì à la main. L’armée faisait face aux remparts qui s’étaient subitement peuplé de chevaliers, un arc à la main. Baelor était confiant quant à leurs chances de réussites, mais le temps jouait malgré tout contre eux, il devrait se surpasser. Le général leva alors son arme légendaire qui s’enflamma dans la pénombre, révélant son visage couvert d’un casque en acier elfique recouvrant ses chevaux, et laissant son visage à découvert.
A ce signal, les troupes elfiques poussèrent un cri de guerre et s’élancèrent à l’assaut des remparts. L’herbe écrasée sous les dizaines de milliers de paires de pas restait accrochée à leurs bottes, mettant à nue une terre humide qui grondait. Baelor menait la charge des fantassins, au trot sur son étalon. Un bélier avançait lentement, poussé par huit préposés à celui-ci. Il était recouvert d’un toit en bois recouvert de peaux de bêtes humidifiées afin de parer des flèches ou des boulets enflammés. Les elfes portaient une dizaine d’échelles afin de gravir les hautes murailles. Cela était plus facile à transporter et à déployer que des tours de siège.
Bientôt, les attaquants furent à portée, et des flèches dont la pointe était enflammée fusèrent vers les lignes elfiques. Des corps tombèrent, disséminés sur toute la plaine, mais cela ne freina pas l'avancée des soldats. Alors que les premiers elfes attendaient sous les parapets, les défenseurs commencèrent à lâcher de lourdes pierres depuis les mâchicoulis. Les assaillants se mirent à se protéger de leurs boucliers mais certains furent trop lent et leur tête s’enfonça dans leur tronc alors que les pierres dégringolaient.
Les échelles atteignirent rapidement les murailles et Baelor sauta de sa monture, esquivant en même temps une flèche qui se ficha dans le sol. Le général avisa le bout d’une échelle et s’agrippa, alors que les porteurs commencèrent à la faire pivoter en hauteur. L’Elfe sentit le sol s’éloigner et serra le barreau. De sa main valide, il empoigna son bouclier qui se montra bien utile, si l’on prend en compte le nombre de flèches qui se fichèrent dessus à ce moment là. Alors qu’il s’approchait des créneaux, Baelor lacha le barreau et empoigna Cereduil Noruì, en équilibre sur l’échelle qui frappa lourdement les pierres.
Aussitôt les défenseurs se précipitèrent dessus afin de la renverser, mais ils furent accueillis par un long jet de flammes. Baelor sauta sur le rempart, son arme crachant des flammes sur les pauvres soldats qui criaient en se tortillant sur les remparts. L’Elfe coupa court au flux et avisa les premiers gardes qui accouraient vers lui. C’est en jouant de son bouclier et de son épée qu’il débuta une danse de mort. Les soldats étaient bien entraînés, il ne pouvaient rien face à cet adversaire d’élite. Tantôt parant, tantôt attaquant, l’Elfe se servait de son bouclier dans bien des mesures, et poussa même un ennemi au-delà des remparts. Les archers postés non loin s’éloignèrent en courant, cherchant un emplacement moins exposé, surtout que rapidement, les échelles se multipliaient contre le mur. Baelor aperçut du coin de l’oeil un de ses elfes éjecté de l’échelle qu’il gravissait, un carreau d’arbalète dans le visage.
Les soldats du clan Galyfreya, s’ils n’avaient jamais eu l’occasion de défendre la citadelle, savaient comme réagir, et Euclyde Galyfreya avait épaulé sa mère dans la construction des défenses de la villes. Les gardes étaient positionnées à deux niveaux, et à partir du niveau inférieurs, des archers accueillaient les monteurs d’échelles par des flèches et des carreaux d’arbalètes, filtrant par les meurtrières, mais ne laissant aucune autres armes passer en retour.
Dans les remparts, des arbalétriers par groupe de deux s’affairaient à tirer sur les Elfes par les fentes de tirs verticales. Un des soldats tirait, et l’autre rechargeait pendant ce temps là.
