La Créature

Les livres poussiéreux racontent beaucoup de choses.

La Créature

Messagepar Roi Nel » Lun 9 Déc 2019 23:39

Chapitre 1: La Rencontre


Cette histoire a eu lieu il y a bien longtemps. A cette époque, la forêt recouvrait l'ensemble d'Hédarion. Cette forêt était verdoyante et lumineuse au Nord tandis que le Sud se targuait d'une ambiance sombre et brumeuse. Les seules exception à cette immense forêt étaient le Rempart, dommage collatéral de guerres séculaires, traversant Hédarion d'Ouest en Est tout en marquant une rupture nette entre le Nord et le Sud et une zone désertique à l'Est, seul endroit où aucun arbre (Qu'il soit verdoyant et plein de vie ou desséché et mort) ne s'était risqué, découragé par l'immense étendue de sable et l'absence d'eau, si ce n'est en de rares oasis.

Mais trêve de bavardages, je vous sens impatient de vous engager dans l'histoire. Justement dirigeons nous vers ce qui deviendra la Forêt de Jade. Nous y retrouverons notre héroïne, une Elfe répondant au doux nom de Truie Affamée. Bien qu'à cette époque, du moins chez les Elfes, le concept de nom était très variable et était amené à changer de nombreuses fois au cours d'une vie. Quoi qu'ils en soit, notre Elfe en était à une période de sa vie où ses camarades Elfes l'appelaient Truie Affamée. Ce nom avait deux raisons principales. Premièrement, elle passait son temps à s’empiffrer et secondement, ce qui n'était certes probablement pas sans lien avec le premièrement, elle était franchement rondouillarde pour une Elfe. Mais justement, la voici qui arrive a détour du sentier.

En cette chaude matinée d'été, Truie Affamée profitait d'une balade digestive. Elle tenait à la main, un plein panier de framboises, dont les tâches violacées sur ses doigts et autour de ses lèvres trahissaient qu'il était largement entamé. Le lecteur constatera avec moi, que sa réputation que sa réputation de rondouillarde n'était pas usurpée, pour le dire franchement elle était carrément grasse et si ce n'est ses grandes oreilles pointues et ses longs cheveux dorées, nous aurions pu la prendre pour une bourgeoise Richepontaise moyenne comme il en existe tant de nos jours. Mais Richepont n'existera pas avant des centaines d'années et les pensés de Truie Affamée étaient beaucoup plus ancrées dans son propre présent (du moins dans un futur moins lointain) que les nôtres. En effet, elle songeait aux mâles Elfes de sa tribu et se demandait bien lequel lui ferait sa proposition. Elle espérait secrètement que le beau Faucon Agile jetterait son dévolue sur elle, mais honnêtement tant que ce n'était pas Limace Écumante, elle serait satisfaite. Et bien cela faisait six mois qu'elle était en âge de devenir épouse et que presque toutes ses copines avaient reçus leurs propositions, elle ne s'inquiétait guère. Il était notoire qu'il était difficile pour un jeune Elfe de s'engager auprès d'une femelle et que la réparation des épouses faisaient l'objet de longues réunions entre mâle. Mais n’assistant, évidemment, pas à ces réunions, elle ignorait qu'à ce jour aucun des jeunes mâle n'avait, ne serait-ce que songer, avancer son nom et était convaincue qu'elle avait tellement de prétendants qu'ils avaient du mal à trouver un accord. C'est donc toute prise à ses réflexions qu'elle se retrouva allongée dans la poussière.

Le choc la fit rapidement revenir à la réalité. Elle se redressa, cherchant des yeux la cause de chute. C'est là qu'elle la vit. La créature. Elle se tenait tremblante devant elle, la regardant d'un regard apeuré. Truie Affamée l'observa curieuse et écarquilla les yeux de surprise. La créature ressemblait à un Elfe mâle. Cependant des détails ne collaient pas. Déjà, ses oreilles était rondes et courtes. Ensuite ses cheveux étaient noirs et crépus, son nez et ses lèvres très épais et sa peau était d'un marron foncé, presque noir. Truie Affamée déglutit, tout ceci ne lui disait rien de bon. La créature était nue, le regard de la jeune Elfe parcourue ce corps à la couleur si étrange. La vision du plus grand pénis qu'elle n'eut jamais vu, la fit rougir. Il faut dire qu'elle n'avait plus vu depuis les baignades totalement nus entre enfants Elfes, les Elfes mâles devenant étrangement pudique lors de leur puberté. Toujours tremblante, la créature ouvrit la bouche:

" Pwitwié, Mwait'wesswe ! Pwas fwait wexp'wès ! Nwe mwe pwunnwisswez pwas ! J'wai wunwe mwisswion ! Wadwonwyswia mwe lwa cwonfwiée !"

A suivre
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Jeu 12 Déc 2019 18:00

Chapitre 2: La Créature


Le cerveau de Truie Affamée se mit à tourner à toute berzingue:
"Créature...Pas Elfe...Langage ?... Intelligente ?....Dangereuse ?...Mangeuse d'Elfes...Taupe Bourrée...Légende...Farfadet ? Loup Garou ? Nymphe ? Vampire ? Dahu ? Wendigo ?...Se défendre...Arme..Non Fuir...Courir...Arbre...A l'aide ! A l'aide ! Réfléchir...Décider...Réfléchir...Agir...!!!!"

Après un long moment à mouliner, il conclue qu'il ne pourrait que retarder l'inévitable. Ce à quoi, il faut le dire, nous ne pouvons donner tord. En effet en dépit des prédispositions génétiques dont disposent les Elfes pour la course d'endurance, Truie Affamée était la pire des coureuses. Même un Nécromancien du Temple des Ombres (qui pourtant, comme vous le savez, ne courent jamais, n'en ayant guère l'utilité, la Mort trouvant toujours son chemin) l'aurait battu à plate couture.
Se réfugier sur un arbre était tout aussi inenvisageable pour Truie Affamée, elle était incapable de les escalader sans échelle et tout un matériel complexe composé de cordes et de baudrier. Et encore, même assurée, elle n'y parvenait qu'en se forçant, les yeux fermés au vide et au prix de milles cris et tremblements.
De même, ne faisant pas partie des guerrières de la tribu ayant été la seule candidate a échoué les épreuves de sélection dès la visite médicale du pourtant très laxiste Bœuf Endormie (Par le passé, il s'appelait Taureau Vivace mais une malheureuse aventure, que nous éviterons de mentionner ici, avec une de ses jeunes patientes lui avait valu la perte de ses organes génitaux. Ils sont désormais exposés dans un flacon sur une étagère de son cabinet), elle n'était pas armée . Il faut dire que même le plus souple et fainéant des médicomages, peut sortir de ses gonds quand une Elfe trop grasse casse son pèse-personne préféré en ayant à peine posé le pied dessus. Les outils de travail étant sacrés chez les médicomages.
C'est donc pour toutes ces raisons, et certainement d'autres encore, que le cerveau de Truie Affamée avait décidé que se laisser dévorer était encore la plus sage des décision. Après tout, ce n'était qu'un mauvais moment à passer.

Truie Affamée ferma les yeux, attendant patiemment que la créature la dévore. Rien ne vint. La créature était-elle partie ?
"Pwitwié, Mwait'wesswe ! Pwas fwait wexp'wès ! S'wil vwous pwlait !"
Elle ouvrit les yeux. La créature était toujours là. Essayant de calmer sa peur, Truie Affamée examina de nouveau la créature. Ce qu'elle vit lui fit reprendre confiance en elle et l'envahit d'un sentiment de surpuissance. La surprise et la peur de l'inconnu l'avait tellement angoissée qu'elle n'avait pas remarqué que la créature était encore plus terrorisée qu'elle. Un sourire se dessina sur son visage, c'était la première fois qu'elle effrayait quelqu'un, elle se redressa de tout son long et s'approcha de l'étrange créature qui se ratatina sur elle- même.
"Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait !"
Truie Affamée attrapa la créature, la regarda dans les yeux, posa la main sur poitrine et lentement détachant nettement les syllabes s'exprima:
"Moi...Truie Affamée...Moi Elfe... Toi...Qui ? Quoi être ?
-Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !
- Toi...être...Pwitwié ?
-Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !"
Truie Affamée fronça les sourcils. Si cette créature avait un langage, il semblait limité à une dizaine de mots. Il serait difficile de communiquer. Dans les cas, tout ceci dépassait ses compétences d'épouse Elfe (Bien que sans époux à l'heure actuelle). Il n'était cependant pas sage de laisser traîner un animal inconnu à proximité du village. Le mieux était de le ramener au village. Les chefs prendraient une décision. Elle ramassa son panier de framboises et fit signe à la créature de la suivre.
"Toi...venir..avec...moi...village. Nous...aider...toi.
-Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !"
-Zoui...Vzenzir...Zlà Zbas...Plouc Zadinaza !", répondit l'Elfe dans une mauvaise imitation du langage de la créature.
La créature hocha la tête sans comprendre mais suivit docilement l'Elfe.

Quelques heures plus tard, Truie Affamée ayant fait une bonne douzaine de pause collation, ils arrivèrent au village. Ce village pourrait sembler familier au lecteur contemporain, puisque quelques années plus tard, il prendrait le nom de Madragor. Mais pour l'instant, c'était qu'un village de peu d'importante composés de huttes sommaires, tantôt au sol, tantôt perchée dans les arbres. Les Elfes vaquaient à leur occupations. Des occupations ordinaires. Se regarder dans le reflet de l'eau, cueillir des fleurs, préparer des soupes de pissenlits, jouer avec les écureuils, faire le ménage, s'occuper de son époux... Rien que de très banal dans l'oisive vie des Elfes d'alors. C'est pourquoi, le retour de Truie Affamée accompagné d'un étrange compagnon provoqua un attroupement majeur. Tout le les Elfes entourait Truie Affamée, lui posaient des questions, touchaient la créature. Truie Affamée était rouge de plaisir, fière d'être au centre de toutes les attentions. La créature, elle, jetait des regards apeuré autour elle et glapissait de terreur dès qu'une main la touchait trop longuement.

