Les récits d'Herendil : Gonjin le fondateur

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Les récits d'Herendil : Gonjin le fondateur

Messagepar Raevalia » Dim 29 Sep 2019 19:03

33 Borhôbre 1790

- Les enfants, je pense qu'il est temps de vous instruire de l'histoire de notre famille, annonça Herendil aux jeunes Raevalia.

L'Elfe dont les âges avaient conservé le visage s'assit sur un des fauteuils de la bibliothèque, devant les enfants qui s'assirent à l'annonce, et patientaient silencieusement.

- Ce soir, j'aimerais vous raconter ce qui est à la base de tout, c'est l'histoire d'un Elfe, comme vous et moi, qui est né il y a six cent ans. Il s'appelait Gonjin.



13 nystre 1187


Une journée ensoleillée se levait sur la forêt de Jade et sur la cité cachée de Madragor. Les Elfes, ces habitants aux oreilles pointues peuplant la forêt, vaquèrent à leurs activités quotidiennes. Il faut savoir qu’à cette époque, le monde n’était pas le même qu’aujourd’hui. Madragor exerçait une influence de taille sur les autres villages de la forêt, lesquels n’étaient pas de bien grande taille. Ainsi, on trouvait à Madragor de nombreuses professions, telles que des teinturiers, des forgerons, des herboristes, des tanneurs et un grand nombre de prêtresses d’Adonysia. Car Madragor comportait le grand temple de la déesse de la vie, et était le lieux de culte par excellence pour les fervents d’Adonysia. Mais que serait une cité sans défenses ? Madragor était non seulement cachée, mais aussi très bien défendue grâce au relief. Les hautes murailles de la ville, naturelles et construites, la cernait et rendait tout siège presque impossible. La densité de la forêt empêchait n’importe quel engin de siège de passer, et le secret de la défense de Madragor résidait dans sa garde d’élite. Les gardes de Madragor étaient réputés parmi les plus habiles au combat au monde. Qui n’a pas entendu des exploits de ces guerriers redoutables au combat !
En somme, cette citée était riche, protégée et développée. N’importe quel elfe, si vous lui posiez la question, vous répondrait que Madragor est la plus grandiose des citées d’Hédarion.
Le tintement du marteau frappant l’enclume résonnait aux abords de la grande place de Madragor. Non loin de là, dans un bâtiment de bois – comme la totalité des constructions de la ville – au toit pentu, se trouvait un groupe de prêtresses d’Adonysia. La journée avait débuté tôt pour les religieuses, avec une prière et une offrande à la Déesse. La mère supérieure s’agitait en tous sens, distribuant des indications aux prêtresses afin de préparer la cérémonie de la nouvelle année. En effet, tous les ans à cette même période, les prêtresses d’Adonysia organisaient des festivités afin de remercier la déesse de maintenir l’univers des elfes en prospérité, dans la fortune et la gloire. L’événement s’étalait sur trois jours complets et les elfes de la forêt tout entière venaient à Madragor pour le fêter.
Dans un dortoir adjacent au couloir où déambulaient les religieuses sommeillait un groupe d’adolescents ayant entre onze et quinze ans. Ils étaient une dizaine de jeunes elfes dans la salle. La porte s’ouvrit soudainement, laissant la mère supérieure entrer. Les jeunes elfes se réveillèrent en sursaut et saluèrent la religieuse en se redressant sur leur couchette.

– Bonjour dame Ophelia, s’exclamèrent tous de leurs voix aiguës.

Bonjour à tous, leur répondit la mère supérieure, les bras derrière le dos. Allez, levez vous, vous allez rater votre cours d’Histoire.

Les enfants commencèrent à descendre de leur lit, dont la moitié était superposée à l’autre. Vêtus de leurs vêtements de nuit, ils commencèrent à se changer sans pudeur pour les garçons. Les filles, elles, s’éclipsèrent dans un coin de la salle et s’habillèrent discrètement, guettant d’éventuels regards indiscrets de la part des garçons que la puberté avait pour la plupart transformé le physique.

Quelqu’un a-t-il vu ma chemise ? demanda un garçon aux bouclettes brunes.

Elle est là, répondit un autre, plus âgé, aux longs cheveux blonds en la lui lançant.

Merci Gonjin, répondit le premier enfant en enfilant son vêtement.