Se reprenant, le regard de Baelor tomba sur quelques défenseurs qui semblèrent déverser une épaisse marmite de l’huile bouillante sur quelques attaquants gravissant une échelle. Ces derniers hurlèrent de douleurs, se débattant, mais le liquide brûlait déjà leurs armures et leurs peaux. Certains, surpris et en souffrance, lâchèrent les barreaux et tombèrent de toute la hauteur de la muraille, quand il ne tombait pas dans d’autres soldats, les emportant dans leurs chutes fatales. L’Elfe aperçut également trois soldats repoussant une échelle à coup de fourche et de lance. Celle-ci décrit une lente courbe dans les airs, avant de s’écraser brutalement sur les assaillants en contrebas. Cinq Hauts-Chevaliers accourant vers  lui le firent revenir à lui. Baelor fit un moulinet de Cereduil Noruì pour la débarrasser des plaques de chair s’étant enroulées autours et l’Elfe campa sur ses positions, attendant de pied ferme les chevaliers. Lorsque ces derniers arrivèrent à son niveau, Baelor sauta en arrière et para de son arme une lame, et une autre de son bouclier, avant de les repousser violemment et d’attaquer en retour. Cependant, ses adversaires le surpassaient en nombre et l’Elfe peinait à parer les multiples attaques. Il faut dire que les Hauts-Chevaliers se trouvaient être une des meilleures infanteries de tous les temps, et l’Elfe n’avait pas prévu que certains se trouvent sur le chemin de ronde.
Néanmoins, Baelor parvint à en désarmer un, puis feinta et profita de l’hésitation du deuxième pour lui donner un violent coup d’épaule l’envoyant sur l’armée de défenseurs stationnée derrière la porte. Le troisième vit ses mains tranchées, et sa tête ne tarda pas à les rejoindre, alors que le quatrième se fit transpercer de part en part. Baelor croisa le fer quelques secondes avec le cinquième chevalier dont le visage ruisselait de sueur. Cependant, l’Elfe, d’une fine botte, envoya son bras trop loin et abattit de toutes ses forces Cereduil Noruì sur le crâne de son adversaire. L’épée se figea dans le solide casque, sonnant son porteur. Baelor ne parvenait plus à retirer son épée, alors celle-ci s’enflamma. Les cris de douleur du pauvre chevalier retentirent dans les oreille de l’Elfe alors que l’épée s’enfonçait lentement dans le casque, puis dans le crâne du malheureux dont le visage commençait à fondre sous la chaleur, puis bientôt, aucune réaction ne sortit du visage du chevalier dont le cerveau était bien entamé, alors que ses yeux fondaient dans une odeur de chair grillée. Baelor esquissa une grimace et retira d’un coup sec son arme.
Partout les soldats en défense montaient sur les remparts par de minces escaliers, affrontant les Elfes qui luttaient sur les remparts. Baelor se précipita en haut d’un de ces escaliers et un long jet de flammes brûla tous les soldats qui gravissaient les marches de pierre. Une partie tomba sur les défenseurs  plus bas, mais la plupart s’écroula sur place, carbonisés et bouchant le passage.
Un bruit sourd tira un sourire du visage du général. Contre la porte, le bélier frappait lourdement la porte, alors que les Elfes protégeant l’engin de siège subissaient un tir nourri de défenseurs masqués par les fentes de tir. Des piles de cadavres s’entassaient tout autours de la porte, et les flèches enflammée ne parvenaient pas à esquisser de dégât au bélier.
Il fallut une dizaine de coups pour finalement enfoncer la lourde porte, et masqués par la poussière, les assaillants pénétrèrent dans la cour… Néanmoins, les Elfes furent accueillis par de multiples carreaux d’arbalète qui en mirent à bas plu d’une quinzaine, avant que les chevaliers et des gardes ne se précipitent en rugissant sur les assaillants au niveau de la porte. Le choc fut d’une violence sans égale. Certains elfes, plus légers, volèrent même par-dessus les chevaliers alors que ceux-ci infligeaient de terribles dégâts, gardant ainsi la porte.