"C'est quoi ? On dirait un Elfe ? Mais je n'en ai jamais vu de comme ça. Pourquoi il est nu ?
-Je ne sais. Je l'ai juste trouvé dans la forêt. Pas loin d'ici.
-C'est dangereux ?
-J'ai pas l'impression. Il a surtout l'air apeuré.
- Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !
-Oh ! Il parle ! Il a dit quoi ? C'est quoi cette langue ?
-Comment veux-tu que je sache. Je ne suis pas certaine qu'il sache parle. Il ne dit que ça depuis que je l'ai trouvé. Je pense que c'est son cri. Comme le miaulement pour les chats.
-Ze peut l'avoir, demanda une fillette. Ze lui apprendrait des tours. Za deviendra mon meilleur z'ami !
-Hé, c'est moi qui l'ai trouvé. C'est mon animal.
-Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !
-Moi, j'ai l'impression qu'il essaye de dire Adonysia.
-Adonysia ? Mais alors c'est un Elfe.
-Et s'il venaît de l’île des Tarés. Qui sait quelles expériences de cinglées, il font là bas.
-Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !
-Hein quoi ! Alors ! Dehors le machin ! Il faut s'en débarrassé.", firent un groupe d'Elfes totalement terrorisés par cette idée.

Ha, l’Île des Tarés, un lieu chargé de crainte dans l'esprit des Elfe. Connu de nos jours sous le nom de Claireroche, c'était à l'époque un endroit de réclusion où les Elfes ayant commis les pires atrocités, allant de manger de la viande à des choses si horribles qu'elles impliquaient nécessairement l'usage de magie, était abandonnés, condamnés à l'exil par leurs pairs. C' était par conséquent un terreau d'horreur inépuisable pour les imaginations les plus fertiles. Les Elfes étaient tellement effrayé à l'idée de se retrouver un jour sur cette île que quand le Conseil avait laissé le choix, entre la castration et l'exil sur l'Ile des Tarés, à Taureau Vivace le médicomage, il avait choisi la castration.

Mais revenons à nos Elfes. Les discutions continuaient commençant à s'enveminer, quand une voix chevrotante se fit entendre:
"J'ai déjà ce genre de créature...Il y a bien longtemps...Je pensais qu'elles avaient totalement disparues de la surface d'Hédarion."
Tous les regards se tournèrent vers Taupe Bourrée, l'Ancien. Il inspira profondément et déclara:
"C'est un humain !"
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Lun 16 Déc 2019 13:20

Chapitre 3: Les Mercenaires


Il y eu un instant de flottement, puis tous les Elfes éclatèrent de rire. Non mais vraiment, rendez-vous compte ! UN HUMAIN !! Ces créatures légendaires avec lesquels on menace les enfants Elfes pour qu'ils terminent leurs soupes ! Il faut préciser, qu'à cette époque, les Guerres du Bouclier Cassé avaient provoquées la quasi-disparition des humains de la surface d'Hédarion. De plus, Taupe Bourrée, l'Ancien avait plus de 1000 ans et virait cinglé (L'autre jour, il avait préparé une étrange mixture à base de vinaigre et l'avait mélangé avec sa salade. Rendez vous compte ! DE LA SAUCE ! DANS LA SALADE ! SÉRIEUSEMENT ???!!! Une hérésie pour un Elfe civilisé.). Il n'était donc pas étonnant qu'aucun des Elfes ne prennent son hypothèse au sérieux. Et quand bien même, l'un d'eux se seraient penchés sérieusement sur cette théorie, il aurait du mal à lui trouver crédit. En effet, les humains des légendes avaient la peau blanche ou légèrement basanée. En tout cas, aucun n'avait la peau si noire, des lèvres si grosse ou ne parlait avec un accent si ridicule. Et surtout, ils avaient un pénis minuscule (ce qui ,selon certains conteurs, expliquait leur appétit pour les enfants Elfes) sans commune mesure avec l'immense pénis de la créature.

Mais laissons les Elfes s’esclaffer et rendons-nous à plusieurs kilomètres de là, quelques heure plus tôt, au pied de ce que nous appelons de jour le Rempart d'Hédarion tout au Nord du Désert. Ici nous retrouvons, trois humains. Je veux dire trois authentiques humains. Des humains tel que décrit dans les légendes Elfes. La peau basanée, les oreilles rondes, la ressemblance légère avec les Elfes, tout y est. Sauf peut-être le pénis. Je ne peux dire, puisque vous constaterez, tout comme moi, qu'ils portent des vêtements. Ces vêtements sont même des uniformes militaires d'une armée oubliée d'un royaume tout aussi oublié de nos jours. Ils sont pour l'heure occupés à examiner des traces dans le sable et...Oh ! Merveilleux ! Ils parlent le Nomade Commun, je vais pouvoir vous traduire leurs conversations:
"Bon, les enfants, il n'y pas de doute !, fit le barbu.
-Vous croyez qu'il a grimpé, Chef ?, répondit un adolescent boutonneux.
-Les traces ne font pas demi-tour, alors... !
-Et merde ! On a jamais de chance. C'est toujours sur nous qu'ça tombe les corvées, soupira le troisième, un grand blond bien coiffé et aux dents étincelantes, en levant les yeux sur la falaise.
-Soyez pas vache, les enfants, reprit le Chef. Le Sultan a promis une grosse récompense. C'est notre chance de tirer Katarina de son taudis.
-Ouais, sois pas vache, Xilam ! Pense à Katarina, un peu !", renchérit l'adolescent en se rangeant du côté de son chef.
Le blondinet haussa les épaules résigné.
"Enfin, on va pas grimper là haut, quoi. Déjà, on a pas l'matériel ! Ensuite on sait pas c'qu'y là haut. Imaginez qu'y ai des trucs pires que c'qu'on trouve dans c'te maudite forêt, là bas.
-Désolé, Xilam, on n'a plus le choix. Maintenant qu'on a une chance de réussir, je refuse d'abandonner.
-Puis déjà, comment l'aut' con, l'a fait pour monter là haut ? Un esclave !!!! Et sans matériel !!!!
-C'est vrai ça, Chef, c'est pas possible qu'il soit monté là haut, notre gars.
-Ecoutez, les enfants, j'en sais pas plus que vous. Moi, ce que je vois ce que les traces s'arrêtent là. Alors soit il s'est arrêté ici, soit il a grimpé. Manifestement, il n'est plus là. Conclusion ?
-Il a grimpé, répondit Xilam. Mais de vous à moi, il a toutes ses chances d'avoir chuté avant le sommet.
- Sauf si il a reçu une aide divine, fit l'adolescent.
-Mesure tes paroles, Charby, répondit le Chef en frissonnant, tu vous nous apportez la poisse. On ne cause pas des...enfin de ces choses là...à la légère."

Il y eu encore de longues minutes de discussions et finalement les trois hommes décidèrent d’escalader la falaise. Ce fut une ascension longue et fastidieuse. Faite de milles péripéties. Mais finalement, ils arrivèrent sain et sauf au sommet du Rempart et donc à l'orée de la Forêt. Là, ils retrouvèrent les traces de l'esclave s'enfonçant dans les bois.

Constatant cela, les deux plus jeunes déglutirent. Il faut dire que ce n'était pas sans raison que les derniers humains d'Hédarion s'étaient installés dans l'inhospitalier Désert. La seule forêt qu'ils connaissaient étant hantée. Principalement par des Marche-Morts mais de nombreux autres mythes et légendes courraient à son sujet. Et par conséquent aucun homme n'aurait accepté de se rendre en forêt sans une bonne justification, généralement d'ordre pécuniaire.
"Tout compte fait. Est-ce qu'il est si important que ça, cet esclave ? Le Sultan en a des centaines d'autres, non ?, fit Charby
-Ouais, renchérit Xilam, on sait qu'il est dans cet'forêt. ça nous suffit. L'Sultan comprendra."

Le troisième homme, qui ne semblait pas avoir d'autres non que Chef, essaya de ne pas montrer son trouble. Etant déjà entrer dans la forêt du Sud du Rempart, il avait toujours espéré ne jamais devoir y retourner.
"Ecoutez, les enfants, je comprends votre peur. Mais maintenant qu'on est là, autant finir le boulot. On n'a pas fait toute cette escalade pour rien. Ecoutez, je suis déjà allé en forêt et j'en ressorit vivant, non ?
-Bon, on veut bien faire un effort, Chef. Mais passez devant, quand même !."

Le trio s'engagea donc dans la forêt, le Chef en tête, suivant les traces de l'esclave. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle majeur. En vérité, une fois les premières appréhension passées, ils trouvèrent cette balade plutôt agréable. Beaucoup plus agréable que les marches dans le désert en tout cas. Soudain, le Chef s'arrêta.
" Qu'est ce qui se passe, Chef ?
-C'est étrange. Il s'est arrêté un certain temps ici.
-Et alors ? Il a fait une pause, quoi. Il y a des sortes de fruits violets dans le coin. Il devait avoir faim.
-Ouais. Mais, il y a d'autres traces. Une créature beaucoup plus massive. Et bipède. Je ne vois qu'un Troll qui pourrait faire de telles empreintes. C'est pas bon pour nous, ça.
-Des petits pieds pour un Troll, tout de même. ça ne sent pas le Troll, non plus., fit Charby en examinant les traces et reniflant l'air ambiant.
-Ouais. Étrange, hein ? Et mince, ils ont pris la même direction. Rhaa, ce serait bête de faire demi-tour maintenant. Si, il ya un Troll, ben...., soupira le Chef en haussant les épaules.

C'est donc après une courte pause qu'ils reprirent la piste. Elle les conduisit au cœur du village Elfe. Là-même, où les Elfes n'étaient toujours pas remis de leur fou-rire.
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Mar 24 Déc 2019 18:01

Chapitre 4: La Mission


Quelle ne fut pas la stupeur chez les Elfes. Pour eux les Humains n'existaient pas et voilà que quatre représentants de cette espèce débarquaient chez eux en moins d'une heure. Il y eu un moment de confusion. Les Elfes restaient abasourdi. L'esclave reconnaissant l'uniforme des soldats voulu prendre la fuite mais fut bloqué par la foule d'Elfes qui l'entourait. Tandis que les trois Humains étaient tout aussi abasourdi n'ayant jamais entendu parlé des Elfes.

