Égaré dans la Forêt Maudite

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Mar 28 Mai 2019 22:04

Hector courait à perdre haleine, les ossements couvrants le sol craquant sous ses bottes. Derrière lui, il sentait que le Marche-Mort gagnait du terrain. Mais où était passée la sortie ? Il n'aurait jamais du s'engager dans cette putain de forêt. Et ce brouillard qui n'en finissait pas. Il avait l'impression de tourner en rond. Ses poumons était en feu, un point de côté le tiraillait et son épée lui frappait violemment le flanc au rythme de sa course. Depuis combien de temps courrait-il ? 10 minutes ? Une heure ? Comment savoir dans ce lieu que le soleil n'éclairait jamais ? Qu'il avait été stupide ! Le pillage des voyageurs étaient pourtant assez rentable. Pourquoi avait-il fallu qu'il veuille arrondir ses fins de mois en proposant des services d'espionnage. Évidemment que les personnes fréquentant Tridécagone s'intéressaient au Temple des Ombres et la Forêt Maudite. Il aurait du s'en douter. Se douter qu'impressionner des cadavres par la menace et l'éloquence n'était pas la même paire de manche qu'avec de simples voyageurs. Et surtout ne jamais entrer dans cette maudite forêt. Mais le client avait payé d'avance. Il ne pouvait pas eu le choix. Derrière le Marche-Mort se pressait plus. Comme si il voulait jouer avec sa proie avant de la tuer. Putain ! Il aurait du dépenser son or en alcool et en filles de joie avant de venir. Maintenant c'était trop tard, il n'en profiterait plus jamais !

Essoufflé, Hector s'arrêta à un embranchement, le chemin sinueux se séparait en deux pistes toutes aussi peu engageantes, boueuses couvertes d'ossements, d'orties, de ronces et de bois morts. Épuisé, il se plaqua derrière un arbre mort. Entendant le Marche-Mort approcher lentement, il sortit son épée. Il ne se rendrait pas sans combattre !

Un scintillement atteint son oeil. Intrigué, il observa le chemin qu'il avait emprunté. Rien de bien différant du reste de la forêt à part une étrange zone sans brouillard. Dans cette zone, l'air semblait plus chaud et miroitait comme les mirages du Désert. De l'autre côté, un homme semblait hésiter à s'y engager.

Hector s'approcha prudemment.
« Patron ? C'est vous ? »
L'homme de l'autre côté l'avait remarqué.
« Philibert ? C'est toi ?» 
Hector reprit espoir. Philibert était sensé l'attendre à l'orée de la Forêt. Finalement, il sortirait vivant de cette putain de forêt. Sans les informations demandées, certes. Mais tant pis, il avait toujours l'or après tout. Et il ne reverrait probablement jamais son client, n'ayant pas la moindre attention de retourner à Tridécagone de sa vie.
«Patron, je suis content de vous revoir. Vous avez besoin d'aide ? J'arrive ! »
Hector sentait le Marche-Mort se rapprocher.
«Non. Reste où tu es. Il y a un Marche-Mort qui arrive. D'autres ne vont pas tarder ! On se barre de cette putain de forêt ! En vitesse ! »

Hector se précipita dans la zone translucide. A peine avait-il fait quelques pas que tout devient totalement opaque. Ne voyait plus où il allait, Hector avançait en tâtonnant et espérant ne pas avoir fait demi-tour sans s'en rendre compte. Il entendait seulement le craquement du bois morts et des ossements sous ses pas. De temps ses mains se griffaient sur les ronces, se piquaient dans les orties, frôlaient le bois sec des arbres murs ou touchaient d'étranges champignons d'où suintaient une substance visqueuse et émanant une forte odeur de soufre. Enfin, après un long moment, il déboucha de l'autre côté.
« Vite, Philibert ! Barrons-nous ! »
Mais Philibert le regardais d'un air perplexe :
« Bonjour Madame ! Vous n'auriez pas croisé un homme dans ce...truc ? Grand, brun, mal rasé, ça vous dit quelque chose ? 
-Hein? »
Du Serpentaire,

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Re: Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Jeu 30 Mai 2019 19:06

«Madame ? Mais Philibert, c'est moi Hector. Barrons-nous avant que le...! »
Hector regarda derrière lui. L'air était redevenu translucide et le Marche-Mort avait disparu.
« Que...Où ?»
Hector se frotta les yeux et sentit ses cheveux lui tomber sur les mains. Faisant ce constat, il s'aperçut qu'ils lui chatouillaient les épaules alors qu'il les coupait toujours très court. Empoignant une pleine mèche il constata qu'il étaient devenus roux . Ses mains aussi étaient différentes, plus fine et ses cicatrices avaient disparues. De plus, ses vêtements lui semblaient plus amples et le sol plus proche de ses yeux qu'a l'accoutumé. Il épongea son front couvert de sueur et découvrit que son visage avait aussi subit des changements. Ses doigts palpant son visage ne reconnaissait rien. Ils ne trouvaient pas sa barbe, son nez semblait plus fin et sa bouche plus large.
« Que... ?
Sa voix aussi avait changé.
-Madame, vous allez bien ?
-Philibert ! C'est moi. Hector ! Le Patron ! Tu ne reconnais pas mes vêtements ?
-Patron ?
Les yeux de Philipert s'écarquillèrent.
-Impossible...ça ne se peut. Vous ne pouvez pas... continua t-il ? »
Hector réfléchissait :
«Cette forêt est une saloperie pleine de sortilège. C'était un autre piège de ce putain d'endroit. Allez barrons-nous !
-Patron, vous ne pouvez pas rester comme ça. On des brigands ! ça demande du sérieux. Une femme brigands, vous n'y pensez pas !
-Ta gueule, Philibert. On réglera ça plus tard ! L'important c'est de mettre les voiles. Par où tu es arrivé ?
-Bien Patron ! Par ici.»