Gonjin avait quatorze ans révolus et s’apprêtait à fêter son quinzième anniversaire. Bien bâti, il avait connu les rudesses de la vie comme une partie des autres orphelins du centre. Sa corpulence et sa taille étaient plutôt moyennes, et on le distinguait facilement grâce à sa longue chevelure blonde.
Le groupe d’enfants quitta la chambre en bavardant et s’affairèrent à déjeuner. Rappelons nous que la nourriture à base de viande est prohibée chez les Elfes qui respectent tous le culte d’Adonysia, c’est ainsi que ce déjeuner est principalement constitué de fruits et de légumes. La mère supérieure profita de la fin du repas pour entrer dans le réfectoire et adressa la parole aux jeunes Elfes :

Après votre cours, vous irez aider les sœurs à préparer la célébration de la nouvelle année, déclara-t-elle. Allez on se presse.

Les adolescents se levèrent afin d’accéder à leur salle de classe. La mère supérieure arrêta Gonjin qui marchait vers l’arrière du groupe.

Je pense que tu peux te dispenser d’assister à ce cours. Ce n’est pas comme si tu le connaissais bien, je me trompe ? l’interrompit la femme dont le visage n’était pas marqué par l’âge.

Vous souhaitez me voir ma mère ? demanda le jeune Elfe.

Viens avec moi Gonjin, j’ai à te parler, l’exhorta la prêtresse.

Le jeune Elfe suivit la mère supérieure dans son bureau, se séparant du groupe. Une fois dans le bureau, la prêtresse invita Gonjin à s’asseoir devant son bureau, avant de se poser également en face.

Gonjin, commença Ophelia, tu vas atteindre ta majorité la semaine prochaine. Tu sais donc que tu ne pourras pas rester plus longtemps parmi nous. Quels sont tes plans ?

Je désire voyager, mère Ophelia. Je suis curieux de découvrir le monde et partir à la recherche de mes origines.

La mère supérieure arqua un sourcil, dubitative mais pourtant non-surprise de la réponse du jeune garçon. Il fallait reconnaître qu’il avait un caractère bien particulier, et qu’il semblait attiré par ce qu’il ne connaissais pas. Mais les orphelins étaient choyés dans cet établissement, et c’est tout juste si on leur avait appris à tenir un arc et une épée.

Tu désire arpenter la forêt ? demanda innocemment la prêtresse.

Non mère Ophelia, répondit avec fermeté le garçon. Je désire arpenter Hédarion. Je n’ai pas de doutes que le reste de la forêt de Jade et ses villages sont tous ressemblants. Je veux découvrir les forteresses des chevaliers, l’Académie, les villages glacés du septentrion, je veux découvrir Richepont et le Bourg du Cerf, je veux passer le Rempart d’Hédarion et passer dans des territoires hostiles, je veux découvrir Aiguenoire et Forgeloup, je veux arpenter les plaines et le désert, je veux apercevoir la Nécropole, je veux trouver la terre des dragons, je veux chercher le berceau des religions. Je veux accomplir mes rêves, énuméra le jeune Elfe dont les yeux pétillaient de plus en plus.

Gonjin, soupira la mère supérieure, tu sais que seuls les explorateurs de renommée et les guerriers les plus aguerris peuvent se permettre de faire tout ce dont tu rêve. Tu cherches l’impossible et tu oublies ta condition d’Elfe. Tu es élu par la Déesse qui t’as offert, comme à nous tous l’immortalité. Ne vas pas la gâcher en risquant ta vie bêtement. J’ai plus de quatre-cent ans, et j’ai connu maintes guerres. J’ai soigné les blessés sur les champs de bataille, j’ai eu un aperçu de ce dont étaient capables les autres peuples. Je sais ce qui t’attend si tu pars. Tu approches peut-être de ta majorité mais tu n’en demeure pas moins un enfant. Écoutes ce que te dis la Déesse, Gonjin.

Elle me dit de partir et de ne pas passer des siècles à attendre bien sagement que le monde tourne caché dans la forêt, répondit le garçon frustré avant de se lever et de partir.

Gonjin ! s’écria la mère supérieure en se levant de son siège.