Les Elfes convoquèrent un conseil extraordinaire auquel était présents Taupe Bourrée, l'Ancien, en tant que représentant des anciens et ,étant seul Elfe à vaguement connaître le Nomade Commun, assurant la communication, Bœuf Endormi, en tant que représentant des mages, ainsi que Ours Balafré en tant que représentant des soldats. Etant également présents, l'Esclave, en tant qu'objet central de la réunion, Truie Affamée, puisque considérée comme responsable de la présence des humains dans le village (Nous pouvons d'ailleurs noter que ce fut la première femelle Elfe à être autorisée à assister à une réunion politique bien que les Elfes n'y firent pas attention sur le coup. D'ailleurs, je dis politique mais à l'époque ce terme n'avait pas de sens aux oreilles d'un Elfe. Enfin, si les évolutions sociétales des Elfes vous intéressent, je vous ne saurais que vous recommandez de vous rendre à la bibliothèque de l'Académie des Mages et de vous reportez aux ouvrages qui s'y consacrent. Pour ma part, je ne suis qu'un modeste conteur et je me garderais bien de prétendre à une connaissance poussée de ces choses-là. Mais je me devais de précisez, puIsqu'il y a quelques tatillons parmi-vous.), ainsi que Charby et son Chef, Xilam ayant disparu dans la confusion.

Les Elfes se regardèrent un long moment, personne ne sachant vraiment quoi dire dans cette situation inédite. Le Chef des soldats tenta une approche diplomatique:
"Salutations Nobles...euh..Rois...Hmm..Gouvernants des...heu..Né..Cré..Tréfles, c'est ça ? Au nom du Sultan Nel et de toutes la race des humains, nous vous présentons...nos hommages. Si nous nous sommes....introduits, il est vrai sans autorisations légales, ce n'est pas par intention belliqueuse. Nous ignorions d'ailleurs que le territoire était occupé. Non, si nous sommes venus jusqu'ici, c'est simplement pour récupérez l'esclave ci-présent."

Taupe Bourrée, l'Ancien traduisait lentement en pestant sur ces créatures qui ne font même pas l'effort d'apprendre la langue dominante du continent. Il omettait les notions intraduisibles en Elfe telles que légales, sultan, esclave...Ne cherchant même pas à leur trouver d'équivalent. Les étrangers ne faisant pas d'effort, lui n'en ferait pas non plus.

-C'est pas clair, très confus, tout ça. Mais si je comprends bien vous êtes venus cherchez cet humain ?, fit Ours Balafré en montrant l'Esclave
-Voilà. Vous nous rendez l'esclave, nous nous en allons. Je suis sûr que le Sultan Nel saura vous récompensé pour votre aide. Que ce soit par des relations commerciales ou diplomatiques. Ou n'importe quoi, qui vous ferait plaisir. Vous vous arrangerez avec la délégation diplomatique.
-Quoi ?, firent les Elfes n'ayant rien compris.
-Pff! Bon, laissez tomber, déclara Charby en se levant. On prend l'esclave, on s'en va. Point. Aurevoir Messieurs-Dames les Tréfles !
-Tout me paraît arrangé, dit Taupe Bourrée, l'Ancien en ayant marre de jouer les interprètes.
-Une minute ! J'ai une question, fit Ours Ballafré, qu'est ce que le premier humain est venu faire chez nous ?
-Pour ma part, intervient Boeuf Endormi, au nom de la communauté mage, j'aimerais garder ces spécimens pour les étudier.
-Quoi ?, s'exclamèrent les humains
-C'est l'affaire de quelques années. Après vous pourrez rentrez chez vous.
- Mais nous ne pouvons pas rester. Nous avons une mission. Nous n'avons pas le temps.
-Regardez vous. Vous êtes des créatures légendaires. Et vous êtes là ! Devant nous ! En chair et en os. Nous voulons faire des expériences, des tests. Nous devons comprendre ! Comment c'est possible ! Il va y avoir des centaines d'ouvrages sur vous. Et je serais le précurseur. Vous ne vous rendez pas compte., s'exclama Boeuf Endormi tout excité. Vous êtes le plus gros sujet d'études de ma carrière.
-Mais nous ne pouvons pas.
-Vous savez, Chef. Nous serons probablement nourris et logés à leurs frais. On peut se soumettre quelques jours à leurs questionnaires.
-Quelques jours ??? Mais, il me faudra au moins dix ans pour établir une base de travail. Vous ne vous rendez pas compte du morceau que vous êtes.
-10 ANS ??? Hors de question ! Je refuse de rester 10 ans ici !
-Doucement...10 ans c'est pour définir la base. Vous êtes toujours pressé, les jeunes. Mais la science, c'est un domaine pointu et sérieux. Qui demande de la minutie et de la rigueur ! On en aura encore pour des centaines d'années de travail.
-JE N'AI PAS DES CENTAINES D'ANNEES. Tu veux vraiment laisser Katarina seule , pendant cent ans Charby ?
-Euh..Non. S'il vous plaît, Nobles Créatures. Nous sommes juste venus chercher cet esclave. On juste payé pour ça.
-Oui à propos de..., essaya d'intervenir Ours Balafré.
-SAISSISEZ-LES, hurla Boeuf Endormi paniqué de voir le sujet de sa carrière lui échapper, ENFERMEZ-LES ! Mais ne les matraitez pas. Ils sont précieux. La science compte sur ces spécimens.
-Charby, prends la cible. On on s'arrache!
-Bien, Chef !"

L'adolescent saisit l'esclave qui se mit soudain à hurler:
"Nwon ! Pwitwié ! ! S'wil vwous pwlait ! J'wai mwisswion ! Pwou' Wadwonwyswia !
-MAIS IL DIT QUOI, BON SANG ?"

Entendant l'esclave parler pour la première fois , Les humains s'arrêtèrent, curieux. Ils faut dire qu'ignoraient pourquoi l'esclave était si important. Et c'était l'occasion de savoir pourquoi le Sultan tenait à la retrouver alors qu'il en avait des centaines d'autres.
"Je crois qu'il dit qu'il a une mission. Pour un certain Adonysia, traduisit le Chef pour Taupe Bourrée, qui traduisit lui même en Elfe.
-Adonysia. Mission. Mais alors.... C'est un être sacré. Il est de notre devoir de lui apporter notre aide", dit Ours Balafré en s'inclinant respectueusement devant l'esclave.

Il fut imité par Truie Affamée et Taupe Bourrée, l'Ancien qui avait eux aussi un profond respect pour la Déesse. Mais Bœuf Endormi, n'était pas convaincu si facilement:
"Quelle est cette mission ?
-Wadwonwywiswia mwe gwuidwe !
-Qu'êtes vous venu faire dans notre village ?
- C'est évidemment, il est venu ici pour recevoir notre aide. Adonysia souhaite que nous l'aidions.
-Techniquement, c'est à moi la Déese l'a conduit, intervient pour la première fois Truie Affamée. C'est moi qui doit l'aider."

Tous les Elfes éclatèrent de rire.
"C'est un soldat qui lui faut !
-Un mage !
-Un ancien !
-En tout cas pas une femelle. Pas toi !
- Comment ça, pas moi ?
- Tu t'es déjà regardée dans un ruisseau ? Tu n'as pas la carrure d'un héros !
-C'est qu'on verra !" s'exclama la femelle vexée en quittant la hutte.

"Tout s'arrange finalement. Bœuf, tu gardes les deux plus pâles pour tes projets et nous on s'occupe du plus foncé. Il faut l'aider dans sa mission.
-ça me va, fit le mage à contrecœur, ne pouvant prendre le risque de s'opposer à la volonté de la Déesse.

La nuit étant déjà bien avancée. Les Elfes décidèrent de remettre au lendemain le choix du héros et enfermèrent les humains dans une hutte gardée (Avec tout de même plus d'égard pour celui qu'ils considéraient comme l'élu de la Déesse) avant d'aller se coucher.
Dernière édition par Roi Nel le Mar 31 Déc 2019 18:00, édité 2 fois.
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Mar 31 Déc 2019 17:56

Chapitre 5: L'Evasion

Cette nuit-là, une silhouette massive s'introduisit dans la réserve d'armes et de matériel des guerriers Elfes. Elle s'empara d'un uniforme, d'une tunique et d'une jupette en cuir végétal (Le cuir végétal est fabriqué à partir d'une plante ne poussant que dans la Forêt de Jade et selon une technique de tannage uniquement connue des Elfes. Pour plus d'informations, je renvoie encore une fois à la Bibliothèque de l'Académie des Mages. Les érudits seront sûrement ravis de vous aider.) ainsi que d'une lance couverte de symboles étranges. Une fois son larcin accompli, la silhouette disparue dans l'obscurité.

Pendant ce temps, toujours sous bonne dans une hutte, les deux soldats humains faisaient le point sur leur situation:
"Bon, les enfants ! Je crois que c'est mort pour récupérer l'esclave.
-Vous voulez abandonnez maintenant, Chef ? On s'assoit sur la récompense ? Et Katarina, alors ?
-On est trois, Charby, trois !!! L'esclave a une mission sacré pour eux. Qu'est ce qu'on peut faire ? Ils sont des centaines dehors. En plus nous n'avons plus d'arme. L'autre nous les a pris pour les "étudier".
-Où est Xilam, d'ailleurs ?
-Espérons qu'il ai put se cacher et soit en chemin pour nous libérer."