Et Philibert s'engagea sur l'une des chemins. Mais il s'arrêta bien vite en s'apercevant que les arbres morts qui les entouraient étaient tellement entrelacés, qu'il formait un cul de sac infranchissable.
«Heu...Ce devait être un autre chemin»
Ils firent demi-tour, prirent un autre chemin mais rebelote, les arbres les empêchaient de passer. Certains étaient même couverts de ronces, de plantes grimpantes suintant un liquide violet et de champignons sentant le soufre. Ce qui n’engageait pas à essayer la traversée de la forêt hors-sentier. Le troisième chemin se releva tout aussi bouché. Au quatrième cul de sac, Philibert commença à perdre patiente. Énervé, il sortit son épée et frappa fortement une branche. La lame, rouillée et mal entretenue par son propriétaire, se brisa sous le choc mais les arbres restèrent inébranlables.

« Pas le choix, on retourne sur nos pas. Plus de Marche-Mort en vue, c'est notre chance.
Ils étaient de nouveau devant la zone translucide au milieu du brouillard.
«Mais Patron..Je ne veux pas...Enfin vous voyez ce qui vous arrivé. Je préfère pas... »
Hector soupira.
« Bon, j'y vais ! Peut-être que ça inverse le processus, après tout  »
Hector traversa de nouveau dans la zone translucide. Mais cette fois-ci rien ne se passa. Il appela Philibert.
« Alors ?
- Vous êtes toujours une femme, Patron !
-Putain ! Bon allez viens ! Il n'y a personne ! On va chercher la sortie de cette maudite forêt.
-Mais...Je...
-Il ne m'est rien arrivé. Qu'est ce que tu risques ?»
A contrecœur, Philibert s'engagea dans la zone , qui s’opacifia de nouveau. A la surprise d'Hector un chien empêtré dans les vêtements de Philibert en sortit.
Du Serpentaire,

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Re: Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Sam 1 Juin 2019 23:27

Hector regardait Philibert, perplexe. Ce chien lui disait quelque chose. Fouillant dans sa mémoire, il finit par le reconnaître. Philibert avait l'apparence du vieux chien boiteux qu'il avait caillassé, quelques jours plus tôt. Ils avaient retrouvés son cadavre au bord d'un chemin le lendemain matin. Philibert en avait été peiné. Il avait juste voulu l'empêcher de voler leurs provisions, pas le tuer.

« ça voudrait dire que..., murmura Hector, ! Non ! Non ! NON ! PAS CA ! PHILIBERT ! A QUOI JE RESSEMBLE ?
-Waf Waf, répondit faiblement Philibert ! 
-Oh non ! Putain ! Je suis rousse ! Ça veut dire...Non ! Il faut que je voie mon visage !»

Hector tournait en rond à la recherche d'un miroir ou d'une flaque d'eau. Mais il ne trouva rien que la brume et les arbres morts. Et bien que sous la couche d'ossements, ses bottes s'enfonçaient dans la boue, aucune flaque d'eau n'était visible. En désespoir de cause, secoua Philibert.
« A QUOI JE RESSEMBLE ? EST QUE JE LUI RESSEMBLE ?»
Puis se calmant légèrement, il se prit la tête dans les mains. Haletant, il réfléchissait à haute-voix.
 «Un signe distinctif, il faut que je sois certain ! Je ne peux pas être elle ! Ce n'est pas possible ! Je sais ! Une cicatrice. Si je ne trom...trompe pas, elle aura forcément gardé une trace de...de...ce...ce...j..jour. »

Hector enleva sa veste et sa chemise puis examina son ventre, gêné par sa poitrine plus opulente qu'à l'accoutumé. Il passa ses doigts sur une cicatrice. Découvrant cela il se mit à hurler s'adressant à un interlocuteur invisible, les bras levé vers le ciel:
« NOOOOON ! VOUS NE POUVEZ PAS ME FAIRE SUBIR CA ! CE N’ÉTAIT PAS MA FAUTE ! C’ÉTAIT UN ACCIDENT ! JE N'AI JAMAIS VOULU QUE CA ARRIVE ! QUE CELA SE PASSE AINSI ! NE FAITES PAS CA ! NE ME RENDEZ PAS RESPONSABLE ! JE L'AIMAIS ! VOUS M'ENTENDEZ ! JE L'AIMAIS ! JE NE LUI AURAIS JAMAIS FAIT DE MAL ! NE ME FAITES PAS CA ! CA RIEN A VOIR AVEC VOUS ET VOTRE SALOPERIE DE FORÊT ! C'ÉTAIT IL Y A 15 ANS ! A DES CENTAINES DE KILOMÈTRES ! JE NE PEUX PAS LE SUBIR MAINTENANT ! PAS ICI ! NE ME FAITE PAS CA ! »
Et il s'effondra en pleurs sur le sol boueux.

Attirés par les cris, des centaines de petits animaux, sortes de rats difformes, s'étaient massés sur le bord du chemin. Ils restaient à distance, sans chercher à approcher ou à attaquer. Ils semblaient juste curieux. Cependant, Philibert s'inquiétait si les cris de son patron attirait des animaux, ils attiraient immanquablement des Marche-Morts. Ils devient quitter les lieux rapidement. Il essaya de ressaisir son patron en aboyant tout en essayant de rester assez discret.