L’Elfe quitta le bâtiment les poings serrés et franchit la grande porte de Madragor. Il marcha quelques heures dans la forêt sans parvenir à exulter sa colère.
Il parvint au bout de plusieurs heures au pied d’un grand arbre offrant de multiples prises pour l’escalader, et se mit en quête d’atteindre le sommet, comme il avait l’habitude.
Gonjin s’affaira à se hisser à la force de ses muscles. Des gouttes de sueur roulaient le long de sa peau rosée avant de tomber dans le vide. Son visage rougissait au fil des efforts mais ceux-ci payèrent, et quelques minutes après il atteint une large branche sur laquelle il put s’allonger. Le sol était presque invisible, masqué par les multiples branches de bois. Alors il put extérioriser sa rage, sa frustration, libéré de l’oppression dont il avait toujours été victime. Il savait que la fougue et l’excitation de l’inconnu étaient dans ses gênes, que ses parents étaient des guerriers et qu’il en deviendrait un. Mais qui étaient-ils… Cette question l’avait toujours hanté. Et si au fond ils n’étaient que des péons et qu’ils avaient simplement été emportés par une maladie comme de nombreux paysans ? Et si… Gonjin ferma ses yeux, transporté par des rêves de grandeur. Il souhaitait découvrir, se battre, diriger, bref, devenir quelqu’un. Jusqu’ici, son existence s’était résumée à apprendre ce que voulaient les sœurs afin de devenir un bon fervent et développer un esprit religieux exemplaire.
Voilà des heures qu’il avait quitté l’orphelinat. Bien qu’elles avaient l’habitude, les sœurs devaient être inquiètes et il fallait qu’il retourne à Madragor. L’Elfe entreprit alors de descendre, une tâche plus délicate que la montée et ses muscles furent encore une fois mis à rude épreuve. Mais il savait quelles branches pouvaient le supporter et lesquelles ne le pouvaient pas. C’est ainsi qu’il foula à nouveau le sol dur. Gonjin aperçut la cache dans l’arbre où étaient entreposées ses armes de bois. L’Elfe s’entraînait régulièrement contre des mannequins qu’il avait lui-même fabriqué, et bien qu’il ne savait pas se battre à proprement parler, il avait néanmoins appris à se défendre.
Gonjin rentra quelques heures plus tard, en plein milieu de l’après-midi, à Madragor. Le forgeron frappait toujours son enclume de son marteau dans même son répétitif, le teinturier exposait encore ses dernières productions au soleil avant que celui-ci ne disparaisse sous la cime des arbres. L’Elfe traînait des pieds en cherchant des pensées joyeuses, comme celle de sa majorité proche. Où irait-il en premier lieu ? Il marcherait vers le sud, c’était certain. Peut-être irait-il chez les Hauts Chevaliers, après tout, le risque devait croître au fur et à mesure que ses expériences s’enrichissaient. Une voix le sortit de sa réflexion alors qu’il s’approchait du porche de l’orphelinat.

Gonjin ! Où étais tu encore ?

Excusez moi sœur Aiela, j’avais besoin de me ressourcer.

La sœur le regarda sévèrement, puis son regard s’adoucit avant de passer un bras derrière son dos.

Allez, dans quelques jours tu pourras enfin prendre en main ton destin. L’orphelinat peut ne pas être fait pour tout le monde, je le sais bien, compatît la sœur. Tu me manqueras Gonjin.

Sur ces mots, ils entrèrent dans le bâtiment en bavardant alors que le soleil disparaissait derrière les arbres.
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Messagepar Raevalia » Mer 18 Mar 2020 19:51

1202

La nuit laissait doucement place à la lumière de l’aube en cette belle journée d’Apaï 1202 au sein de la forêt de Jade. Le son régulier des sabots d’un cheval frappant le sol vermeil se fondait dans la mélodie des oiseaux et du léger bruissement des feuilles. Sur la monture était juché Gonjin, à la fois apaisé et empli d’excitation. Malgré son éternelle jeunesse, ses traits s’étaient affinés durant ces quinze dernières années. Un diadème doré et incrusté d’émeraudes – cadeau des nains du Rokdor – ornait son front, couvert par la capuche de son manteau vert.

Jamais l’Elfe n’aurait pu imaginer le nombre considérable d’aventures auxquelles il avait pris part. Il était désormais loin de l’adolescent qui rêvait de voyager, insouciant, sûrement inconscient aussi.