Cependant, aider ses compagnons était bien loin des préoccupations de Xilam. Il ignorait d'ailleurs totalement ce qu'il leurs était arrivés. En effet lors de la confusion qui avait précédé l'organisation de conseil extraordinaire, il s'était retrouvé mêlé à la foule d'Elfe l'entourant. Perdu dans la masse, les Elfes l'avait oublié et seule une petite poignée l'avait remarqué. Etant eux aussi curieux à propos des humains, ils préfèrent soustraire Xilam au conseil et essayer de communiquer par eux-même. Avec certes de grandes difficultés, puisque ne parlant pas la même langue. Mais il faut croire que leurs efforts avait payé, puisqu'ils avaient organisé une petite orgie durant laquelle l'alcool coulait à flot et Xilam était en train de se prendre, disons-le, une bonne grosse murge.

Pendant que Xilam et les Elfes se bourraient la gueule, Truie Affamée s'approchait de la hutte où était enfermé les humains. Elle était vêtue des vêtements qu'elle avait volés. Ce qui ne lui allait pas du tout. La tunique était trop serrée pour elle et laissait son ventre découvert. La jupette s'était déchirée quand elle l'avait enfilée et lui recouvrait à peine l'entrejambe. Quand au casque, il s'était emmêle dans ses longs cheveux dorées et tenait sur sa tête dans une position pour le moins improbable. Sa tenue était complétée par la lance qu'elle avait volée et par une besace rempli à ras bord de provisions. S'approchant de Belette Docile qui mettait la garde, elle lui fit d'une voix qu'elle essaya de rendre rauque:
"Salut Belette ! C'est la relève !
-C'est toi, Truie Affamée ?
-Heu...Nooon...C'est...heu..heu
-Mais comment t'es fagottée ? C'est quoi cette tenue ridicule ?
-Je...heu...Je viens te relever.
-Tss...Tss...Tu n'es pas une guerrière.
- Oui...Mais...Je...
-Laisse tomber. ça tombe bien que tu sois là, en fait. Je te laisse me remplacer, le temps que j'aille pisser, ça te va ?
-D'accord.
-Après on pourra se partager une bouffe en attendant la relève. Je vois que tu as prévu des provisions.
-C'est ça, c'est ça. Va pisser, va !"


Après que Belette Docile se soit éloigné, Truie Affamée s'engouffra dans la hutte. Mais l'esclave n'y était pas. Elle se tourna vers les deux soldats oubliant qu'il ne parlait pas sa langue:
"Où est l'autre créature ?"


Cependant au lieu de répondre civilement, le Chef lui envoya un direct du droit qui la fit basculer en arrière. Et les deux humains en profitèrent pour se faire la malle.

Si vous demandez ce qui arriva ensuite aux deux humains. Sachez qu'ils regagnèrent leur cité les mains vides et affirmèrent au Sultan qu'ils n'avaient pas retrouvé l'esclave. Celui-ci très en colère d'avoir perdu son esclave, les exclus de son armée. Mais ceci leur importait peu, lors du chemin retour, ils avaient pris leur décision. Ils allèrent chercher Katarina et convainquirent involontairement d'autres humains qui en avait marre de la tyrannie de leur dirigeant de les suivre. Ils finirent par s’installer dans la forêt au Nord du Rempart dans un coin éloigné des Elfes qui bien des années plus tard prendrait le nom de Château-Brave.
Quelques mois après leur installation, Charby voulu retourner chercher Xilam. C'est à cette occasion qu'il se refit capturer par les Elfes. Et cette fois, Bœuf Endormi fois plaça son sujet d'études sous une meilleure garde.
Quand à Xilam, sa nuit de débauche lui avait permis découvert que les Elfes étaient beaucoup plus tolérant que les Humains à ce que nous appelons de nos jours les mœurs elfiques (Totalement injustement d'ailleurs puisque les Elfes ne pratiquent pas plus l'homosexualité que les autres peuples d'Hédarion. Cette réputation erronée vient simplement du fait qu'ils sont le seul peuple à ne pas condamner cette pratique.) et se sentant pour une fois accepté, ils préféra rester vivre parmi les Elfes. Ils se mêla si bien à leur culture, qu'ils finirent par oublier qu'il n'était pas l'un des leurs.

Mais revenons à notre histoire. Truie Affamée massait sa mâchoire douloureuse en maugréant. Se reprenant, elle sortit de la hutte et attendit Belette Docile qui revient rapidement. Préférant ne pas dire que les humains étaient partis, elle demanda:
"Où est...heu...l’Élu de la Déesse ?
- Tu es entrée ?
-Non...non.
-Bien. Ours Balafré l'a emmené.
- Où ?
-Dans la hutte des invités de marque, je crois. Et du coup pour la bouffe ? "

Truie Affamée ne répondit pas, elle se précipitait déjà dans le village vers la fameuse hutte. Qui était perchée dans un arbre, au grand Dam de Truie.Par chance, il n'y avait pas de garde. Ours Balafré devait estimer que les humains étaient incapable de descendre des arbres.

L'échelle ayant été enlevée. Truie la releva en soufflant. Et tremblante posa un pied sur le premier barreau, puis le second. Au troisième barreau, l'échelle tremblait tellement que le bruit aurait déjà du attirer quelqu'un. Cependant personne ne vient. L'Elfe n'eut pas le temps de poser un pied sur le quatrième barreau que l'échelle s'effondra dans un bordel monstre.

Truie roula dans la poussière, paniquée. Un Elfe apparu attiré par le bruit. Truie se fit la plus petite possible. Et ce qui n'était pas une mince affaire. Mais il faut croire que l'autre était complètement torché, puisqu'il prit Truie pour un rocher et se prépara à lui uriner dessus. Par chance, il fut appelé par un camarade et oublia totalement son envie pressante.

Truie soupira soulagée. Se relevant, elle constata avec bonheur que le bruit avait attiré l'esclave. Il était debout sur la plateforme entourant la hutte, toujours aussi nu. Il scrutait l'obscurité à la recherche de la cause de ce vacarme. Truie lui fit signe de descendre et récupéra sa lance. L'esclave intrigué désescalade l'arbre avec agilité. Il faut dire qu'il était plutôt doué en escalade, puisque il nettoyait les murs et le toit du palais sans assurance. Le Sultan trouvant ses systèmes beaucoup trop coûteux.

Truie lui signe de ne pas faire de bruit et de la suivre. L'esclave la suivit docilement. Pour lui ce ne pouvait être que la Déesse qui venait le guider à travers l'Elfe si curieusement vêtue. Les deux compagnons quittèrent donc le village sans savoir qu'ils n'y reviendraient jamais. Des heures plus tard, Truie décida de s'arrêter pour la nuit. Ayant choisi de faire du hors-piste dans le noir, elle ignorait qu'ils avaient tournés en rond et étaient à peine à un kilomètre du village.

"Rwepwoswons nwous pwour cwettwe nwuit ! Dwemwain, jwe t'waidwe'wais dwans twa qwuêwte pwour la Dwéesswe !
- Selon vos souhait, ô Adonysia ! Vous servir est mon plus grand désir !
- Twu pwa'lwes nwotw'e lwangwue ?"
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Mer 8 Jan 2020 22:57

Chapitre 6: La Mission II

En effet la lance que Truie Affamée avait dérobé était une arme magique. Elle permettait à son porteur de comprendre et de parler instantanément n'importe quelle langue sans même qu'il s'en rendre compte. Pourquoi un mage aurait-il ensorcelé une arme de cette façon, me demanderez-vous ? Je n'en ai aucune idée. Et il faut croire que les Elfes non plus n'en avait pas vu l'utilité. Puisqu'il avait totalement oublié qu'elle était ensorcelé et l'avait laissé traîner à la portée de la première voleuse venue.

Quoi qu'il en soit, Truie sortit une tarte aux potirons de sa besace et profita qu'ils se comprennent désormais pour faire avancer le schmilblick.

"Jwe swuis T'wuie Waffwamwée. Wet twoi qwuel west twon nwom ?
-Mon nom ? Mais je suis un esclave, Maîtresse ! Je n'en ai pas. Je n'en ai jamais eu.
- Wun wesclwavwe ? Twu n'west dwonc pwas wun hwumwain cwommwe l'waffwi'mwait Twaupwe Bwou''ée ?
-Malheureusement non, Maîtresse. Comme vous le savez les humains naissent libres. Moi, je suis né pour servir et obéir. Comme tous les esclaves.
-Jwe nwe cwomp'wends pwas. Wil wy wen wa d'waut'wes cwommwe twoi ? Lwes waut'res cw'étwurwes qwui swont vwenwues ? c'wétwait wausswi dwes wesclwavwes ? Pwou'qwuoi wil twe vwoulwait ?
-Non, ils étaient humains, Maîtresse. Je pense que mon ancien Maître, le Sultan Nel, leur a ordonné de me récupérer.
-Twon wancwien mwaît'we ? Wils swont wausswi wa swon swe'vwicwe ?
-Oui, Maîtresse ,ils travaillent pour lui.
- Wet twoi wausswi, twu t'wavwaillwes pwou' twon mwaît'we, c'west bwien çwa ?
- C'est ça, Maîtresse !
-Jwe nwe cwomp'wends pwas. Wils swont cwommwe twoi mwais cwe nwe swont pwas dwes wesclwavwes ?
- Non, Maîtresse ! Car ils l'ont décidé eux.
-Dwécwidwé ?
-Oui, Maîtresse ! Car le Sultan les paye
-Lwe Swultwan lwes qwuoi ?"

Truie Affamée se prit la tête dans les mains. Elle avait peur de n'avoir rien compris. Quelle était la différence entre les humains et les esclaves ? Qu'était ce Sultan par rapport aux humains ? Elle préféra laisser tomber et reprendre de la tarte.

"Dwonc twu n'was pwas dwe nwom ?
-Non, Maîtresse.
-Qwue dwis twu dwe C'wéatwu'we ?
-Créature ? Comme vous le souhaiterez, Maîtresse !
-Pwou'qwuoi twu m'wappwellwes Mwaît'wesswe dwepwuis twout wà l'hweu'we ?
- C'est la volonté d'Adonysia, Maîtresse.