Hector finit par se calmer. Les rats étaient toujours là mais ne bougeaient toujours pas et aucun Marche-Mort n'avait pointé le bout de sa chair décomposée. Hector remit sa chemise, sans prendre d'essuyer la boue qui maculait son corps oubliant sa veste. Il pris une direction au hasard sans prononcer un mot, ni regarder Philibert. Résolu à se jeter dans les bras du premier Marche-Mort venu. Ne voulant pas rester seul, Philibert se dépêcha de le suivre maladroitement, peu habitué à marcher à quatre pattes et gêné par ses vêtements peu adapté au corps d'un chien. Derrière eux. la veste abandonnée subit un triste sort. Une plante grimpante sortit lentement de la brume et déchira la veste, récupérant la bourse d'Hector et avalant goulûment les pièces d'or perdues.

Avançant au hasard dans la brume, les deux compagnons ne remarquèrent pas que la centaine de rats les suivait. Des heures d'errances plus tard, ils arrivèrent face à un rocher. Trop grand pour être enjambé, trop lisse, humide et mousseux pour être escaladé. Autour eux, les enlacés empêchaient de le contourner. Derrière eux, les rats s'étaient arrêtés. Les deux compagnons voulurent faire demi-tour mais les rats se mirent à couiner. Philibert posa une patte au milieu de la masse grouillante et des centaines de morsure déchirèrent sa peau. Il enleva prestement sa patte et boita à reculons jusqu'à s'adosser au rocher. Étrangement, ils n'avaient pas mordus assez forts pour le blesser sérieusement ou le tuer, comme si ils cherchaient juste à l'effrayer. Les rats qui avaient quitter la masse lors du mouvement de recul de Philibert s’empressèrent de rejoindre leurs camarades. Ils ne semblaient plus agressifs, semblant juste vouloir les retenir dans ce cul de sac.

« Putain ! Où sont les Marches-Morts ? Ils se fichent de nous ! On aurait du tomber entre leurs griffes depuis longtemps. Putain ! Avec tout les saloperies qui hantent cette maudite forêt, on va juste mourir de faim et d'épuisement. Même ces rats mutants ne semblent pas vouloir nous dévorer. Putain ! GROUILLE TOI LA MORT !  »
Pendant qu'Hector se lamentait, Philibert avait fouillé la mousse qui recouvrait la base du rocher. Il y avait découvert une cavité juste assez grande pour laisser passer un chien. N'ayant rien à perdre, il s'y engouffra.

Alors qu'il continuait à se plaindre et à invoquer le mort, Hector sentit la terre trembler. Il se retourna. Une ouverture se dévoilait en vrombissant dans le rocher. Intrigué, Hector se redressa. Quelle sorcellerie la forêt, leur réservait-elle, encore ? Les transformations, les rats, les chemins labyrinthiques n'étaient-ce pas suffisant ?

Aucune lumière, aucun son ne filtraient de l'ouverture. La grotte semblait plongée dans l'obscurité et le silence. Peu rassuré à l'idée de s'engager là dedans, Hector jeta un œil en arrière. Les arbres étaient de nouveau enlacés de manière à couper toute retraite mais les rats s'étaient volatilisés. Avaient-ils eu peur du bruit ? Avaient-ils accompli leur mission ? Ou avaient-ils jamais existé ?

« Philibert ,tu as vu ça ? Philibert ? »
Hector constata que Philibert avait lui aussi disparu. Il se pencha sur le sol, cherchant ses traces dans la boue. Il finit par découvrir la petit cavité dans la mousse. Il s'y pencha:
« Philibert? »
C'est avec horreur qu'il découvrit le corps du chien transpercé de lames ensanglantés.
« Phili...Philibert ? »
Un main se posa sur son épaule.
«Je crains qu'on ne puisse plus rien faire pour votre chien. J'en suis sincèrement navré, Damoiselle Alice. »
Du Serpentaire,

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Re: Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Jeu 6 Juin 2019 00:07

Hector se retourna. Un homme, vêtu de vêtement en lambeaux. aux cheveux et à la barbe grise lui faisait face. Déboussolé par la mort de Philibert et l'apparition soudaine du vieillard, il cracha :
« Comment connaissez vous ce nom ? »
Cela faisait 15 ans qu'il n'avait parlé d'Alice à personne. Même Philibert n'avait jamais rien su des raisons qui l'avait poussées à fuir Aiguenoire et à rejoindre le brigandage.
Le vieil homme recula surpris par agressivité de son interlocutrice mais se ressaisit rapidement:
« Oh ! Tout doux ! Mais ne restons pas là ! Entrez donc ! », dit-il en désignant l'ouverture dans la roche.

Perdu Hector s'avança dans l'ouverture. C'est avec surprise qu'il découvrit une pièce aménagée. Au centre trônait une large table entourée de chaise. Le long des murs plusieurs étagères, placards et bibliothèques étaient remplis de livres, d'objets exotiques et de bocaux contenant les étranges rats de la forêt et diverses plantes qu'Hector n'identifiait pas. il y avait également une pendule dont les aiguilles tournaient à l 'envers. Une cheminée étaient creusée dans le fond de la pièce et une marmite chauffait sur le feu.La pièce était éclairée de la lumière bleutée des lampes à pierres magiques. Hector nota aussi que le sol et les murs étaient couverts de poussière et de crasses.
« Bienvenue dans l'endroit le plus sûr de cette Forêt, jeune femme ! »

« Qui êtes vous ? Comment connaissez-vous A... ?» commença Hector mais sa phrase s'étrangla dans sa gorge.
« Ne soyez pas si impatiente. Détendez vous ! Vous êtes en sécurité ici. »
Comme Hector ne répondait pas, il poursuivi :
« Vous devriez vous nettoyez, vous êtes pleine de boue. Il y a une source d'eau chaude par là. Puis nous partagerons un repas en discutant. »

Ne sachant que faire Hector, s'avança dans la direction indiqué. Il y découvrit un bassin d'eau fumante, du savon et des serviettes. Il tira un rideau déchiré et poussiéreux , se déshabilla et s'immergea dans l'eau chaude. Il se leva lentement, essayant de pas regarder ce corps qui lui rappelait trop de souvenirs. Il ne remarqua pas le vieillard qui l'observait à travers les déchirures du rideau.