*
La dernière ligne de défense était sur le point de céder. Sur le sol, des milliers d’elfes et de marches morts gisaient, piétinés par la horde, qui ne cessait d’affluer. Puis le cor sonna une nouvelle fois. Les soldats se regroupèrent en plusieurs carrés défensifs, et les Marches Morts s’engouffrèrent dans la brèche humaine, dans cette porte ouverte vers les lignes principales.

Illydia enfila son casque, et chevauchant son cheval noir, se mit à brandir son épée à la vue de tous.

Vivre pour la lumière !

MOURIR EN SON NOM !

D’une seule et même voix, tous les cavaliers de la Garde de Lumière avait répondu à l’appel. Les montures s’élancèrent au galop. Les montures avaient été entraînées toutes leurs vie au combat. Bien qu’effrayées, elles ne reculèrent pas au moment du choc… la cavalerie balaya la non vie jusqu’à l’orée de la forêt, tranchant, décapitant, et lacérant broyant les Marches morts qui se trouvaient sur leur passage. Profitant de son élan, elle s’enfonça dans la forêt, alors que les fantassins en profitaient pour refermer les rangs…

*

Baelor massacra les derniers résistants sur le chemin de ronde, alors qu’une centaine d’Elfes avaient déjà escaladé les remparts. Voyant que la porte était bouchée, l’Elfe enflamma Cereduil Noruì et un long jet de flammes commença à décimer les chevaliers stationnés près de la porte, en lignes bien rangée. Les malheureux ne pouvaient échapper aux flammes mortelles. C’est alors que Baelor perçut un épais nuage de flèches qui se dirigeaient vers le rempart, entre les mains des assaillants. L’ordre fut bref, rapide, mais les Elfes sur l’enceinte ne purent réagir à temps et furent presque entièrement massacrés, transpercés par la nuée de flèches provenant de la cour. Baelor était parvenu à parer les projectiles de son bouclier, et devait maintenant faire face aux soldats qui escaladaient à nouveau les marches, l’encerclant.

A un étage en dessous, mais sans que les deux hommes ne s’en rendent compte, Galahad était au milieu de la mêlée, frappant de sa hache toute personne passant à sa portée et ayant le malheur de ne pas porter le symbole de Bourg-Galyfrey. Face aux assauts furieux du guerrier et de sa lourde arme, les elfes et leurs faibles tuniques s’écroulaient, laissant leurs sang s’écouler dans les conduits des égouts, jusqu’à les boucher. Galahad hurlait des ordres, parait, mais avait de plus en plus de mal. La fatigue commençait déjà à se faire sentir, et certains de ses adversaires, apercevant son oeil borgne, cherchaient à exploiter son angle mort. Si Galahad leur avait rapidement fait comprendre que ce qu’ils prenaient pour une faiblesse ne l’était pas, il commençait à avoir du mal à suivre. Avec d’autres soldats, il essaya de reculer et de laisser la place à des guerriers plus frais, quand son regard fut attiré par un garde en position de faiblesse.
Aussi maigrichon qu’un gamin, le soldat avait été violemment mis au sol par un coup d’un elfe, qui s’apprêtait à de nouveau frapper, et cette fois-ci, pas avec le plat de son épée. Bien qu’il n’aurait pas dû s’en occuper, un de ses hommes en difficulté au milieu d’un massacre, Galahad pesta et se jeta à son secours. Il en avait le pouvoir, il l’aiderait, c’était aussi simple que cela. Alors qu’il parrait l’épée d’un sa hache, sentant le choc se répandre dans l’arme et une partie de son bras, il réunit ses forces et trancha la tête de l’elfe, surpris, qui valsa au loin. Un geyser sorti du tronc, éclaboussant d’une pluie sanguine les alentours. D’une main robuste, Galahad saisit le bras du garde qu’il venait de sauver, et qu’il trouvait étonnement léger.

C’est pas possible ! Je peux savoir ce que tu fabrique avec une épée à deux mains, maigrichon comme tu es ? Ton armure ne protège que dalle, ton fourreau est à l’envers, et n’est clairement pas à ta taille ! Qui m’a foutu une recrue pareil ? Décline ton matricul---...

