Les Marionnettistes

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

Re: Les Marionnettistes

Messagepar Llerayn » Ven 9 Aoû 2019 23:20

5-Vision et sang
Le caillou s’éleva sur quelques centimètres avant de retomber et de rouler sur le chemin. Un nouveau coup de pied lui fit reprendre son envol. Le petit elfe, l’air boudeur, suivait la satyre en martyrisant ce pauvre caillou, l’envoyant valser encore et encore.
“Allez, fais pas cette tête. Tu vas voir, c’est un super endroit là-bas
-Pourquoi elle veut rien me dire? Je suis sensé être votre dieu non? Alors pourquoi me tenir à l’écart? Un dieu c’est omniscient d’abord!
La fillette se mordit la lèvre, avant de répondre, un air taquin sur le visage.
-Et un dieu ça boude pas pour si peu d’abord! Allez viens, c’est plus très loin!”
Faerin laissa échapper un long soupire, et suivit sa guide en continuant de donner des coups de pieds dans la caillou qui n’avait rien demandé à personne.
“Tu verras quand j’aurais retrouvé ma mémoire…”

D’un pas sûr, Yeuse avançait entre les arbres. Elle s’arrêta enfin, et écarta les dernières branches qui lui bloquaient la route. De l’autre côté se tenait une petite clairière ensoleillée. Des troncs et des rochers étaient disposés en rond, de sorte à ce que si d’aventure un groupe de personnes venait s’y asseoir, tous se voient en toute circonstance. Au centre du cercle, un petit point d’eau s’était formé -ou avait été formé au vu de sa rondeur parfaite- et brillait sous les rayons du soleil. Le sol était couvert d’herbe et de fleurs sur lesquelles des papillons venaient se poser avant de voleter ailleurs.
“Qu’est-ce que c’est cet endroit?
Yeuse sourit, ravie de son effet.
-C’était là que se réunissaient les chefs de clans autrefois. Maintenant on le fait plus, mais on a gardé ce lieu lorsqu’on veut se retrouver pour discuter. Ça te plait?
-C’est magnifique…”

L’elfe s’avança, comme appelé par le point d’eau. Il s’accroupit à côté, et plongea sa main dedans. Il ferma les yeux, et l’entendit murmurer dans son esprit. Il était heureux d’avoir de la visite. Il se sentait seul depuis que les clans ne venaient plus.

Le murmure de l’eau changea, Faerin fut tout d’abord surpris, puis curieux. Le murmure se transforma en voix, puis en hurlement. Une vague de froid envahit l’elfe, qui lui donna un frisson de malaise. Le hurlement grandit et l’eau se troubla, Faerin se sentit soudainement mal. Puis le noir vint. La rage, la colère. Les sentiments négatif l’envahirent. Il sentit un poids sur son épaule et une force l'entraîner vers l’arrière.
Il se retourna, aperçut la satyre qui l’avait accompagné, qui lui parlait. Il ne l’entendait pas, il entendait que le hurlement de l’eau. Que la rage assourdissante dans son esprit. Il vit, le visage de la jeune fille devant lui, se décomposer, porter sa main à sa bouche dans un hoquet de surprise, lui prendre l’épaule en l’appelant, mais il ne l’entendait pas. Il la repoussa violemment, ce qui la fit tomber par terre.
Elle était choquée, il s’approcha lentement d’elle. Le hurlement de l’eau était devenu lui. Il fondit sur la satyre et lui assena des coups au visages, sans s’arrêter, emplit de violence, de haine, et de froid...

Puis ce fut le silence. Aussi soudainement que ça avait commencé, tout disparut. La haine. La colère. La violence. Le froid. Tout était noir autour de lui. Noir et silencieux.
Sa vision s’éclaircit peu à peu, alors que les sons parvenaient à nouveau à lui. Il était à genoux à côté de Yeuse. Cette dernière, le visage en sang, reposait inconsciente. Il se jeta en arrière, terrifié. Il se leva, incapable de réfléchir posément, et se précipita dans la forêt. Il devait trouver de l’aide. Ô dieux… C’était lui qui avait… Non! Impossible! Il n’avait pas… Pas Yeuse…