En se lavant, il ressassait ses pensés . Déjà Alice à Aiguenoire. Puis Philibert dans cette saloperie de forêt. Avait-il encore une raison de vivre ? Tout les liens qui le retenaient à la vie avaient désormais disparus. Avisant son épée, il la saisit et en approcha la pointe de son ventre. Un petit coup et se serait fini. Il n'aurait pas à vivre avec dans la culpabilité du souvenir d'Alice. Souvenir auquel, il ne pourrait plus échapper désormais dans cette situation. Ni dans la peine qu'il ressentait pour Philibert et le regret de n'avoir jamais remboursé sa dette. Pourtant, il hésitait et lame tremblait dans ses mains. Maintenant qu'il était sorti de la brume , il doutait. Les Marche-Morts semblaient avoir disparus, les rats ne les avaient pas dévorés, ils n'avaient croisés aucun Nécromancien du Sanctuaire, les arbres bougeaient et voilà qu'il avait rencontrer sur un ermite. Tout cela n'avait aucun sens. L'espoir que tout ne soit qu'une illusion commençait à germer au fond de son esprit. Il lui suffirait de quitter la forêt et tout rentrerait dans l'ordre. Il redeviendrait lui-même, il retrouverait Philibert et peut-être même Alice. Mais d'un autre côté, la mort le libérerait de tous ses soucis. Putain ! Il jeta son violemment son épée à travers la pièce. Il ne pouvait pas se suicider. Pas ici. Pas maintenant. Ce serait un manque de savoir-vivre envers son hôte.

En sortant de l'eau, son regard fut attiré par une robe accroché à un crochet. C'était une robe de bal bleue nuit. Identique à la robe préférée d'Alice. Celle qu'elle portait le jour où... Le sang d''Hector ne fit qu'un tour, il arracha la robe de son support, se précipita dans la pièce et l'agita sous le nez du vieillard.
« OU AVEZ VOUS EU CETTE ROBE ?  
-Calmez vous ! J'ai vu que c'était votre robe préférée. je pensais vous faire plaisir.
-Vu ?
-Dans votre esprit.
-Quoi ?
-Détendez vous ! Je pensais simplement vous faire plaisir. Je me suis trompé. Habillez-vous que nous mangeions dans des conditions décentes ! »
Hector jeta la robe rageusement dans la poussière, puis récupéra sa veste, son pantalon, ses bottes et son épée et se rhabilla.


Le vieil homme lui servit une soupe d'ortie. Hector en avala une cuillère. Un goût désagréable lui envahit la bouche. Cet homme cuisinait aussi mal que Philibert. Pensez à Philibert l'attrista, il essaya de se changer l'esprit en questionnant le vieillard :
« Qui êtes vous ?  Vous n'avez pas l'air d'un de ces fanatiques du Sanctuaire. »
-Oh, Par Nystra, non ! Heureusement !
-Que faites vous ici dans ce cas ?
-Je viens ici pour me ressourcer. C'est un coin tranquille, vous savez ! J'en profite pour étudier la Forêt Maudite. »
A ces mots, les yeux d'Hector s'illuminèrent, l'idée de pouvoir quitter la forêt un jour lui fit reprendre espoir. Tout rentrerait dans l'ordre et il pourrait reprendre une vie normale.
« Vous étudiez cette forêt ? Vous devez connaître un moyen d'en sortir? »
Le vieil homme sembla hésiter.
« Bien sûr ! 
-Montrez moi. Je peux vous payez, j'ai de l'... »
Hector s'interrompit en s'apercevant qu'il avait perdu sa veste, et donc sa bourse. Le vieil homme lui tapota la main d'un geste compatissant.
«Ne tracassez pas.  L'or ne m'intéresse pas. Je vous guiderai si vous voulez ! Malheureusement la sortie n'est accessible que quelques jours par mois. Et ce n'est pas la bonne période. Soyez mon assistante quelques jours, ça compensera ! »
Hector n'avait pas le choix, c'était son seul moyen retrouver Hédarion un jour. Et après tout, assister le vieillard lui en apprendrait sûrement beaucoup sur la forêt.


Hector se réveilla en sursaut. Comme toutes les nuits depuis sa transformation, il avait rêvé d'Alice. Désorienté, il jeta un œil à la pièce qui l'entourait. C'était une pièce meublée d'un lit, d'une coiffeuse, d'un miroir en pied et d'une penderie. Au départ la pièce était quasiment vide mais, chaque jour, le vieillard lui offrait une robe, des chaussures, des bijoux ou du maquillage. Tout ce bric-à-brac s'étaient accumuler dans la pièce à la grande indifférence d'Hector. Son regard s'arrêta sur les dizaines de traits qui recouvraient le mur. Il se demanda depuis combien de temps, il était ici. Il avait beau avoir réparé l'horloge, ne pas sortir de la grotte, ne jamais voir la lumière du soleil et surtout la monotonie sa vie, déréglaient sa perception du temps. Dans tous les cas, son calendrier improvisé n'avait aucun sens. Ces traits, étant beaucoup plus nombreux que 24, représentaient sans doute plusieurs mois, voire plusieurs années. Or il était forcément là depuis moins d'un moins, puisqu'il était toujours là et que le vieillard lui avait affirmé que la sortie était accessible tous les mois.