Lorsque le capitaine de la garde croisa le regard émeraude du garde, et aperçut son teint pâle, son visage délicat, Galahad manqua de s’étouffer et ne para qu’à la dernière minute un coup qu’il allait recevoir sur le côté. Il élimina le soldat qui avait oser l’attaquer, attrapa violemment le bras du “garde” et le força à le suivre, dans une rue adjacente où les combats faisait moins rages. Contenant la colère de sa voix, il se tourna vers la nécromancienne.

Tu es malade, Aphrodite ? Je te croyais avec ton oncle, en sécurité ! Qu’est-ce qu’il t’a pris ? Qu’est-ce que tu fous là ?!

Je ne voulais pas rester assise à regarder ce massacre, Galahad. Je voulais aider et être utile !

– Utile ?

Galahad se mit à hurler, sans s’en rendre compte, furieux et mort d’inquiétude.

Et je peux savoir en quoi tu es utile ? As-tu déjà tenue une arme ? Sais-tu combattre des soldats armées et entraînées à tuer ? As-tu déjà pris la vie d’une personne par la force et la violence ? Tu n’es qu’un poid mort ici, tout à fait inutile, prête à se faire éventrer d’une seconde à l’autre !

J’ai un peu appris à utiliser la dague… Mais, non, je ne sais pas combattre des soldats armés et entraînés, non, je n’ai jamais tué une personne par la force et violence… Mais, j’étais inquiète pour toi..

Elle murmura la fin de sa phrase. Elle disait la vérité, elle était inquiète pour Galahad et elle aurait été malheureuse si il était arrivé malheur au jeune Galyfreya.

J’espère que tu plaisantes ! Inquiète pour moi ?! Alors que tu connais ma valeur et mon niveau en tant que soldat ? Et que moi, je sois mort d’inquiétude pour toi, tu en as quelques choses à carrer ?!

Galahad fixa le visage de la nécromancienne, réalisant que le coup de l’elfe avait laissé un énorme hématome qui lui barrait le visage et qui enflait, alors que des gouttes de sang scuintaient de la coupure causée par la violence du coup et le rebord de la lâme. Le garde arrêta de hurler, et posa doucement sa main gantelée sur la trace rougeoyante, traçant les rebords de ses doigts, avec délicatesse, et le regard triste et inquiet. La machoire de la nécromancienne se tendait à certains geste, ses yeux clignaient, mais elle se retenait de grimacer de douleur et essayait de contrôler l’humidité de ses yeux pour qu’aucune larme ne s’en écoule. Galahad soupira.

Tu ne survivras pas dans la mêlée avec une dague, Aphro, chuchota-t-il en baissant les yeux, d’une voix éteinte. Il faut te faire soigner. Tu penses pouvoir rejoindre ton oncle ? ou bien te réfugier au château ?

Je veux rester à tes côtés, Galahad… Si on me soigne, tu me laisses participer, mais, cette fois, j’utilise la magie noire. Et, je ne pense pas pouvoir rejoindre mon oncle, j’ai entendu dire qu’il y aurait un massacre dans la forêt et que ce n’est pas conseillé d’aller au campement en ce moment-même.

Aphrodite était têtue, elle voulait toujours être aux côtés de Galahad, pour l’aider. Elle mordit légèrement ses douces lèvres, elle savait que Galahad allait refuser qu’elle soit avec lui, à combattre l’ennemi. Et c’était bien ce que comptait lui répondre le garde, avant de se rattrapper et de réfléchir. La nécromancienne était fière et tétue, peut-être même autant que lui. Il ne pouvait pas lui demander de se réfugier au château, elle ne le ferait pas. Il ne pouvait pas l’emmener par la force à l’intérieur des barricades intérières, car elle profiterait qu’il est le dos tourné par le rejoindre. Au final, peut-être que l’avoir sous les yeux serait le meilleur des scénarios… Même si bien plus dangereux que les autres, et que la moindre erreur lui causera un remord éternel. Que lui restait-il sinon ? L’enfermer à double tour dans une cellule ? Galahad secoua la tête et leva les yeux au ciel, exaspéré, et incapable de se décider. Ils perdaient du temps, les gardes mourraient alors qu’il hésitait. Il plonge son regard dans les yeux de la nécromancienne.