Et Créature expliqua son histoire. Quelques jours plus tôt, une des épouses de Sultan l'avait envoyé faire des commissions au marché. Evidemment comme tous les marchés c'était un endroit fréquenté par toutes sortes de charlatans. Des gens vous vantant les mérites de l'homéopathie ou de lithothérapie. Et bien qu'à l'époque la plupart croyait sincèrement en ces choses-là, ils étaient surtout là pour alléger de leur bourse les riches crédules. Autant dire que l'esclave fasciné par les séances de tarot les laissait indifférents. Créature ne leur en voulait pas, il avait l'habitude d'être ignoré. Et bien qu'il aurait beaucoup aimé avoir lui aussi accès au pouvoir des cartes, des pierres ou encore à la mémoire de l'eau, il savait aussi que ses maîtres le punirait sévèrement s'il dépensait leur argent à l'encontre de leur volonté. Aussi fit-il sagement les commissions commandées.

Une fois faites, il constata qu'il lui restait quelques pièces. Il prit alors une décision regrettable et se rendit aux étals des devins et autre médiums. Cependant ce n'était pas suffisant pour la cartomancienne, ni pour le devin ou même le radiesthésiste. Il commençait à désespérer quand un magnétiseur lui proposa de dialoguer avec les Dieux. Il lui fit rencontrer une médium qu'il mit en transe:

"La Déesse est là!
- Lwa Dwéesswe ? Wadwonwyswia ?
- Moi-même ! Celle qui t'a donné la vie, mon enfant.
-Jwe swuiw vwot'we fwils ?
- Comme tous les êtres vivants...Tu as une grande destinée, le sais-tu ?
-Wunwe dwestwinée ?
- Je te guide à chaque instant. Tu as une mission sur cette planète !.
-Swelwon vwot'we vwolwontwé, Ô Adonysia. Qwue dwois-jwe fwai'e ?
-Aie foi, mon enfant ! Lis dans ton coeur et tu sauras quoi faire !"

"Et donc voilà, Maîtresse, c'est ainsi qu'Adonysia m'a conduit jusqu'à vous.
- Wadwonwyswia vweut qwue twu nwe swe'vwes ?
- Oui, Maîtresse, Adonysia vous a choisit pour me guider dans ma destinée. En tant que reprèsentante d'Adonysia, vous êtes donc ma nouvelle maîtresse.
-Mwais twu was dwéjwà wun mwaît'we.
- Plus maintenant. Selon la volonté d'Adonysia, je l'ai renié ! Et je ne le regrettes pas, il me faisait faire des choses terribles. Des choses pour lesquelles ses propres lois l'aurait condamné à mort. Je ne sers plus qu'Adonysia désormais. Et donc vous, Maîtresse, puisque la Déesse le désire.
-Wet bwien...hweu...j'waccweptwe cwettwe lwou'dwe 'wespwonswabwilwité. Nwous waccwomplwi'wons cwettwe mwisswion wavwec hwonnweu' !"

Après cette longue discussion, décision fut prise de prendre du repos. Ils s'endormirent rapidement et furent réveiller au petit matin par l'agitation du village Elfe qui venait de s'apercevoir la disparition des humains.
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Ven 17 Jan 2020 22:55

Chapitre 7: Le Débat


Ce jour-là, un petit groupe de chiens de la Forêt de Jade s'étaient regroupés dans une clairière pour un débat philosophique comme il leur arrivait fréquemment à cette époque. Le thème du jour était "La Nature de notre Univers".

Le Fox-Terrier introduisit la réunion:
"Waf wouf wrwaf wouf wouf rwaf waaaf wraff wraff wouf ! whraf wouf wouf whraf. Wouf wouf wouf wouf wouf. Waf wrouf wrouf wraf. Waf wouf wouf waf waf waf. Whrouf wouf waf whrouf ! "

Les canidés applaudirent et aboyèrent bruyamment. Le Bichon à Poil Frisé remercia son collègue et prit la parole:
"Hum..hum. Wof wof wof wooof wouf ! Waf ? Waf !!! Wof waf wof wof wof rwof rwof....
-Wif wif wif ? l'interrompit le Caniche.
-Waf wof waf !
-Wif wif !, acquiesa le Caniche
-Grwouf grwouf grwouf, ajouta le Pitbull. Il faut reconnaître que ce n'était pas complètement incongru.
-Waf wof wof waf, répondit le Bichon à Poil Frisé en secouant la tête.
-Grwouf grwouf grwouf grwouf
-Wif wif wif
-Waf wouf waf wouf waf wouf ! Waf wouf wouf wouf ! reprit le Fox-Terrier.
-Gwrouf gwrouf grwouf
-Wif wif wif
-Rouf rouf rouf raf, intervient le Charnaigre.
-Bwarf, bwaf bwaf bwaf, enchérit le Komondor.
-Rouf raf. Rouf raf raf raf rouf.
-Grwouf grwouf grwouf grwouf. Grwouf grwouf grwouf grwouf. -Grwouf grwouf grwouf grwouf. -Grwouf grwouf grwouf grwouf
-Meaow meaow meaow meaow, risqua le Greffier qui avait un problème de prononciation (Certains prétendent que le Greffier est un chat infiltré mais personne n'avait réussi à le prouver. Car comme vous avez pu le constatez lors des échanges précèdents, les chiens sont de fervents partisans du rationalisme. Ce qui montre ses limites puisque une simple observation du Greffier via des méthodes empiriques aurait suffit à démontrer que c'était bien un chat.)
-Waf wouf, wouf waf waf wouf waf wouf waf wouf wouf. Waf wouf wouf waf wouf waf.
-Wif ?
-Gwrouf gwrouf grwouf !
-Waf wouf wouf ?
- Bwaf bwaf bwaf !
-Rouf, rouf rouf ? Rouf rouf ? Rouf rouf rouf rouf, rouf ?
-Meaow meaow meaw meaw meaw. Meaow meow ! Meaow !! Meaow meaow meaow meaow meaow meaw, meaw meaw. Meaow meow ! Meaow !! Meaow meaow meaow meaow meaow meaw meaw meaw. Meaow meaow ! Meaow . Meaow meow ! Meaow !! Meaow meaow meaow, meaow meaow ! Meaow meaow meaow meaow ! Meaow...."

C'est à cet instant que débarquèrent Truie Affamée et Créature débarquèrent, interrompant le débat. Aussitôt les chiens irrités d'être dérangés en pleine réunion se regroupèrent autour d'eux:
"Waf Rwaf waf, dit Truie Affamée
- Wif ?
-Gwrouf ?
-Waf wouf ?
-Rouf rouf rouf rouf !
- Bwaf Bwaf Bwraf Rbwaf ! Brwaf, bwarf ?
-Rwaf, waf, waf waf waf, aprouva la jeune Elfe.
-Que ? Maîtresse ? Que faites-vous ?, fit Créature qui n'avait pas de lance magique et n'étant pas un Elfe ne comprenait évidemment pas le chien.
-Chwut ! Jwe nwégwocwie. Rwaf waf wouf waf wouf waf waf wouf rouf wuf wouf wuf waf.
-Meow meow meeeow !
-Rwaf rwad wuf wuf wuf wuf.
-Grwouf ???!!!
-Rouf rouf rouf.
-Rwaf wouf wouf wouf wouf wouf wouf wouf wif wif !
-Waf waf wof !"


A ces mots les chiens se séparent en deux groupes. Le Bichon à Poil Frisé guida les deux humanoïdes à travers la Forêt. Tandis que les autres attendaient l'arrivée de leurs poursuivants. Quand ils arrivèrent, les Elfes furent si embrouillés par cet attroupement qu'ils mirent des heures à s'en dépêtrer. Malheureusement pour eux, les chiens avaient eu le temps de mettre Truie Affamée et Créature à l'abri et ils durent rentrer bredouilles auprès de Bœuf Endormi.

Le soir venus toutes les équipes d'Elfes envoyés à la recherche des humains disparus étaient revenues les mains vides. La plupart des Elfes étaient déjà passés à autre chose et la brève présence des humains dans leur Forêt commençaient à s'estomper de leur mémoire. Cependant Bœuf Endormi n'avait pas dit son dernier mot.
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Jeu 6 Fév 2020 00:56

Chapitre 8: Événements littoraux


Plusieurs jours avaient passés, les Elfes avaient maintenant oublié la brève intrusion les humains dans leur quotidien. Seul Bœuf Endormi, désormais appelé Bœuf Monomaniaque, espérait encore les récupérer. Suivant à nouveau les traces des deux soldats évadés, ils se retrouvera une nouvelle fois au bord du Rempart ne sachant où aller. Comment si les humains avaient pris la gauche ou la droite ? Peut-être même étaient-il tomber en bas du Rempart ? C'est alors qu'il préparait un plan de descente du Rempart traçant des schémas et des calculs dans la terre qu'une épée vint s'appuyer contre sa gorge.

D'autres jours ont encore passés, Truie Affamée se trouvait sur une place à proximité du terrier du Bichon à Poil Frisé. Par beau temps, on pouvait apercevoir l''île des Tarés au large. Ici, ils étaient tranquilles. Aucun Elfe n'aurait osé s'approcher de cette plage. Elle cuisinait une soupe aux choux pour la femelle et les chiots du chien qui les avaient accueillis si généreusement durant ces quelques semaines. Au début, ils avaient été vexés que la jeune Elfe refusent d manger la viande qu'ils apportaient. Ils se donnaient tant de mal pour trouver des rats et des écureuils appétissants et Créature ne faisait pas le difficile, lui ( Ayant passé une grande partie de sa vie sous-alimenté, nous pouvons comprendre qu'il s'abaisse à des choses aussi abjectes que de manger de la viande. Ne le jugeons pas trop hâtivement) Mais petit à petit, ils s'ouvrirent au végétarisme et furent totalement conquis par la qualité de la cuisine de Truie Affamée. C'est pourquoi elle leur faisait découvrir les spécialités culinaires de son village.