Il se leva en soupirant. Être l’assistante du vieil homme était moins excitant que prévu. Tous les matins, le vieillard lui disait que ce n'était pas le bon jour pour quitter la forêt puis lui donnait une tâche à faire avant de quitter la grotte en prenant soin de la verrouiller.
« Vous comprenez, mademoiselle, tous ceux qui ont voulus quitter la forêt sans connaître ses secrets sont devenus soit fou, soit Marche-Mort. Quand ce n'est pas les deux. Ou pire, ils ont rejoint le Sanctuaire de l'Outre-Monde ! Je fais ça pour votre sécurité. »
Hector se résignait et se mettait au travail. Travail qui se limitait à faire le ménage, la lessive, repriser les vêtements du vieil homme, ranger la grotte et faire la cuisine. Au moins le lieu était propre et la cuisine comestible désormais. Il se demandait tout de même d'où venait la nourriture stockée dans le cellier. Surtout la viande, n'ayant rencontré aucun gibier comestible lors de son séjour dans la forêt . Ses tâches achevées, il trompait l'ennui en lisant les livres du vieil homme. Étrangement, aucun ne traitait de la Forêt Maudite et les seules traces des études du vieillard étaient les animaux et plantes dans les bocaux. Mais

Hector en avait marre. Il commençait à se demander si il n'était pas retenu prisonnier. Peut-être était-il vraiment dans cette grotte depuis des dizaines de jours. Le vieil homme lui aurait menti en disant connaître un chemin permettant de rentrer en Hédarion ?
Pourtant il revenait tous les soirs, c'était bien la preuve qu'il savait se repérer dans cette maudite forêt. Et ses cadeaux ne pouvaient sortir de nul part. Il n'y avait ni atelier de tisserand, ni orfèvrerie dans la grotte. Son regard s’arrêta sur les robes dans la penderie. Une idée folle lui traversa l'esprit. Peut-être que si il le séduisait, le vieil homme accepterait enfin de le guider vers Hédarion. Prenant une grande inspiration, Hector se planta devant le miroir et découvrit ce dont il se doutait depuis sa transformation. Il avait l'apparence d'Alice. Les mêmes cheveux roux qui lui avait désormais poussé jusqu'au milieu du dos. Les mêmes yeux verts émeraudes. La même bouche trop grande mais qui lui plaisait tant. La même poitrine. La seule différence était la cicatrice au niveau du ventre. Il choisit une longue robe violette décolletée, un collier, des boucles d'oreilles et des chaussures à talon assorties à la robe. Mais il renonça à se maquiller et à se coiffer ne sachant comment faire. Il se regarda de nouveau dans le miroir et dans une joie amère, revit Alice telle qu'il l'avait connue dans leurs moments les plus heureux. Puis il se rendit en chancelant, peu habitué aux chaussures, dans la pièce principale.

Le vieil homme l'attendait pour le repas. Il le regarda approcher en souriant:
« Ha ! Vous êtes ravissante, ce soir. Je suis content que vous appréciez cette robe. Mes petits cadeaux ne sont pas vains finalement. 
-Je...Heu..Merci. Cette robe est très jolie !»
Durant le repas, il essaya de mettre le vieillard en confiance, discutant avec lui, riant à ses blagues, acceptant ses compliments. Et surtout lui servant du vin. Beaucoup de vin. Mais quand le vieillard, se pencha sur lui et essaya de l'embrasser, il réagit par réflexe et le gifla.

« Putain ! Vous êtes malade ! »
Le vieillard lui tordit le bras.
« Petite salope ! », s'écria t-il expirant son haleine avinée au visage d'Hector.
Et il le plaqua au sol. Si Hector eu son corps, il n'aurait eu aucun mal à repousser le vieil homme, mais le corps d'Alice était beaucoup plus frêle.Hector regretta d'avoir laissé son épée dans sa chambre. Empêtré dans sa robe, il se débattait sans réussir à se relever. La robe, mal attachée, finit par glisser en dénudant la poitrine d'Hector. Le vieillard profita du trouble d'Hector pour lui saisir les bras et les attacher à une chaise avec des morceaux de sa chemise. Ce faisant le vieillard révéla un tatouage sur son bras. Un tatouage tout simple, juste des bâtons alignés comme un décompte de points ou de jours. Ce tatouage remuait quelque chose dans la mémoire d'Hector, il l'avait déjà vu. Mais il n'eu pas l'occasion d’approfondir ses réflexions, le vieil homme se penchait sur lui, en murmurant:
« Ha, petit peste ! Tu ne t'en sortira pas comme ça ! Je n'en peux plus. La Déesse m'a offert une femme ! Je veux en profiter ! Des semaines que j'attend cet instant ! Que je te fais des cadeaux ! Et toi, ingrate ! Rien ! Je n'en plus ! Il y a si longtemps que je n'ai pas vu de femme ! Des années ! Je n'en peux plus ! Je n'en peux plus !»
Le regard exacerbé, sa langue passant sur lèvres, il enleva son pantalon, dévoilant un pénis en érection. Puis il commença à remonter la robe d'Hector. Horrifié, Hector profita que ses jambes fusent libérées de leur entrave, Hector envoya un coup de talon dans les testicules de son agresseur. Sous le choc, le vieillard recula en se tenant l'entrejambe, se prit les pieds dans le tapis et chuta. Son cou s'écrasa sur un bord de table dans un craquement sinistre.

La pièce commença à s'estomper. Les meubles tombèrent en poussière lentement. Les bocaux se volatilisèrent. Les lampes se dissipèrent. La lumière commença à décroître. Juste avant que que la grotte ne plonge totalement dans l'obscurité, Hector aperçu distinctement un cadavre vieux de plusieurs années à l'emplacement exact où le corps du vieillard s'était effondré.
Du Serpentaire,

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Re: Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Lun 10 Juin 2019 23:54

L'obscurité n'était pas tout à fait totale. Une faible lueur bleue émanait des éclats de pierres magiques du collier et des boucles d'oreilles. Cependant la lueur était trop faible pour éclairer la grotte et Hector ne distinguait que des nappes de brouillard. Il se redressa en tremblant, la disparition de la chaise lui ayant libéré les bras. Que c'était-il passé ? Où était la pièce ? Est-ce que tout cela n'avait été qu'une illusion ? Pourtant il sentait le tissu de la robe sur sa peau et ses cheveux sur ses épaules. Déboussolé, il se prit la tête dans les mains. Rien de tout cela n'avait de sens.