Il arriva enfin au village des satyres essoufflé, le visage griffé par les branches. Il chercha les adultes du regard, et trouva la mère de Yeuse qui parlait avec d’autres satyres visiblement assez vieux. Il s’approcha, mais s’arrêta lorsqu’il entendit le son de leurs voix. Il ne put s’empêcher d’écouter quand il comprit qu’ils parlaient du dessin dans la caverne, oubliant momentanément la jeune satyre inconsciente.
“Je pense que ce devait être un prêtre de Dihen. Il veut sûrement accomplir l’œuvre de son maître…
-Et si c’était un bon présage?
-Un bon présage? Depuis quand voir apparaître le dieu de la corruption peut être un bon présage?
-Il peut nous aider à retrouver notre terre!
-Mais à quel prix?
Le visage du vieux satyre se fit plus dur, plein de rancœur.
-La mort de ces hommes n’est qu’un faible prix à payer pour rentrer chez nous.
-Tu penses vraiment ce que tu dis Fàn?
-Combien des nôtres sont morts par leur faute? Ce ne serait qu’un juste retour des choses!
Certains des satyres approuvèrent, et la mère de Yeuse reprit la parole, l’air troublée.
-Quoi qu’il en soit, il ne faut pas que Faerin approche ce symbole. Il pourrait le corrompre… Et les dieux seuls savent ce qu’il arriverait si l’Eau était corrompue…
-Ça pousserait peut-être Aelrie à nous revenir au moins… Un de perdu dix de retrouvés comme disent les hommes.

Elle allait répliquer, quand Faerin s’avança.
“Il… il s’est passé quelque chose. Je ne voulais pas.. Je vous jure que c’était un accident…
-Doucement Faerin, qu’est-ce qu’il y a?
-C’est Yeuse, elle…
-Yeuse? Où est-elle?
-On était dans une clairière et… Je sais pas ce qu’ils s’est passé et… Elle est tombée…
-La clairière aux Clans?
Le dieu approuva, et la satyre partit en courant dans la forêt, suivie par plusieurs de ses compagnons. Encore sous le choc de ce que lui avait dit l’eau et de son geste envers Yeuse, Faerin se laissa guider par son instinct, qui le conduisit vers la grotte qu’ils avaient visité plus tôt dans la journée. Comme en transe, il avança vers le dernier dessin, celui qui avait apparu lorsqu’il était là. Il ne vit pas le vieux satyre le suivre, perdu dans ses sombres pensées.

Il s’arrêta face au dessin. Celui-ci s’était un peu précisé depuis la dernière fois. Il voyait désormais nettement l’homme qui tendait le bras. Il n’avait à priori pas de signe distinctif, mais c’était difficile à dire puisque ce n’était qu’une ombre peinte en noir. En face de lui, il commençait à distinguer un visage, féminin peut-être. Son regard finit par se poser sur le symbole. Dìhen. Il approcha sa main, comme le lui dictait la voix dans sa tête.

Alors qu’il allait le toucher, on le tira brutalement en arrière. Il allait se défendre comme il l’avait fait dans la clairière, mais le corps de Yeuse s’imposa dans son esprit, chassant la voix d’un coup. Il vit alors le satyre qui le fixait, terrorisé. Pris de panique et de honte, il partit en courant, quitta la grotte, puis le village, et s’enfonça dans les bois. Il devait trouver l’autre déesse, Aelrie. Elle pourrait sans doute lui dire qui il était, et lui apprendre à maîtriser ses dons. Et lui expliquer ce qui ne tournait pas rond chez lui.
Au moins il ne blesserait plus personne s’il était seul...

Quel est l’état de Yeuse? Comment réagissent sa mère et les autres satyres? Qu’arrive-t-il à Faerin une fois le village quitté?
A vos claviers.






******
5-Trouvaille et doute
L’Étranger hocha la tête en échangeant un regard avec la nomade. Ils décidèrent donc d'avancer prudemment dans les méandres de cette ville en ruine, et de contourner cette première apparition. Espérant n’en croiser aucune autre, et ne pas à avoir à les confronter. Ils se déplaceraient dans un silence des plus religieux, à l’image de toute leur traversée de la Banquise.

La nomade et lui n’était pas des grand bavards, et la tension de se faire repérer accentuait ce mutisme commun. Malgré cela, ils se comprenaient très vite. Il gardaient en tête leur objectif, le bâtiment central, imposant bloc de pierre d’un noir profond. On pouvait facilement deviner que le bâtiment était composé d’un seul étage, on pouvait apercevoir un balcon immense, trônant au au centre de la ville et la surplombant. Demeure du maire, ou d’un quelconque chef de ville, pensa l'Étranger, mais maintenant, on ne voyait plus d’âmes. Du moins, plus aucune en vie.

Sur leur chemin, plusieurs apparition de satyres les obligèrent à faire des détour, voire à s'aventurer dans les maisons en ruines pour tenter de les contourner dans la plus grande des discrétion. Ces créatures semblaient rôder sans but précis dans cette ville, et ils n’étaient pas certains qu’elles soient dangereuses, mais dans le doute, ils préféraient éviter tout contact qui pourrait entraîner des complications dans leur mission.

Arrivés près du bâtiment central, ils cherchèrent pendant quelques minutes un moyen d'accéder sans se faire voir par les spectres environnants, qui curieusement, était plus nombreux proche du bâtiment. Même si il continuaient à errer sans l’ombre d’un but, les yeux dans le vide.