Quand à Créature, il s'était éloigné du terrier à la recherche d'ingrédients pour une bonne ratatouille. Ces derniers jours, Truie Affamée commençait à lui apprendre la langue des Elfes. Elle avait fini par comprendre que la lance était magique mais n'aimait pas l'idée dépendre de la magie pour communiquer, c'est pourquoi elle préférait apprendre la langue des êtres civilisés à Créature. Ils passaient de nombreuses heures à s'interroger sur la nature de la mission confiée par Adonysia. Mais pour le moment rien de probant n'en était sortit et ils en avaient conclu que la Déesse leur ferait signe au moment propice.

Nous disions donc que Truie Affamée était occupée à éplucher des oignons. Prise par son activité, elle ne prit pas garde au silence inhabituel de la forêt. Soudain, elle fut entourée de soldat portant le même uniforme que les humains poursuivant créatures. Aussitôt, elle se redressa, saisit sa lance et se mit dans une position qu'elle pensait menaçante. Le combat dura moins de trois secondes. Sans qu'elle ne comprenne comment sa lance fut brisée, elle fut ligotée et les soldats la poussèrent au pied d'un Nain en pestant sur son poids.

Non, je me trompe. Ce n'était pas un Nain. Enfin si. Mais pas au sens où nous l'entendons de nos jours. Ce n'était pas un de ces animaux à l'odeur si agressive du Rokdor. Non, non ! C'était un humain. Un humain tout comme le sont Créature et les soldats. Mais celui-ci était de très petite taille. Nous avons un humain de petite taille, la peau hâlée, la barbe taillée en pointe, une cicatrice lui balafrant le visage autour d'un oeil crevé, son autre oeil luit d'une lueur cruelle. Sa tenue dénote dans ce paysage forestier puisqu'il est coiffé d'un turban, vêtu d'une djellaba et chaussé de babouches. Il fait signe à ses soldats de descendre l'Elfe à son niveau.

Truie Affamée fut forcée de s'agenouiller face à l'homme . Sa jupette trop courte ne couvrant pas ses jambes, elle les écorcha sur le galets de la plage. Elle sentant aussi dans son dos, le regard des soldats sur son postérieur dévoilé par la remontée de sa jupette qu'avait provoqué la position agenouillée. Le Nain la frappa violemment au visage, des larmes de douleur lui montèrent au yeux.

"Où est mon esclave ?", dit-il d'un ton autoritaire.
Evidemment sans sa lance magique, Truie Affamée ne comprenait pas la langue barbare du Nomade. Voyant qu'elle ne répondait pas, il la frappa une seconde fois. Puis se tourna vers une silhouette d'Elfe. Il était nu et Truie Affamée ne le reconnut que grâce à son absence d'organes sexuels tellement son corps était contusionné et couverts d’hématomes. Le Nain claqua des doigts et un soldat qui avait quelques appris quelques rudiments d'Elfes ces derniers jours traduisit.
"C'est elle ?"
Bœuf Monomaniaque hocha la tête frénétiquement les yeux emplis de terreur.

"Bien."
Il prit un couteau et l'approcha du ventre dénudé de Truie Affamée.
"Par où, vais-je commencer ? A moins que tu ne parles ? Où est mon esclave ? Non ?
-Pi...tié, je... ne sais... pas. pa...par ..rti, s'écria t-elle en tremblant et pleurant
-Parti ? Où ?
-Je...ne...sais...pas.
-Bien. Tuez les chiens !"

Aussitôt, les soldats transpercèrent les chiens qu'ils avaient capturés en même temps que Truie Affamée. La jeune Elfe s'effondra en pleurs. Le Nain la redressa et approcha son couteau des liens liant sa veste, qu'il coupa d'un coup sec découvrant ainsi la poitrine de l'Elfe. Il plaqua sa lame sur l'un de ses seins:
"Et si je te découpe les tétons, tu parleras ?
-No..on. Je..ne...sais..pas...forêt...perdu...ailleurs...pas..savoir"

Le Sultan Nel, car c'était bien lui si j'ai jamais j'avais omit de le préciser, réfléchit un instant tout en caressant le corps de l’Elfe de sa lame. Elle tremblait de terreur:
"Non...s'il...vous...plaît...comprends...pas"

Soudain, le Sultan se retourna vers Bœuf Monomaniaque et le rua de coup de pied.
"Menteuse ! Menteuse ! Cette femelle ne sait rien ! Ses réponses n'ont aucun sens ! Tu as tenté de me manipuler ! Pour une pathétique vengeance ! Jalousie de bonne femmes ! Je ne le tolérerais pas !"

Evidemment Bœuf Monomaniaque n'ayant plus d'organes sexuels et ayant les traits fins d'un Elfe et une longue chevelure blonde, les humains, fidèles à leur réputation de rustre , l'avaient pris pour une femelle. L'Elfe essaya de parler:
"Non...Je...jure...Truie...voleuse...elle sait...
-Non...Je...comprends...pas"

"Menteuses ! Toutes les deux ! Je comprends tout ! Toi !, fit-il en désignant un soldat. Va à la ville de ces créatures et lance leur un ultimatum ! Ces deux femelles contre mon esclave ! L'échange se fera sur l'île là-bas !
- Je sais pas où est cette ville, Ô Sublimissime !
-Trouves-la ! Et dépêche-toi ! Ou dans deux jours ces deux créatures rejoigneront ma collection d'esclave.
-A vos ordres,Ô Sublimissime !", répondit le soldat avant de s'enfoncer au hasard dans la forêt.

"Alors, où est mon esclave ?
-Je..sais...pas
-Bien. Puisque vous ne voulez pas parler, vous prendrez sa place. Allons-y !
-Mais...deux...jours
-Oh. Il est donc bien dans votre votre ville. Très bien, vous vous montrez raisonnable. Nous attendrons donc les deux jours. Construisez des barques vous autres.
-Je..chercher..village
-Hors de question. Vous en profiteriez pour vous évader. Et je vous veux dans ma collection.
-L'échange ?
-Pauvres sottes ! Il n'y a jamais eu d'échange. Vous serez tous capturés. Nous manquons cruellement d'esclave.", répondit-il en souriant cruellement.

Le reste de la journée, les soldats s'affairèrent à construire les barques. Et c'est en début de soirée qu'ils jetèrent les deux Elfes dans l'une d'elle tandis que le Sultan en prenait une autre et prirent la mer. Sans être mauvaise, la mer était agitée, désorientant les nomades n'ayant pas l'habitude de naviguer. Les deux barques, celle des prisonniers et celle du Sultan avaient dérivées chacune de leurs côtés si bien qu'ils s'étaient perdus de vue dans l'obscurité. Malgré tout, ils se rapprochaient de l'île des Tarés. Comprenant cela, Bœuf Monomaniaque fut pris d'une intense crise de panique. Les soldats essayèrent de le retenir, mais à force d'agitation, la barque finit par chavirer et tous ses occupants coulèrent à pic soit entraînés par le poids de leurs armures, soit entravés par leurs liens. Mais il faut croire que certains furent chanceux puisque Bœuf Monomaniaque rejoignit son village quelques jours plus tard. Quant à Truie Affamée, le choc avec l'eau glacée lui fit perde connaissance. Mais avant de s'évanouir, elle crut apercevoir la silhouette de Créature nager vers elle.
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Dim 16 Fév 2020 18:17

Chapitre 9: La Cité Féminine


Elle nage au milieu de ses sœurs sirènes. Sa queue de poisson frétille de plaisir. L'eau claire lui dévoile les merveilles de l'océan. Les poissons colorés, les méduses étincelantes, les requins. Elle se sent détendue et en paix.
"Mwaît'wesswe ?"
Une silhouette floue en toge blanche se tient près d'elle. Elle entend parler. mais ne comprend pas les mots. La silhouette se décale, puis disparaît de son chant de vision. Elle essaie de tourner la tête mais n'y parvient pas.
"Mwaît'wesswe ?"
De la bave entre dans sa gorge. Créature l'embrasse. Non, il essaye de lui fait du bouche à bouche. Elle mange des algues, affamée. Ils marchent dans l'eau. Ils se dirigent vers un rivage rocailleux.


Truie Affamée se réveilla en sursaut. Elle était allongée sur une natte, dans une pièce taillée à même la roche. Une ouverture dans la paroi laissait entrer le vent et la fit frissonner. Créature n'était pas présent. Elle se leva. Ses jambes tremblait et elle entendait son estomac gronder. Depuis combien de temps n'avait-elle pas mangé ? Elle se dirigea vers l'ouverture et s'y pencha. En contrebas, des dizaines de mètres plus bas, elle aperçut des vagues s'écraser sur la paroi. Elle recula, prise de vertige.

"Haaa, Tu es enfin réveillée.
Truie Affamée se retourna. Une Elfe entièrement nue venait d'entrer dans la pièce, une corbeille pleine de fruits dans les mains. Elle prit conscience qu'elle aussi était nue et se couvrit précipitamment les seins et l'entrejambe. Parce qu'on beau avoir des prédisposition au naturisme, face à des inconnus c'est toujours perturbant.
"Salut,comment vas-tu ? Bien dormi ? Je suis Edelweiss, et toi ?
- Bien..Je crois. Truie Affamée. Où suis-je ?
- Tu es dans la Cité. L'endroit le plus sûr de cette île. Les Elfes rejetées par leurs sœurs y sont accueillies à bras ouvert.
-Où est mon compagnon ?
-Ton compagnon ?, répondit l'Elfe en penchant la tête perplexe.
-L'humain qui m'accompagnait.
- L'humain ? Ne t'inquiètes pas, nous nous en sommes occupées.
- Que voulez-vous dire ?
- Tu n'entendras plus parlé de ces créatures immondes. Nous pouvons te l'assurer.
- Quoi ? Vous l'avez tué ? Mais c'est impossible. Adonysia lui a confié une mission."

A ces mots, Edelweiss lâcha sa corbeille. Les fruits se répandirent sur le sol rocailleux en roulant. Une lueur de panique luisait dans ses yeux et ses membres étaient secoués de spammes.
"Désolée. Un rendez-vous oublié. Détends-toi, mange un morceau, repose-toi ! Je reviens bientôt. "
Et elle sortit de la pièce nerveusement.