Ce faisant, la lueur bleutée éclaira le cadavre. Il s'en approcha prudemment. Ses genoux accrochèrent un sol devenu irrégulier et humide. L'odeur écœurante lui confirma que l'ancienneté du cadavre. Était-ce le vieil homme ? Hector se pencha se pencha avec dégoût sur le corps, cherchant le tatouage qui l'avait intrigué. Mais les lambeaux de peaux étaient trop décomposé pour affirmer que les traces d'encres qu'il parvenait à distinguer concordaient. Si c'était vraiment le vieil homme, était un cadavre depuis le début ? Ou pire un Marche-Mort ? Non, non. Ça n'avait pas de sens. Il se comportait pas comme un Marche-Mort. Était-il mort durant son séjour dans la grotte ? Et un sortilège avait trompé Hector tout ce temps. Non, non. C'était impossible. Ce cadavre était trop vieux. Ses cheveux n'avaient pas tant poussé. Il ne pouvait pas être dans la grotte depuis si longtemps. A moins que... qu'il soit mort lui aussi.

Paniqué, Hector se toucha le corps. Il sentit sa peau chaude couverte de sueur, la poitrine d'Alice sous ses doigts, ses longs cheveux lui chatouiller les épaules. Il était bien vivant. Cependant il ne le resterait probablement pas longtemps. Les réserves de nourriture et d'eau devaient avoir disparues avec le reste de la pièce. Il crèverait bientôt de faim ou soif. Il devait absolument quitter la grotte. Où était la sortie ? Tout autour de lui, il ne distinguait que du brouillard. Et Il ne pouvait pas partir sans arme. Il se redressa, réajusta sa robe et prit la direction qu'il imaginait être celle de sa chambre. Son pied droit, ne tarda pas à s'enfoncer profondément dans l'eau boueuse. Le talon de sa chaussure se coinça entre les rochers. Il galéra de longues minutes à dégager son pied. Puis abandonnant ces chaussures ,peu pratique dans cet environnement, il continua son chemin en tâtonnant.

La grotte était plus grande qu'il ne l'avait imaginé. Cela faisait des heures qu'Hector avançait à l'aveugle, ses jambes s'enfonçant dans des flaques humides, s’éraflant les pieds sur les roches, sa robe se déchirant dans les passages étroits dans lequel il rampait. Soudain le brouillard et 'obscurité disparurent. En face de lui apparut Alice. Elle était vêtue d'une robe violette déchirée, humide et boueuse. Son visage était couvert de crasses. Ses cheveux roux étaient crottés et décoiffés. Sa poitrine dépassait de son décolleté.  Ses pieds étaient nus et ensanglantés. Ses ongles étaient noirs de saleté et sa peau couvertes de sueur et d'éraflures. Elle le regardait abasourdie. En s'approchant, il constata qu'elle imitait ses mouvements et comprit qu'il voyait son propre reflet dans une sorte de cristal géant. Intrigué, il posa les mains sur le cristal. Elles s'y enfoncèrent comme dans du beurre. Attiré, le reste de son corps ne tarda pas à suivre et Hector disparu totalement à l'intérieur du cristal.

Hector eu l'impression de flotter une éternité dans le noir. Un paysage apparut petit à petit. Il reconnut les rues d'Aiguenoire. Une charrette lui arrivait dessus. Elle lui passa au travers comme si elle était immatérielle. Se retournant, il vit la charrette foncer sur une petite fille rousse tétanisée de peur. Il savait ce qui allait arriver. Il avait déjà vécu cet instant. Quelques secondes avant que la charrette ne percute la fille, il se vit lui-même enfant tirer Alice en arrière lui évitant ainsi d'être renversée.
Le décor se flouta un instant. Hector se retrouva dans les Marécages. Il se souvenait de ce jour. Il se voyait à moitié crevé tandis que Philibert le traînait hors de la vase. C'était le jour où il avait rencontré Philibert. Le jour où il lui avait sauvé la vie.
Mais le décor changeait déjà. Voilà qu'il se voyait gamin jouant avec Alice dans les rues d'Aiguenoire. Puis trinquant avec Philibert dans une Taverne de Bourg-Galyfrey.
Le décor et les personnages ne cessaient de changer, de se modeler selon les souvenirs d'Hector. Un instant, il se voyait adolescent en train de se baigner avec Alice dans le bras de mer proche d'Aiguenoire. L'instant d'après, lui et Philibert s'associaient dans le brigandage. Là, il embrassait Alice dans une grange. Ici, Philibert se perchait sur un arbre suite à la présence d'un rat dans le campement.
Hector sourit à ce souvenir. Il avait oublié que Philibert avait la phobie des rats. Pourtant Philibert avait essayé de traverser la nuée de rats mutants. Quelque chose clochait. Il n'eut pas le temps d'y réfléchir. Déjà le décor avait disparu.
Une vieille femme aux longs cheveux gris, à la peau fripée, pieds nus et vêtue d'une robe violette en lambeaux le secouait comme un prunier. « Hector ! Ecoute-moi ! La voie de gauche ! Prends la gauche ! Surtout pas la droite ! Souviens toi ! La gauche ! » lui cria t-elle, avant de se dissiper dans l'obscurité.
Les images changèrent de nouveau. Elles défilaient de plus plus rapidement. Le premier voyageur isolé qu'il avait piller en compagnie de Philibert. La première fois qu'Alice et lui avaient fait l'amour dans une grange d'Aiguenoire. Philibert , bourré, qui se faisait tatouer sur le bras un bâton par femme avec laquelle il avait eu des relations sexuelles. Alice dansant au clair de lune lors d'une des fête d'Aiguenoire. Philibert préparant un repas tandis qu'Hector cherchait un prétexte pour aller manger en ville. Alice et lui pique-niquant au bord de la mer. Le vieux chien. Lui-même se battant avec un homme blond dans une taverne lors d'un bal.