En passant devant le Grand-Arbre-Noueux, Gonjin se remémora son dernier passage, dans le sens inverse. Il avait vécu tant de choses depuis, à commencer par la découverte du Rokdor et des forteresses chevaleresses. Il avait été invité à rejoindre un convoi en partance vers Château-Brave, ce qu’il ne refusa guère. C’est ainsi qu’il découvrit d’augustes personnes, comme le célèbre empereur Aldan Paladin, ou le chevalier de la Rébellion Atis Verzasca.

C’est au sein des régions chevaleresses qu’il apprit à manier l’épée. Puis bientôt, l’Elfe s’était senti prêt à traverser de nouvelles péripéties, et franchit le Rempart. Non pas que Richepont ne soit guère distrayante, très peu de choses y ont marqué Gonjin, si ce n’est les filles de joie qui lui ont permis d’achever son passage à l’âge adulte, et les tavernes aux tournois mouvementés.

La région de Forgeloup n’était pas des plus inhospitalières, cependant, la présence des Légions de Thempkar sur les passages stratégiques avait ennuyé l’Elfe à maintes reprises. Ce fut dans cette région qu’il combattit pour la première fois un groupe de Marche Morts. Le premier combat d’une longue série.

Gonjin voyagea jusqu’à la Nécropole interdite et put admirer son architecture, car à l’époque, la croûte l’enveloppant n’existait pas encore. A vrai dire, celle-ci est arrivée récemment dans notre Histoire. Il se retrouva au beau milieu d’un conflit nomade – toujours aussi fréquents – et appris à combattre de vraies personnes.

Mais ce fut ces dernières années qu’il pénétra, faisant fi de tous les conseils, dans la redoutable jungle. En affrontant les Gorzagh’s, Gonjin avait combattu toutes les espèces douées d’intelligence d’Hédarion, en exceptant les dragons bien sûr. Cependant, ce fut cette dernière rencontre qui le fit convaincre de rentrer. Les Gorzagh’s avaient fait prendre conscience à l’Elfe que sa vie était précieuse, et que l’enveloppe charnelle font nous sommes dotés est particulièrement fragile.

Alors le voici, avançant au pas sur son destrier dans la forêt de Jade, l’esprit ressassant ces souvenirs plus ou moins heureux qui avaient forgé sa propre vie. Mais une question le hantait depuis son passage sur le chemin du retour à la grande bibliothèque du Bourg du Cerf : qui était-il ? L’Elfe avait retrouvé une description de deux Elfes ayant perdu la vie aux alentours de sa naissance, laissant derrière eux un nourrisson, et ces deux Elfes se trouvaient être des servants directs de l’Empereur Hyarnarenquar Galmir.

C’est ainsi qu’après tout juste une quinzaine d’année hors de chez lui, Gonjin se retrouva nez à nez avec les grandes portes de Madragor. Rien ne semblait avoir changé. Les gardes effectuaient toujours leurs rondes rigoureuses sur les remparts, les portes étaient toujours ouvertes, accueillant quiconque désirait entrer. En les passant, Gonjin fut empli d’un sentiment de nostalgie. Madragor n’avait pas perdu de sa beauté, de sa gaieté, de son ambiance chaude et douce. Les marchands avaient déjà ouvert boutique à cette heure matinale, et déjà les premiers Elfes flânaient çà et là dans les rues. Gonjin mit pied à terre à proximité de l’écurie, et déposa quelques piécettes sur le comptoir, tendant la bride au palefrenier. Il se dirigea vers le cœur de la cité, d’un pas silencieux, son visage toujours masqué par sa capuche. Une voix mélodieuse semblait chanter en harmonie avec les oiseaux en direction de la Fontaine d’Émeraude.

En arrivant dans la grande place, Gonjin réprima une larme de bonheur. Si lui avait été bouleversé durant ces dernières années, tout était resté comme dans ses souvenirs. Devant lui faisait face le grand palais de Madragor, où réside l’Empereur et l’Alpha des Loups Elfiques. Une voix le tira de sa torpeur, lui faisant perdre contenance.

Gonjin ? demanda la voix aiguë.

L’Elfe fit volte face et se retrouva nez à nez avec sœur Aiela, qui n’avait pas changé d’un cil.

Hum B-bonjour sœur Aiela, balbutia Gonjin, surpris.