Truie affamée s'assit sur la natte, perdue. Machinalement, elle prit une poire tombée à ses pied et la mangea tout en réfléchissant. Que faire ? Où était passé Créature ? Et les humains qui l'avait capturée ? Une fois rassasiée, elle fit le tour de la pièce à la recherche d'un vêtement pour couvrir sa nudité, une robe, une toge, un pagne n'importe quoi ferait l'affaire. Mais à part les restes des fruits et la natte, la pièce était vide. Ne sachant que faire et ne pouvant trouver de réponse à ses questions en restant assise ici, elle décida, tant pis, de sortir dans cette tenue. Quittant la pièce, elle retrouva à l'orée d'une forêt.

Observant les alentours, elle compris que d'un côté, il y a avait la falaise, munie de nombreuses ouvertures taillées à même la paroi et de l'autre une forêt, pleine de huttes. Au cœur de cette forêt, de nombreuses Elfes étaient affairées à diverses tâches. Toutes étaient entièrement nues. Gênée devant ses inconnues,elle s'avança parmi les arbres, l'herbe chatouillant la plante de ses pieds. Certaines Elfes la regardèrent en murmurant, elle essaya de ne pas y prêter attention mais son épiderme rougissant témoignait du contraire. Elle aperçue un groupe d'enfants qui jouait dans une mare, encore une fois il n'était composé que de filles. Elles étaient d'ailleurs étranges pour des Elfes, leurs cheveux étaient verts et leurs peaux semblaient faites d'écorce. Elle s'approcha intriguée, mais les petites filles la virent et s'éloignèrent en courant.

A force de marcher au hasard, elle finit par atteindre une muraille, la longeant elle arriva rapidement devant une porte. Celle-ci était gardée par deux Elfes. Des femelles encore une fois, mais celles-là n'étaient pas entièrement nue, elles portaient un casque, un bouclier et une lance. Quand Truie Affamée s'approcha, elles croisèrent les lances lui barrant le passage.
"Halte ! Tu as une autorisation de sortie ?
-Une autorisation ? Non.
-Pas d'autorisation. Pas de sortie.
-S'il vous plaît. Je cherche seulement quelqu'un. Il doit être dehors. C'est un élu de la Déesse.
-Il ? Tu es sûre de toi ?
- Je...heu ?....Certaine.
-Hum...Non. Non..Sans autorisation de La Reine Mère, pas de sortie. Désolée.
- La..Quoi ?"


A ce moment, les deux gardiennes se mirent aux garde à vous. Truie Affamée se retourna et écarquilla les yeux. Une silhouette féminine approchait. Elle était semblable aux petites filles qu'elle avait croisées plus tôt. De longs cheveux verts, des yeux et des lèvres de la même couleur et sa peau nue semblable à de l'écorce. Elle compris soudainement. Cette étrange femme et les petites filles étaient des Nymphes.

En effet, c'étaient des Nymphes. Des descendantes des Nymphes ayant migré sur l'île de Claireroche afin d'échapper aux conflits déchirant Hédarion plusieurs siècle plus tôt. Quand les Elfes avaient commencé à envoyer leurs criminels sur l'île, les Nymphes avaient tout d'abord réagit par le rejet. Craignant que la guerre n'entache leur havre de paix, elles pratiquèrent l'élimination systématique des intrus. Mais les Elfes continuaient d'arriver, de plus en plus nombreux. Le conflit semblait inévitable, puis un jour une Reine Mère eu l'idée de leur offrir un coin de forêt. Mais ce qui devait arriver arriva, aucune des autres Reine Mère n'acceptèrent de sacrifier une partie de leur forêt pour des créatures inférieures. Cette Reine Mère finie donc exclue par ses sœurs. Mais ayant toujours à cœur d'arrêter le massacre d'animaux innocents, elle dut se résoudre à offrir son propre territoire aux Elfes exclues du continent et à leur permettre de le partager avec ses filles. La première génération d'Elfe admise sur place fabriqua des huttes et tailla des habitats troglodytes. Ces constructions inhabituelles dans la culture Nymphe, valurent bientôt à ce coin de forêt, le surnom pompeux de Cité. Afin d'éviter les représailles de ces sœurs, la Reine Mère fit érigée une muraille isolant la Cité du reste de la forêt, mit en place une milice chargée de garder les abords de la Cité et interdit toute sortie sans autorisation. Les années passèrent et peu à peu les Nymphes prirent l'habitude de recueillir et de conduire dans la Cité, les Elfes que le continent leur envoyait. Cependant, elles restaient des Nymphes et le concept d'un mâle ayant d'autres fonctions que la reproduction était tellement incompréhensible pour leur esprit, si bien qu'elles préféraient les éliminer directement plus tôt que de se prendre la tête à leur trouver une place dans leur société très organisée. Ce qui expliquait l'absence totale de mâle Elfe au sein de la Cité.

La Nymphe parla:
"Tu es l'unité que nous avons accueillie hier, n'est-ce pas ? Pourquoi cherches tu à fuir la Cité ? Je/Nous/La Tribu te trouverons une place. Tu seras heureuse ici.
- Je/Nous/....??? Heu..vous dirigez ce lieu ? Puis-je voir la Reine Mère ? J'ai des choses importantes à dire.
-Parles, ma fille, Je/Nous/La Tribu t'écoutons.
- Je préférerais voir la Reine Mère.
- S'adresser à l'une de Je/Nous/La Tribu, c'est s'adresser à la Reine Mère, ma fille"

En effet, les Nymphes issues d'une même Reine Mère partagent une conscience collective entre elles. Les Reines Mères étant les pondeuses et les dirigeantes des tribus Nymphes, elle sont extrêmement précieuses. C'est pourquoi elles vivent isolées dans des terrier, logées au cœur des racines de la forêt jalousement gardées par leurs filles. Ces filles étant en quelque sorte des extensions de leurs corps, leur permettant de communiquer et d’interagir avec le monde extérieur et les autres tribus Nymphes. C'est pourquoi s'adresser à une Nymphe revenait à s'adresser à la Reine Mère de sa tribu ainsi qu'à toutes les Nymphes composant cette tribu. Truie Affamée ignorait cela, mais préféra ne pas insister.

" J'étais accompagnée d'un humain. Qu'est il devenu ?
- Pourquoi cet être inférieur, est-il important pour toi ? Serais-tu atteinte de ce mal que vous autres Elfes nommez "amour" ? Je/Nous/La Tribu pouvons te soigner.
- Quoi ? Non...non. Enfin, je ne crois pas. Il avait une mission. Adonysia lui avait confié."
La Nymphe resta muette un long moment, communiquant avec sa Reine Mère.
"Ta mission est accomplie, ma fille.
- Je ne comprends pas.
- Tout est clair. Cet être inférieur, cet "humain" comme tu dis, était un messager. Il t'as confiée "ce message" afin que tu le transmettes aux Filles d'Adonysia. Délivre-le à Je/Nous/La Tribu et Je/Nous/La Tribu accomplirons la mission voulue par la Mère.
- Nous ne connaissons pas la nature de cette mission justement.
- Tu es certaine ? Dis Moi/Nous tout ce que tu sais !"
Truie Affamée raconta alors toute son histoire.

Quand elle eue terminé, il y eu un nouveau silence, une nouvelle communication avec la Reine Mère.
"Je/Nous/La Tribu devons consulter Edelweiss, ma fille."
- Pourquoi cela ?
- C'est Ma/Notre devineresse, elle interprétera la volonté de la Mère."

La conscience collective des Nymphes permit à l'information de se répandre à travers la Cité à une vitesse remarquable. Et à peine une heure plus tard, toutes les Elfes (ainsi que quelques Nymphes dissimulées parmi les arbres) de la Cité s'étaient réunies autour du Dolmen aux Prophéties, curieuses de savoir ce que la Déesse avaient à leur confier. Edelweiss s’avança en tremblant, elle n'avait jamais exercée devant tant de monde. D'habitude ses clientes étaient seules (Bien que dans le cas des Nymphes, une seule suffisait pour que toutes la Tribu soit présente). Elle alluma ses cierges, s'agenouilla sous le dolmen et se mit en transe. Un long moment passa, soudain ses yeux se révulsèrent et elle hurla d'une voix d'outre-tombe en pointant Truie Affamée:
"EXÉCUTEZ CETTE INTRUSE OU UN GRAND MALHEUR S'ABATTRA SUR LA CITÉ ET NOTRE REINE-MÈRE."
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Roi Nel
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Re: La Créature

Messagepar Roi Nel » Dim 15 Mar 2020 17:20

Chapitre 10: Le Terrier


Elle a étendu ses vêtements sur un rocher. Ils sèchent au soleil. Elle essore sa longue chevelure dorée. Des voix se font entendre. Créature crie , paniqué. Elle le rejoint en courant. Les humains arrivent. Abandonnant ses vêtements, elle se met à courir à sa suite. Ils s'enfoncent dans l'île. Une forêt apparaît à l'horizon. Elle est essoufflée. Son point de côté la lance. Un caillou roule sous son pied. Elle s'effondre sur le sentier. Sa vision se brouille. Depuis la forêt, des silhouettes féminines sortent en courant.

Le décor s'efface et change. Elle est allongée sur un matelas dur. Autour d'elle des entrelacs complexes de cordes crépitantes et grésillantes sont reliés à des ensembles de pierres magiques , d'ambres fossiles, de pierres des âmes et de pierres primitives. Aux murs sont fixées des plaques noires sur lesquelles défilent des diagrammes et autres langages incompréhensible. Elle essaie déchiffrer les mots mais sa vision est floue.

De nouveau le décor change. Elle est entourée d'Elfes, dont les corps nus sont couverts de peinture, qui l'escortent en dansant et chantant. Elles l'installent sur une estrade et la forçant à poser sa tête sur un billot. Une Nymphe lève un bras en bois terminé par une lame d'acier. Et l'abat brutalement sur la nuque de Truie Affamée.


Truie affamée se réveilla couverte de sueur et de terre humide. Elle était allongée dans la cellule où l'avait emprisonnée les Nymphes après la révélation d'Edelweiss. Les événements ayant eu lieu quelques heures plus tôt lui revinrent en mémoire.