Les souvenirs arrêtèrent de défiler. La bataille se prolongea. Hector avait reconnu cette taverne d'Aiguenoire. Il regardait la scène impuissant. Craignant ce qui allait inéluctablement suivre. Il était terrifié mais n'arrivait pas à détacher son regard du souvenir. Le voir de l'extérieur lui fit remarquer que l'homme blond avait un tatouage sur le bras. Un tatouage composé de bâton, similaire à celui du vieil homme. Non c'était impossible. Cet homme n'aurait pas pu vieillir autant en seulement 15 ans. Lui-même était loin d'être un vieillard. C'était probablement une coïncidence. De plus La fatigue floutait son regard. Il y avait si longtemps qu'il n'avait pas dormi. Alors que le combat continuait et qu'Alice tentait de s'interposer entre les combattants, un vieil homme aux cheveux et à la barbe grise, pieds nus et vêtu d'une robe violette en lambeaux secoua Hector : « Alice ! La voie de droite ! Surtout pas la gauche ! Souviens toi ! La droite »
Le vieil homme disparu. Le souvenir ne s'était pas arrêté et Hector vit avec horreur Alice, se tenant le ventre au niveau d'une auréole rouge sur sa robe de bal bleue nuit, regarder l'Hector de l'époque d'un air désespéré et suppliant. Tandis que lui-même, un couteau ensanglanté à la main, la regardait tétanisé, les yeux remplis d'effroi. Derrière eux, l'homme blond s'enfuyait en courant. L'Hector du présent se prit la tête dans les mains. Il ne voulait pas revivre ça. Soudain tout explosa.

Hector fut projeter à travers le cristal et atterrit douloureusement sur le sol de pierre. Il se redressa en tremblant encore sous le choc de son voyage dans ses souvenirs. Devant lui le cristal avait disparu révélant deux chemins tortueux. Droite ou gauche ? Que faire ? Il se souvenait vaguement avoir entendu quelqu'un lui dire d'aller à gauche. Mais quelqu'un d'autre lui dit d'aller à droite. La présence encore chaude de souvenir douloureux dans son esprit, l'empêchait de réfléchir correctement. Déboussolé, il recula et sentit une marche sous ses pieds. Il se retourna. Cet escalier n'était pas là précédemment. Il se rappelait avoir ramper dans l'eau pour arriver ici. Sans s'en rendre compte, il emprunta l'escalier descendant dans les entrailles de la grotte. La descente fut longue mais son accroc. Soudain, le vent le frappa, faisant voleter ses cheveux roux et soulevant sa robe. L'air salé envahit ses narines. L'odeur de la mer. Là-bas ! Une ouverture ! Il courut glissant sur la roche humide et se retrouva au bord d'une falaise. Il s'y pencha. En contrebas, il aperçut des vagues s'écraser contre la roche. C'était bien la mer. Des dizaines de mètres au dessus de lui, il discerna la brume et les arbres morts. Il y était enfin ! Il était enfin sortit de cette saloperie de forêt. Il avait seulement à descendre la falaise, plonger dans la mer et nager jusqu'au petit sentit qu'il peinait à distinguer sur sa droite. Il serait bientôt tirer d'affaire. Sa vie pourrait reprendre normalement.
«HA ! HA ! DANS TA GUEULE SALOPERIE DE FORET ! DANS VOS GUEULES PUTAINS DE FANATIQUES ! JE NE REJOINDRAIS PAS L'ARMEE DE VOTRE SALOPERIE DE GARDIEN !», exulta t-il.
Cependant, il n'avait pas de matériel d'escalade sur lui.Et il ne pouvait pas prendre le risque de descendre la falaise sans assurance. Il ne pouvait pas se permettre de mourir maintenant ! Pas si près du but !

Résigné, Hector enleva sa robe et la déchira avec un caillou pour en faire une corde. Puis il l'accrocha sa corde de fortune à un anneau rouillé et la jeta dans le vide. Il la saisit à pleine main et commença sa désescalade. Il sentait la corde se tendre sous poids en lui chauffant les mains et la roche s'effriter sous ses pieds ensanglantés. Des cailloux se détachant de la paroi lui éraflèrent la peau. Plus d'une fois, il manqua de lâcher. Finalement, il atteint le bout de la corde. Trop court. Il restait une dizaine de mètres avant la mer. D'ici la mer lui semblait plus rocheuse que vu d'en haut. Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir, ses mains couvertes de sueurs glissèrent. Il essaya de se retenir mais ses bras fatigués ne répondirent pas et il lâcha la corde. Il chuta un court instant avant d'impacter l'eau dans un violent éclaboussement, s'évanouissant sous le choc.
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Re: Égaré dans la Forêt Maudite