Comment ta magie peut-elle être utile en combat ?

Avec ma magie, je peux faire en sorte que les morts deviennent des Marches Morts. Je pourrais l’utiliser sur les soldats qui sont morts pour qu’ils combattent contre les elfes…

Galahad grimaça. Charmant programme. De quoi se mettre à dos encore plus d'alliés… Les bruits des batailles et les cris de souffrances s’élevaient encore à quelques mètres d’eux. Tant pis, ce seront des alliés trahis, mais des alliés vivants. Le capitaine posa sa main sur l’épaule de la nécromancienne, sans détourner le regard.

Très bien. Si tu t’en sens prête… On va au palais pour s’assurer que ta plaie n’est que superficielle, et ensuite… On retourne au front. Mais je te préviens, à la moindre blessure, je t’expédie directement au château, et tu y resteras, que tu le veuilles ou non. Je veux que tu sois toujours dans mon champs de vision, et que tu m’appelles à la moindre menace. Sinon, je ne te le pardonnerais jamais, je suis assez clair ?

Je suis prête, et je te fais la promesse que je ne vais pas résister si je me blesse, que je te préviens s’il y a une menace et je te promets que je resterais dans ton champs de vision.

Galahad fait un petit rictus devant la reprise de ses paroles, mais le ton et le regard d’Aphrodite témoignait de la sincérité de sa promesse. Il s’approcha de la nécromancienne, et déposa un baiser maladroit sur son front.

Merci… Allons-y alors… Et… ne meurt pas.

Aphrodite fit un petit sourire quand Galahad avait fait un baiser sur son front.

De rien, et toi aussi, ne meurt pas.

Alors, Galahad et Aphrodite quittèrent la ruelle, tout en faisant attention à ne pas se faire blesser par les elfes. Ils se dirigent vers le château, afin qu’Aphrodite se fasse soigner sa blessure. Pendant la longue route, ils se disputèrent à cause du vol d’une arme et d’une armure. Mais, la nécromancienne avait tenu sa promesse et resta au côtés de Galahad pendant tout le combat.


A suivre...
réalisé avec Wolfhart, Galyfreya et Altéria
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11

La bataille de Bourg-Galyfrey, partie 3/3

Messagepar Raevalia » Mar 4 Juin 2019 20:54

La charge à la lisière de la forêt avait permis de repousser les Marches Morts, mais le répit fut de courte durée. les montures commencèrent à perdre leur élan, faiblir ou succomber. Bientôt, les chevaux s’arrêtèrent au milieu des Marches Morts. Là commençait le combat pour la survie… Illydia regardait les montures se faire dévorer vivantes, une par une, et les elfes que les chevauchaient subir le même sort. Mais avant d’être une régente, Illydia faisait avant tout partie de la Garde… elle n’avait pas peur.

Levant son épée, elle l’abattit sur le côté, faisant éclater le crâne d’un Marche Mort. Puis frappa encore et encore. Soudain, le cor retentit une nouvelle fois. Illydia hurla à ceux qui combattaient avec elle.

Retrai…

A ce moment là, un Marche Mort se jeta à la gorge de son cheval, qui s’écroula sur le sol. Illydia se réceptionna tant bien que mal, et eut du mal à se relever sous le poids de son armure. Autour d’elle, les soldats de la Garde avaient mis pied à terre pour protéger leur commandante.

Reprenez vos montures et fuyez !

Les gardes ne bronchèrent pas, tenant leurs positions sans bouger. Quelques hommes se regardèrent, et apportèrent le dernier cheval encore debout.

Vous devez vivre, ma dame.

Illydia resta un instant ahurie, puis serra les poings de rage en enfourchant la monture, qu’elle lança au galop vers l’orée de la forêt.

Vivre pour la lumière ! (garde)

Mourir en son nom ! (gardes)

Illydia chevaucha sans un regard en arrière, les yeux embués par des larmes de rage et de tristesse. Elle atteignit l’orée de la forêt, où son second l’attendait. Illydia arrêta sa monture et regarda en arrière. son second abaissa son bras, et des milliers de traits enflammés vinrent s’abattre sur la forêt et sur l'huile qui y avait été répandue. Illydia passa près de son second, regardant les quelques survivants de son unité encore debouts.