La sœur l’enlaça avec force, manifestement heureuse de l’avoir retrouvé en vie. Gonjin pensa qu’elle non plus n’avait pas changé, son visage était toujours aussi harmonieux. Quel dommage, pensa-t-il, qu’elle ai fait vœu de chasteté.

As tu réalisé ton rêve ? s’enquit l’Elfe. As tu rencontré les chevaliers ? Et les nordiques ? As tu dépassé le Rempart ?

Elle poursuivit à l’assaillir de questions durant quelques minutes, durant lesquelles Gonjin faisait tout son possible pour satisfaire sa curiosité, légèrement désemparé.

Ma sœur, parvint-il à dire durant que son interlocutrice reprenait son souffle, j’ai besoin d’accéder à la bibliothèque. Je veux savoir qui sont mes parents.

Aiela hocha lentement la tête.

Je comprends, Gonjin, murmura-t-elle. Peut-être voudrais tu que quelqu’un t’explique ce qui leur est arrivé.

Gonjin fixa la sœur dans les yeux, et la suivit alors qu’elle se dirigeait vers l’arrière du Temple d’Adonysia, là où résidait les servantes de la Déesse ainsi que les orphelins qu’elles élevaient.

Une fois entrés, elle le fit venir dans un bureau où elle s’assit derrière, provoquant un désarroi chez Gonjin

C’est le bureau de la mère supérieure, où est-elle ? s'enquitl’Elfe.

Mère Ophélia est malade, et se ressource à la statue de la Mère protectrice, indiqua Aiela en parlant de la grande statue d’Adonysia au nord-est de la forêt. J’ai dû prendre la charge de mère supérieure désormais, du moins temporairement.

Gonjin bredouilla quelques mots, attristé par la nouvelle. La mère supérieure avait beau avoir essayé de le guider vers la fonction religieuse, comme tous les orphelins, elle l’avait élevé et prodigué une éducation rigoureuse. Aiela reprit.

Mais tu veux savoir ce qui est arrivé à tes parents hein ? Bien. Il existe un ouvrage dans notre bibliothèque, retraçant leurs derniers instants, « La fin marque le début ». J’irai te le chercher tout à l’heure.

Gonjin restait muet, attendant patiemment.

Tes parents, Ilyon et Mélania Raevalia, étaient des gardes de Madragor de basse lignée. Néanmoins, bien que, tu le sais bien, la garde de Madragor représente notre élite, ils étaient parmi les meilleurs. Tes parents ont donc été assigné à la garde personnelle de l’Empereur Galmir, le prédécesseur de notre empereur Sinderion. Un jour, il les envoya, avec deux autres gardes, en mission de reconnaissance, car un signe dans le ciel avait été aperçut. Néanmoins, sur le chemin du retour… Un nécromancien et ses horribles Marche morts les attaqua, et de l’escouade ne survit que toi. Cette histoire est cependant très étrange, car ta mère n’avait pourtant pas accouché, et elle n’était enceinte que de quelques mois, ce sans quoi elle ne serai bien évidemment pas parti. Mais son corps fut retrouvé… Son abdomen était comme déchiré. Nul ne sait ce qui est arrivé. Certains prétendent qu’elle a fait appel aux dieux, et qu’ils t’ont donné la vie. Voici… sa broche.

Aiela fouilla dans un tiroir et en sortit une broche où étaient représentés ses parents, et avec écrit dessus le nom de sa mère, Mélania Raevalia. Elle la déposa dans les mains de Gonjin qui l’examina.

Je vous remercie, mère supérieure, dit-il simplement.
.
Ne m’appelle pas comme ça, Gonjin. Que comptes tu faire désormais ? Repartir ou t’établir à Madragor ?

Je veux faire honneur à mes parents, déclara l’Elfe. Faire honneur à l’éducation que j’ai reçu des sœurs et de mère Ophélia. Je veux faire honneur à ceux qui m’ont apporté durant mes péripéties. Je vais acheter un domaine. J’ai amassé assez d’argent pour le faire. Je monterai une armée. Je bâtirai une ville. Je créerai la maison Raevalia, en l’honneur à mes parents. Je serai un banneret de l’Alpha, un servant direct de l’Empereur.

Aiela plongea les yeux dans les siens durant quelques secondes.

Tu as ma bénédiction Gonjin. Puisse la Déesse veiller sur toi. Longue vie à la maison Raevalia.
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