Messagepar Vodianova » Jeu 13 Juin 2019 23:32

La morsure du vent sur sa peau humide réveilla Hector. Il sentait des gravillon sous sa peau nue. Le courant devait l'avoir ramener sur la grève. Des centaines d’égratignures, de bleus et de contusions tiraillaient son corps. Il le parcouru avec appréhension. Il sentit la courbe de ses seins et la chair de de sa vulve sous ses doigts. Putain ! Quitter la forêt n'avait eu aucun effet. Il ouvrit brusquement les yeux. Ce...C'était impossible. La brume et les arbres morts l'entouraient. Il se précipita au bord de la falaise, égratignant ce qu'il restait de la plante des pieds sur les ossements. Le vent ramenait ses longs cheveux roux dans ses yeux et sa bouche. Des centaines de mètres plus bas, il distingua sa corde de fortune flottant dans une mer agitée. Il tourna sur lui-même mais où que porte son regard il ne voyait que la brume, des arbres morts ou le précipice. C'était impossible. Aucune marée n'était aussi forte. Le courant ne pouvait l'avoir ramené ici. Non ! C'était impossible. Il tomba à genoux face à la brume et se prit la tête dans les mains en se balançant. On ne pouvait pas quitter cette saloperie de forêt ! On ne pouvait pas quitter cette saloperie de forêt ! Elle ne voulait pas ! Elle ne voulais pas nous laisser partir !

A travers le brouillard apparu peu à peu la silhouette floue d'Alice, la véritable Alice. Elle était vêtue de sa fameuse robe de bal bleue nuit. Cependant, elle était immaculée, ni tâche de sang, ni déchirure. Elle n'avait pas changé en quinze ans. Le même visage. Les mêmes cheveux. Les mêmes yeux. La même bouche. Les mêmes mains. Alice s'avança vers Hector. Il releva la tête.
« Qu'est ce qui t'as pris tant de temps, Hector ?
-A...Alice ?
- Oh Hector, tu as tellement changé. Ça fait si longtemps.
- Que...Je...Est-ce l'Outre-Monde ?
-Je t'en ai voulu, tu sais. Quand tu m'as abandonnée dans cette taverne. J'était perdue. Déboussolée. En colère. J'ai cru que je t'avais déçu. Que je ne te méritais plus. Et les semaines passant, j'ai même été jalouse. J'ai cru que avais rencontré une autre femme »
Tandis qu'elle parlait des visages de femmes apparurent autour d'elle, flottant de manière irréelle dans la brume. Hector se releva, les larmes aux yeux et s'approcha d'Alice.
« Ce...Ce n'était que des prostituées. Tu étais partie depuis tant de temps. Mais tu sais bien que tu es la seule femme ayant jamais comptée pour moi. La seule !
- Tu 'avais promis que nous resterions toujours ensemble. Et pourtant cela fait des années que je suis seule. Des années que je t'attends. Des années !
-Pardonne-moi, Alice. J'ai essayé. Vraiment. Je n'ai pas pu. J'avais peur. J'ai tellement honte de ce qui s'est passé. Je n'ai jamais voulu cela. Je suis désolé!
- Pourquoi, Hector ? Ce n'était qu'une petite danse.
- Je....ça a dérapé. Je ne voulais pas. Mais tu ne l'as pas entendu. Tu n'as pas entendu ce qu'il a dit sur toi...Après. J'ai...j'ai perdu la tête.
- Il était probablement ivre.
- Je...C'est...C'est trop tard. Pardonne-moi, Alice. S'il te plaît. Pardonne-moi ! »
Il lui caressa la joue doucement et elle l'imita, une lueur de tristesse dans son regard émeraude.
« Oh ! Alice. C'est vraiment toi ! Nous sommes de nouveau réunis. De nouveau ensemble ! Oublions tout ça ! Reprenons notre vie. Partons loin. Dans le Nord, par exemple. Loin de tout ! Recommençons à zéro ! 
- Je t'en veux pas. Je ne t'en veux plus. Mais je peux pas venir. Je ne peux plus t'accompagner. J'aimerais tellement que tout redevienne comme avant. Te retrouver, moi aussi. Mais c'est impossible !
-Alors, je resterais avec toi. Ici. Dans cette saloperie de forêt ! Nous construirons une grange. Je ne peux pas supporter de te perde à nouveau !
- Oh ! Hector ! Je t'aime ! »
Et Alice embrassa Hector. Tandis qu'il répondait à son baiser , elle lui planta un couteau dans le ventre. Alors qu'il s'effondrait dans les bras d'Alice et que la vie le quittait, Hector murmura : «Merci Alice ! je t'aime !»


Que faisait donc un Marche-Mort si loin du Temple des Ombres, seul sur cette plaine ?
Le soldat haussa les épaules. Les ordres étaient clairs après tout. Regrettant d'avoir cassé son arc, ce qui l’obligeait à s'approcher au plus près de la créature pour l'éliminer, il descendit de son point d'observation, l'épée à la main. Le soldat plissa des yeux afin de distinguer la créature qui s'approchait. Elle ne portait pas de vêtements et était trop décomposée pour pouvoir identifier son sexe ou son origine. Étrangement, elle n'était pas armée. Mais le soldat savait que ça ne la rendais pas moins dangereuse.
Soudain le Marche-Mort tomba à genoux et se mit à se balancer la tête dans les mains. Le soldat s'approcha prudemment. La créature leva la tête à son approche, il se tient prêt à frapper,. Cependant elle ne montrait aucun signe d'agressivité. Ce qu'il restait de sa mâchoire s'agitait comme si il parlait bien que l'absence de cordes vocales et de langue empêchait le moindre son de sortir de son gosier. Le Marche-Mort se releva s'approcha du soldat, des larmes semblant couler de ses orbites remplis de vers. Le soldat étant à la fois troublé et fasciné par le comportement inhabituelle de la créature en oublia son devoir et la laissa lui caresser la joue. Cependant quand le Marche-Mort l'embrassa, il réagit par instinct et lui enfonça son épée dans le ventre. Alors que la créatures s’effondrait dans ses bras, il cru l’entendre murmurer « Merci Alice ! Je t'aime !». Le soldat secoua la tête. Il devait avoir rêvé, ces journées de surveillance étant si éreintantes.



Fin.
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