Elle était restée hébétée tandis qu'Edelweiss expliquait sa vision. Les mots de l'Elfe parvenaient à ses oreilles mais son cerveau ne les interprétaient pas. Aussi, elle se laissa saisir par une Nymphe de la caste des guerrières (Contrairement aux Nymphes que nous avons rencontrées précédemment, elles sont plus musclées et leur écorce est plus souple encaissant mieux les chocs. De plus, elles portent des lames incrustées dans les bras.) qui la conduisit dans l'une des cellule du Terrier de la Reine Mère. Se ressaisissant, elle se débattit en criant:
"VOUS NE POUVEZ PAS FAIRE CA!
-Ne t'inquiètes pas ! C'est provisoire, le temps pour Je/Nous/La Tribu d'organiser ton exécution. Il faut faire ça correctement, tu comprends ? Ne pas décevoir la Mère ! Enfin les formalités administratives , tu sais ce que c'est. Mais il faut bien y passer.
- Quoi ? Non...mais vous ne pouvez pas m’exécuter !
- C'est pourtant la volonté de la Mère !
- C'est complètement stupide, ça n'a aucun sens. En quoi serais-je un danger pour votre Cité et votre Reine Mère ?
- Les explications de Ma/Notre devineresse Edelweiss était pourtant limpides.
- Comment ça ?
- Je/Nous/La Tribu sommes magnanimes. Je/Nous/La Tribu allons te le réexpliquer encore une fois. L'humain a été contacté par la Mère afin de te retrouver, une fois cela fait il devait te conduire à notre Cité afin que Je/Nous/La Tribu puisons t’exécuter avant que tu ne deviennes un danger pour la Cité et la Reine Mère.
- Mais ça n'a aucun sens. Si Créature ne m'avais pas bousculée, je n'aurais jamais mis les pieds ici.
- Exactement ! C'est pour ça qu'il devait te rencontrer et t'amener chez nous. Comment Je/Nous/La Tribu aurait accompli la volonté de la Mère, sinon ?
-Non..non. Je veux dire que je ne serais jamais venue dans cette Cité. JAMAIS ! Aucune raison que je la menace !
- Tu ne veux pas comprendre. Je/Nous/La Tribu nous tuons a t'expliquer que c'est pour ça que la Mère a mis en place ce plan.
- Vous êtes complètement folles, ici ! Toutes ! Elfes ! Nymphes ! TOUTES ! L'Île des Tarées portent bien sous nom !
- Il suffit ! Je/Nous/La Tribu avons du travail. Une exécution à préparer ! "

La Nymphes la jeta dans la cellule sans management. C'était une cellule creusée dans le Terrier de la Reine Mère et donc majoritairement composée de terre. Des champignons luminescent diffusaient une faible lueur. L'unique ouverture vers le couloir fut rapidement obstruée par un solide entrelacs de racines.

Décidée à ne pas se laisser exécuter sans rien faire, Truie Affamée se redressa. Saisissant les racines à pleine mains, elle tira dessus de toutes ses forces, dans tous les sens dans l'espoir de les arracher mais rien n'y fait. Elle ne fit que s’écorcher les mains et provoquer l'effondrement de mottes du terre du plafond qui pour certaines lui entrèrent dans la bouche et les yeux. C'est les larmes aux yeux et un goût de terre humide en bouche, qu'elle s'effondra contre la paroi provoquant de nouveau une chute de terre. Fatiguée par son effort intensif, elle s'endormit.

C'est donc des heures plus tard que nous l'avons retrouvée se réveillant en sursaut. Son ventre se mit à gargouiller bruyamment et elle constata que les Nymphes n'avaient pas songé à lui laisser de nourriture . Affamée, elle se mit à gratter la terre, à la recherche de racines comestibles. C'est sur ses entre faits que les racines de l'ouverture s’écartèrent et qu'un Nymphe entra. Une guerrière.
"C'est l'heure !"

Elle saisit l'Elfe et la poussa devant elle dans le couloir. C'est à cet instant que Truie Affamée se jeta sur la Nymphe et la renversa. Surprise, la cage thoracique écrasée par la masse de l'Elfe qui lui était tombée dessus en la renversant, elle n'eut pas le temps de sortir ses lames et mourut asphyxiée en quelques minutes.

Bien mal en pris à Truie Affamée puisqu'elle venait de provoquer la chute du premier domino conduisant à la prophétie d'Edelweiss. En effet les prochains allaient confirmer la "vison" d'Edelweiss alors que si elle s'était sagement laissée exécuter le grand malheur annoncée n'aurait jamais eu lieu. Pour l'expliquer plus clairement, Edelweiss comme tout les voyants, devins, prophètes et autres diseurs de bonne aventure, était une arnaqueuse, bien qu'elle soit elle-même convaincue avoir de réels pouvoirs. (Ce qui explique son trouble au moment où Truie Affamée lui avait annoncée venir de la part d'Adonysia. En tant que devineresse de la Cité, elle aurait du être la première informée et avoir annoncé cette importante visite à la Reine Mère depuis plusieurs jours déjà. Enfin bon, elle avait rattrapé le coup en s'auto-persuadant que Truie Affamée était une menace pour la Cité et s'arrangeant pour la faire éliminer.) Par conséquent ses prophéties étaient auto-réalisatrices. C'est en cherchant à les éviter que nous provoquons les événements que nous voulions éviter.

Je diverge, je diverge. Mais pour l'heure, nous en étions à Truie Affamée, nue, couverte de terre, allongée sur le cadavre d'une Nymphe, perdue dans les couloirs d'un terrier Nymphe. Elle prit une profonde inspiration et se releva en chancelant. Essuyant la terre qui lui collait à la peau, elle observa le couloir. Se doutant que le reste de la Cité l'attendait à la sortie du tunnel, elle prit la direction s'enfonçant dans les ténèbres. Elle ne se doutait pas que la conscience collective des Nymphes avait déjà informé toute la Cité de son meurtre et que les Nymphes étaient déjà en train de s'organiser en vue de sa récupération.

Descendant dans les profondeurs du Terrier, elle finit par arriver dans une immense pièce, éclairée elle aussi par des champignons. La chambre de la Reine Mère. Au centre était assise une masse énorme, sylvestre et légèrement féminine. De temps en temps, un orifice s'ouvrait dans cette masse et un objet visqueux et poisseux en était éjecté. Aussitôt une Nymphes de la caste des nourrices récupérait la larve et l'emmenait dans les couloirs du Terrier. Probablement dans l'équivalent d'une couveuse. Les nourrices ne semblait pas faire attention à l'intruse, de toutes façons les guerrières n'allaient pas tarder à arriver pour l'appréhender. Il n'y avait donc pas de raisons qu'elles interrompent leur travail. Du côté de Truie Affamée, elle était soulagée de ne pas avoir été remarquée. Elle détacha les yeux de la Reine-Mère et constata que des racines la reliait à des alcôves entourant la pièce. Elle se dirigea le plus discrètement qu'elle put vers l'une de ses alcôves et découvrit avec horreur une Nymphe mâle. Enfin ce qu'il en restait après avoir fusionné avec la Reine-Mère. C'est à dire une paire de testicule à l'aspect sylvestre reliée par un complexe réseau de racines au centre de la pièce. Truie ne put se retenir de vomir en comprenant l’existence horrible auquel était soumise les Nymphes mâles. Condamnés à fusionner avec leur Reine-Mère, disparaissant petit à petit jusqu'à ce que seul leurs organes reproducteurs ne subsistent.

Un éclat dans l'alcôve jouxtante attira son regard. S'approchant, elle reconnut horrifiée un des soldats Nomade du Sultan Nel. Il semblait dormir paisiblement mais des racines s'enfonçaient dans sa chair et le reliait au centre de la pièce. Ce n'était qu'une question de jours avant qu'il ne fusionne totalement. Ici je me dois de reconnaître une erreur. J'ai affirmé plus tôt que les mâles Elfes (Et par conséquent humains aussi) se rendant sur l'Île des Tarés étaient systématiquement éliminés, je dois avouer que ce n'était pas tout à fait vrai. En effet, l'isolement de la Cité auprès de leurs sœurs Nymphe avait forcé la Reine-Mère à utiliser ses propres fils pour continuer à perpétuer sa tribu au lieu d'échanger ses mâles avec ceux des autres tribus comme le font les Nymphes habituellement. Cela avait conduit à des problèmes génétiques dont je passe les détails, au sein des dernières générations de Nymphes. Ce qui à court terme menaçait la tribu d'une totale extinction. Aussi, la Reine-Mère avait prit la décision d'introduire des gènes d'espèces étrangères dans ses enfants afin de les renforcer, d'abord d'Elfes et désormais d'humains. Pour cela, elle avait mis en place un commando de Nymphe chargé de récupérer les mâles étrangers avant qu'ils ne soient éliminé par leurs sœurs des autres tribus.

Truie Affamée ne put supporter cette vision et détourna le regard. Ses yeux se posèrent se posèrent sur l'armure et l'épée du Nomade abandonnées à ses pieds. C'était l'éclat qui avait attirée son regard. Elle prit l'épée, histoire d'avoir de quoi se défendre quand les Nymphes comprendraient qu'elle ne présenterait pas à son exécution et reprit son chemin faisant le tour de la pièce. Malgré sa répulsion, elle ne pouvait s'empêcher d'observer chaque alcôve devant laquelle elle passait et c'est ainsi qu'elle découvrit Créature. Elle s'arrêta et sans réfléchir leva son épée et trancha les racines qui le reliait à le Reine-Mère. Il s'effondra mais resta endormi. Truie Affamée, le secoua, le gifla, le griffa, pleura mais rien n'y fait. Désespérée, elle se rappela les contes de Taupe Bourrée. Ceux avec une princesse Elfe qui se piquait le doigt sur ronce et ne pouvait être réveillée que par le baiser d'un Elfe charmant. Tremblotante, elle approcha ses lèvres du visage de Créature.
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