Il se faufilèrent à l’intérieur et Ghamina se mit à trembler. Elle indiqua à l’Étranger qu’elle ressentait l’artefact, qu’il était belle et bien la. Elle précisa que la source semblait venir de l’étage, et que les mur de cette bâtisse devait bloqué ses sens avant.

Ils continuèrent à se déplacer discrètement, malgré le fait qu’ils ne ressentaient aucune présence dans les lieux, chaque pièce qu’ils passaient était remplie de poussière et avec des sols de pierre craquelés attestant de l’âge de ce bâtiment. Des toiles d’araignée immense s’était formé un peu partout dans le manoir.

Une fois arrivés à l'étage, la Nomade le guida vers une pièce au fond. Il passa devant elle, resserrant sa main sur son arc et encochant une flèche au cas où, avant de pousser doucement la porte de la pièce.

Il entra dans une imposante pièce poussiéreuse et grise, on pouvait apercevoir des fresques au mur, inégales, incomplètes et pour la plupart, délavés par le temps et l’eau qui suintait des murs. Il s’en approcha, et aperçut vaguement dessus des dessins de satyres, et d’un objet, qu’il ne reconnut pas. Il continua donc à explorer la pièce des yeux, voyant un piédestal avec un objet posé religieusement dessus. Un anneau d’un bleu océan, taillé dans un saphir pur imagina-t-il, avec des légères vagues sculptées. Il s’en approcha doucement, sûr que c’était l’objet qu’il était venu chercher

Sans crier gare, le spectre se jeta sur l’anneau, ne prêtant plus la moindre attention à l'Étranger, ni à ce qui les entourait. Elle se saisit de l’artefact avec l’énergie du désespoir. Alors elle sentit une onde la traverser, l’emplir peu à peu. Une énergie d’une force qu’elle n’avait jamais ressentie auparavant s’empara de tout son être. Savourant cette sensation de puissance, elle n’entendit pas le cri spectrale s’élever dans l’air. Elle ne vit pas son compagnon s’approcher. Elle ne vit pas les satyres traverser les murs et se précipiter sur les deux voyageurs, portés comme un seul être par un antique serment. Tout ce qui lui importait c’était le pouvoir qu’elle ressentait. La puissance tant recherchée était à portée de main… Non, au creux de sa main. Ce si petit anneau, source de tant de magie.

L'Étranger attrapa le bras de sa camarade et partit en courant de la pièce, poursuivie par les spectres des satyres. Il ne comprenais plus rien, il se demandait encore ce qu’il se passait. Il savait juste qu’il avait trouver ce qu’il cherchait, et que c'était le moment de décampé de cette ville maudite.

Ghamina était encore dans un état de transe, elle ne remarquait toujours pas son compagnon, ni les spectres, ni qu’elle courait. Elle se ressaisit au moment ou l'Étranger attrapa la bague de sa main, et lui cria d’arrêter de rêvasser pour courir.
Elle se ressaisit et remarqua enfin les spectres qui les poursuivait, un hurlement froid et spectral se dégageant. Ils sortirent en trombe du bâtiment, et s’enfoncèrent dans les ruines, tentant d’atteindre les portes. Difficilement, la rage des spectres était forte, l’endurance de l’Étranger moins, il haletait et sentait ses jambes de plus en plus lourdes. L’adrénaline de la situation lui donnait cependant la force de continuer un peu à courir.

Ghamina s’aperçut que le bruit se faisait de plus en plus disant à mesure qu'ils se rapprochaient de la porte, comme si les êtres les poursuivant perdaient en endurance à mesure qu’ils s’éloignaient du centre. Elle remarqua que l'Étranger peinait, et le soutenu pour le faire sortir. Une fois sortis de la ville, ils s'arrêtèrent un instant pour reprendre leur souffle. l'Étranger se retourna pour observer la ville, un frisson le parcourt. Il n’avait pas tout compris, mais il était en vie et l’anneau en sa possession. Il lui fallait juste le rendre maintenant.

Il fit un signe de tête à la nomade pour lui dire qu’ils repartaient tout de suite, préférant s’éloigner le plus possible de cette zone maudite. Il ne remarqua pas la lueur de désir dans le regard de Ghamina, lueur qui n'appartient pas à l’esclave...

Comment va se dérouler la suite de leur aventure? Les spectres des satyres vont-ils pouvoir les poursuivre à nouveau?
A vos claviers.
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Re: Les Marionnettistes

Messagepar Llerayn » Dim 11 Aoû 2019 00:00

Voici le lien du sondage. Vous avez jusque demain minuit pour voter pour vos propositions préférées.
https://fr.surveymonkey.com/r/N9QPZ6Q

Résultats:
Vendredi prochain
Lignée Llerayn,
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