Sonnez la retraite, nous avons gagné assez de temps...

En se retournant, Illydia regarda avec tristesse le brasier qui s’étendait derrière elle…

*

Une silhouette encapuchonnée se frayait un chemin parmi les chevaliers stationnés derrière la porte. Sa veste de cuir et ses dagues pendant à sa ceinture trahissaient son identité. Elìs Raevalia avait juré de se battre au front, et elle était le genre de femme à tenir ses promesses coûte que coûte. L’odeur des combats se porta à son nez très rapidement. Elle était particulière car elle mélangeait l’odeur du sang, et celle beaucoup moins agréable des entrailles et des organes à l’air libre. C’était le premier champs de bataille de l’Elfe, et elle espérait que ses compétences d’assassin seraient utiles, et même suffisantes pour la laisser en vie.
Sur le chemin de ronde, Baelor avait repris sa danse mortelle face aux défenseurs qui remontaient un à un. Les guerriers elfiques peinaient à résister face à tant de chevaliers. Baelor sentait qu’ils allaient néanmoins reprendre le mur d’enceinte, et c’est dans cette pensée qu’il brûla tous les soldats lui faisant face, nettoyant ainsi toute une portion du rempart. Soudain, l’Elfe à ses côtés s’écroula, une sorte de carreau d’arbalète perçant sa gorge en deux. Puis un autre tomba, et encore un. Baelor leva son bouclier et un carreau passa à quelques pouces de son visage. Le général se tourna et fit face à Elìs, sa mère, qui braquait l’arbalète à une main de son ancêtre sur son visage. Baelor eut juste le temps de lever Cereduil Noruì en direction de sa mère.
Les deux elfes se firent face longuement, alors que partout autours d’eux les belligérants se menaient une lutte sans merci. L’aube avait commencé à pointer le bout de son nez, et les premières lueurs du soleil se reflétaient sur le visage de chacun des combattants qui restèrent dans cette position de longues secondes, chacun braquant l’autre de son arme, à une dizaine de pas d’écart, sans un mot.
Cereduil Noruì commença à prendre feu. Baelor savait pertinemment que sa mère ne le tuerait pas. Elle en était incapable. Il n’était que le général d’Isìl après tout. Lui en revanche, était prêt à l’effrayer pour qu’elle s’écarte de son chemin. La confrontation silencieuse fut interrompue par un soldat qui saisit son occasion pour devenir un héros. D’un geste souple, il trancha le bras du général elfique alors qu’il se tenait derrière son champs de vision.
Baelor poussa un cri de douleur en percevant son membre s’envoler par-delà le rempart, et eut cependant le réflexe d’esquiver le coup suivant du soldat visant sa gorge, devant la vue d’Elìs qui ne pouvait bouger. Baelor, de sa main gauche, assena un violent coup de bouclier à son adversaire pour le faire reculer. Le soldat, surpris, se prit le coup de plein fouet et chancela, cherchant à se raccrocher à un merlon. Le général manchot en profita pour frapper de toute ses forces avec le tranchant de son bouclier sur le poignet qui se brisa dans un craquement effrayant. Le soldat était maintenant hors d’état de nuire, mais Baelor le frappa à la tête, et encore, et encore, lui détruisant le visage à chaque coup, et conclu par un coup magistral qui fit basculer le malheureux sans vie par la muraille.
Le général souffrait affreusement, serrant son bras contre son torse le plus fort possible. Il se dirigeait vers l’échelle la plus forte pour se replier, et les elfes sur les remparts le couvraient. Elìs restait toujours immobile, mais l’arrivée d’un Elfe sur elle la fit réagir et elle lui planta son dernier carrea dans l’oeil avant de reprendre ses dagues et de finir de reconquérir les remparts.
Baelor parvenait tant bien que mal à descendre de l’échelle et cherchait désespérément du regard où Cereduil Noruì avait pu tomber. Son regard tomba sur la porte où se battaient toujours les Elfes, ne parvenant pas à entrer. Le général lâcha un juron et sursauta lorsqu’un corps ensanglanté fut propulsé contre la fente de tir se trouvant en face de lui alors qu’il descendait. A l’intérieur des remparts aussi la bataille faisait rage, mais plus pour longtemps. En effet, un souffle de feu réchauffa l’atmosphère durant une fraction de seconde et Baelor vit derrière lui la forêt qui prenait feu. Il parvint à atteindre le sol et commença à crier aux elfes alentours.

Retraite ! Retraite ! s’époumonait le général, conscient que les Marche Morts arrivaient.

*

Le signal de retraite du côté de la forêt suivi de l’embrasement de celle-ci prit isìl au dépourvu. Un de ses conseillers s’approcha.

La garde de Lumière et l’armée de dame Altéria ont sonné la retraite, votre excellence, nous devrions faire de même. suggéra l’Elfe à son empereur.

C’est hors de question, une fois que nous aurons investi la forteresse, nul Marche Mort pourra nous effrayer, répondit sèchement Isìl dont les cales de ses phalanges blanchissaient au fur et à mesure qu’il serrait les poings.

L’Elfe regardait son armée se battre, jurant silencieusement en espérant voir son drapeau flotter sur les remparts rapidement. Néanmoins, quelques soldats semblaient prendre la fuite, et cela mettait l’Empereur hors de lui. Une grimace de désespoir s’empara alors de lui alors que le cor de Madragor sonna, et que toute l’armée commença à se replier vers le Nord. L’Empereur sortit de sa tente, et un de ses généraux lui présenta une monture pour fuir. Isìl se hissa sur le destrier, et claqua des talons en fuyant. Les soldats étaient en déroute. Ceux qui avaient pu avaient monté leur monture, la plupart des chariots restaient sur place, avec les engins de siège. Seuls quelques chariots avaient été emportés par les premiers fuyards. L’Empereur apercevait également des Hauts Elfes de Lumière et des membres de la Garde de Lumière fuir, moins chanceux que son armée qui avait été très majoritairement épargnée.

Baelor avait prit la fuite à pieds avec une centaine d’hommes par le nord également, mais n’avait pas suivit l’armée principale. En effet, les premiers Marche Morts les talonnaient, et il s’était sacrifié pour sauver le reste des fuyards. Néanmoins, il sentait la fatigue se répandre dans son corps tel un sortilège noir au fur et à mesure que son bras perdait du sang. Il l’avait pourtant enveloppé avec un drapeau déchiré, mais cela ne suffisait pas, il fallait stopper l’hémorragie. Ses pas ne le portaient presque plus, mais l’Elfe sentait les Marche Morts s’éloigner. Le général doutait qu’ils soient plus rapides que cette horde assoiffée de sang et en conclut donc qu’ils avaient été rappelés par leurs maîtres.
Les fuyards finirent par s’arrêter dans une lisière après avoir parcouru plus d’une lieue. Le silence régnait. Il leur peinait de concevoir qu’ils se trouvaient au plein milieu de l’assaut d’une forteresse entre quatre armées quelques minutes plus tôt. Baelor s’assit en grimaçant, se demandant comment il pourrait stopper le flot de sang qui s’écoulait de son bras, déchirant même son bandage improvisé.
Le renaclement d’un cheval interpella les Elfes. Baelor poussa un soupir de soulagement. Les éclaireurs d’Isìl les avaient retrouvés, et ils pourraient rentrer au camp. Les bruits de cheval se rapprochèrent, mais se multiplièrent aussi, arrachant un rictus au général. L’armée entière les aurait-elle retrouvée ?
Les cavaliers surgirent des bois et des flèches atteignirent les Elfes. Baelor regarda, interloqué, l’étendard des cavaliers, et jura silencieusement en reconnaissant le blason des Colp. L’Elfe tomba à genoux, alors que les Elfes fuyaient les cavaliers les massacrant un par un…

Réalisé avec Wolfhart, Galyfreya et Altéria
Avatar de l’utilisateur
Raevalia
Haute-Noblesse
 
Messages: 164
Inscription: Mer 28 Fév 2018 01:11


Retourner vers La Bibliothèque

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron